Les livres - Les Animaux Fantastiques .

Les livres - Les Animaux Fantastiques .
Il est rare qu'une maison de sorciers ne compte pas dans sa bibliothèque un exemplaire des Animaux Fantastiques.
Désormais, et pour une période limitée dans le temps, mes Moldus vont avoir à leur tour la possibilité d'apprendre où vit le Quintaped, ce que mange les Puffskein et pouraquoi il vaut mieux ne pas laisser dans le jardin une soucoupe de lait destinée à un Knarl...

# Posté le vendredi 29 décembre 2006 08:55

Modifié le mardi 02 janvier 2007 06:57

Fan Fiction - Volume 7 - Le Triomphe du Coeur - Chapitre 21 .

Fan Fiction - Volume 7 - Le Triomphe du Coeur - Chapitre 21 .
Chapitre 21 - H moins 5

Harry entra le premier dans le salon et impassibilisa la porte lorsqu'ils furent tous passés devant lui.
-Lupin n'est pas présent ? demanda Rogue en s'appuyant contre le mur proche de la cheminée.
-Ce n'est pas une réunion de l'Ordre, fit remarquer Hermione en guise de réponse.
-Ah. Fort bien. En quoi puis-je vous être utile ? interrogea Rogue avec un air épouvantablement supérieur.
-Pour l'instant, c'est nous qui allons vous être utile, coupa Harry, peu disposé à laisser Rogue mener la discussion.
-Veuillez m'excuser, mais je n'ai pas besoin de vos services, merci, rétorqua ironiquement Rogue.
-Je n'en doute pas. Ce dont je doute, c'est de ce que vous savez sur les secrets de Voldemort. Et là où nous avons besoin de vous, c'est parce que, étant donné que vous avez une tête de mort gravée sur le bras, nous pensons que... euh... les recherches que vous avez effectué pour obtenir votre certificat de Mangemort diplômé pourraient nous servir.
Il y eu un léger froid dans l'assistance du coté de Rogue, tandis que la demi-douzaine de jeunes échangeaient des regards goguenards.
-Tout d'abord, vous allez commencer à nous jurer que vous n'aller rien dire de ce que nous allons vous raconter à qui que ce soit.
-Entendu, soupira Rogue comme s'il cédait au caprice d'un enfant gâté. Je vous le jure.
-Bien. Alors nous pouvons poursuivre.
Harry se dirigea vers la planche branlante du mur du salon et sortit quelque chose de la cachette qu'il tint serré dans sa main.
-Vous avez une idée de ce qu'est ceci ? demanda-t-il à Rogue en écartant les doigts, laissant tomber le médaillon de Serpentard le long de la chaîne d'or enroulée autour de son poignet.
Rogue décroisa aussitôt les bras ; il plissa les yeux, brusquement intéressé et s'approcha vivement de Harry, avant de prendre le médaillon pour l'approcher de ses yeux.
-Où avez-vous trouvé ça ? Demanda-t-il avec stupéfaction. Ce pendentif a appartenu à Salazar Serpentard !
Il les regarda tour à tour, sourcils froncés.
-En effet, approuva Harry. Cela appartenait à Serpentard. Pour être précis, il est passé par toutes les personnes de sa descendance. Y comprit Voldemort.
Rogue sursauta en entendant le nom, jeta un regard mauvais à Harry, puis reprit contenance.
-Alors, vous le lui avez... Volé ?
-Pas exactement. En fait, la mère de Voldemort l'a vendu un peu avant la naissance de son fils. La personne qui l'a acheté à par hasard croisé le chemin de Voldemort vingt ans plus tard et a eu la mauvaise idée de le lui montrer. Elle a été retrouvée morte deux jours après. Naturellement, le collier avait disparu.
-Je vois... murmura Rogue en rendant l'objet à Harry. Ce qui ne nous éclaire pas d'avantage quant à son utilité...
Harry le scruta attentivement.
-Savez-vous ce qu'est un Horcruxe ? demanda-t-il en rempochant le médaillon.
L'expression de Rogue changea.
-Horcruxe ? murmura-t-il en dévisageant Harry. C'est un Horcruxe ?
-Savez-vous ce que c'est ? insista Harry.
-Oui, répondit lentement Rogue. C'est un fragment d'âme enfermé dans un objet.
Ron claqua de la langue.
-Deal. Tu avais raison, Harry.
-Le Seigneur des Ténèbres a créé un Horcruxe ? demanda Rogue en ayant l'air de réfléchir à toute vitesse.
-Non, répondit Hermione.
-Il n'en a pas créé un, corrigea Ginny.
-Il en a créé six, précisa Ron.
Rogue resta bouche bée pendant quelques instants avant de retrouver l'usage de la parole.
-C'est impossible, protesta-t-il en secouant légèrement la tête. Personne n'a jamais conçu plus d'un seul Horcruxe.
-Si, lui, assura Harry. Nous en avons la preuve. Dumbledore me l'avait montré personnellement.
-Vous en avez la preuve ? Et ce médaillon serait un Horcruxe ? Vous en êtes sûrs ?
-Presque à 100%. Dumbledore avait réussit à recueillir le souvenir d'une elfe de maison, la servante de la propriétaire du médaillon. D'autre part, il a également surprit une conversation entre le professeur Slughorn et Jedusort quand il était à l'école. Réunis, ces deux éléments nous permettent à coup sûr de savoir que l'objectif à long terme de Voldemort se résume non-seulement à vaincre la mort, mais également à fragmenter son âme en sept parties.
-Sept... Bien sûr... les propriétés du chiffre sept... plus la liaison avec Seth, dieu égyptien de la discorde... murmura Rogue en se passant lentement une main dans les cheveux.
Il sembla soudain penser à quelque chose d'important et les scruta tour à tour.
-Attendez un peu : Vous êtes en possession d'une de ces parties... Comment avez-vous fait ?
-Pour celui-ci, c'est un coup de chance. Il s'est retrouvé par hasard dans cette maison. Mais les autres, nous sommes allés les chercher nous-même. Comme des grands, sourit Harry.
-Les autres ? Vous en possédez d'autres ?!
Harry ne répondit pas. Il se contenta d'échanger un regard avec ses amis. Ron eu un petit sourire. Lui et Ginny, les plus proches du mur, sortirent tour à tour la coupe de Pouffsoufle puis la broche de Serdaigle de la cachette, avant de les poser sur la table. Rogue avait l'air complètement abasourdit. Il observa longuement les deux reliques puis releva la tête, stupéfait.
-Ces deux objets ont appartenus aux fondateurs, eux aussi, commenta-t-il. D'où... ?
-La coupe provient du même endroit que le médaillon. Il appartenait à l'une des dernières descendante d'Helga Pouffsoufle. L'autre a été volé au mage Grindelwald.
De toute évidence, Rogue réfléchissait à la vitesse de la lumière, ses yeux passant sans arrêts de la coupe à la broche et vice-versa tandis que son esprit s'emballait pour trouver tous les tenants et les aboutissants de ces informations capitales.
-Donc, vous êtes en possession de la moitié des Horcruxes que le Seigneur des Ténèbres à conçu. Et les autres ? Trois des fondateurs de Poudlard sont représentés ici. Griffondor serait-il aussi concerné ? Que sont les autres ? interrogea-t-il rapidement.
-Dumbledore pensait que l'objectif de Jedusort était effectivement d'obtenir une relique de chaque fondateur, mais qu'il n'a pas réussit à atteindre la seule chose ayant appartenue à Griffondor qui soit encore conservée aujourd'hui : son épée, toujours gardée dans le bureau des directeurs à l'école. Mais ce n'est pas tout. Jedusort a commit son premier meurtre direct à l'âge de 16 ans, en tuant son père et ses grands-parents. Mais il avait déjà avant réussit indirectement à tuer quelqu'un d'autre.
-Vraiment ? Comment-cela ?
-Il est le descendant de Salazar Serpentard. Par conséquent, il ne lui a pas été très difficile d'ouvrir la chambre des secrets, après 5 ans de recherches. C'est ainsi qu'il a pu envoyer le Basilic qu'elle contenait sur une jeune fille, Mimi Geignarde.
Rogue hocha la tête.
-Je l'avait oublié. Mais quel rapport avec les Horcruxes ?
-C'est à 16 ans qu'il a trouvé la Chambre et l'a ouverte. Dans le même temps, ou peut être quelques mois après avoir été obligé de la refermer, il a tué ce qui lui restait comme famille, rappela Harry. C'est également à ce moment-là qu'il a découvert ce qu'était un Horcruxe. Afin de pouvoir combiner les trois, il a écrit un journal dans lequel il expliquait exactement comment ouvrir la Chambre des Secrets. Puis, il en a fait un Horcruxe, avec pour base l'assassina de son père moldu qu'il considérait comme indigne de lui. C'est ce même journal qu'il a un jour confié a Lucius Malfoy. Et que ce dernier à fallacieusement donné à Ginny Weasley afin de la mettre en danger et de discréditer son père.
-Je vois, dit Rogue. Ce qui explique la ranc½ur du Seigneur des Ténèbres à l'encontre de Malfoy. Lucius a commit une grave erreur en dévoilant l'un de ses Horcruxes, ce qu'il ne voulait surtout pas.
-En fait, il devait bien le vouloir... mais en étant certain qu'il pourrait créer un « remplaçant » au journal s'il était détruit. Or, naturellement, il n'a pas jugé l'exploit de Malfoy particulièrement judicieux, puisqu'il n'était pas en position de force lorsque la Chambre à été réouverte et que toute cette histoire s'est non-seulement soldée par la destruction d'un Horcruxe, mais également par la divulgation de l'emplacement de la Chambre et par la mort du Basilic qu'elle contenait. Echec sur toute la ligne.
-Et grâce à qui ? lança joyeusement Ron. Grâce à Ha...
-Fumseck, coupa Harry. Je n'aurais rien pu faire sans lui. Et je n'aurais jamais comprit ce qu'il y avait dans cette chambre sans Hermione, nous n'en aurions pas trouvé l'entrée sans Hagrid, et c'est toi qui m'a conseillé de parler fourchelangue pour ouvrir le passage. Nous en avons déjà parlé, je n'ai pas grand mérite et je ne vois pas la nécessité de ramener le sujet, dit-il fermement en regardant Ron d'un air d'avertissement.
Rogue paru légèrement surprit mais ne fit aucun commentaires.
-Toujours est-il que cela nous a permit de détruire le premier Horcruxe de Voldemort, reprit Harry. Enfin, Dumbledore a réussit à en trouver et détruire un autre, avec votre aide.
-Mon aide ? s'étonna Rogue. Je n'étais pas au courant de ces informations sur le Seigneur des Ténèbres. Comment aurais-je pu participer à la démolition d'un Horcruxe sans...
Il s'interrompit soudain, frappé par une révélation subite.
-La blessure de Dumbledore ? murmura-t-il en plongeant ses yeux noirs dans ceux de Harry. Celle qu'il s'est faite au début du mois de Juillet, il y a deux près de deux ans, après l'attaque du Ministère ? Il avait détruit un Horcruxe à ce moment là ?
-Pas exactement, répondit Harry. Il l'avait seulement retrouvé. Evidemment, il était défendu par de nombreuses protections, et Dumbledore s'est blessé en se faisant attaquer par je-ne-sais-quoi là où la bague était cachée.
-La bague ?
-Oui, le Horcruxe était une bague de grande valeur, portant les armoiries de la famille sorcière de Voldemort. Dumbledore m'a assuré que c'était en partie grâce à vous qu'il avait pu rester en vie après son retour à Poudlard au moment où il l'a trouvé, même s'il avait perdu un bras.
Rogue avait l'air passablement ébranlé par toutes les révélations de Harry. Stupéfait par le plan diabolique de Voldemort, il restait confondu par l'ampleur du problème, mais également par les connaissances et le travail accomplit par la demi-douzaine de jeunes gens qui faisait bloc en face de lui.
-Donc, dit-il en tâchant de rassembler tous les éléments, le Seigneur des Ténèbres a créé six Horcruxes. Le premier était un journal qui a été détruit. Le deuxième était une bague que Dumbledore a détruit – Au fait, il la bien détruit ?
-Oui, il me l'a dit.
-Bien. Et vous avez, depuis, trouvé ces trois objets devant nous, qui seraient eux aussi des Horcruxes.
-Exactement.
-Quel est le dernier ? demanda Rogue, inquisiteur.
-On verra plus tard, répondit rapidement Hermione. Pour l'instant, nous avons un problème plus urgent à résoudre.
-Ah oui ? Quoi donc ?
-C'est très simple, dit Ginny. Nous avons trouvé les Horcruxes...
-Mais nous ne savons pas les détruire, termina Harry. Et c'est là que vous intervenez.
Il y eu un profond silence. Rogue commençait visiblement à comprendre le rôle qu'il avait a jouer dans l'histoire.
-Vous voulez que je vous aide à détruire les trois parties d'âme du Seigneur des Ténèbres que nous avons sous les yeux, c'est cela ?
-Vous avez tout comprit, dit Harry avec satisfaction.
-Et vous pensez que j'ai les connaissances que vous n'avez pas dans ce domaine ?
-Nous pensons que vous en avez très probablement plus en matière de magie noire – Je veux dire, de pratique de la magie noire, pas de lutte contre la magie noire – que n'importe lequel de tous les membres de l'Ordre. Et par conséquent, que vous êtes le plus a même de nous aider. Je suis prêt à parier mon pied gauche que le mot « Horcruxe » n'a au mieux pas un sens défini et clair pour les personnes ayant jamais adhérées à l'Ordre du Phénix depuis sa création en dehors de Dumbledore.
-Vous marquez un point, murmura Rogue.
Il prit une profonde inspiration et hocha la tête.
-D'accord, je marche avec vous, dit-il, tandis que Harry et ses amis échangeaient des regards satisfaits.
Rogue se passa la main sur le visage et fixa le sol sans y faire attention.
-Réfléchissons, marmonna-t-il pour lui-même. Un Horcruxe est un morceau d'âme fragmenté et séparé du reste du corps.
-Oui, dit Harry.
-Pour déchirer l'âme, il faut tuer quelqu'un, continua Rogue en commençant à faire les cent pas dans la pièce, une main levée et l'autre dans le dos.
-Le morceau d'âme est ensuite enfermé dans un objet, poursuivit Harry en tournant à son tour dans le salon, concentré.
-Le problème est de savoir comment séparer le fragment d'âme de l'objet, reprit Rogue en faisant demi-tour.
-... Ce qui reviendrait à libérer le morceau d'âme et à annihiler le sortilège, détruisant ainsi le Horcruxe, ajouta Harry en croisant Rogue sans s'en apercevoir.
-Mais si introduire un morceau d'âme sans corps dans un objet demande une vie, alors cela veut dire que ressortir l'élément introduit en demande très certainement une autre...
-... A moins que l'âme reconstitue son corps tel qu'il était lors de la séparation et dans lequel elle puisse retrouver son indépendance, comme cela c'est produit avec le journal...
-... Au quel cas, nous serions à nouveau en face d'une véritable personne totalement régénérée ...
-... Mais séparée de l'objet...
-... Et donc vulnérable, aussi mortelle que n'importe qui et parfaitement attaquable...
-... Mais comment réussir à faire sortir l'âme de l'objet ? s'interrogea Harry en redressant la tête.
Il entrevit alors soudain Ron, Ginny, Luna et Neville, écroulés de rire sur la table, Hermione s'efforçant vaillamment de les faire taire et de ne pas les imiter. Sitôt que Ron eu accidentellement croisé son regard, il se mit à hurler de rire et tout les autres l'imitèrent, hilares.
-Qu'est-ce qu'il y a de si drôle ? demanda Harry en s'immobilisant.
-Qu'avez-vous à rire bêtement ? lança Rogue au même moment en s'arrêtant lui aussi en plein mouvement.
-Vous ! articula difficilement Ron. Vous êtes tous les deux en train de soliloquer en tournant en rond dans ce pauvre salon, sans cesser de vous croiser et de vous recroiser à tout bout de champs ! C'est un coup à attraper le mal de mer !
Rogue et Harry échangèrent un regard. En effet, ils étaient tous les deux dans une position quasi-similaire, légèrement penchés en avant, les mains dans le dos, les yeux fixés au sol...
-Ouais, bon, marmonna Harry en se redressant précipitamment tandis que Rogue se raclait bruyamment la gorge en changeant de route, ce n'est pas en rigolant comme des baleines que vous allez faire disparaître ces trois machins !
-C'est sûr, s'étrangla Ginny en essayant de refaire surface. Bon, alors : vous en étiez arrivés à la conclusion qu'il faut faire en sorte que l'âme se régénère pour qu'elle sorte des objets et qu'on puisse la détruire.
-Euh... Oui. C'est cela. Et, euh...
-Le problème, dit Hermione, c'est « comment-faire » ? Et puis, même si on arrivait à cela, comment pourrait-on vaincre le Voldemort qui apparaîtrait alors ?
-Je n'ai aucune idée de comment répondre à la deuxième question, intervint Ginny, mais je sais que, quand j'étais en première année et que j'avais le journal de Jedusort, il a commencé à prendre du pouvoir au fur et à mesure que j'écrivait. Plus nous correspondions, plus il devenait puissant. Il arrivait à prendre le contrôle de ce que je faisais de plus en plus facilement. Son âme arrivait vraiment à sortir quelques temps du journal pour rentrer dans la mienne.
-Oui, approuva Hermione, il avait besoin de toi pour sortir du journal. Parce qu'en écrivant, tu lui donnais de l'énergie.
-De l'énergie ! bondit brusquement Harry. C'est cela ! La voilà, notre solution !
-Quoi ? Qu'est-ce que tu veux dire ?
-Voyons, c'est simple ! Pour exister, une âme à besoin d'être dans un corps vivant – d'où l'impossibilité de régénérer un Horcruxe grâce à un inférius. Un morceau d'âme peut-être isolé dans un objet, en attendant un corps. Mais pour réellement vivre, il a besoin d'énergie, d'énergie humaine. C'est pour ça qu'il faut tuer quelqu'un pour déchirer l'âme : il faut de l'énergie pour toute séparation qui n'a pas lieu d'être, et il en faut pour reformer quelque chose qu'il n'a pas non-plus lieu d'être. C'est la fission de l'âme qui entraîne sa régénération par la fusion avec un corps. Sauf que le corps propre à l'âme n'existe par encore.
-Je vois ce que vous voulez dire, approuva Rogue. Pour créer le corps qui accompagne l'âme séparée, il faut qu'elle puise son énergie quelque part. Comme le corps d'une autre personne « entière » ne peut convenir durablement puisqu'il ne peut abriter deux âmes, il convient d'absorber toute l'énergie de la personne vivante pour façonner un abri stable. Le transfert d'énergie d'un corps à l'autre à pour résultat la mort de la personne source d'énergie et la création d'une autre personne complète à partire d'une âme seule.
-Ce qui explique que Ginny ne soit pas morte quand je l'ai trouvé dans la Chambre ! Poursuivit Harry. Jedusort m'a dit « Elle n'est pas morte, mais c'est tout juste », donc l'échange n'était pas clos, et par conséquent, le corps de Jedusort n'étant pas fini et l'âme étant totalement sortie de son refuge, la destruction du journal libérait totalement l'âme de toute prise terrestre, la détruisant.
-C'est cela, termina Rogue. Ce qui détermine le protocole de destruction d'un Horcruxe : Il faut nourrire le Horcruxe d'énergie jusqu'à ce qu'il soit capable de le faire lui-même, qu'il sorte de son objet et qu'on puisse, à ce moment là, le détruire.
-Mais détruire quoi, exactement ? demanda Neville en ayant l'air surprit par sa propre audace – il n'avait jamais osé parler lors d'un cours avec Rogue. Détruire l'objet/abri, ou le corps en formation ? Et comment peut-on détruire un truc pareil ?
-Je ne sais pas, avoua Harry. Moi, j'avais détruit le journal, mais comment détruire physiquement une broche ou un médaillon ? Et puis, Dumbledore n'avait pas détruit la bague – en tout cas je ne crois pas...
-Je ne pense pas que le corps en formation soit « tuable », intervint Hermione. Il n'est pas fini. Donc on ne peut pas le détruire, puisqu'il n'existe pas encore réellement.
-Miss Granger a raison, acquiesça Rogue. Le réservoir de l'âme est encore à ce moment là l'objet. Il ne cesse de l'être que quand le transfère d'énergie est terminé, c'est à dire quand la personne qui a eu l'imprudence de commencer à transmettre son énergie dans le Horcruxe décède. Et c'est à ce moment là, un peu avant la fin de la permutation qu'il faut frapper, parce que l'âme est à son stade le plus vulnérable, elle est en quelque sorte partagée entre deux attributs, sans qu'aucun ne fasse l'affaire.
-Oui, en fait, c'est un peu comme si à ce moment précis, elle était assise entre deux chaises, résuma Ron.
-En quelque sorte, admit Rogue avec un sourire légèrement moqueur, comme s'il doutait sérieusement que n'importe quelle personne un temps soit peu compétente utilise cette expression.
-Oui, mais alors, comment faire pour faire passer de l'énergie vers les Horcruxes, puisque c'est la seule solution pour les détruire ? demanda Luna avec pertinence.
Il y eu un silence.
-Je suppose qu'il faut utiliser le Horcruxe selon sa fonction d'objet, dit Rogue. le journal en écrivant dedans...
-Et une bague en étant portée ! s'exclama Harry avec animation. Ce qui explique que Dumbledore portait la bague des Gaunt quand il est venu me chercher chez mon oncle et ma tante il y a deux ans !
-Hep, attendez un peu, coupa Ron. Nous sommes en train de dire que trois d'entre nous vont devoir prendre le risque de se faire posséder par Jedusort à tous les âges de sa vie, pour ensuite peut-être mourir si les autres ne parviennent pas à détruire l'objet au bon moment ? N'oublions pas que Ginny a vraiment faillit se faire tuer. Il s'en est fallu d'un cheveu ! Et en plus, que ce serait-il passé si Vous-Savez-Qui lui avait ordonné de tuer des gens à coup de baguette ? Elle ne pouvait rien faire, tout aurait pu arriver.
-Tu as parfaitement raison, Ron, soupira Harry. Nous jouons avec un dragon en liberté dans une plate-forme pétrolière. Mais le moyen de faire autrement ? Si nous voulons pouvoir un jour en finir avec Voldemort, il faut détruire ces trois choses. Il faudra bien en passer par là !
Il y eu un nouveau silence, tendu celui-ci.
-Et, euh, bredouilla Hermione, ça prendrait combien de temps, avant que l'âme du Horcruxe prenne assez d'ampleur pour sortir de son objet ?
-Aucune idée, dit Ginny. Je ne sais pas comment quantifier le temps que j'ai passé à dialoguer avec ce journal.
-Attends ! s'exclama Ron, On a déjà des indications, pour ça.
-Ah bon ?
-Oui ! Tu as dit toi-même que Dumbledore portait la bague quand il est venu te chercher. Or, cette bague, est-ce qu'il l'a porté longtemps ?
-Je ne sais pas, murmura Harry en s'efforçant de se souvenir. Je crois qu'il ne l'avait que depuis quelques jours... C'est ce qu'il avait dit quand on était allés chez Slughorn... Et quand je l'ai revu pour notre première « leçon », en septembre, il ne la portait plus. Avait-il déjà brisé son pouvoir ? En tout cas, la bague avait complètement disparue de la circulation la deuxième fois qu'il m'a fait rentrer dans la Pensine, aux alentours de Halloween. Donc, au pire, il lui a fallu quatre mois pour y arriver.
-Ce qui ne colle pas, puisque si Tu-Sais-Qui était vraiment sorti de la bague, il aurait vampirisé Dumbledore comme il a fait avec Ginny, et Dumbledore se serait évanouit, sans pouvoir rien faire, fit remarquer Luna.
-Et puis, ajouta Ginny, moi, il lui a fallut presque dix mois pour tirer assez d'énergie en moi pour sortir du journal, alors qu'il a réussit à m'envoûter bien avant. La première attaque avait eu lieu le soir de Halloween, encore une fois...
-Non, coupa Harry. Le Basilic avait déjà été lâché dans l'école au moins une fois avant.
-Ah bon ? Quand ça ? s'étonna Ron.
-Au tout début de l'année, répondit-il. Le premier samedi du mois de septembre, pour être précis. Olivier – Harry déglutit avant de poursuivre – Olivier voulait qu'on s'entraîne dés le matin. C'est ce soir là qu'on a eu nos retenues pour avoir utilisé la voiture volante, tu te rappelles ? C'était le même jour, j'en suis presque sûr. Or, ce soir là, dans le bureau de Lockarth, j'ai entendu pour la première fois la voix du Basilic qui venait des tuyaux, à l'intérieur des murs.
-C'est vrai, murmura Ron. Tu m'en avais parlé en revenant de la retenue, je me souvient.
-Et Ginny n'avait le journal que depuis très peu de temps.
-J'ai commencé à écrire dedans presque dés que je l'ai trouvé, expliqua celle-ci, mais au moment dont tu parles, je ne l'avait que depuis mi-août. Donc depuis à peu prés trois semaines.
-Oh là là, soupira Luna. C'est d'un compliqué ! S'il faut attendre dix mois que les morceaux d'âmes sortent des Horcruxes mais que la personne qui les porte peu se faire envoûter n'im
-Oh là là, soupira Luna. C'est d'un compliqué ! S'il faut attendre dix mois que les morceaux d'âmes sortent des Horcruxes mais que la personne qui les porte peu se faire envoûter n'importe quand, on ne va pas en sortir vivant !
-C'est ce que je commence à croire, grinça Ron.
-Il y a peut-être une solution, intervint soudain Rogue, qui était resté silencieux depuis longtemps.
Tout le monde se tourna vers lui.
-Quoi donc ?
-Vous êtes d'accord pour dire que plus longtemps quelqu'un portera cette broche ou ce médaillon, plus il y aura de risque qu'il attaque par surprise quelqu'un d'autre, sous l'emprise du Seigneur des Ténèbres.
-Oui...
-Donc, pour réduire le risque et accélérer la sortie de l'âme du Horcruxe, il faut pouvoir lui donner en peu de temps beaucoup de l'énergie d'une personne...
-C'est à dire ? Comment peut-on faire ça ? demanda Hermione.
-Vous devriez le savoir, après ce qui vous est arrivé il y a un peu plus de deux semaines : il faudrait créer un dôme d'absorption, sauf que l'absorption devrait établir une connexion entre le Horcruxe et un humain.
Harry échangea un regard perplexe avec Ron et Neville avant de revenir à Rogue.
-C'est possible ? Vous sauriez le faire ?
-Je peux essayer. Je n'ai jamais tenté la pratique, mais la théorie est intéressante à connaître...
-Je n'en doute pas, murmura Hermione.
-Et moi, je ne doute pas que tu n'en doutes pas, ironisa Ron.
-L'ennuis, reprit Rogue, c'est qu'un tel dôme serait extrêmement dangereux, et ce à très court terme. Le transfert d'énergie s'effectuerait en quelques minutes, ce qui pourrait provoquer un choc physique très violent et être fatal à l'individu lié au Horcruxe.
-Sans compter que si on ne parvient pas à détruire l'objet au bon moment, on risque purement et simplement la mort de la personne... réalisa Luna.
-Et la création d'un deuxième Voldemort, renchérit Harry.
-Mais ne pourra-t-on pas couper le lien entre le Horcruxe et la personne si cela ce présente mal ? demanda Ginny.
-Si, mais à ce moment là, le Horcruxe ne sera pas d'avantage détruit qu'avant, expliqua Rogue avec une certaine impatience. En revanche, il serait plus fort à la deuxième tentative, et donc plus dangereux. Il lui faudrait encore moins de temps avant de pouvoir aspirer de lui-même l'énergie de la personne, et là, nous ne disposerions peut-être que de quelques secondes entre le moment où il sera autonome – et n'aura donc plus besoin du dôme, ce qui nous enlèvera toute possibilité d'intervention – et celui où il sera réellement vivant.
-Waow, marmonna Neville, c'est vraiment dangereux, comme truc. Et ça veut dire que trois d'entre nous vont devoir se faire vampiriser par les Horcruxes en prenant le risque de se faire tuer...
-Je suis désolée d'un tel égoïsme, marmonna précipitamment Ginny, mais je ne me porte pas volontaire ! Il n'est pas question que je refasse ça !
-Je te comprends, assura chaleureusement Harry. Ne t'inquiète pas.
-Moi, je veux bien, dit soudain Luna.
Tout le monde la regarda.
-Quoi ?!
-Je veux bien tenter le coup. De toute façon, il faudra bien que quelqu'un se lance ! Et nous sommes d'accord, je pense, pour dire que Ginny a déjà donné et que Harry doit rester en vie, puisqu'il est l'Elu.
Harry se demanda un instant comment elle le savait, avant de se rappeler que tous les journaux l'avaient appelé ainsi, sans connaître l'exacte vérité.
-Luna... c'est très risqué... commença-t-il en évitant sa remarque.
-Mais quelqu'un doit le faire, non ? Et il n'est pas question que cela sorte de ces murs. Tout se joue entre nous sept. Moi, ça ne me dérange pas d'essayer. De toute façon, que je fasse cela ou que je prenne part à une bataille, ce n'est pas plus dangereux. Et j'ai décidé de me battre contre Vous-Savez-Qui. Alors, comme ça ou autrement...
Un temps passa.
-Bon, alors, on s'y met ? insista-t-elle paisiblement.
-Elle a raison, commenta Ron. Ce n'est pas plus suicidaire que de lutter contre un bataillon de Mangemorts, et c'est tout aussi utile – voir plus. Je veux bien prendre le risque, moi aussi.
-Non ! s'écria Hermione. Il y a sûrement un autre moyen !
-Tu sais très bien que non, Hermione, répondit Ron.
Il eu un petit sourire.
-C'est le jeu, dit-il avec calme. Il y a un moment où il faut savoir faire des sacrifices, si on veut gagner la partie.
-Alors, je le fais aussi, décida-t-elle, les larmes aux yeux. Je viens avec toi !
-Non. Toi, tu restes là.
-Je peux tout aussi bien le faire que toi !
-Je le sais parfaitement ! Seulement, toi, tu as avalé la quasi-totalité des livres de la bibliothèque de Poudlard ! Tu en sais des tonnes de plus que moi. Tu dois poursuivre la lutte, parce que tu es mieux placée pour cela. Et puis, je ne suis pas encore mort !
-Alors, le troisième, ce sera moi, décréta Neville. Ça me fait peur, mais il faut tenter le coup. Ce sera toujours ça que j'aurais réussit à faire contre Tu-Sais-Qui et ses Mangemorts, marmonna-t-il résolument, le regard dur.
Harry savait qu'il pensait à Bellatrix ; Lui-même ne savait trop que faire. Il était dérouté et inquiet de la tournure que prenaient les évènements. Il sentait que Ron, Luna et Neville étaient très résolus, mais il savait aussi qu'ils risqueraient grandement leur vie dans tout cela. D'autre part, il ne savait toujours pas comment ils allaient s'y prendre pour détruire les trois objets, le moment venu. Il décida de s'en ouvrir aux autres, résolu à être franc. Trop de choses étaient en jeu pour jouer les petits prétentieux trop fières pour admettre leur ignorance.
-Je ne vois pas du tout comment « tuer » un objet. Autant, pour le journal, c'était facile – un journal, on peu le brûler, le déchirer, le transpercer... Mais un collier ? Une coupe ? Une broche ? Comment procéder ?
-Simplement en faisant fonctionner votre esprit, Potter, lança Rogue en le toisant avec mépris. Il doit falloir transpercer de part en part un objet pour le détruire. Pour cela, il suffit que l'objet soit attaqué de part et d'autre d'un même point par deux baguettes différentes, mais lançant le même sortilège. Un sortilège d'explosion bien canalisé devrait par conséquent suffire, le plus délicat n'étant pas d'exécuter le sortilège, mais bien de le faire au moment où le Horcruxe est vulnérable. Suis-je assez clair ?
-Oui, merci, répondit Harry en s'efforçant de ne pas exploser lui-même, mon pauvre esprit d'imbécile avait oublié qu'en matière de extermination et d'assassinat, vous étiez un expert.
Ils se fusillèrent du regard.
-Alors, on se décide ? coupa vivement Luna en flairant un indéniable danger.
-Oui, marmonna Harry, ça vaudrait mieux.
-Bon, alors, par quoi et par qui on commence ? demanda Hermione.
Luna haussa les épaules et empoigna la broche de son aïeule, avant de la tendre à Rogue.
-Voilà l'occasion de passer à la pratique.
-En effet, acquiesça-t-il. Il va falloir que je vous enchaîne au Horcruxe. Ensuite, je pourrais créer le dôme, qui s'appuiera sur cette liaison préalable. A partir du moment où il entrera en action, l'effet sera extrêmement rapide et radical. Ce sera aussi probablement assez spectaculaire – ne vous laissez pas surprendre, surtout. J'ignore le temps exact dont nous disposerons, mais il ne faudra en aucun cas attaquer l'objet avant que le fragment d'âme n'ai commencé à apparaître dans un corps constitué. Miss Lovegood perdra probablement conscience à ce moment là. Nous six, nous devrons alors immédiatement non-pas couper la liaison entre le Horcruxe et Miss Lovegood, mais s'attaquer à l'objet. Il faudra être synchronisés. A trois, tout le monde dirigera sa baguette et sa concentration sur la broche. Entendu ?
-Entendu, répondirent-ils tous en c½ur.
-Vous êtes prête ? demanda Rogue en se tournant vers Luna.
-Oui, répondit-elle en prenant une grande inspiration.
Rogue hocha la tête et posa trois fois la pointe de sa baguette sur la main tendue de Luna, avant de faire de même sur la broche. Il y eu un grésillement désagréable et une vague fumée, comme un rayon laser gris, apparu entre les deux. Les trois jeunes hommes ainsi que Ginny et Hermione regardèrent leur amie avec appréhension, mais elle se contenta de leur renvoyer un sourire un peu crispé.
-Phase deux, annonça Rogue. Les choses sérieuses commencent ici.
Il inspira à son tour profondément, recula d'un pas, puis pointa sa baguette droit sur l'étrange lien qui reliait Luna à la broche.
-Crearedum Absorptio ! rugit-il.
Une sorte de boule de feu très brève jaillit de sa baguette et frappa le lien de plein fouet. Il y eu un instant de flottement avant que le sortilège se répande sur Luna et la broche, les recouvrant de ce qui ressemblait à de la lumière solide. Comme quelques semaines avant, des ondes magiques entrèrent en action, faisant osciller le lien primaire et passant par toutes les couleurs de l'arc en ciel dans un étrange sifflement d'ultrasons. Pendant presque deux minutes, rien ne sembla affecter Luna qui avait l'air nerveuse, mais normale, puis, soudain, le dôme – ou plutôt, la chaîne – d'absorption se mit en fonctionnement. Il y eu un bruit d'explosion, Luna jeta un cri perçant – reprit en c½ur par Ginny, Hermione et Neville – avant de s'élever dans les airs, toujours liée à la broche qui elle aussi flottait au milieu de nul part et, tous, ils purent voir la broche se mettre à aspirer quelque chose de Luna, comme si l'image était brouillée, comme si une vague de brume provenant d'elle était entraînée vers une bouche de ventilation – la broche. Le rythme cardiaque de Harry s'accéléra furieusement et il serra plus étroitement que jamais sa baguette dans sa main. Il avait une envie folle de briser ce lien, de libérer Luna, mais il savait qu'il ne le fallait surtout pas. Et puis, lentement, un nuage coloré, très grand, apparu à coté de la broche, formant une relation triangulaire entre Luna, le Horcruxe et l'âme de Voldemort qui se matérialisait petit à petit dans un corps personnel, fixe. De brouillard qu'il était, il devint très vite assez net. Une expression de ravissement un peu folle apparu sur le visage du Voldemort qui se constituait sous leurs yeux horrifiés. Il avait déjà les trais brouillés, brûlés, que Harry l'avait vu aborder lors de son retour à Poudlard. Ses yeux étaient ceux d'un serpent, ses pupilles fendues comme celles d'un chat. Hermione gémit tandis que Ron, les yeux écarquillés de terreur, semblait hypnotisé. Quant à Rogue, pâle et les dents serrées, il murmura
-Tenez-vous prêts... dés que la chaîne dorée disparaîtra...
Le nouveau Voldemort atterrit en douceur sur le sol. Luna, elle, venait de perdre connaissance. Elle tournoyait désormais dans à mi-hauteur du plafond. Et soudain, le même râle que celui qu'émettaient les détraqueurs se fit entendre, et Harry sentit ses cheveux se hérisser sur sa tête. Les nuances dorées qui reliait Luna à la broche disparurent, et le Voldemort paru beaucoup plus autonome, vivant. Le courant d'énergie venant de Luna ne s'interrompit pas, mais il se fit plus faible, et surtout, il partait désormais directement de Luna à Voldemort.
-C'EST LE MOMENT ! Hurla Rogue en pointant sa baguette sur la broche.
-A TROIS ! Rugit Harry. Un, deux, TROIS !
Six « EXTRACABOUM ! » retentirent alors, illuminant toute la pièce. La broche paru un instant comme entouré par une auréole angélique, puis de petites fissures parurent sur les bords de l'aigle, avant de s'élargirent, de se rejoindre... Et enfin, les rayons de lumière des baguettes se rejoignirent au centre du bijou. Un hurlement retenti, comme s'il sortait des profondeurs de la terre, et les même fissurent apparurent sur le corps en construction du nouveau Voldemort.
-ON Y ARRIVE ! s'exclama Harry. TENEZ BON !
La puissance des phénomènes magiques qui se déroulaient dans la pièce dépassait tout ce qu'il connaissaient – sauf Harry, qui avait déjà vécu pire lors du retour du vrai Voldemort. Et puis soudain...
Tout fut terminé. La créature avait disparu avant même d'être réellement apparue, la broche retomba sur le sol avec un petit tintement métallique et Luna, évanouie, tournoya encore quelques secondes dans les airs avant de retomber comme une masse. Ron la rattrapa au vol et la posa sur la table.
-Luna !...
-Luna, ça va ? Réveille-toi !
-Ohé, Luna, c'est fini, maintenant. Luna !...
Luna gémit faiblement et bougea légèrement sur la table.
-Elle est vivante, soupira Hermione avec soulagement, elle se réveille.
Luna ouvrit les yeux et regarda tout le monde autour d'elle.
-Je suis où ? marmonna-t-elle.
-Dans le salon. Tout est terminé, on a réussit. Grâce à toi, la broche de Serdaigle n'est plus un Horcruxe, expliqua Neville.
-C'est vrai ? Ça a marché ? bredouilla-t-elle en essayant de se redresser.
-Oui, ça a marché, assura Harry.
-Ne bouge pas, tu dois être épuisée, dit Hermione.
Ginny se pencha et ramassa la broche, par terre. A la lumière de la pièce, ils purent tous voir que la tranche du bijou était couverte de petites « cicatrices » reprenant les mêmes contours que ceux des sortilèges qui l'avaient frappé. L'objet en lui-même n'était pas particulièrement abîmé, mais il avait sans conteste souffert de l'opération. Par contre, il était redevenu un objet parfaitement inoffensif.
-Bravo, Luna, murmura Ron. Un Horcruxe en moins.
-Il lui faut du repos, diagnostiqua Rogue. Le processus de séparation lui a infligé une lourde perte énergétique, elle est très faible.
-Ce ne sera pas de refus, soupira-t-elle. Je vais aller dormir, mais je ne sais pas si je vais pouvoir y arriver, il avait vraiment une sale tête à réveiller un mort, marmonna-t-elle avec un léger frisson.
-Tu l'as vu ?
-Bien sûr. Juste avant que je ne perde connaissance, il s'est tourné vers moi et m'a regardé droit dans les yeux. Terrifiant ! s'étrangla-t-elle.
-Je suis d'accord, lança Ginny. Nous, on vient de le voir, mais... C'est différent que quand il te regarde froidement en aspirant ton énergie. Ça m'avait fait pareil en première année.
Ni Rogue, ni Harry ne firent de commentaires.
Hermione leva le sortilège sur la porte et accompagna Luna – qui avait du mal à tenir debout – jusqu'à sa chambre avant de redescendre. Les émotions étaient partagées dans le salon. Il y avait de la joie d'avoir détruit un Horcruxe, du soulagement de savoir Luna en bonne santé, de la peur à l'idée de continuer, de la fatigue, de la gravité en pensant à l'être qui était apparu sous leurs yeux, même s'il n'avait pas vraiment eu le temps de devenir concret...
-Bon, euh, bredouilla Neville, on... On continue ? C'est à mon tour, non ?
-Si tu es si pressé, pourquoi pas, soupira Harry. Tout le monde est prêt ?
-Oui ! répondirent Ron, Ginny et Hermione en c½ur.
-Alors, bonne chance Neville. Rogue, à vous l'honneur, murmura Harry en regardant gravement son vieil ami saisir la coupe de Pouffsoufle et se tourner avec un frisson vers Rogue, comme s'il ne savait plus très bien ce qu'il devait craindre : Voldemort, Rogue ou la période de tension extrême qu'il avait vu Luna vivre quelques instants auparavant. Rogue suivit exactement le même protocole que pour Luna, faisant d'abord apparaître le lien magique, avant de prononcer l'incantation qui fit jaillir une boule de lumière incandescente. A nouveau, mais il leur sembla que cela durait beaucoup moins longtemps, la chaîne maléfique se mit en action, engendrant une succession de phénomènes puissants et dangereux. Neville perdit presque immédiatement connaissances. Lorsqu'il se retrouva à flotter dans les airs, le Horcruxe libéra l'âme qu'il contenait et une nouvelle fois, Voldemort commença à se matérialiser devant eux. Il semblait plus jeune, son visage était beaucoup moins brouillé que le précédent. La transmission était plus rapide, incontestablement. En moins d'une minute, le lien doré cessa son action tandis que le Voldemort en formation semblait aspirer toute l'âme de Neville à la manière d'un vampire. Aussitôt, et cette fois sans avoir besoin de se concerter, Rogue, Harry, Ron, Hermione et Ginny attaquèrent la coupe dorée. Briser la résistance de l'objet en tant que Horcruxe fut plus difficile – ce qui était compréhensible, ils n'étaient plus que cinq à diriger leur puissance sur un même point. Enfin, alors que le Voldemort qui apparaissait dans la pièce devenait de plus en plus consistant, une explosion magistrale retentie – même si la porte impassibilisée empêchait tout bruit de sortir des murs du salon – et le Voldemort/Horcruxe disparut, tandis que Neville et la coupe étaient brutalement séparés, le lien qui les attachait l'un à l'autre explosant soudainement. Cette fois, cependant, Neville se réveilla presque tout de suite, avant même que ses amis n'aient eu le temps de s'approcher.
-Ça a fonctionné ? demanda-t-il vivement. Il est détruit ? Vous avez réussit ?
-C'est toi qui a réussit ! répondit Harry. Oui, il a disparut, le deuxième Horcruxe n'existe plus – ou plutôt, le numéro quatre sur tout ceux que Voldemort a créé.
Neville eut un pâle sourire.
-Ça, c'est une bonne chose, murmura-t-il en tâchant de rester réveillé.
-Et toi, tu devrais aussi aller te coucher, fit remarquer Ginny. Tu est tout pâle, on dirait qu'il t'a aspiré tes couleurs...
-C'est vrai, approuva Ron, tu as l'air creuvé. Viens, je t'accompagne chez toi.
Ron fit passer le bras de Neville sur son épaule pour le soutenir et ils partirent en clopinant. Harry regarda les deux jeunes filles à coté de lui. C'était une drôle de bonne journée ! En l'espace de quatre heures, ils avaient réussit à trouver le moyen de détruire les Horcruxes et s'étaient débarrassés de deux des trois fragments d'âme de Voldemort qu'ils possédaient. Lorsque Ron redescendit, il affichait la même expression sereine qu'avant.
-Aller, dit-il d'un ton énergique, c'est mon tour !
Sa s½ur, son meilleur ami et sa petite-amie ne lui rendirent pas le même sourire. Ron flanqua une tape sur l'épaule de Harry, fit un clin d'½il à sa petite s½ur et embrassa rapidement la joue d'Hermione, avant de prendre le collier de Serpentard.
-Vous êtes prêt ? demanda une dernière fois Rogue.
-Pas vraiment, mais ça n'a pas d'importance, assura Ron, dont Harry admira la capacité à rester calme et à faire de l'humour alors qu'il allait peut-être mourir. Allez-y, qu'on en finisse en vitesse.
-Très bien. Alors tendez votre main...
Rogue fit apparaître le lien argenté, recula comme précédemment et prononça l'incantation qui fit jaillir une boule de feu de sa baguette. Sauf que cette fois-ci, rien ne se passa comme prévu. Dés que le sortilège atteignit le lien entre le Horcruxe et Ron, il y eu un nouvelle détonation et Ron fut projeté dans les airs avant d'être violemment secoué comme s'il tenait à pleine main un câble électrique à haute tension. Des éclairs bleus vifs fusèrent un peu partout tandis qu'une véritable tornade balayait la pièce, détruisant tout sur son passage. Ron se mit à hurler, dans un état second, tandis que le courant qui le reliait au médaillon devenait plus fort que tout. Hermione et Ginny se mirent elles aussi à crier, mais de terreur, en regardant avec impuissance Ron dont le corps tendu comme s'il était écartelé était entouré d'un halo magique.
-QU'EST CE QUI CE PASSE ? Hurla Harry en se tournant vers Rogue.
-JE N'EN SAIS RIEN ! Répondit celui-ci en luttant contre le souffle titanesque qui soulevait les objets, les meubles et les projetait à travers toute la pièce.
Harry ceintura Ginny et la projeta au sol, évitant de justesse une planche de bois arrachée à une armoire, puis se relava au moment précis où le médaillon s'ouvrait brusquement. Il y eu un sifflement assourdissant et, lentement, un Voldemort presque régénéré en sortit. Grand, jeune, encore beau garçon, épouvantablement réel, il atterrit sur le sol au milieu du salon. Ses contours étaient nets, il bougeait avec facilité et se déplaça lentement sur le sol, étranger à toute l'agitation qui régnait. Le souffle ne semblait pas avoir de prise sur lui. Les objets déviaient de leur route, sans l'atteindre, et il regardait autour de lui avec délectation. Soudain, son regard accrocha celui de Rogue qui essayait de se protéger de la tempête.
-Severus ? murmura-t-il.
Rogue resta pétrifié. La respiration saccadée, les yeux écarquillés de terreur, il se mit à trembler légèrement tandis que Voldemort s'approchait de lui.
-Severus, ne me dit pas que je me suis trompé sur ton compte ? dit calmement Voldemort en s'avançant vers lui.
Rogue recula ; puis soudain, Voldemort claqua des doigts et une main invisible se referma sur le col de Rogue et le souleva dans les airs. Il essaya de se débattre, mais l'étau resserra sa prise et Rogue fut complètement paralysé, étouffant sous la main invisible. Voldemort le fit voler jusqu'à lui et s'apprêta à lui prendre sa baguette, une expression de froide colère absolument terrifiante sur le visage, quand Harry lui sauta dessus par derrière, lui coinçant la tête sous son bras et maintenant de l'autre sa main droite en l'air.
-HERMIONE ! LE MEDAILLON ! Hurla Harry en se débattant comme un fou pour essayer de retenir Voldemort le plus longtemps possible, alors que Ron continuait de hurler, foudroyé par le sortilège, et que Rogue, toujours prisonnier de la main invisible, suffoquait sans pouvoir bouger.
Hermione et Ginny reprirent un peu leurs esprits et Harry les entendit vaguement crier « Un, deux, TROIS » derrière lui, tandis qu'il se battait désormais véritablement contre le Voldemort en formation. Il y eu un éclair éclatant. Voldemort se mit à hurler à son tour de douleur, des rayons de lumière lui traversant le corps de part en part. Il s'effondra à genoux sur le sol. Harry se couvrit le visage des yeux pour se protéger de la lumière aveuglante et il ressentit plus qu'il n'entendit une déflagration extrêmement puissante qui ébranla toute la maison. Le Voldemort disparut alors dans un dernier hurlement, tandis que Ron était projeté plusieurs mètres en arrière, s'écrasant contre un mur. L'étau qui enserrait Rogue disparut aussi soudainement qu'il n'était apparu, le lâchant sans ménagement sur le sol. Le calme était revenu.
Harry, pantelant, se releva en flageolant et aida Hermione à faire de même. Ginny se tenait à un crochet sur lequel une torche était normalement fixé, mais que le cyclone avait désagrégé. Soudain, Harry prit conscience du corps de Ron, effondré par terre, et il se précipita.
-Ron !
Hermione et Ginny le rejoignirent elles aussi, blêmes.
-Ron, réponds nous !
Ron grommela et entrouvrit les yeux.
-On est vivant ? marmonna-t-il péniblement.
-Oui, ânonna Harry en hochant vaguement la tête. Oui, on est vivant et il est mort. Il a disparu. On y est arrivé.
Ron eu un vague sourire et referma les yeux, exténué. Rassuré sur son sort, Harry le laissa aux soins de Ginny et d'Hermione et s'approcha de Rogue.
-Eh, Rogue, lâcha-t-il en s'accroupissant à coté de lui. Ça va ?
Rogue avait les lèvres bleues et des marques violettes sur le cou, comme si quelqu'un avait essayé de l'étrangler. Il se massa la gorge, cherchant à reprendre son souffle, puis se tourna vers Harry.
-Vous allez bien ? répéta Harry.
-Vous croyez qu'il... Vous croyez qu'il sait ? demanda Rogue à voix basse, inquiet de la colère du Voldemort qui venait de disparaître.
-Non, murmura Harry en secouant la tête. S'il pouvait savoir que quelqu'un a détruit un Horcruxe, s'il pouvait le sentir, alors il l'aurait dit à Lucius Malfoy, quand il est revenu à la vie dans le cimetière. Il le lui aurait fait payer dés ce moment là.
Rogue le regarda quelques instants encore, puis acquiesça et ferma les yeux, inspirant profondément pour retrouver une respiration normale. Soutenu par Hermione et Ginny, Ron apparu à coté d'eux.
-On s'est pas mal débrouillé, tout de même, lâcha-t-il avec un sourire fatigué.
-Ouais, c'est le moins qu'on puisse dire, répondit Harry. Vous vous rendez compte, on a tué trois Voldemort en l'espace de quelques heures !
-C'est une grande victoire contre le Seigneur des Ténèbres, approuva Rogue en se relevant.
Il avait reprit quelques couleurs et abordait un léger sourire aux lèvres, lui aussi.
-Oh, je vous en pris, grommela Harry, ne nous bassinez pas avec « le Seigneur Machin » ! Dumbledore voulait qu'on l'appelle par son nom...
-Dumbledore était le seul sorcier qu'il craignait, grinça Rogue. Ce nom ne doit pas être prononcé...
-VOLDEMORT ! cria Ron de toute la puissance qui lui restait.
Rogue sursauta. Harry, Hermione et Ginny regardèrent Ron, bouche bée.
-On l'a vu, non ? dit Ron en souriant devant leurs airs effarés. Alors, on peut l'appeler par son nom.
Harry eu un petit rire.
-Oui, tu as raison. On l'a même sacrément vu, aujourd'hui !
Brusquement saisi par le comique de la situation, il regarda la pièce entièrement dévastée, Rogue et ses amis qui étaient tous en vie, les trois ex-Horcruxes toujours posés sur la tables et éclata de rire. Ils se mirent tous à rire, épuisés, encore sous le choc, mais libres et heureux.
-Maintenant, dit joyeusement Ron, on peut vraiment dire qu'on est à H moins 5 !
-H moins 5 ? Qu'est-ce que ça veut dire ? demanda Hermione.
-Et bien, Horcruxe moins cinq, pardi ! Il n'en reste vraiment plus qu'un seul !
-H moins 5, répéta Harry à mi-voix. Bientôt, je vous garantis qu'on sera à H moins 6 !
-Bon, c'est pas tout, mais il faudrait peut-être ranger... hasarda Ginny en regardant le chantier jonché de livres déchirés et de meubles cassés autour d'elle.
-J'en ai comme l'impression, dit Remus qui venait d'ouvrir la porte et regardait le désastre avec ébahissement. Peut-on savoir ce que vous avez fabriqué ici ? Vous vouliez refaire la décoration ?
-Euh... Pas exactement, répondit Harry, toujours partagé entre l'envie de rire sans raison et la gêne devant le résulta de leurs « expériences ». En fait, on ne fabriquait pas vraiment, ce serait même plutôt l'inverse.
-C'est ce que j'avais cru comprendre en passant la tête là-dedans, assura Lupin en entrant précautionneusement dans la pièce. Je peux peut-être vous aider ?
-Oui, merci, dit cette fois Rogue en tirant sa baguette de sa poche. Remus fit de même, ils se placèrent dos à dos et firent d'un même mouvement un grand arc de cercle au dessus d'eux. Aussitôt, et comme Harry se souvenait très bien de l'avoir vu chez Slughorn, tous les objets se remirent en place, les livres déchirés se réparèrent, les meubles cassés se reconstituèrent en quelques secondes, ne laissant aucune trace du carnage qui venait d'avoir lieu.
-Là ! C'est beaucoup mieux, apprécia Remus en rempochant sa baguette et en regardant le salon qui avait retrouvé son apparence habituelle.
Harry fit voler les trois reliques des fondateurs jusqu'à lui et les empocha soigneusement.
-Qu'est-ce que c'est que ça ? demanda Remus, à qui rien n'échappait.
-Rien d'important, assura Harry en baillant. Plus rien d'important...
-Oh. Si tu le dis, répondit simplement Remus, qui avait visiblement comprit qu'on lui cachait quelque chose mais préférait ne pas insister.
-Et bien, bonne nuit, lança Hermione en baillant à son tour. Je vais me coucher, je suis claquée.
-Moi aussi, reprirent en c½ur Harry, Ron et Ginny.
-Quoi ? Mais... Il est à peine 19 heures !
-Ah, déjà ? marmonna Harry. Je ne pensais pas qu'il était si tard... Tant mieux, la nuit tombe, on va pouvoir roupiller comme des loirs.
Baillant et s'étirant sous le regard perplexe de Remus, ils sortirent tous les quatre de la pièce, remontèrent à l'étage et réintégrèrent leurs chambres respectives. Une fois dans la sienne, Harry n'eu même pas le temps d'enlever sa robe de sorcier : il s'écroula directement sur son lit. Avant même que sa tête ne tombe sur l'oreiller, il dormait déjà profondément.

# Posté le vendredi 29 décembre 2006 08:58

Fan Fiction - Volume 7 - Le Triomphe du Coeur - Chapitre 22 .

Fan Fiction - Volume 7 - Le Triomphe du Coeur - Chapitre 22 .
Chapitre 22 - Plan de Restructuration

Lorsque des crampes de faim réveillèrent enfin Harry, son réveil matin indiquait 11 h 52 en ce tout début de printemps. Le temps froid, brumeux et plus proche de la neige que de la pluie n'était pas particulièrement printanier, mais les équinoxes n'attendent pas, aussi le 23 mars était-il bien considéré comme un jour de printemps. Harry se leva en baillant à s'en décrocher la mâchoire, se dirigea droit vers la salle de bain et prit une bonne douche. Les idées un peu plus claires, il toqua à la porte de Ginny et Luna, depuis laquelle des rires et des bruits de conversation retentissaient dans le couloir. Les bavardages cessèrent aussitôt.
-Oui ? dit la voix de Ginny.
Harry entrouvrit la porte.
-Salut ! dit-il en entrant dans la pièce.
Luna et Ginny étaient toutes les deux en pyjama, de même qu'Hermione qui était là aussi.
-Vous avez bien dormit ?
-Ouais, ça va. Et toi ?
-Pareil. On se refait. Vous êtes levées depuis longtemps ?
-Oh, on s'est réveillées un peu après onze heures.
-J'aurais tendance à dire que vous êtes matinales ! pouffa Harry. Où sont les autres ?
-Neville dort toujours, lui apprit Ginny, et Ron s'est réveillé presque en même temps que nous. Je crois qu'il est partit voir Fred et Georges ; Remus travaille comme d'habitude dans sa chambre et je n'ai pas vu Rogue ou Malefoy de la matinée.
-Moi, j'ai croisée rapidement Malefoy, dit Luna, mais il est juste remonté dans sa chambre en se prenant les pieds dans une marche de l'escalier. Je ne sais pas pourquoi, à chaque fois qu'il me vois, il se prend les pieds dans quelque chose.
Harry eu un petit sourire. Ce comportement lui rappelait curieusement celui de Ginny lors de sa première année à Poudlard...
-On devrait peut-être aller manger ? proposa-t-il en regardant sa montre. Il est presque midi et demi.
Les trois jeunes filles acquiescèrent. Dix minutes plus tard, lorsqu'elles arrivèrent dans le salon – habillées et coiffées – Harry avait mit la table en compagnie de Ron qui arrivait à l'instant par la cheminée à l'instant où lui-même ouvrait la porte. Remus, Neville et Malefoy descendirent quelques instants plus tard et Tonks leur fit la surprise de venir un quart d'heure après, alors qu'ils s'apprêtaient à passer à table, en leur disant qu'on lui avait donné son après-midi de libre pour compenser les nombreuses heures supplémentaires qu'elle avait fait ces derniers temps. Pour la première fois depuis longtemps, ils déjeunèrent tous les dix autour de la même table, Rogue apparaissant à une heure moins dix et restant pour une fois manger dans le salon. Après avoir débarrassé la table et une fois que Rogue et Remus soient tout deux remonté dans leurs chambres, le premier pour lire, le second pour travailler, Tonks proposa une partie de bataille explosive que tous le monde approuva avec enthousiasme. Malefoy, qui n'avait pas l'air de penser qu'il était concerné par l'invitation, alla s'assoire dans un fauteuil avec un livre ouvert sur ses genoux, mais comme Harry le remarqua très vite, il n'avait pas l'air d'y être très attentif. En fait, il ne cessait de jeter des coups d'½il à Luna. Harry fut le premier à se débarrasser de toutes ses cartes. Laissant ses amis continuer la partie entre eux, il s'approcha silencieusement de Malefoy, qui continuait de regarder obstinément autre chose que son livre.
-Elle est mignonne, hein ? dit-il à voix basse à l'oreille de Malefoy.
Malefoy sursauta si brusquement qu'il faillit en lâcher son livre avant de se retourner vers Harry.
-De quoi tu parles ? bredouilla-t-il rapidement en s'efforçant de reprendre contenance.
-Comme si tu ne le savais pas, pouffa Harry toujours à mi-voix. Depuis le temps que tu la regardes !
-Je ne regarde pas du tout Lovegood, protesta Malefoy sur le même ton en virant au rouge. Je lis !
-Ben tiens ! ironisa Harry. Avec ton livre à l'envers ? Sans compter que je ne me souviens pas avoir mentionné Luna...
Malefoy rougit encore d'avantage et retourna précipitamment son livre en fuyant le regard de Harry.
-Aller, Malefoy, avoue, elle t'a tapé dans l'½il, avec son nouveau style ! insista Harry.
-Ouais, bon, grinça Malefoy de mauvaise grâce en se tassant dans son fauteuil, d'accord, je la trouve mignonne. Là, ça te va ?
-Moi, je m'en fiche, c'est plutôt à elle qu'il faudrait le dire...
-C'est ça, marmonna Malefoy en s'enfonçant tellement dans son fauteuil qu'il ne dépassait même plus du dossier, et tant que tu y es, je lui tends le marteau pour qu'elle me tape dessus...
-Pourquoi dis-tu ça ? Elle est très sympa, Luna !
-Ah, ça, j'en sais rien, soupira Malefoy, je ne l'ai croisé que trois fois dans ma vie en dehors d'ici, et à chaque fois, je l'ai appelé Loufoqua Lovegood, autant dire que je suis cousu !
Harry éclata de rire.
-C'est sûr que ce n'est pas l'idéal pour engager la conversation ! Mais ce n'est pas en restant dans ce fauteuil et en lâchant ce que tu as dans les mains à chaque fois qu'elle entre dans ton champs de vision que tu vas la connaître !
Malefoy ne répondit pas. Il regarda tristement son livre, avec un air tellement concerné que Harry était prêt à parier son éclair de feu qu'il ne savait même pas de quoi parlait le livre.
-Viens jouer avec nous, proposa brusquement Harry, pris par une subite crise de gentillesse probablement due à son excès de sommeil et à sa grande bonne humeur.
-Quoi ? s'étonna Malefoy en se tournant à nouveau vers lui.
-Viens jouer avec nous, répéta Harry, comme ça, tu pourras engager la conversation avec elle.
Malefoy hésita.
-Tu crois que je peux ? De toute façon, aucun d'entre eux – il fit un mouvement de tête pour désigner les joueurs à la table – n'a envie que je vienne.
-Essaye toujours. On ne sais jamais.
Malefoy regarda vers la table, où des protestations entrecoupées d'éclats de rire résonnaient. Harry, lui se leva et retourna à la table.
-Dites, ça vous dirait de jouer au keums ? lança-t-il à la cantonade.
-Le keums ? C'est quoi, ça ? demanda Tonks.
-Tu connais pas le keums ? lança joyeusement Ron. Oh, c'est facile, c'est un jeu qui se joue en double. Tout le monde à quatre cartes en main, et on fait défiler quatre autres cartes sur la tables. Tu choisis la ou les cartes qui t'intéressent, puis lorsque plus personne ne trouve son bonheur avec le jeu sur la table, on change les cartes et tout recommence, jusqu'à ce que quelqu'un finisse par avoir un carré. Le but du jeu est alors de faire deviner à son partenaire, assis en face de soi, qu'on a un keums - ou carré - en lui faisant un signe de code. C'est très drôle, parce que tout le monde s'épie pour savoir si l'équipe adverse à un keums et essayer de dire « contre-keums » avant que l'autre n'ait deviné, tant et si bien qu'à la fin, on fini par oublier de regarder son partenaire et on rate le carré de celui en face de soi ! C'est vraiment marrant.
-Si tu veux, on t'apprends, proposa Harry. Ah, mais ça ne va pas marcher, nous sommes impaires ! Luna n'a personne en face d'elle. On ne va pas pouvoir jouer ! A moins que... Eh ! Malefoy, lança-t-il d'un air détaché, tu veux jouer avec nous ?
Malefoy, de son fauteuil, n'avait pas perdu une miette du dialogue et il s'efforça de retenir un sourire enchanté en posant son livre.
-Ouais, d'accord, dit-il en venant s'asseoir à coté de Tonks, en face de Luna.
-Super ! décréta tranquillement Harry. Alors, on fait un tour d'essais pour que Tonks puisse apprendre, et ensuite on attaque en vrai, Ok ?
-Ok ! s'écrièrent tous les autres, à qui la perspective du jeu enlevait toute envie de protester contre la présence de Malefoy.
Dix minutes plus tard, les cris et les rires avaient reprit de plus belle tandis que tout le monde essayait de prendre ses cartes le plus vite possible avant que quelqu'un d'autre n'ait eu le temps de les chiper. Tonks ne mit pas deux parties pour convenir que c'était un très bon jeu, et le compte des points commença à se faire, Hermione tenant soigneusement le carnet de victoires des manches du jeu.
-En tout cas, souffla Ron en se penchant vers Harry, son voisin de table, je ne crois pas que Malefoy ait des problèmes pour savoir si sa partenaire fait ou non un signe de code... Vu la façon dont il la regarde, c'est clair qu'il ne risque pas de passer à coté !
-Quoique... pouffa Harry, étant donné qu'il la boit des yeux, il n'a pas l'air vraiment en état de savoir quelles cartes il y a sur la table !
Ils se mirent tout deux à rire aussi discrètement que possible en louchant sur l'expression de parfaite béatitude de Malefoy – qui redoubla lorsque Luna demanda à « Drago » de lui passer la pioche. Une heure plus tard, ils rangèrent enfin les cartes et tout le monde s'éparpilla un peu partout dans la maison. Tonks prit la clarinette et monta dans sa chambre (Harry et Ron parièrent sur le temps qui s'écoulerait avant qu'un son de violon ne se joigne à sa musique), Hermione monta avec un livre à la main, Neville partit faire une sieste et Ginny et Luna décidèrent de faire une partie de mémo dans leur chambre. Quant à Malefoy, il retourna s'assoire dans son fauteuil, l'air enchanté et le regard fixe ; Ron et Harry eurent un regards complice qui montrait clairement qu'ils n'avaient pas l'intention de laisser passer une telle occasion. Jouant les Fred et Georges, ils s'assirent chacun sur un accoudoir du fauteuil de Malefoy et déclarèrent la joute oratoire ouverte.
-Alors, Drago, lança malicieusement Ron, on drague ?
-Lâche moi, Weasley !
-Allons allons, Malefoy, ne te vexe pas ! sourit Harry. On demandait ça en passant...
-Et ben passez ailleurs et toi aussi, tu me fiches la paix, Potter !
-On te dérange ? Tu veux rester seul avec tes pensées ?
-Exactement ! Alors dégagez !
-Pourquoi ? Elles ont l'air plutôt agréables, tes pensées... On pourrait même dire que tu es « dans la lune », si tu me passes le jeu de mot...
-Foutez le camps !
-Oooh, attention, Le dragon de mauvaise foi est également de mauvaise humeur ! Aller, te casse pas la tête, on l'a remarqué, que tu ne savais même pas quelles cartes tu avais en main tellement tu la regardais !
-Mais vous allez me lâcher, oui ?
-Non ! Pas avant que tu nous ais dit comment tu la trouves sur le plan discussion ! Parce que, nous, on la connais suffisamment bien pour ne pas vouloir qu'un sale petit Serpentard égoïste et prétentieux lui fasse de la peine. En revanche, un Serpentard pas imbuvable, c'est rare mais ça arrive, et dans ce cas pourquoi pas.
Malefoy leur jeta un regard aussi désagréable que possible.
-Je trouve qu'elle est sympa. Là. Et maintenant, allez voir ailleurs si j'y suis !
-Bien ! Nous progressons, se réjouit Harry, sans afficher la moindre intention de partir. Alors, on récapitule. D'après toi, elle est sympa et mignonne. Ça prouve au moins qu'elle t'intéresse autant que ta Parkinson.
-Pansy ? dit Malefoy avec surprise. Qu'est-ce qu'elle vient faire là dedans, celle-là ? D'accord, elle est jolie, mais franchement, quelle cloche ! balança-t-il.
Harry et Ron éclatèrent de rire.
-Excellente ! pouffa Ron. Faudra que je la ressorte à Hermione, ça lui fera plaisir !
-Ah, oui, c'est vrai, ricana Malefoy. J'oubliais que tu sortais avec Miss dents de lapin, maintenant...
-Je ne sais pas si tu as remarqué, Malefoy, mais ses dents de lapin, ça fait presque quatre ans qu'elle ne les a plus, rétorqua sèchement Ron en s'efforçant de ne pas lui taper dessus. Alors que Luna, elle est quand même franchement bizarre...
-Elle est pas bizarre ! protesta aussitôt Malefoy. Elle est originale, nuance ! Et elle a le cran de l'assumer !
Ron et Harry échangèrent un regard ahuri avant d'éclater de rire.
-Woaaaw, Malefoy, quelle tolérance ! Tu m'impressionnes !
-Bon, ça va, maintenant, vous me foutez la paix ! aboya Malefoy en se levant avec colère. Retournez à vos Jedusort et compagnie !
-Dommage, mec, c'est déjà fait. Par contre, je me permet de te rappeler que Luna n'est pas sang-pur – je crois que ses parents sont tout les deux moitié/moitié – et que ça ne va pas plaire à ta maman !
-Alors ça, répliqua Malefoy en partant d'un grand éclat de rire, je m'en contre-balance !
Il y eu un silence stupéfait.
-Eh, Ron, s'exclama Harry en riant à son tour, miracle, il a compris !
-Félicitation ! approuva joyeusement Ron en flanquant à Malefoy une boutade amicale qui l'envoya presque s'écraser à l'autre bout de la pièce. Il t'aura fallu du temps, mais faut croire qu'il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis !
Malefoy eut à son tour un petit rire hésitant, tandis que le son d'un violon retentissait agréablement dans la maison aux cotés de la clarinette de Tonks qu'on entendait depuis déjà quelques temps.
Ron et Harry levèrent le nez au plafond puis Ron regarda sa montre et se tourna vers son vieil ami.
-32 minutes ! Aboule le fric, Harry, je t'avais dit qu'il ne tiendrait pas trois quarts d'heure !

-------------------------

Le lendemain, Harry, pour compenser un peu les 17 heures de sommeil dont il avait profité la veille, se réveilla à six heures et préféra se lever. Il se sentait un peu perdu. Jusqu'ici, la mission que lui avait confié Dumbledore lui avait paru claire, flagrante. Il fallait retrouver les quatre derniers Horcruxes de Voldemort et les détruire. Au début, il semblait évidant de s'attaquer aux trois objets, de les trouver avant de briser leur pouvoir. Avec l'aide de Ron et Hermione, puis ensuite avec celle de Ginny, Luna et Neville – et Rogue – il avait réussit à remplire cette partie de sa promesse. Mais maintenant, il ne savait plus très bien comment s'y prendre. Nagini, le dernier Horcruxe, serait probablement bien plus facile à détruire que les autres. Etant un corps vivant, le fragment d'âme qu'il contenait se verrait disparaître dés que le serpent serait tué. Mais comment le trouver, si ce n'était en cherchant son maître ? Or, depuis le temps que l'Ordre du Phénix cherchait la retraite de Voldemort, ils n'y avait pas eu de grands résultats. De ce fait, Harry était un peu désappointé. Il ne savait plus très bien ce qui convenait de faire. Préoccupé, il s'habilla et descendit manger quelque chose. En entrant dans le salon, il bailla, s'étira, jeta un coup d'½il machinal dans la pièce et... s'arrêta net. Assise en tailleur, le regard fixe, les yeux encore plus écarquillés que d'habitude, très droite, Luna était en position de lotus Yoga sur la table. Harry faillit éclater de rire. Toutefois, comme cela n'aurait pas été très charitable, il préféra contourner la table pour ce mettre en face de la jeune fille.
-Euh... Bonjour Luna ! Tu... Tu as bien dormit ?
Pas de réponse. Luna ne semblait même pas l'avoir vu. Harry resta quelques instants perplexe, puis il agita la main devant les grands yeux bleus de Luna. Aucune réaction. Dérouté, Harry commençait à ce demander comment il allait bien pouvoir se sortir de là – il avait faim, et la table était passablement monopolisée – quand soudain, Luna cligna des yeux et son cou paru retrouver sa mobilité.
-Oh, bonjour Harry, dit-elle. Je ne t'avais pas vu.
-Bonjour, Luna, répéta Harry. Oui, je crois que tu n'étais pas vraiment en état de me voir ! Ça te prend souvent, d'imiter Siddhârta en pleine méditation ?
Luna eu un sourire éthéré.
-Tu devrais essayer, tu sais. Quand on s'y prend bien, on arrive à faire rentrer en soi tout le flux magnétique corporel tandis que l'esprit est libéré de toute pensée. C'est un détachement spirituel profond. C'est reposant, et cela permet de rester serein, après.
-Euh... C'est gentil de me le proposer, mais je... ne suis pas très sûr d'être doué pour ça, bredouilla Harry, inquiet de la tournure des évènements.
-Tu as tors, répondit Luna avec son calme extraordinaire. Tu as des soucis, je le sens bien. Ça t'aiderait, de te dématérialiser mentalement ; ça ne résout pas le problème, mais ça aide à se sentir mieux, et on réfléchit plus facilement après.
Harry la regarda deux secondes avec ahurissement. Il n'arrivait pas à comprendre comment Luna pouvait sentir le moindre changement d'humeur de chaque personne. D'autre part, il ne parvenait pas non plus très bien à enregistrer les expressions du style « dématérialisation mentale », « inversion du flux magnétique corporel » ou « détachement spirituel profond »...
-Tu devrais essayer, répéta Luna. Ce n'est pas très dur, tu sais. Il faut faire comme si tu tenais une sphère entre tes doigts, et la regarder en pensant le moins possible. Tu te contente de la regarder et de laisser l'énergie qui circule en toi entrer dedans. Après, je ne peux pas te guider, mais de toute façon, si tu arrives à ce stade, ça ira tout seul. Tu te sentira partir dans les airs, et ton esprit flottera au dessus de toi.
-Ah, bredouilla Harry, mal à l'aise.
Il regarda la porte du salon. Soudain, il regrettait qu'elle ne ferme pas à clef de l'intérieur. Il avait beau être très tôt, il n'avait pas spécialement envie que Ron trouve un prétexte pour le charrier jusqu'à la fin de ses jours...
-Bon, d'accord, décréta-t-il brusquement, je vais essayer. De toute façon, au point ou j'en suis, autant en profiter pour se détendre...
Il grimpa d'un bond sur la table, s'assit en tailleur en tournant le dos à Luna et joignit les doigts comme s'il tenait une grosse boule. Pendant quelques minutes, il se sentit simplement ridicule, puis son esprit se mit à vagabonder sans idée précise. Au bout de dix minutes, il sentait des picotements aux bouts des doigts et il se re-concentra sur la « sphère ». Un quart d'heure plus tard, le regard fixe et le dos droit, il ne pensait plus à rien du tout ; La porte s'ouvrit à la volée et Malefoy entra en sifflotant... Avant de se mettre à hurler de rire.
-WAHAHAHAHAHAHAHAHA ! Potter, super, la nouvelle mode que tu lances ! Extra, vraiment ! beugla-t-il en s'écroulant de rire contre le dossier du canapé.
Harry refit lentement surface. Il cligna des yeux et regarda autour de lui. Il se sentait merveilleusement bien. Il avait réellement vidé son esprit de toute pensée, de toute émotion, et Luna avait raison, c'était très agréable. Il s'étira et descendit de la table. Malefoy riait toujours comme un crétin.
-Tais toi, Malefoy, dis sereinement Harry. Ne la dérange pas.
-Ha ha ! Qu'est-ce que vous fabriquiez sur la table ? Ha ha ha ! C'est vraiment ridicule, tu peux pas savoir à quel point tu avais l'air bête !
-C'est possible, mais je ne m'en suis pas aperçu, assura Harry. Tu devrais essayer aussi, c'est très confortable.
-Ah, ouais ? Merci, très peu pour moi ! Hi hi hi !
-Pourquoi ? Tu crois qu'elle va te trouver très sympa, si tu continues à rigoler comme une baleine et si tu refuses en bloc tout ce qu'elle dit ? Moi, je pense qu'elle sais trop à quoi s'en tenir avec des gars comme toi pour se vexer, mais ce n'est pas de cette façon que tu as de grandes chances de rattraper les « Loufoqua Lovegood » que tu lui as balancé à Poudlard, tu ne crois pas ?
Malefoy cessa de rire. Il regarda Harry qui parti se chercher une tasse de thé et deux ou trois toast dans la cuisine, puis se retourna de nouveau vers Luna, qui n'avait rien entendu, toujours détachée de ce monde. Un instant, il eu l'air un peu perplexe, puis il grimpa sur la table et s'assit en tailleur, le dos droit et le regard fixe.

Harry remonta dans sa chambre. Il avait une pêche d'enfer ! Certes, il n'avait pas d'avantage d'idées sur ce qu'ils allaient faire pour trouver Nagini, mais il sentait qu'il avait trouvé exactement ce que Rogue avait essayé de lui apprendre, deux ans plus tôt. Ce yoga qu'appréciait Luna n'était rien d'autre que de l'occlumantie. La seule difficulté était désormais d'arriver à la mettre en place tout en restant concentré dans un combat de baguettes...

Un peu plus tard le même jour, ils descendirent tous pour dire au revoir à Tonks, qui partait pour Pré-au-Lard reprendre sa place pour les cinq semaines suivantes, jusqu'à début Mai. Cette fois-ci, ce fut Remus qui se pencha pour l'embrasser rapidement sur la joue, avant de lui faire un clin d'½il complice et de lui recommander une fois encore la prudence. Harry, Ron, Ginny et Hermione, qui connaissaient très bien Tonks, la serrèrent l'un après l'autre dans leurs bras, tandis que Neville et Luna lui faisait la bise. De loin, Malefoy, qui sortait du salon et remontait l'escalier, lança même un « Salut, cousine ! », accompagné d'un geste d'au revoir. Surprise, Tonks hésita une seconde avant de refaire le même geste à son attention en répliquant « Salut, cousin ! » de la même manière. C'était là la preuve d'un un grand pas dans l'esprit de Malefoy qui, en la saluant ainsi, reconnaissait Tonks – une sang mêlée – comme faisant partie de sa famille. Harry, Ron et Hermione échangèrent un regard effaré. Décidément, il faisait des progrès ! Enfin, les effusions prirent fin, Tonks sortie en faisant un dernier sourire à tous ses amis et elle transplanna dans la brume. Remus referma la porte avec un peu de nostalgie et remonta lui aussi dans sa chambre. Les six amis restèrent seuls dans le couloir.
-Bon, soupira Hermione, qu'est-ce qu'on fait, maintenant ?
-Je suppose qu'on va chacun retourner dans nos chambres, à moins que vous ne vouliez faire une petite séance d'entraînement ? proposa Harry
-Ne joue pas ceux qui n'ont pas comprit, Harry, protesta Hermione en croisant les bras. Tu sais très bien de quoi je parle !
Harry poussa un grand soupir.
-Si tu parles de la lutte contre Voldemort et de ce qu'on va faire pour la suite des événements, j'ai bien peur de ne pas pouvoir te répondre... Je me suis posé la question toute la nuit, sans résultat.
-On pourrait peut-être en discuter ailleurs ? fit remarquer Ron.
-Oui, Ron a raison, allons dans le salon, dit Ginny.
Ils la suivirent tous dans la grande pièce qu'ils impassibilisèrent, comme d'habitude.
-Alors, où est le problème, exactement ? demanda Neville. Parce que, en fait, il faut qu'on trouve le dernier Horcruxe, n'est-ce pas ? Donc, si vous avez réussi à trouver les trois premiers, quelle est la difficulté majeur du dernier ?
-Rien, si ce n'est que le dernier Horcruxe, qui sera beaucoup facile à détruire puisque c'est un animal qu'il suffira de tuer, sera également beaucoup plus difficile à trouver, étant donné que c'est justement l'animal de compagnie de Voldemort. Or, nous ne savons pas comment chercher Voldemort en personne, et là, absolument personne ne peut nous aider, puisque l'Ordre est à sa recherche depuis des mois, de même que le ministère, sans l'ombre d'un résultat. Donc, déduction...
-Ouais, je vois, marmonna Neville. On est un peu coincé...
-Exactement.
-Mais on ne va pas resté les bras croisés ! gronda vivement Ginny. Il y a des choses à faire, beaucoup de choses à faire !
-Ah oui ? Quoi donc ? demandèrent Hermione et Ron en même temps.
-D'abords, on peut continuer à s'entraîner un maximum, comme on le fait. De toute façon, un jour ou l'autre, on sera face à des Mangemorts et peut-être même à lui directement, alors le plus on en fera, le mieux ça sera.
-Bien sûr, approuva Harry. Mais ça ne va pas nous aider à accélérer les choses pour le retrouver...
-Et bien, pour ça, il faut compter sur la chance, c'est vrai, mais aussi sur l'Ordre. Ils en savent plus que ce qu'on pense.
-Oui, mais on ne peut pas faire partie de l'Ordre, et il est hors de question qu'on leur raconte tout notre parcours, objecta Hermione. Je ne vois pas trop comment faire !
-Alors, il ne nous reste plus qu'à attendre que Rogue ou Malefoy soient « contactés » par Voldemort pour aller le retrouver à leur place.
-Hum... C'est risqué... marmonna Harry.
-De toute façon, tu peux me citer une seule chose pas risquée qu'on ai pu faire depuis que vous êtes sortis de l'école ? lança malicieusement Ginny en se tournant vers lui.
-Je veux dire, reprit Harry tandis que tout le monde s'esclaffait, ce n'est pas une méthode particulièrement fiable.
-Ah, ça, je sais bien, mais je ne vois que ça, soupira la jeune fille en secouant ses longs cheveux roux.
-Elle a raison, assura Luna. C'est le seul moyen dont nous disposons pour le trouver.
-Et si le serpent n'est pas avec lui, on fait quoi ? objecta Ron.
-Comme d'habitude, répondit Harry cette fois-ci avec nonchalance. Nous improviserons.
Il y eu un grand éclat de rire.
-Alors, le problème est réglé ? lança Neville
-Je crois, répondit Hermione. Au moins, on aura tout notre temps pour apprendre de nouveaux sortilèges ! J'ai bien envie de réessayer le double bouclier d'attache. Vous venez ?
Ron et Harry échangèrent un regard et un sourire en sortant leurs baguettes magiques de leurs poches.
-Ce que femme veut, Dieu veut, proverbe Latin, soupira Ron. On te suit, Hermione. Let's go !

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Le temps passait doucement. Le mois de Mars prit fin, et avec lui les longues nuits neigeuses, même si les giboulées perdurèrent encore près de dix jours en avril. Le 12 semblait un peu plus agité, maintenant que les six amis travaillaient leur reflex presque quotidiennement. Une ou deux fois, Remus se joignit à eux lors d'une séance d'entraînement et ils eurent la grande joie de s'entendre dire qu'ils étaient devenus réellement très doués. Même s'il avait réussit à tous les désarmer – sauf Harry – il assura qu'il s'en était fallu de justesse et il livra un combat particulièrement acharné contre Harry, qui parvint à lui faire sauter sa baguette des mains. Malefoy aussi vint « jouer » avec eux quelques fois. Il s'avérait assez doué, même si à chaque fois qu'il se retrouvait devant Luna, il perdait tout ses moyens, et qu'il le fasse exprès ou non, son duel tournait court presque aussitôt. L'ambiance était de plus en plus détendue, ce qui s'expliquait facilement : Tonks absente, Remus venait d'avantage parler avec eux, et Harry était heureux de l'entendre parfois égrener ses souvenir de jeunesse avec James, Sirius et Lily ; De plus, les malheurs de Malefoy et sa retraite au Square Grimmaurd le rendaient plus humble, moins enfant gâté. A force de se ramasser des défaites cuisantes de la part d'Hermione et des Weasley qu'il avait toujours méprisé, il apprenait à tenir une discussion sans chercher toujours la compétition, à rire de ses bévues et devenait presque sympathique. Une fois ou deux, Harry s'était entendu dire de ses amis que finalement, il avait bien fait de faire venir Malefoy au 12, preuve que la tolérance devenait réciproque. Rogue ne se montrait pas souvent. Curieusement, l'après-midi où ils avaient été côtes à côtes pour vaincre Voldemort n'avait pas marqué de grands changements, pas plus que faire parti de l'Ordre n'avait modifié son comportement lors de leur cinquième et sixième année. Harry ne s'en plaignait pas, lui-même était loin de chercher la compagnie de Rogue. Il frissonnait chaque fois qu'il l'imaginait en train de regarder la photo qu'il lui avait donné – Mais pourquoi avait-il eu l'idée absurde de lui donner cette photo ? – et le mal-être qu'il ressentait lorsqu'il repassait leurs conversations sur Lily et Dumbledore semblait chaque fois plus pénible. Tout était plein d'antinomie. Le fait que Rogue déteste James et tente de le sauver... Le fait qu'il aimait Lily et Dumbledore et qu'il les ait tués tout les deux... le fait que Harry le haïsse encore plus et lui fasse pourtant confiance, comme s'il y était forcé... Tout cela était encore trop confus pour Harry, et le moins il voyait Rogue, le moins il avait à ce poser toutes ces questions. Il avait déjà suffisamment à faire avec les recherches de nouveaux sortilèges, leur pratique, les blessures à soigner et les nouvelles macabres à digérer, comme par exemple la mort de l'ancien collaborateur de bureau de Mr Weasley, le vieux Perkins. D'après les jumeaux qui leur avait raconté l'histoire, Mme Weasley avait eu beaucoup de mal à remonter son mari, au bord de la dépression. Il avait toujours beaucoup apprécié son vieux collègue. Il y avait eu une nouvelle réunion de l'Ordre début Avril, sans qu'eux six ne puissent bien sûr y assister, mais Remus leur avait assuré qu'il n'y avait pas eu beaucoup d'avancée, malheureusement. Ils avaient toutefois permit l'arrestation de Rookwood, ce qui constituait un grand progrès, étant donné les connaissances dont il disposait de part sa jeunesse en temps que Langue-de-Plomb. Scrimgeour se montrait de plus en plus féroce dans sa politique d'arrestation. Mondingus Flecher avait été relâché, sa peine de prison étant terminée, et il avait pu prendre part à la réunion. Il s'était à cette occasion retrouvé face à Harry, qui l'avait toisé de toute sa hauteur, dans une froide colère, avant de passer devant lui sans prononcer un mot. Ding avait visiblement eu des velléités de lui parler, mais Harry ne lui en avait pas laissé le temps. Il n'avait pas envie d'entendre les excuses et les justifications larmoyantes de cet homme qui avait pillé la maison de Sirius le soir même de sa mort.
Harry continuait de s'entraîner d'arrache pied à l'apprentissage de l'occlumantie. Maintenant qu'il avait senti exactement l'effet que cela faisait, il savait ce qu'il cherchait et parvenait plus facilement à atteindre cet état mental de concentration et de vide tout à la fois. Ce qui était par contre beaucoup plus difficile, c'était de parvenir à voler quelques instants de solitude avec Ginny... Toujours en groupe, les six jeunes gens avaient rarement des moments de solitude, et s'embrasser sans quatre témoins au moins relevait plus épineux encore qu'à Poudlard, ou la taille du parc permettait des promenades en tête à tête. Une ou deux fois, ils s'étaient fait surprendre par Neville ou Ron, le deuxième ayant envoyé un regard si sévère à Harry que celui-ci avait préférer s'éloigner de celui qui à ce moment là était plus le grand frère de sa petite amie qu'un vieux compagnon de toujours. Harry, toutefois, ne s'en plaignait pas trop. Que Ginny soit là lui paraissait déjà beaucoup trop merveilleux pour trouver à redire. Sans compter que Ron et Hermione semblaient avoir les même difficultés qu'eux... Au cours d'une soirée mémorable, alors que Neville, Luna et Ginny étaient déjà partis se coucher, Harry, Ron et Hermione étaient restés à discuter assez tard. Ron et Hermione, assit chacun à un bout du canapé et regardant avec agacement dans des directions opposées, venaient de se disputer et Harry, lassé, en avait profité pour remonter chercher quelque chose avant de redescendre en vitesse au salon. Lorsqu'il avait rouvert la porte moins de deux minutes après être sortit, Ron et Hermione étaient cette fois enlacés au milieu du canapé, s'embrassant langoureusement. Hilare, Harry avait lancé un « Hum hum » digne de Dolorès Ombrage qui les avait fait sursauter. Hermione, confuse et rougissante, avait essayée de glisser un peu plus loin sur le sofa mais Ron l'avait fermement retenu par les épaules, sans la moindre gêne.
-Et après ça, il me fait la morale parce que j'embrasse sa s½ur, avait ricané Harry en retournant s'assoire dans son fauteuil.
-Ah, ça, mon cher ami, c'est le propre d'un frère. Hermione n'est pas ta s½ur, que je sache ? avait-il répondu tranquillement.
-Au train où vont les choses, avait répliqué Harry, ça ne saurait tarder, beau-frère.
Ils avaient terminés dans une crise de rire magistrale, avant que Harry, charitablement – et pensant aussi que, peut-être, la prochaine fois, Ron s'en souviendrait et refermerait la porte sur lui et Ginny sans faire de commentaire – ne les laisse seuls.
De temps à autres, une belle musique provenant de la chambre de Remus retentissait dans la maison, comme si le violon attendait la réponse de la clarinette. Les lettres des autres membres de l'Ordre restaient rare. Il ne fallait pas attirer trop l'attention en faisant arriver et repartir des chouettes et des hiboux à n'en plus finir, et les feux de cheminée étaient toujours très surveillés, empêchant toute franche discussion. Fred et Georges, très en contact avec leurs parents, de même que Bill et parfois Fleur, leur racontaient donc beaucoup de choses sur le quotidien de leurs amis et proches. Mais le quotidien ne variait dans le fond pas beaucoup. Sauf peut-être...
-RON ! GINNY ! HARRY ! HERMIONE, NEVILLE, LUNA ! Venez vite, s'il vous plais ! s'écria un jour la voix surexcitée de Mme Weasley dans les escaliers du 12.
Tout le monde à travers la maison sursauta en entendant les cris du tableau de la mère de Sirius, puis les six interpellés descendirent, augmentés de Remus, un peu surpris de savoir Molly ici.
-Qu'est-ce qui ce passe, maman ? demanda Ginny en arrivant la première. Ah, et bonjour, Bill !
-Salut, petite s½ur !
-Bonjour, ma chérie ! Et bonjour à vous tous aussi, ajouta Mme Weasley en voyant les six autres arriver et la saluer, elle et Bill. Venez tous au salon, nous avons quelque chose à vous annoncer !
Curieux et surpris par l'exaltation de Mme Weasley, ils la suivirent dans la pièce et s'éparpillèrent vers leurs postes d'observation favoris, prêts à l'écoute.
-Voilà. Minerva nous a écrit, à votre père et à moi, pour nous dire que l'Ordre du Phénix envisageait de faire une réunion extraordinaire. Par « réunion extraordinaire », j'entends par là non pas une réunion de travail, donc secrète, mais un regroupement festif d'un grand nombre de sorciers faisant parti de l'Ordre. Et donc, des sorciers étrangers. Il y aura Mme Maxime, la directrice de l'école Beauxbâtons et bien d'autres encore. Minerva pense que c'est une bonne idée que tous les alliés de Dumbledore se rencontrent. A vrai dire, Fol-¼il est persuadé que c'est une façon idéale de pouvoir vendre tout l'Ordre s'il y a un espion ou si l'un d'entre nous est capturé, mais Minerva pense – a juste titre, si vous voulez mon avis – que tous ceux qui ont décidé d'unir leurs forces contre Vous-Savez-Qui se doivent de se connaître. Et donc, Minerva compte sur nous pour organiser cette soirée ! Naturellement, tout ceci doit ce faire ici, au QG – si tu es d'accord, Harry – et, même si elle-même, ainsi que Tonks et quelques autres ne pourront pas venir, nous serons probablement très nombreux !
-Ce serait super ! s'exclama Ron avec enthousiasme. Et tous ces gens seront là dans combien de temps ?
-Justement, c'est là la question. Minerva a eu cette idée suite à une lettre d'une de nos connaissances alliées qui affirme qu'elle sera là dans deux jours. Elle a fait tout ce qu'elle a pu pour prévenir un maximum de gens, et la quasi totalité des membres de l'Ordre peuvent se libérer pour après-demain soir.
-Après-demain soir ? répéta Hermione, étonnée par la précipitation de cette réunion.
-Oui. Je sais, cela ne nous laisse que peu de temps pour tout organiser, mais je suis sûre que si vous me donnez tous un coup de main, on pourra être prêts à temps. Alors, vous êtes d'accord ? Il y aura même Charlie ! On ne l'avait pas vu depuis le mariage de Bill.
-C'est formidable ! assura Harry avec ferveur. On va vous aider à tout préparer, Mme Weasley.
-Même si vous n'êtes pas vraiment des membres de l'Ordre, comme cette réunion est juste une façon de pouvoir mieux se connaître, tout le monde peut participer sans problèmes, dit Bill.
-Cool ! apprécia Ginny. Alors, on s'y met ?
Une grande clameur fit office de réponse et Mme Weasley commença aussitôt à donner des instructions précises à tout le monde. Une demi-heure plus tard, tout le monde courrait à travers toute la vielle maison, les bras chargés d'ustensiles de ménage, de tentures aux couleurs vives, le tout dans une grande bonne humeur que même les mugissements du portrait de Mme Black ne parvinrent pas à émousser.

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Les quarante-huit heures suivantes furent placés sous le signe de l'effervescence la plus désordonnée. Pourtant, les ordres de Mme Weasley finirent par être tous respectés et à trois heures de l'arrivée des premiers invités, tout était prêt. Habillé avec plus de soin que de coutume, tout le monde s'était rassemblé dans le salon, transformé en une grande salle à manger. Il devait y avoir une quinzaine des vingt membres habituels, plus dix ou douze sorciers étrangers et, bien sûr, l'AD de terrain ainsi que Fred et Georges. Les enfants Weasley discutaient avec animation en attendant les invités. Mme Weasley regardait les jumeaux avec méfiance, craignant une nouveauté en matière de farce, mais les deux jeunes hommes semblaient seulement impatients de retrouver Charlie, tout comme Ron, Bill et Ginny. Mr Weasley n'était pas encore arrivé quand, enfin, la sonnerie de la porte d'entrée retentit. Mme Weasley se précipita, tandis que tout le monde souriait avec satisfaction en constatant que la bulle de silence que Remus et Kingsley avaient eu le plus grand mal à installer autour du tableau vociférant pour les quelques heures à venir remplissait son office. Ce furent Hestia Jones et Elphias Dodge qui entrèrent cette fois. Petit à petit, dans les trois quarts d'heure qui suivirent, d'autres personnes arrivèrent, remplissant un peu la salle d'une foule joyeuse. Tous les étrangers venaient accompagnés de quelqu'un qui connaissait l'emplacement du 12, puisqu'on ne pouvait leur dire l'adresse complète du quartier général de l'Ordre. Une autre sonnerie retentit et Mme Weasley alla ouvrir.
-Bonjour Maman ! s'exclama une voix joyeuse et familière.
Quelques instants plus tard, Charlie Weasley entrait dans le salon, suivit par deux hommes et deux femmes, dont une qui semblait avoir à peine dix-neuf ou vingt ans. Il fallut un peu de temps avant que Charlie ne parvienne à se dégager suffisamment de l'étreinte de toute sa famille pour pouvoir présenter les quatre personnes qui l'accompagnaient comme étant des sorciers qu'il avait réussi à recruter en Roumanie, mais aussi en Bulgarie, puisque son lieu de travail était tout proche de la frontière Romano/Bulgare.
-Il y en aura un autre qui va venir, ajouta Charlie avec un petit sourire. Il sera un peu en retard, c'est Fol-¼il qui va l'amener. Ils seront là d'ici deux ou trois heures, je pense.
-Bien. Dans ce cas, nous pouvons passer à table, dit sa mère.
On lui obéit sur le champ. D'ailleurs, les effluves des plats qu'elle avait mijoté tentaient tout le monde depuis longtemps. Le dîner fut des plus agréables, ponctué d'éclats de rire et de conversations joyeuses entre sorciers de toute l'Europe. Enfin, à dix heures passées, on sortit enfin de table et tout le monde aida Mme Weasley à faire disparaître les restes des plats et à ranger un peu le salon, l'organisant cette fois comme un grand buffet où tout le monde déambulait debout, allant de l'un à l'autre pour bavarder. Charlie avait été exact dans son estimation : deux heures et demi après son arrivée, la sonnerie de la porte tinta à nouveau et Mme Weasley alla ouvrir. Une minute après, Fol-¼il, l'air plus sinistre que jamais avec son ½il magique roulant dans son orbite passa dans le salon en claudicants sur sa jambe de bois et Mme Weasley précéda le dernier invité. Harry, un verre à la main à coté de Ron, Ginny, Neville et Hermione se retourna pour saluer comme tout le monde les nouveaux venus. Là, il s'immobilisa brusquement et écarquilla les yeux, stupéfait. A coté de lui, il entendit Ron murmurer d'une voix sans timbre
-Oh non, c'est pas vrai... Dites moi que je rêve... Ou plutôt, que je cauchemarde...
Harry ne sut trop s'il fallait rire ou pas. Toujours est-il qu'il ne s'attendait certes pas non-plus à voir le dernier de ses anciens adversaires du Tournois des Trois Sorciers encore en vie passer la porte de chez lui ce soir.
Viktor Krum venait d'entrer dans le salon du Square Grimmaurd.

# Posté le vendredi 29 décembre 2006 09:00

Fan Fiction - Volume 7 - Le Triomphe du Coeur - Chapitre 23 .

Fan Fiction - Volume 7 - Le Triomphe du Coeur - Chapitre 23 .
Chapitre 23 - Accrochages

-Les amis, laissez moi vous présenter, même si c'est parfaitement inutile, Viktor Krum. Viktor, voici la quasi totalité des membres de l'Ordre, s'exclama Charlie tandis que la petite foule de gens le saluait chaleureusement.
Viktor, l'air aussi grognon que la dernière fois que Harry l'avait vu, près de trois ans plus tôt, rendit quelques bonsoirs puis ses yeux vifs et habitués à chercher et trouver sans cesse les détails firent le tour des invités. Presque aussitôt, il eut un sourire plus franc et marcha droit vers Harry, Hermione, Ginny, Neville et Ron.
-Harrrrry Potterrr, dit-il en lui tendant la main. Je suis trrrès heurrreux de te rrrevoirrr.
-Salut, Viktor, répondit Harry en lui serrant la main. Moi aussi, je suis content de te voir. Je ne m'attendais pas à ce que tu fasse partie de l'Ordre !
-Dumbledorrrre m'avais fait comprrrrrendrrre qu'elles étaient les vrrraies priorrrités de la vie. Je n'ai jamais oublié le discourrrt qu'il a prrrononcé la veille de notrrre déparrrt de Poudlarrrd. Ni la morrrt de Diggorrrry. Quand j'ai rrrencontrrré Charrrrlie Weasley un peu aprrrès ma sortie de Durrrmstrrrrang, je n'ai pas mis longtemps à rrrrejoindrrre ceux qu'il avait déjà rrrréunis. Il se souvenait bien de moi, et moi aussi. Je suis content, désorrrrmais, de pouvoirrr à mon tourrr aider l'Orrrdrrre.
-Ah, d'accord, dit Harry en hochant la tête, incapable de trouver une sortie au danger évidant qui s'annonçait. Heu... Je ne sais pas si tu te souviens de mes amis ? Voici Neville Londubat, Ginny Weasley, la petite s½ur de Charlie, son frère Ron, que tu as déjà plusieurs fois croisé, et, bien sûr, Hermione, fit-il en jetant un rapide coup d'½il à Ron et Hermione, l'un à coté de l'autre.
Viktor les salua tous l'un après l'autre d'un mouvement de tête en leur tendant la main et tout le monde lui répondit, sauf Ron qui se contenta de lui serrer la main le plus brièvement possible. Le visage fermé, ses oreilles ayant pris une teinte rouge sombre de très mauvais augure, les mâchoires crispées, Ron considérait le nouveau venu avec un regard aussi froid qu'un pic à glace, ses yeux bleus lançant des éclairs. Visiblement, il devait penser que son frère avait fait un peu trop de zèle le jour où il avait pris contact avec Krum. Harry croisa brièvement le regard de Ginny qui se mordait la lèvre inférieure avec la même appréhension qu'il ressentait lui-même. S'il ignorait tout des relations entre Viktor et Hermione actuellement, il n'y avait pas de doutes qu'Hermione, à son expression à la fois agréablement surprise et un peu mal à l'aise, n'était pas plus fixée qu'eux sur le sujet. D'ailleurs, cela ne fit pas un pli : Au lieu de saluer Hermione comme les autres, Viktor se tourna vers elle et plongea son regard sombre dans le sien.
-Herrr-mion-neû ? Je peux te parrrler ? demanda-t-il.
Harry fut le seul à remarquer le léger tremblement des mains de Ron et le tic nerveux qui passa sur son visage.
-Je... Euh, ou-oui, bien sûr, bredouilla Hermione, un peu prise de court.
Elle jeta à son tour un regard furtif à Ron mais celui-ci détourna la tête, refusant de croiser ses yeux. Hermione se mordit la lèvre inférieure avant de suivre Viktor qui s'était déjà un peu éloigné.

-Ecoute, Viktor, commença précipitamment Hermione avant même que le jeune homme ait pu dire quelque chose. Avant toute chose, il faut que tu saches que... Enfin, disons, on ne s'écrivait presque plus... Et puis, on ne s'était jamais revus, après le Tournois...
-Justement, c'est de ça que je voulais te parrrler, Herrr-mion-neû, coupa Viktor. Quand je t'ai rrrencontrrré, tu te souviens peut-êtrrre que je t'avais dit que je n'avais jamais éprrrouvé quelque chose d'aussi forrrt enverrrt une fille ?
-Oh, oui, je m'en souviens, murmura Hermione, qui sentait la situation se corser à chaque mot qu'il prononçait.
-Et bien, c'était vrrrai à cette époque. Mais plus maintenant, dit doucement Viktor.
Hermione releva les yeux, surprise.
-Herrr-mion-neû, je voudrrrais te prrrésenter Tatiana, reprit Viktor tandis qu'une jeune femme aux cheveux blonds/roux s'approchait en souriant. Tatiana, ajouta-t-il en passant un bras autour de la taille de la nouvelle venue, voici Herrr-mion-neû Grrrangerrr, dont je t'ai beaucoup parrrlé.
-Bonjiourr ! s'exclama la dénommée Tatiana d'une voix chantante semblable au courlis d'un oiseau. Je suis heureuse de te rencontrrer enfin, Her-mio-ne !
-J'espèrrre que je ne te frrroisse pas, Herrr-mion-neû, mais... Tatiana et moi...
-Ne t'inquiète pas, coupa Hermione avec un large sourire. Je comprends très bien, et je suis très heureuse pour vous deux. Moi aussi, je... Enfin, je suis vraiment contente pour vous.
-Nous sommes fiancés, termina Viktor, visiblement heureux et soulagé de la réaction d'Hermione.
-C'est formidable ! Félicitation ! s'écria Hermione avec enthousiasme. A quand la noce ?
-Si tout va comme prévu, d'ici un an, expliqua Tatiana, rougissante mais les yeux pétillants de joie. Mes parents sont à St-Petersbourg et ils ne peuvent pas venir plus tôt, hélas. Mais ils m'ont promis qu'ils seraient là pour mes vingt-et-un ans, l'an prochain.
-Tu viens de Russie ? demanda Hermione, qui avait l'impression d'être aussi légère qu'un oiseau maintenant que l'ambiguïté de la situation était entièrement dissipée.
-Oui ; Mon père est Russe, ma mère Bulgare. J'ai grandit en Russie avec batiouchka – pardon, mon père – mais je suis revenue vivre en Bulgarie. C'est là que j'ai rencontré Viktor.
-Et toi ? demanda Viktor avec un sourire. Tout va bien dans ta vie ?
-Moi, oh, et bien... J'ai quitté l'école avec un peu d'avance, pour pouvoir moi aussi faire quelque chose contre Voldemort, même si je ne fait pas vraiment parti de l'Ordre... Et puis, moi aussi, j'ai quelqu'un dans ma vie, avoua-t-elle en rougissant un peu.
-Rrronald Weasley ? devina Viktor avec un sourire malicieux.
-Comment le sais-tu ? s'étonna Hermione en souriant elle aussi malgré elle, les joues de plus en plus rouges.
-Oh, sa façon de me serrrrer la main, dit Viktor en riant. Et la manièrrre dont tu me parrrlais de lui dans tes lettrrres. Je crrrrois que j'ai dû savoirrr avant toi que tu serrrait heurrreuse avec lui, ajouta-t-il plus sérieusement. Cela ce sentait dans ce que tu écrrrivais, même si tu ne t'en rrrendais pas compte.
Hermione eut un petit rire. Oui, elle était heureuse avec Ron. Il y avait longtemps qu'elle était heureuse avec lui, et plus encore maintenant. Et elle espérait bien le rester toute sa vie. Mariage... Un bien grand mot. Et pourtant... Elle sortit de sa rêverie pour croiser le sourire complice de Viktor et Tatiana. Leurs fiançailles ne lui inspirait que de la joie et de la satisfaction, preuve de l'évolution de ses sentiments pour Viktor.
-Alors si tout est réglé, on a plus qu'à ranger ça dans la case « bons souvenirs » ! dit Hermione avec bonne humeur.
-Avec plaisirrr, assura Viktor. Nous restons toujours amis ?
-Oh que oui ! fit-elle joyeusement. J'y compte bien ! On reste en contact ? Vous me direz la date de votre mariage !
-Bien sûr ! approuva chaleureusement Tatiana.
Ils continuèrent à bavarder quelques instants encore ; Hermione et Tatiana s'apprécièrent beaucoup mutuellement, et Viktor n'avait pas changé. Hermione inspira profondément en prenant congé de ses nouveaux amis pour les laisser entre eux. D'un pas vif, elle retourna vers ses vieux amis, décidée à profiter de la fête.

-Ron, commença Harry dés qu'Hermione se fut un peu éloignée en compagnie de Viktor, mais Ron ne lui laissa pas le temps de continuer.
-Stop. Je ne veux pas en entendre parler. C'est clair ? dit-il d'une voix menaçante en regardant obstinément ailleurs que dans la direction où Hermione et Viktor étaient partis.
Le regard fixe, les yeux extraordinairement brillants – sans que Harry ne puisse déterminer si la raison en était la colère ou un peu trop d'humidité – les lèvres légèrement tremblantes – là encore, il aurait pu s'agir de colère ou de désarrois mais personne n'était assez fou pour se risquer à poser la question – mâchonnant sa langue à la manière de la Tante Pétunia lorsqu'elle se retenait de dire quelque chose de particulièrement désagréable, Ron était devenu très pâle.
-Ron, je t'assure que... insista Ginny.
-Boucle là ! ordonna sèchement Ron, toujours sans regarder personne. Je ne t'ai rien demandé ! Et je n'ai pas besoin que tu m'assures quoi que ce soit ! J'ai très bien comprit !
-Tu n'as rien comprit du tout ! protesta Ginny avec véhémence. Elle...
-Tu vas la fermer, oui ? gronda Ron en lui décochant un regard si acide que Ginny s'interrompit net, chose extrêmement rare.
-Euh... fit prudemment Neville en voyant Hermione revenir seule, un grand sourire aux lèvres.
-Et voilà, lança Hermione d'un ton joyeux en reprenant le verre de jus de citrouille qu'elle avait posé sur la table. Je suis bien contente de le revoir, ça fait plaisir ! Qu'est-ce qu'il y a ? demanda-t-elle en constatant que Harry, Neville et Ginny lui adressaient tous des regards d'avertissement alors que Ron ne la regardait pas du tout.
Hermione les regarda tous les trois enchaîner les grimaces avec perplexité. Il lui semblait tellement évident que Viktor et elle avaient mit les choses au clair en se disant bien en face l'un comme l'autre qu'ils avaient rompu qu'elle ne songea pas un seul instant à ce à quoi Ron songeait.
-Qu'est-ce qui ce passe ? Ils font un concours de pitreries ? demanda-t-elle à Ron.
Le garçon lui tourna obstinément le dos.
-Va savoir, grinça-t-il en serrant si fort sa flûte d'hydromel qu'elle commença à se fissurer. Peut-être qu'ils imitent le comique de la situation...
-Ron ! Qu'est-ce tu as ? protesta Hermione, vexée par son attitude.
-RIEN ! Tonna brusquement Ron alors que sa flûte finissait par exploser sous ses doigts. Je n'ai RIEN du tout ! Tout va pour le mieux ! Je vais me coucher ! Bien le bonsoir à Mister Grognon-en-Chef ! aboya-t-il en les plantant là et en partant en trombe.
-Mais... bredouilla Hermione, stupéfaite, tandis que Ron claquait la porte du salon derrière lui et que ses pas disparaissaient dans l'escalier. Qu'est-ce que...
Harry poussa un profond soupir. Comme disait Ron, on aurait pas pu rêver mieux.
-Euh... Excuse-moi de te dire ça, Hermione, mais tu as... Comment dire...
-... Un peu manqué de tact, termina Ginny, qui se retenait de rire.
-Oui, approuva Harry. C'est le mot. Je ne sais pas ce que te voulait Krum, mais je crois que Ron n'a pas apprécié que tu repartes avec son... prédécesseur, on va dire.
-Quoi ? Mais c'est ridicule ! protesta Hermione, agacée. Viktor et moi sommes seulement amis, à présent ! Justement, c'était pour me présenter à sa petite-amie que Viktor m'a demandé de le suivre ! C'est vraiment absurde ! Mon petit-ami, maintenant, c'est Ron ! Il n'est pas question que je... Que je retourne avec Viktor, enfin ! J'aurais pensé que Ron l'aurait comprit, mais apparemment c'est encore trop lui demander ! Non mais vraiment... Et puis d'abord, est-ce que je lui demande de me régler des comptes à propos de Lavande ?
-Sincèrement, Hermione, je ne sais pas comment tu appelles une attaque d'oiseaux enragés, mais moi, je crois qu'il s'agit effectivement d'un règlement de compte, dit Harry, un sourire en coin.
-Mais je... protesta Hermione en rougissant un peu. Ce... C'était complètement différent ! Ce n'était pas spécialement à cause d'elle ! C'est juste... Enfin, il avait été infect avec moi pendant les deux semaines précédentes ! Je n'allais pas rester sans réaction !
-Ah, ça, c'est sûr que tu n'es pas restée sans réaction ! ironisa Harry. Hem... Hermione, euh... vient avec moi, je crois qu'il faut que je te parle, soupira-t-il en l'entraînant avec lui.
-Bon, quoi ? demanda la jeune fille, quelques pas plus loin.
-Je pense qu'il serait temps que tu saches pourquoi Ron a été infect avec toi quelques jours avant cette fameuse scène.
-Ah, vraiment ? Il y avait une raison ? Je suis ravie de l'apprendre, grinça amèrement Hermione en croisant les bras.
-En fait, nous revenions d'un entraînement de Quidditch, qui... Euh... ne s'était pas très bien passé pour Ron. Il avait mal joué et était déjà de mauvaise humeur. Quand nous sommes revenus à la tour de Gryffondor, nous sommes passés dans un couloir où il y avait Dean et Ginny qui s'embrassaient.
-Ah. Et alors ? Quel rapport ?
-J'y viens. Tu connais Ron, ça ne lui a pas plu du tout de voir sa s½ur embrasser quelqu'un en public – du moins, dans un lieu public. Donc, il s'est énervé. Et tu connais aussi Ginny, ça lui a encore moins plu que Ron se mêle de ses affaires. Donc, elle aussi s'est énervée et elle lui a hurlé ses quatre vérités en pleine figure, à savoir qu'il était le seul à ne jamais avoir eu de copine – ce qui ne lui a pas fait plaisir – qu'il était le seul à n'avoir jamais embrassé personne – ce qui lui a encore moins fait plaisir – alors que moi, j'avais embrassé Cho et que toi, tu avais embrassé Krum. Et là, on peut dire qu'il a encore moins aimé que le reste. Résultat, il a fait la tête à Ginny pour son excès de franchise, il a fait la tête à Dean parce qu'il embrassait sa s½ur et il t'a fait la tête parce qu'il a découvert l'eau chaude, à savoir que tu avais embrassé Viktor. Et voilà pourquoi il s'est empressé de se trouver une copine qu'il puisse embrasser autant que possible et qu'il t'en a voulu pendant des mois.
-Quoi ? lâcha Hermione, ahurie. Tu veux dire qu'il... Qu'il m'en a voulu parce que j'avais eu un copain avant qu'il ait une petite-amie ?
-Non. Il t'en a voulu parce que tu avais eu un copain autre que lui.
Hermione le regarda, bouche bée.
-Enfin, Hermione, soupira Harry avec un mélange de lassitude et d'amusement, tu ne comprends donc pas ? Tu te souviens de ce que tu m'avais dit quand la coupe de feu avait craché mon nom et qu'il m'en voulait à mort ? Tu m'avais dit qu'il était jaloux. Et bien, là, c'est pareil. Ron est jaloux, il est même terriblement jaloux ! Or, qu'est-ce qu'un jaloux ? Un envieux, ou alors un possessif. Et qu'est-ce qu'un possessif ? Un passionné... D'ailleurs, est-ce que, toi non-plus, tu ne serais pas un peu comme ça ?... Notamment en allant jusqu'à sortir avec le garçon que Ron déteste le plus juste pour le faire enrager ?... fit Harry en la regardant par dessus ses lunettes.
Hermione rougit jusqu'à la racine des cheveux.
-Allez, Hermione, arrête de lui en vouloir. Il tient à toi, ça fait des années qu'il tient à toi. Il t'aime plus que n'importe qui. Bon, il s'y prend peut-être très maladroitement pour te le montrer, mais je sais qu'il ne supporterait pas de te voir avec quelqu'un d'autre. Là, je suis sûr qu'il ressasse en s'imaginant que tu re-sorts avec Krum. Or, c'est ce qu'il y a de pire pour lui. Rappelle-toi qu'il craint plus de te perdre que d'affronter un troupeau d'accromentulas. Il l'a déjà prouvé.
Hermione baissa les yeux, contrite.
-Va le voir, insista doucement Harry. Tu ressens la même chose que lui. Alors va le lui dire.
Hermione releva les yeux, indécise.
-Tu crois que je peux ?
-Bien sûr ! Plus tu attendras pour lui parler, plus difficile ça sera. Et souviens-toi la tête que tu as fait quand tu as apprit qu'il était en danger de mort alors qu'il y avait plus de trois mois que tu ne lui parlais plus.
Hermione frissonna à l'évocation de cette scène.
-Tu as raison, dit-elle avec une brusque détermination. Je monte tout de suite. Merci.
-De rien, c'est normal, répondit Harry avec un sourire.
Hermione posa son verre qu'elle n'avait toujours pas bu et fit volte-face, traversant le salon au pas de charge. Elle sortit dans le couloir, monta les escaliers quatre à quatre, s'arrêta devant la chambre de Ron et inspira profondément avant d'ouvrir doucement la porte et de se glisser dans la pièce.
Harry avait raison :Allongé de tout son long sur son lit qu'il n'avait pas défait, les mains croisées sous la tête, les yeux rivés au plafond, les dents serrées, Ron ruminait des penses plus noires les unes que les autres. Lorsque la porte de sa chambre s'ouvrit doucement, en face de sa tête de lit, il s'attendit à voir rentrer Harry dans son champ de vision, ou peut-être même Ginny, mais il eut la surprise de reconnaître les mèches ébouriffées d'Hermione.
-Qu'est-ce que tu fiches ici ? grogna-t-il avec mauvaise humeur, fixant toujours le plafond des yeux. Tu ne danses pas avec Vicky ?
Il avait beau savoir que ce n'était pas en étant désagréable avec elle qu'il aurait une petite chance de gagner le c½ur de la jeune femme, il était trop abattu pour essayer de faire bonne figure.
-Non, répondit calmement Hermione en refermant la porte derrière elle. J'ai laissé Viktor danser avec sa fiancée, Tatiana.
Ron tourna la tête vers elle, les yeux écarquillés.
-Sa... ?
-Oui. Sa fiancée, répéta Hermione en tirant une chaise près du lit et en s'asseyant tout aussi calmement. Une jeune fille charmante, d'origine Russe, de vingt ans et avec qui il se mariera l'année prochaine.
Ron eut l'air tellement stupéfait qu'Hermione éclata de rire. Ron ferma lentement les yeux et poussa un profond soupir de soulagement. Hermione reprit aussitôt son sérieux.
-Ron, tu croyais vraiment que j'allais me remettre avec Viktor ? demanda-t-elle doucement. Que j'allais te laisser tomber pour lui ? Tu pensais vraiment que j'allais faire une chose pareille ? Ron... C'est TOI, mon petit-ami. Je pensais que c'était réciproque. Or, je m'aperçois que tu ne me fais pas confiance, et l'amour sans confiance, ça ne veut rien dire.
-Dis pas ça, coupa Ron. Je t'aime, c'est la vérité.
-Je sais, murmura Hermione. Je suis simplement attristée que tu me crois capable de te faire une chose pareille...
-Je te demande pardon, s'excusa Ron. J'ai eu peur de te perdre. J'ai eu peur que tu t'éloignes, qua tu partes sans que je puisse te retenir, que tu t'éloignes de moi sans que je puisse rien faire. Je n'aurais pas dû, mais j'ai eu peur quand même. Je suis désolé.
Hermione fut touchée. Dites aussi directement, ces paroles étaient la voix même de la sincérité. La jeune fille se leva en silence et alla s'étendre à coté de lui, sur le bord du lit. Ron tourna légèrement la tête pour la regarder s'allonger à vingt centimètres de lui, un peu étonné, puis il redirigea ses yeux vers les poutres de bois au dessus de lui, les mains toujours sous la tête, souriant légèrement cette fois-ci. Ils restèrent ainsi pendant longtemps, l'un à coté de l'autre, détaillant les taches d'humidité du plafond sans un mot, juste heureux d'être ensemble.
-Donc, dit soudainement Ron, il n'y a rien entre Krum et toi.
Hermione se remit à rire.
-Si. Il y a et il y aura toujours de l'amitié. Point. Il restera toujours mon premier flirt.
Ron se renfrogna légèrement.
-Mais toi, ajouta Hermione avec douceur en tournant la tête vers lui, tu es et tu resteras toujours mon premier véritable amour.
Ron la regarda lui aussi.
-Moi, tu sais, tu aura été les deux, murmura-t-il presque timidement.
-Alors ça c'est pas vrai ! protesta Hermione, indignée. Et Lavande, alors, c'était quoi ? C'était pas un flirt, peut-être ? Vous étiez toujours collés l'un à l'autre !
-Ah, mais Lavande et moi, c'était différent ! s'insurgea Ron comme s'il énonçait une évidence. Moi, je ne l'aimais pas vraiment ! Alors que toi, tu t'en étais entiché, de ton Vicky, et c'était du sérieux ! Lavande, c'était... Un passe temps. On échangeait rien !
Hermione haussa un sourcil d'un air terriblement semblable à celui du professeur McGonagall et braqua sur lui un regard revolver.
-Bon, d'accord, concéda Ron. On échangeait rien, mis à part de la salive.
Hermione se mit à hurler de rire.
-C'est vrai ! protesta Ron en riant à son tour.
-Je te crois, pouffa Hermione.
Le jeune homme se tourna sur le coté en s'appuyant le coude sur l'oreiller pour se tourner vraiment vers elle.
-Tu me pardonnes, pour tout à l'heure ? demanda-t-il d'une petite voix implorante en lui jetant un regard de chien battu.
-Tu crois que j'aurais le c½ur à te faire la tête ? répondit Hermione avec un sourire.
Il lui rendit le même sourire et se pencha doucement sur elle pour l'embrasser tendrement. Lorsqu'ils se séparèrent, quelques instants plus tard, Hermione rouvrit les yeux avec une seconde de retard. L'espace d'un baiser, elle s'était retrouvé très haut, beaucoup plus haut qu'au septième ciel.
-Tu n'as pas l'impression qu'on dérape un peu du sujet ? chuchota-t-elle en lui caressant le visage d'un doigt.
-Du sujet ? Quel sujet ? répondit Ron, taquin. Il est clos, le sujet, non ? Et ce qu'il y a de chouette dans une dispute, c'est la réconciliation...
Hermione s'empourpra tandis qu'il la prenait dans ses bras et commençait à la câliner plus passionnément que d'habitude.
-Tu n'es pas d'accord ? insista-t-il dans un souffle chaud qu'elle sentit contre son cou et qui la fit frissonner.
Question à double tranchant. Une façon discrète de lui demander si elle aussi était d'accord pour sauter le pas, pensa la jeune fille en souriant. Ron pouvait être tellement transparent, parfois...
-...Si, murmura-t-elle en lui passant la main dans les cheveux. Je suis tout à fait d'accord...
Il lui sourit. Hermione l'embrassa à son tour. Elle songea avec une grande satisfaction qu'elle avait pensé à fermer la porte à clef, un peu plus tôt. Elle n'avait pas prévu l'importance de ce détail à ce moment là, mais elle put lire dans le regard flamboyant de son premier véritable amour qu'elle avait très bien fait.

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-Harry ? demanda Ginny après avoir fait trois fois le tour du salon. Tu n'aurais pas vu Ron et Hermione ?
-Ron et ?... Euh, non, je ne les ai pas vu. Pourquoi ?
-Les invités vont bientôt partir, je voulais les prévenir.
-Hermione est allée parler à Ron ; Je crois qu'ils ne sont pas encore redescendus.
-Ah...
Ginny eut un petit sourire espiègle.
-Quoi ? demanda Harry en lui rendant le même sourire complice.
-Hum ! Je crois que tout compte fait, les invités se passeront d'eux parce que ce n'est pas moi qui vais les interrompre alors qu'ils discutent...
Harry se mit à rire.
-Si tu veux mon avis, je crois que s'ils sont encore en train de discuter à plus de deux heures du matin, c'est qu'ils ne discutent plus depuis longtemps...
Ginny rougit en riant elle aussi.
-J'espère seulement que Fol-¼il n'aura pas l'idée de les chercher avec son ½il magique !...
-Moi, j'espère que s'il en a tout de même l'idée, il ne le dira pas à ta mère. Sinon, Remus et Kingsley auront encore plus de mal à créer une barrière de silence autour d'elle qu'autour de Mme Black !...

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Lorsque Hermione se réveilla, la tête posée contre l'épaule de Ron, il lui fallut une seconde pour se rappeler ce qui l'avait amenée à cet endroit. Par contre, elle n'eut besoin d'aucun délai pour se rappeler de ce qu'elle y avait fait. Rougissante mais heureuse, Hermione releva la tête pour se retrouver nez à nez avec le sourire de Ron, parfaitement réveillé, qui la regardait avec tendresse.
-Tu es déjà réveillé ? dit-elle à voix très basse.
-Je ne sais pas si j'ai dormi, répondit-il sur le même ton.
-Pourquoi on chuchote ?
-Parce que les murs ont des oreilles. Et parce que je n'ai pas envie de donner des idées à Harry et à ma s½ur.
Ils pouffèrent de rire dans les couvertures.
-Tu en as de bonnes !... Ils sortent ensemble depuis plus longtemps que nous !
-C'est possible, dit Ron, songeur.
-Non, c'est certain. Pourquoi ? Tu en douterais, par hasard ?...
-Dans un sens, oui. J'ai la curieuse impression que nous sommes ensemble depuis beaucoup plus longtemps qu'eux.
-Ah bon. Comment ça ?
-Mmm... Et bien, disons que Harry s'intéresse à Ginny depuis notre sixième année. Avant, il était trop occupé avec Cho, et Ginny avait plus ou moins renoncé à lui. Alors que toi et moi, et bien... ça fait presque sept ans qu'on est plus que proches...
Hermione rougit devant son expression sérieuse.
-Oui, mais on était juste amis. On se regardait comme des amis.
-Si tu le dis, murmura Ron. Moi, ça fait longtemps que je ne te regarde plus comme un ami.
-Ah, oui ? Voyez vous cela... Et depuis quand tu as ces regards de pervers ? lança Hermione avec un sourire intimidé et flatté tout à la fois.
-Depuis le 16 décembre de notre quatrième année d'études à Poudlard, ce qui, comme tu peux le voir, remonte déjà à loin, dit Ron avec une assurance tranquille.
Hermione resta stupéfaite.
-Mais...
-Je sais. Il m'aura fallu plus de trois ans pour m'apercevoir que tu es une fille. Mais depuis, je te garantis que je ne l'ai jamais oublié... Et je n'ai eu besoin de personne pour te voir devenir une femme.
Hermione passa du rouge au cramoisi.
-Je dois admettre que pour moi, ça ne remonte pas à aussi loin et que je ne pourrait pas être aussi précise dans les dates, mais... Pour ma part, j'ai changé mon regard pour toi au cours de notre cinquième année, dit-elle en s'efforçant de parler avec détachement, comme lui, bien que son c½ur se soit subitement emballé dans sa poitrine – et il le savait, il le savait parfaitement, cet espèce d'affreux avec son sourire goguenard aux coin des lèvres ! Il savait très bien que son c½ur battait la chamade puisqu'ils étaient si étroitement enlacés qu'ils pouvaient chacun sentir les moindres frissonnements de leurs deux corps !
-Donc, tu vois, dit Ron avec l'air d'un arithmomane arrivé au bout d'un raisonnement parfaitement logique menant au résultat évident des calculs, nous sommes ensembles depuis plus longtemps qu'eux.
-Tu as peut-être raison, murmura Hermione, troublée.
-Peut-être pas, j'ai raison ! décréta-t-il en lui volant un baiser.
-Oh, mais dis-donc, où est passé le Ronald timide et gauche avec les filles ? Mmm ? fit Hermione en passant un doigt sur son sourire enjôleur.
-Très loin, à des milliers de kilomètres d'ici, fit Ron sans se démonter. Pourquoi ? Il te manque ?
-Non, j'aime bien les deux, répondit Hermione avec un petit rire. Le timide et le moins timide. C'est juste que, même depuis sept ans que je te connais, je ne te savais pas si...
-Carnassier ? termina Ron tandis que son sourire s'élargissait de plus en plus dangereusement.
-Mmmm... Oui, quelque chose comme ça, eut tout juste le temps de répondre Hermione avant qu'il ne l'embrasse.
Il en profita pour la chatouiller avant de se retrouver étouffé sous un coup de coussin. Ils continuèrent à se bagarrer quelques instants en riant à voix basse puis décidèrent de se lever. Même après une longue soirée festive, tout le monde serait levé à neuf heures au plus tard et s'ils n'étaient pas là à ce moment là, quelqu'un risquait d'aller jeter un coup d'½il dans leurs chambres pour les réveiller... Ce qui serait quelque peu problématique. La maison était encore silencieuse pour l'instant, autant en profiter. Ils s'habillèrent vite et en silence puis Ron ouvrit la porte de sa chambre, jeta un coup d'½il pour vérifier si la voix était libre et fit signe à Hermione qu'il n'y avait personne. La jeune fille traversa le couloir, ses chaussons à la main pour ne pas faire de bruit, fila jusqu'à sa chambre et rentra chez elle après un dernier clin d'½il à Ron qui lui rendit un sourire complice.

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Harry attendit que la porte de la chambre d'Hermione se soit ouverte puis refermée pour décider qu'il pouvait se lever. Aussi discret que Ron et elle aient pu être, Harry s'était réveillé à huit heures dix, heure à laquelle le réveil de Ron sonnait habituellement, et moins de trois minutes plus tard, il entendait de l'autre coté de la cloison un double éclat de rire discret suivit d'un bruit de bataille de polochons qui l'avait fait sourire. Encore cinq minutes plus tard, quelques légers grincements de parquet lui assuraient que ses deux amis se levaient, après une nuit qu'il devinait plutôt courte. Harry secoua la tête, rieur ; Il n'y avait pas la moindre chance que Ron soit aussi tolérant avec sa s½ur que lui-même pouvait l'être avec eux... Harry se leva d'un bond, prit une douche et s'habilla en un tour de main avant de descendre prendre son petit-déjeuner en sifflotant. Moins d'un quart d'heure plus tard, Ginny, Tonks, Remus, Ron et Hermione étaient descendus aussi et la demi-douzaine de personnes se mit à bavarder joyeusement à propos de la soirée passée. Ginny et Harry échangèrent un regard ; Ginny fit un discret signe en direction de Ron et Hermione, assis l'un en face de l'autre à sa droite, l'air interrogateur, et Harry hocha légèrement la tête. Ginny se mordit les lèvres.
-Bien dormi ? lâcha Harry, l'air de rien, en buvant son thé.
-Impeccable, assura Ron avec nonchalance en beurrant un toast alors qu'Hermione piquait un fard.
-Je m'en doute, fit Ginny, espiègle.
Remus et Tonks tournèrent la tête en même temps vers le Préfet et la Préfète en Chef avant de se regarder et d'éclater de rire, reconnaissant une situation semblable et très récente entre trois autres protagonistes.
-Comment ça, tu t'en doutes ? demanda Ron en haussant un sourcil soupçonneux. Depuis quand tu sais de quoi je parle, toi ?
-Depuis que son petit ami dort dans la chambre voisine de la tienne, fit Harry, malicieux.
-Ah, bien sûr. Le petit ami de ma s½ur dort dans la chambre voisine de la mienne, donc c'est ma s½ur qui écoute aux cloisons de sa chambre ?... C'est logique, à moins que je comprenne bien ce qui ce passe dés que je tourne le dos... fit Ron d'une voix calme mais avec des oreilles de plus en plus rouges.
-Eh ! Relax, Max, je déconne, Ron, fit précipitamment Harry, sentant venir le danger. Ce que j'ai voulu dire par là, c'est qu'il est tout à fait possible que le petit ami de ta s½ur ait parlé – en dehors de sa chambre – à ta s½ur pour qu'elle ait également le moyen de faire pression sur toi quand tu te mêles de ses affaires, tu vois ?
-Je vois surtout qu'il va falloir que je demande à Rusard de me filer sa chatte, oui ! riposta Ron avec un sourire. Cela dit, Harry, si tu fais ça à ma s½ur, qui, soit dit en passant, n'est pas encore majeur, je te démonte la tête... Ou autre chose.
Tout le monde se mit à rire.
-Tu es pire qu'un corse, Ron, fit Hermione en souriant.
-Un corse ? Qu'est-ce qu'un corse vient faire là-dedans ? demanda Ron, interdit.
Hermione et Ginny échangèrent un regard et s'esclaffèrent.
-Alors comme ça, elle te plait, ma s½ur ? Hein, elle te plait ? aboya Ginny en parodiant Goscini.
-Mais non, voyons, elle ne me plais pas du tout, fit Hermione d'une voix haut perchée.
-QUOI ???!!! Elle te plais pas, ma s½ur ? Comment ça, elle te plais pas, ma s½ur ?!? gronda Ginny, imitant parfaitement le Corse de la BD.
Ce fut l'hilarité générale... Qui se calma très vite quand Rogue descendit à son tour. Ravalant les très-lourds-soupçons-sans preuves-contre-Ron-et-Hermione et la crise de rire qui s'en était suivie, tout le monde se remit à manger en silence alors que Rogue s'attablait.
-Bonjour. Bien dormi ? demanda-t-il, question habituelle et qui n'attendait pas de réponse.
Il y eut quelques faible hochements de têtes. Pendant quelques minutes, tout le monde mania couteaux et petites cuillères en silence, n'osant pas échanger un regard, puis soudain, incapable de résister plus longtemps, les trois couples s'effondrèrent sur la table en hurlant de rire alors que Rogue, un toast à mi-chemin entre son assiette et sa bouche les regardait, interloqué.
-Et bien, quoi ? demanda-t-il, dérouté par la crise de fou rire générale.
Les rires redoublèrent devant sa mine éberluée.
-C'est toujours le chaperon qui est le dernier au courant, articula Tonks entre deux hoquets.
-Quoi ? Le chaperon ? Quel chaperon ? Au courant de quoi ? fit Rogue, de plus en plus embrouillé.
-... 'aisse tomber, lâcha Remus, crampé de rire. ...Trop long à t'expliquer...
Il fit quelques gestes qui auraient pu ressembler à un mélange de brasse et de crawl – mais aussi de chien mouillé pataugeant dans une marre aux canards – pour étayer ses propos mais, incapable de reprendre son sérieux, il abandonna le chalenge, posa sa serviette et sortit dans le couloir pour se calmer en s'essuyant des larmes de rire. Rogue le regarda passer avec perplexité puis haussa les épaules et attaqua son toast, renonçant à comprendre.
La matinée se passa dans la même ambiance joyeuse et détendue jusqu'au déjeuner. Probablement désireux d'éviter les hurlements de rire sans raison apparente du matin, Rogue ne se montra pas au repas, ni au dîner, d'ailleurs. Quelques jours passèrent sans problèmes ; les journaux ne relatèrent aucun meurtre de toute la semaine, ce qui tenait du prodige par ces temps de guerre sournoise. Pâques approchait, avec les traditionnels ½ufs en chocolat que Mme Weasley ne manquerait pas d'envoyer pour l'occasion. Une huitaine de jours après la fête, suite à un déjeuner tranquille entre les six membres de l'AD de terrain, Ron proposa une petite séance d'entraînement, comme presque chaque jour, en fait. Tout le monde approuva aussitôt. S'entraîner au combat donnait le sentiments de faire quelque chose contre le Mal, de réellement poursuivre un but, même si la pratique de tous ces sortilèges était généralement épineuse et même souvent dangereuse. Ils aménagèrent le salon en une grande salle d'exercice et commencèrent à s'attaquer mutuellement. Ils avaient à peine commencé la séance qu'ils s'aperçurent qu'ils n'étaient plus seuls dans la pièce. Se retournant, ils eurent la désagréable surprise de voir Rogue les observer sur le seuil de la porte, bras croisés, un sourire ironique au coin des lèvres, comme s'il doutait sérieusement que leur petite bagarre soit bien utile.
-Oui ? lança Harry en s'efforçant de maîtriser le timbre désagréable et agacé de sa voix. Vous voulez quelque chose ?
-Non, merci, Potter, répondit Rogue sans se départir de son sourire, je passais simplement prendre mon livre.
Harry pointa sa baguette sur la table basse et fit directement voler le livre de sa place à Rogue.
-Je vous remercie, mais tout compte fait, je crois que je vais rester ici quelques instants, assura celui-ci, visiblement ravi de pouvoir les épier et ricaner de leurs efforts.
Il alla s'assoire, avec l'expression type d'une personne qui n'a pas la moindre intention de lire. Irrité et ennuyé, Harry le regarda s'installer tranquillement et échangea un regard avec ses amis. Tous plus ou moins gênés par la présence de Rogue, ils étaient tentés de remettre à plus tard la séance d'entraînement, mais cela lui aurait prouvé exactement ce qu'il voulait. Décidé à ne pas lui faire ce plaisir, Harry s'éclaircit bruyamment la gorge et se retourna vers Hermione.
-Bien. Alors, donc. Ton nouveau sortilège, c'était quoi ?
-L'enchantement du ricochet, répondit-elle. C'est un sort qui s'associe à une formule quelconque, de sorte que le sort rebondit dans la direction inverse à chaque fois qu'il touche un mur. C'est très pratique pour jeter la confusion.
-Mais il ne faut pas l'employer avec une formule trop puissante, car ses effets sont en général amplifiés et se répercutent de nombreuses fois, risquant de faire s'effondrer la pièce, ajouta Rogue.
Harry renversa la tête en arrière et ferma les yeux en inspirant profondément pour se calmer. « Ne pas s'énerver, ne surtout pas s'énerver, du calme Harry, du calme, ne t'énerves pas... »
-D'accords, Hermione, dit-il d'une voix résolument calme. Je ne sais pas ce que tu en penses mais il me paraît trop risqué d'essayer ici. Détruire une deuxième fois le salon en trois semaines serait peut-être mal vu. On pourrait reprendre le combat de la dernière fois, non ? Deux contre un, en double.
-Bonne idée, approuva Ginny. Alors, toi, tu étais contre Ron et Luna, et Neville et moi attaquions Hermione.
Ils reformèrent les groupes. Quelques instants plus tard, le visage et l'esprit fermé, Harry tenait en respect ses deux amis devenus provisoirement ses adversaires. L'esprit d'équipe dont ils faisaient preuve était sans conteste efficace et Harry devait faire appel à tout son talent pour parer les attaques. Déconcentré par la présence de Rogue, il le chercha machinalement du regard et ramassa un sortilège de Ron en pleine poitrine qui le projeta à terre après un vol plané impressionnant.
-Harry ! s'écrièrent Ginny et Hermione en se précipitant.
-Harry, ça va ? demanda Ron, la baguette encore en l'air.
-Oui, grimaça Harry en se relevant. Ça va, c'est bon.
Il se sentait gêné et furieux. La seule chose qu'il voulait éviter devant Rogue venait précisément d'arriver. Naturellement, Rogue sauta sur l'occasion sans hésiter.
-Vaincre deux personnes en même temps, c'est un peu... présomptueux, dit-il d'un ton sardonique. Mais il semble que ce soit habituel dans votre famille... Votre père... commença-t-il, mais Harry ne lui laissa pas le temps d'aller plus loin.
-VOUS N'AVEZ PAS BIENTÔT FINI, AVEC MON PÈRE ? explosa-t-il en faisant volte-face.
Tout le monde sursauta, y comprit Rogue.
-VOTRE PÈRE CECI, VOTRE PÈRE CELA ! ET MON PÈRE CILE, C'EST ÇA ? rugit-il sans prêter attention au hululement de rire de Luna, qui répéta « mon persil... » derrière lui. ÇA TOURNE A L'OBSESSION, DITES ! J'EN AI RAS LE BOL, DE VOUS ENTENDRE ME PARLER DE MON PÈRE ! VOUS ENTENDEZ ? RAS LE BOL ! IL EST MORT ! ÇA FAIT MÊME SEIZE ANS, QU'IL EST MORT ! ALORS FOUTEZ LUI LA PAIX ! IL SERAIT TEMPS DE TOURNER LA PAGE, VOUS NE CROYEZ PAS ?
Harry regarda rageusement Rogue.
-J'en – ai – marre, articula-t-il en détachant nettement chaque syllabe. C'est clair ? Marre ! J'en ai ma claque, que vous me sortiez tous les défauts de mon père ! Je ne suis pas responsable de ce qu'il a fait des années avant que je ne sois né ! Et d'abord, je ne suis pas mon père ! Je ne suis pas James !
Il s'arrêta un instant pour reprendre son souffle avant de repartir à l'attaque.
-QUAND m'a-t-on jamais vu me pavaner de je-ne-sais-quoi ? QUAND me suis-je jamais vanté de mon prétendu talent au Quidditch ? QUAND m'a-t-on déjà surprit à vouloir me mettre dans les bonnes grâces d'un troupeau de filles glousseuses ? QUAND me suis-je jamais donné « l'air intéressant du sportif décoiffé » ? QUAND ai-je trouvé les idioties que la Gazette s'ingénie à publier sur moi agréables ? QUAND ai-je jamais dit que manquer de me faire tuer à tout bout de champ en participant à des Tournois et je ne sais quoi d'autre me plaisait ? Et surtout, Rogue, quand, quand ai-je attaqué une personne désarmée dans le dos – juste parce que mon meilleur ami s'ennuyait ? somma-t-il de toute la puissance de sa voix.
Rogue ne répondit pas.
-Et bien, allez-y, répondez ! gronda sourdement Harry en commençant à faire les cent pas dans le salon. Trouvez moi des témoins, dites moi qui j'ai pu attaquer sans raison, pour m'amuser, dites moi où je me suis vanté de tout ces ramassis de mensonges qu'on trouve dans le journal, dites moi quand la célébrité m'a jamais fait plaisir, dites moi à qui j'ai dit que je trouvait agréable de manquer de me faire empoisonner par les Romilda Vane et compagnie pour que j'avale un philtre d'amour – qui a fini par manquer de tuer Ron -, allez-y, trouvez-moi des éléments de comparaison !
Il amorça un nouveau tour dans le salon, tête baissée et épaules contractées comme un taureau prêt à charger.
-C'est facile, de critiquer ! Vous, vous détestiez votre père ! Et bien pas moi ! Depuis que j'ai onze ans et que Hagrid m'a raconté qui j'étais réellement, je n'ai jamais entendu que des louanges sur lui ! De Hagrid, de McGonagall, de Lupin, de Sirius, de Fudge, de Flitwick, de Dumbledore, même ! Comment je fais, moi, pour savoir ce qu'il en est ? Je pose des questions à des photos, c'est ça ? C'est tout ce qu'il me reste d'eux ! Des souvenirs qui ne sont même pas les miens ! Je n'ai pas de parents ! Je n'ai plus de parents, et ce grâce à vous – merci ! Vous auriez peut-être bien aimé que quelqu'un vous débarrasse des vôtres, mais moi je n'avais rien demandé ! Alors lâchez-moi avec mon père ! Ce n'est pas de ma faute s'il aimait suspendre les créateurs de sortilèges de magie noire dans votre genre par les pieds ! Je ne me suis jamais abaissé à un tel niveau, moi ! Et je ne suis pas sûr que ce soit votre cas, étant donné que c'est vous qui avez inventé la formule !
Son explosion de rage, loin de le soulager, faisait remonter de plus en plus d'amertume en lui.
-Moi, je n'attaque pas les gens sans raison pour faire rire la galerie ! Par contre, je connais quelqu'un qui a longtemps eu cette habitude ! Un dénommé Drago Malefoy ! C'est curieux que vous l'ayez prit sous votre aile... Un sale gosse, fils unique trop gâté, prétentieux, habitué des cours d'admirateurs, toujours prêt à se la ramener sur son balai, toujours prêt à attaquer quelqu'un pour le fun, toujours entouré de ses deux gardes du corps... Bizarre, vraiment, que vous l'appréciez tant ! grinça Harry, tellement énervé que sa baguette crachait de petites étincelles dans son sillage. C'est peut-être parce qu'il était aussi huileux que vos cheveux avec vous que ça vous a flatté l'ego... Ça prouve votre objectivité...
Il s'arrêta enfin de tourner en rond dans le salon et toisa Rogue d'un regard dur.
-Vous vous souvenez de ce qui c'est passé la première fois que nos regards se sont croisés ? Non ? Et bien je vais vous le rappeler, dit-il froidement. Je venais de m'assoire à la table des Gryffondor ; Vous m'avez regardé droit dans les yeux, et j'ai eu mal à ma cicatrice. Pour la toute première fois de ma vie, elle m'a fait mal. Curieux, non ? Curieux que vous m'ayez haït dés la première fois que nous nous sommes vu. Curieux que rien que me voir traverser la Grande salle et aller m'assoire à un banc vous permette de voir que j'étais la photocopie, le clone, de votre ancien camarade de classe !
Il regarda Rogue avec au moins autant de haine qu'il y en avait eu dans les yeux de Rogue à ce moment là.
-Vous ne m'avez pas laissé une seule chance de vous prouver que j'étais différent de mon père. Vous avez décrété que j'étais comme lui, sans faire de distinction. Je ne vous connaissais même pas, à l'époque ! Je ne savais même pas que vous aviez connu mon père, j'ignorais tout, de lui comme de vous ! Il m'a fallu un an avant d'apprendre – de la bouche du sous-fifre de Voldemort – la raison pour laquelle vous étiez aussi désagréable avec moi. Vous avez décidé me faire payer à moi ce que lui vous a fait.
Il frémissait de colère.
-Ne me parlez plus de mon père, ordonna-t-il sèchement. Dernier avertissement.
Harry tourna le dos à Rogue et s'étira en inspirant profondément. Animé par une froide colère qui figeait son expression, il reprit sa baguette et se retourna vers ses amis, muets près de la table.
-Aller, on reprend, dit-il en se remettant en position. Attaquez franco, ça ne me fera pas de mal.
Ron et Luna se placèrent à leur tour.
-Hermione, quand tu veux, dit-il à Hermione qui donnait le signal de départ.
Il se retourna un instant vers Rogue.
-Au fait, dit-il presque avec désinvolture. Vous n'avez pas répondu à mes questions, je crois. Je vous laisse tout le temps que vous voulez pour me rendre votre rapport d'expertise. Ne vous pressez pas. Je sais que vous n'aimez pas les copies blanches.
L'instant d'après, des éclairs de lumières volaient dans tous les sens mais Harry semblait les éviter comme des gouttes d'eau sur ses lunettes après qu'elles aient été imperméabilisées. Impassible et concentré, il ne lâcha pas un mot et il lui fallut exactement six minutes trente deux secondes pour désarmer Ron et immobiliser Luna. Après encore une heure d'entraînement acharné qui se solda par une entorse de la cheville pour Neville qui avait mal chuté et une progression notoire de Ginny en sortilèges informulés, ils remontèrent tous à l'étage, Harry en tête, ses yeux lançant des éclairs qu'il ne dirigeait sur personne – pas même sur Rogue.

# Posté le vendredi 29 décembre 2006 09:01

Fan Fiction - Volume 7 - Le Triomphe du Coeur - Chapitre 24 .

Fan Fiction - Volume 7 - Le Triomphe du Coeur - Chapitre 24 .
Chapitre 24 - Greyback récidive

Suite à cette incartade, ni Rogue ni Harry ne s'adressèrent plus la parole. Décidés à s'ignorer superbement, ils s'arrangeaient pour ne jamais se trouver simultanément dans la même pièce. Harry passait beaucoup de temps dans sa chambre à essayer de trouver de quelle façon ils pourraient bien s'y prendre pour mettre la main sur ce fichu serpent, et il avait désormais acquit la certitude qu'il faudrait attaquer Voldemort le plus vite possible une fois que ce serait fait. Déjà parce qu'il y avait de grandes chances pour que le serpent soit proche de son maître et qu'il ne faudrait pas laisser passer cette chance, et ensuite parce que Voldemort voudrait remplacer son Horcruxe, et peut-être même se méfier et vérifier si les autres étaient bien à leurs places. Il faudrait donc attaquer simultanément les deux. En attendant, il n'y avait aucune alerte quelconque. L'AD de terrain ne pouvait pas faire grand chose, mis à part s'entraîner le plus possible, apprendre de nouveaux sortilèges et tirer les vers du nez des différents membres de l'Ordre qui passaient en coup de vent. L'Ordre qui, justement, devait se réunir une nouvelle fois début Mai. Le soir où Tonks devait rentrer (soir que l'on pouvait facilement identifier au large sourire de Remus ce matin là) était également celui ou devait se tenir la réunion – à huit clos, comme de bien entendu. Pour une fois, cependant, ce ne serait pas Fol-¼il qui se déplacerait de Poudlard, mais le professeur McGonagall. Cela intriguait les six jeunes gens qui, malgré leurs questions insistantes, n'obtinrent aucune explication. Le six Mai au soir, après avoir rapidement salué Tonks, ils furent donc priés de quitter le salon et s'éclipsèrent dans la chambre de Luna et Ginny, devenu le quartier général bis étant donné qu'il y avait deux lits, ce qui permettait de s'assoire plus confortablement.
Une fois les deux heures de réunion terminées, Mme Weasley vint embrasser ses enfants et dire à tout le monde qu'ils pouvaient redescendre dans le salon et que le dîner allait bientôt être servit. Ils sautèrent aussitôt sur leurs pieds pour descendre les aider à mettre la table. L'effectif de personnes présentes avait fondu très brusquement. Même Bill et Fleur étaient partis. Il n'y avait plus que la Directrice du collège, Mr et Mme Weasley et Kingsley en plus des personnes habituelles. Le repas fut sympathique et agréable, même si la présence du professeur McGonagall semblait empêcher la traditionnelle décontraction de quelques personnes lors d'un aussi copieux festin. Harry et Ron remontèrent peu après pour bavarder dans leurs chambres. Au bout d'une heure, un peu étonnés de ne pas voir Hermione revenir du salon où elle s'était attardée pour discuter avec Kingsley, ils descendirent voir ce qu'elle faisait. Harry glissa son bras autour de la taille de Ginny qui se balançait sur une chaise et Ron se laissa tomber de l'autre coté.
-Tu as vu Hermione ? demanda-t-il.
-Oui, bien sûr, répondit Ginny. Elle est juste devant la cheminée, avec le professeur McGonagall. Elles font une partie d'Echecs, précisa-t-elle.
-Une partie d'Echec ? répéta Ron, un grand sourire éclairant aussitôt son visage.
Il se leva, s'approcha des deux joueuses et les regarda quelques instants. Le professeur McGonagall tendit la main pour prendre un fou.
-Si j'étais vous, je ne ferais pas cela, professeur, dit Ron. Si vous bougez le fou, vous pouvez être mat en deux coups.
Elles levèrent toutes les deux les yeux vers lui.
-Vraiment ? Comment cela ? demanda la Directrice.
-Là, regardez : Hermione pourra amener sa tour ici, pour protéger le cavalier au coup suivant. Mat à l'étouffé, expliqua-t-il.
Le professeur McGonagall le regarda avec une certaine surprise.
-J'ai une idée, s'exclama joyeusement Hermione. Pourquoi vous ne feriez pas une partie, tout les deux ? De toute façon, j'ai déjà perdu la précédente, peut-être que ça changerait, cette fois. Allez-y, remettez les pièces, je te laisse ma place, dit-elle rapidement en se levant.
-Oui, pourquoi pas, approuva le professeur McGonagall en souriant. J'aimerai beaucoup disputer une partie avec vous, Mr Weasley. Du moins, en direct... ajouta-t-elle, rappelant la partie d'Echecs géants que Ron avait gagné quelques années plus tôt, dans les sous-sols du château.
-Pourquoi remettre les pièces ? demanda Ron en s'asseyant sur le pouf où Hermione se trouvait juste avant. Elle est très bien, cette partie...
-Ron... Je sais que tu es très doué aux Echecs, mais le professeur McGonagall à un fou et deux pions de plus que moi ! Ce n'est pas l'idéal pour bien commencer une partie... fit remarquer Hermione.
-Bah, c'est pas grave, ça pimente un peu l'épreuve, dit-il joyeusement. Il faut vivre dangereusement !
-Hum... oui... Pas trop dangereusement tout de même, marmonna Mme Weasley qui passait devant eux.
Ron s'installa, demanda quelques minutes pour bien examiner le jeu dans son intégralité, puis bougea une pièce – le cavalier. Méfiante, le professeur McGonagall changea prudemment la position d'un pion pour parer à ce que lui avait dit Ron. Pendant plus d'une demi-heure, Ron arrangea ses pièces jusqu'à avoir une situation de défense bien implanté. Ensuite, il commença à attaquer, avec astuce et stratégie, comprenant les subtilités et les faiblesses de son adversaire. Petit à petit, il rattrapa le retard que lui avait légué Hermione, ramenant les deux camps à égalité. Au bout d'une heure et quart de partie acharnée qui avait fini par rassembler tout le monde autour des deux challengers, Ron fronça les sourcils, se mordilla les lèvres, fit des gestes apparemment incohérents au dessus du plateau, puis fit claquer sa langue contre son palais. Très calmement, il avança un pion d'une case, lui faisant ainsi atteindre la rangée adverse, annonça « Dame », échangea le pion par une Dame et adressa un léger sourire au professeur McGonagall.
-Echec et Mat, professeur. Vous n'auriez pas dû bouger votre tour, ça m'a donné le champ libre pour amener le pion à transformation.
Il y eu un murmure admiratif dans le public tandis que la professeur de métamorphose serrait la main du virtuose.
-Félicitation, Weasley, dit-elle, impressionnée. Vous êtes un grand joueur d'Echecs.
Ron ne répondit pas, mais une certaine fierté passa sur son visage. Il se contenta d'agiter rapidement sa baguette pour faire revenir à leurs places les pièces d'Echec. Pour une fois – la première fois – il était le premier de sa famille. Car, même si son grand-père qui lui avait apprit à jouer était talentueux, il l'avait déjà battu de nombreuses fois. Et cette fois, il était vraiment le tout premier.

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Ron n'eut pas vraiment l'occasion de jouer aux Echecs dans les deux ou trois jours qui suivirent. D'abord parce que personne ne voulait se risquer contre « Celui qui a vaincu McGonagall », comme le baptisèrent les jumeaux à qui on avait raconté l'anecdote, et ensuite parce qu'il n'en eu pas vraiment le temps. Non pas que quelque chose de spécial se passa, mais le quotidien pouvait être chargé tout en restant passablement monotone. La pleine Lune approchait. En fait, elle arriva le sur-lendemain de la réunion de l'Ordre. Harry et Ginny étaient en train de jouer aux cartes avec Neville tandis que Ron et Hermione bavardaient près de la cheminée quand Remus passa la tête par la porte du salon.
-Bon, et bien bonsoir tout le monde, dit-il de sa voix douce.
Tonks, qui travaillait à la table, releva la tête.
-Tu t'en vas ? Pourquoi ? Où vas-tu ? demanda-t-elle, surprise.
Pour toute réponse, Remus lui adressa un sourire un peu désenchanté et haussa les épaule en désignant d'un geste le calendrier accroché dans un coin d'ombre.
-Oh... bredouilla Tonks, gênée. D'accord...
-Bonsoir, répéta Remus à mi-voix.
-Vous partez tôt, s'étonna Ginny. Il est à peine sept heures, la nuit ne tombe pas avant deux heures !
-Je me méfie, sourit-il. Mieux vaut partir tôt, on ne sais jamais qui on risque de croiser dehors !...
Il y eu quelques rires un peu embarrassés.
-Je... Je peux venir ? demanda timidement Tonks.
-Pardon ? lâcha Remus, ahurit.
-S'il te plais... J'aimerais bien que tu me fasses visiter ta maison. Je ne suis jamais allée chez toi, fit-elle doucement remarquer.
Il hésita un instant. En effet, il ne l'avait jamais emmené chez lui.
-D'accords, mais je te préviens, je reste rarement assez longtemps pour faire le ménage, dit-il, après un instant d'hésitation. Une façon pour te prévenir qu'il y aura de la poussière !
Ils rirent tous les deux.
-Pas de problème, pouffa-t-elle, je m'en chargerais ! Ma mère m'a toujours dit que savoir faire le ménage était un grand atout dans un couple, je mettrais ses conseils en application !
Tout le monde éclata de rire. Remus lui prit la main et ils sortirent après avoir souhaité une bonne nuit aux quelques jeunes – qui s'abstinrent prudemment de répondre de même...

Ils transplannèrent presque simultanément à quelques mètres d'une petite maison perdue dans la campagne, avec un petit bois environnant et une véritable jungle de mauvaises herbes.
-Il va bien falloir que je me résolve à passer la tondeuse, soupira Remus, mi-amusé mi-impatienté.
Tonks se mit à rire mais regarda la maison blanche au toit rouge avec des yeux brillants. Malgré que l'un des volets en bois soit à moitié tombé, malgré le jardin digne d'une serre de Botanique, malgré l'absence de lumière à l'intérieur et de rideaux aux fenêtres, elle avait l'air chaleureuse. Il émanait quelque chose de cette habitation un peu abandonnée qui la rendait accueillante. Sans hésiter, Tonks s'approcha de la porte et effleura le marteau à tête de chat qui permettait de s'annoncer. Le chat avait l'air de sourire entre ses moustaches, comme s'il détenait un secret taquinant. Remus s'approcha à son tour et donna deux tours de clef. La porte s'ouvrit dans un grincement, précédant les bruits de pas du couple.
-Voilà voilà, dit Remus en s'avançant dans l'entrée et en soulevant des volutes de poussière à chaque pas. J'aurait aimé que ce soit présentable, mais au moins, c'est naturel, dit-il, un peu embarrassé. Fait attention aux toiles d'araignée, il y en a toujours partout.
Tonks enroula son doigt autour d'un fil d'Ariane qui traversait la pièce en regardant autour d'elle. L'endroit n'était pas particulièrement sale ou désordonné il fallait juste l'entretenir un peu. Le mobilier était sobre et simple, mais joli, avenant. Il manquait peut-être une pointe d'éléments personnels, qui prouvait plus la solitude et une certaine tristesse du propriétaire qu'un coté négligé. D'ailleurs, avec le peu de temps que Remus passait ici, il paraissait assez logique qu'il n'ai pas vraiment fait attention à la décoration. Tonks se tourna vers lui avec un sourire très doux.
-Tu me fais visiter mon nouveau domaine ? murmura-t-elle.
Il resta quelques instants sous le choc de ce qu'elle venait de dire, trop touché par ses paroles pour réagir.
-Volontiers, dit-il enfin. Bienvenu chez toi. La visite commence par ici, ajouta-t-il en l'entraînant vers le salon, sur sa gauche.
Il y avait au rez-de-chaussée l'entrée, avec un salon à gauche, une grande bibliothèque directement liée au salon – la bibliothèque semblait être le seul endroit vraiment fréquentée, étant donnée l'aménagement – puis un bureau double dont seule une partie était aménagée, une salle d'eau, une porte arrière qui donnait sur une terrasse envahie par la végétation, une petite salle à manger très élégante, puis enfin la cuisine qui donnait sur l'entrée. En face de la porte de la cuisine, juste à coté du mur ouvert vers le salon, il y avait un escalier droit qui montait à l'étage. Là, Tonks découvrit une grande chambre avec sa salle d'eau privée, une autre chambre sur le même mur, puis deux autres ainsi qu'une grande salle de bain/buanderie en face. Mis à part la grande chambre, toute les pièces étaient presque entièrement vides. En redescendant, Tonks vit qu'une porte dissimulée se devinait sur le mur en face de la porte d'entrée.
-Et là, dit Remus en devançant sa question, c'est la cave.
Tonks ne s'étendit pas sur les sous-sols de la maison.
-Tu sais ce qu'on dit, à la fin d'une visite ? demanda-t-elle.
-Quoi-donc ?
-« N'oubliez pas le guide... », sourit-elle malicieusement.
Elle posa ses lèvres sur les siennes.
-C'était un beau pourboire, murmura Remus lorsqu'elle s'écarta de lui quelques secondes plus tard.
Il s'apprêtait à le lui rendre lorsque qu'une vielle horloge sonna huit heures et demi.
-Elle retarde, soupira-t-il en passant une main dans les cheveux de Tonks. Je dois y aller.
Tonks acquiesça tristement. Il se dégagea doucement, s'avança vers la porte et prit une clef caché dans la rainure. La porte, blanche et lisse, donnait sur un escalier sombre qui se terminait par une autre porte, en métal gris, celle-là. Malgré lui, un voile d'appréhension passa dans les yeux de Remus. Il descendit les dix-sept marches, marches qu'il avait compté et re-compté des dizaines de fois, puis il ouvrit la lourde porte en fer plein. Derrière, il y avait une grande pièce vide, très haute et complètement nue. Deux soupiraux grillagés, très minces (à peine dix centimètres de haut, ou peut-être quinze) laissaient filtrer quelques rayons de lumière crépusculaire. La cave contrastait incroyablement avec le reste de la maison par son aspect froid, dur, sinistre, presque menaçant. Avec un très long soupir, Remus tira sa baguette de sa poche, se hissa sur la pointe des pieds et posa la baguette sur un support placé très haut sur le mur.
-Tu fermeras derrière toi ? demanda-t-il doucement à Tonks, qui l'avait suivit en silence. D'habitude, je ferme moi-même la porte, mais puisque tu es là... Ne barre pas la porte d'en haut, c'est inutile.
Tonks le regarda, les yeux brillants de larmes contenues. C'était tellement triste...
-Remus, commença-t-elle, mais il l'interrompit.
-Non, Dora. Tu ne peux rien faire pour moi, sauf refermer la porte.
Il traversa la pièce et s'appuya contre un mur, en la regardant. Ses yeux étaient déjà vitreux comme s'il avait de la fièvre.
-S'il te plais, Tonks. Ferme cette porte.
Tonks déglutit et hocha légèrement la tête. Elle prit la poignée de la lourde porte, fit un pas en arrière pour la tirer, puis la claqua, après lui avoir fait un dernier signe d'au revoir. La porte se referma dans un bruit sourd. Chassant les larmes qui ruisselaient en silence sur ses joues, Tonks sortit sa baguette et barra solidement la porte, avant de remonter en courant les dix-sept fatidiques marches et de repousser la porte blanche derrière elle, les mains tremblantes. Elle se força à ne pas éclater en sanglots.
-Allons, c'est lui, et pas toi, qui doit subire ça. Ne pleure donc pas comme une idiote, il reste calme, lui, et pourtant c'est beaucoup plus dur pour lui que pour toi, se morigéna-t-elle.
Elle regarda autour d'elle avec détermination. Rien de tel contre une grosse déprime qu'un peu d'activité. Rester sans bouger à se morfondre ne serrait d'aucune utilité. Courageusement, elle fit un grand mouvement de la baguette et passa à l'action.

Tonks s'étira dans son demi sommeil. Elle se trouvait dans la grande chambre à l'étage, vêtue d'un pyjama qu'elle avait fait apparaître. Elle n'avait pas envie de se lever. Elle s'était couchée très tard la veille, tellement tard qu'il en était même très tôt, et malgré le soleil qui s'obstinait à lui titiller les paupières, elle se décida à paresser encore un peu sous les couvertures. Elle entendis vaguement la vielle horloge sonner sept heures et demi.
-Elle retarde, marmonna Tonks. Il faut que je me lève.
Elle poussa un grand soupir et se leva. Même si on était samedi, elle avait des chances d'être appelée en urgence au bureau, aussi valait-il mieux être prête. Après une rapide toilette de chat, elle s'habilla et descendit à la cuisine. La maison lui était déjà familière. Elle n'eut pas à chercher cinq minutes pour trouver tasses, assiettes, couverts, coquetiers et sachets de thé – Earl Grey parfum vanille, son préféré. Elle prépara le petit déjeuner et s'attabla, satisfaite de son ½uvre. Elle attaquait son deuxième toast lorsqu'un claquement sourd résonna des profondeurs de la maison, rapidement suivit par le grincement de la poignée de la porte blanche. Remus, pâle, les yeux cerclés de grandes cernes noires, l'air absolument exténué, sortit de la cave sans faire très attention à ce qui l'entourait. Il fit un pas en direction de la cuisine... Et s'arrêta net. Son regard un peu brouillé par le manque de sommeil venait d'accrocher la petite table dans l'entrée, celle où il posait toujours ses clefs. D'habitude, le bois un peu sec et poussiéreux se fondait dans la couleur terne du mur que le temps et le manque d'entretien avait rendu cendreux, mais là, ce jour là, la table brillait, le bois d'acajou avait retrouvé toutes les nuances du neuf et il ressortait élégamment sur le mur d'un beau vert-herbe pâle aux plinthes blanches. Les clefs de Remus étaient toujours là, mais posées sur un napperon de feston blanc, à coté d'un pot de fleurs séchées. Remus écarquilla les yeux. Il regarda le sol. Le parquet ciré brillait comme un miroir. La petite fenêtre sur la porte d'entrée avait un minuscule rideau en dentelle fine. Les murs avaient été passés à la grande eau. L'air lui-même était différent : tout sentait le propre et le frais. Remus tourna sur lui même, le temps de voir les escalier aussi brillant que le parquet, la rampe lustrée, le plafond exempt de toute toile d'araignée... Muet de stupeur, émerveillé, il se tourna vers la cuisine, où Tonks, assise à la table, beurrait un toast. Remus entra dans la pièce. Ici aussi, tout étincelait.
-Oh, bonjour Remus, dit joyeusement Tonks en se levant. Tu as une bien petite mine, soupira-t-elle en lui caressant une joue creusée.
-B-bonjour, bredouilla-t-il. Je... Je veux dire, tu... Tu as tout... Tout est complètement...
Tonks éclata de rire.
-Je n'avais pas trop le c½ur à dormir, alors autant faire quelque chose d'utile, dit-elle. Je n'ai pas touché à ton bureau, mais les livres de la bibliothèque sont impeccables, maintenant, assura-t-elle. Tu devrais aller faire un tour, c'est fou ce qu'un peu de dépoussiérage peut faire dans une maison !
Remus la regarda avec des yeux ronds, la bouche entrouverte. Cédant à sa pression et à la curiosité, il retraversa l'entrée, passa au salon, puis à la bibliothèque, puis à la salle à manger, avant de monter à l'étage et de revenir dans la cuisine. Partout, dans toute la maison, telle une vraie fée du logis, Tonks avait tout nettoyé. Les cuirs et les boiseries avaient été cirées, les fenêtres était propres et ornées de rideau, les murs étaient lavés, le plafond avait été passé au plumeau, les tapis aspirés, les pièces aérées. Chaque table avait sa nappe, ici toute blanche, là avec un liseré bleu clair ou rouge cerise, ou même décoré de motifs divers tels que papillons colorés ou plumes de Focifères extravagantes. Sur la table du salon, il y avait un gros bouquet de fleurs aux parfums légers, sur celle de la salle à manger, une large coupe de fruits appétissants. Ici ou là, Tonks avait rajouté un pouf, une tablette, une plante verte... Le fauteuil vert sombre râpé que Remus affectionnait tant dans la bibliothèque était recouvert d'une cretonne qui le rendait comme neuf. A l'étage, les pièces, à défaut d'être beaucoup plus aménagées, avaient au moins des lits fait et étaient recouverts de pardessus chatoyants. Tout resplendissait de fraîcheur et la maison avait l'air aussi habité que chaleureuse. Remus, confondu devant la métamorphose de l'intérieur, prit Tonks dans ses bras et la serra contre son c½ur.
-Merci, murmura-t-il. Merci de tout c½ur. Merci de ce que tu as fait, merci d'être là, merci d'être entrée dans ma vie. Merci pour tout. Tu es merveilleuse. Tu es stupéfiante, et merveilleuse.
Tonks ne répondit pas et se laissa câliner quelques instants avant de se dégager de son étreinte. Elle plongea de grands yeux sérieux dans les siens et chuchota
-Je t'ai laissé la tondeuse.
Ils éclatèrent de rire.

Malgré cet impératif absolu, Remus et Tonks décidèrent de repartir au 12. Le jardin attendrait qu'ils aient fini les rapports qu'ils avaient à faire. Néanmoins, Remus, beaucoup trop enchanté par sa « nouvelle » maison, se promit de revenir passer un week-end prochain avec la jeune femme, histoire de réparer le volet et de donner un coup de sécateur à la haie. Lorsqu'il passèrent la porte du quartier général de l'Ordre du Phénix, un peu avant neuf heures, ils étaient réellement heureux. Tout deux auraient eu besoin d'un peu de sommeil en plus, histoire de rattraper une nuit agité, mais même si la fatigue se lisait sur leurs visages, et surtout sur celui de Remus, leur sourire était contagieux. Lorsque Ginny, qui sortait du salon au moment où ils entraient, leur souhaita bonjour, elle se mit inconsciemment à sourire largement, et Ron et Hermione firent de même quelques instants plus tard lorsqu'ils passèrent dans la pièce maîtresse de l'antique bâtisse. Harry, en revanche, ne riait pas du tout. Plongé dans le journal, il paraissait même franchement horrifié.
-Bonjour Harry, dit Tonks. Qu'est-ce qu'il y a ? Encore des mauvaises nouvelles ?
-B'jour... oui, de très mauvaises nouvelles... une autre attaque de détraqueurs, heureusement repoussé par quelques sorciers, mais ça, par contre, c'est épouvantable...
-Quoi donc ? demanda Hermione en s'approchant.
-Un incendie, pas loin d'ici, à Londres. Apparemment, ce serait accidentel, mais les pompiers n'arrivent pas à l'éteindre, il a prit beaucoup d'ampleur. C'est une vieille maison, le feu à prit tôt ce matin, vers cinq ou six heures. Attendez, je vous lis l'article : « ...les voisins, surpris dans leur sommeil, ont immédiatement prévenue les pompiers moldus, ce qui complique la tâche des sauveteurs sorciers. A l'heure qu'il est, le feu n'est pas circonscrit et les pompiers n'ont pas pu pénétrer dans le bâtiment. On reste sans nouvelles du couple Wilber qui vivaient ici... »
-Wilber ? Répéta Tonks, frappée d'horreur.
-Oui, Wilber, dit Harry en cherchant le nom dans l'article pour s'assurer qu'il ne s'était pas trompé. Pourquoi ? Tu les connais ?
Pour toute réponse, Tonks lui arracha le journal des mains et le parcouru, paniquée.
-Attends, dit Remus, les Wilber, ce ne serait pas...
Il laissa sa phrase en suspend et s'approcha de Tonks pour lire le reportage en même temps qu'elle. La photo d'illustration montrait une vieille maison en flammes, avec des secouristes qui se pressaient dans la rue. Remus regarda l'image et pâlit encore plus que ce qu'il ne l'était. Tonks poussa un hurlement d'effroi.
-Qu'est-ce qui ce passe ? s'inquiéta Harry. Qui sont ces gens ?
Tonks fondit en larmes et courut hors de la pièce.
-Dora ! Attends ! s'exclama Remus en se précipitant derrière elle.
En moins de dix secondes, ils étaient sortis tout les deux et avaient transplanné dans la rue du sinistre. Juste au moment où ils arrivaient en courant, ils virent quelques pompiers sortir deux civières sur lesquels deux draps noirs avaient été rabattu, couvrant deux corps. Tonks poussa un cri strident et se rua vers le périmètre de sécurité.
-CAROLIIIINE ! CAROLIIIINE ! DOUGLAS ! NOOONN ! CAROLIIIIIIINE !
-TONKS ! NON ! ATTENDS ! Hurla Remus en la ceinturant fermement par derrière pour l'empêcher de se jeter dans le rayon des flammes géantes qui projetaient des souffles de chaleur intense et des débris de verre.
-CA-RO-LIIIINE ! s'époumona Tonks en se débattant pour rejoindre son amie, refusant de croire au pire.
-Arrête ! Tonks ! Calmes-toi ! rugit Remus qui luttait pour la retenir. Arrête, tu ne peux plus rien pour eux !
-Qu'est-ce qui ce passe ? Cria un secouriste en courrant vers eux. Qui êtes vous ?
-Remus Lupin, répondit celui-ci en soutenant Tonks qui pleurait désormais contre sa poitrine, ivre de douleur. Et Nymphadora Tonks. Nous sommes des amis de la famille, nous venons d'apprendre dans le journal ce qui c'était passé.
-Je vois, dit l'homme en les entraînant vers l'ambulance. Je suis désolé. Il vaudrait peut-être mieux confier cette jeune femme à mes collègues, pour lui donner un calmant, proposa-t-il en constatant l'état de choc que Tonks.
-Non ! Non, je ne veux pas ! Je veux les voir ! sanglota-t-elle.
-Dora, ce serait mieux, je t'assure. Il a raison, tu es bouleversé, il est inutile de les voir comme ça, ce n'est pas cette image que tu voudrais garder d'eux.
Tonks se laissa tomber sur un chariot de secours, sans force, et deux infirmière vinrent s'occuper d'elle. Elle ne protesta même pas quand l'une des femmes lui fit une injection d'anti-anxiolytiques. L'homme, pendant ce temps, demanda à voix basse à Remus de l'accompagner. Voyant que Tonks était entre de bonne mains, Remus acquiesça et le suivit.
-Ecoutez, je comprends votre émotion, mais il faut que quelqu'un reconnaisse les corps des deux victimes... je crois qu'elles n'ont plus aucun parents ?
-Non, en effet, soupira Remus. Tonks était la seule véritable amie de la famille. Caroline était sa meilleure amie depuis qu'elles avaient onze ans.
-Je comprends, répéta l'homme en hochant la tête. Il vaut peut-être mieux lui éviter cette épreuve...
-Oui, je préfèrerait. Je connaissait les Wilber de vue, je pourrait les identifier à sa place.
-Je vous remercie, dit le pompier. Je dois vous prévenir qu'ils... euh... Ne sont pas dans un bel état...
-Ils ont été... calcinés ? demanda Remus.
-N-Non, pas vraiment, répliqua l'autre, gêné. En fait, c'est très surprenant... Ils ne sont pas morts à cause de l'incendie, ils ont été tués.
-Tués ? Vous voulez dire assassinés ? C'est un meurtre ?
-Non, dit l'homme en fuyant le regard de Remus. C'est très étrange. On dirait qu'ils ont été... Mordus.
-Mordus ? s'étrangla Remus. Comment cela ? Que voulez vous dire ?
-La vérité, marmonna le sauveteur, mal à l'aise. Ils ont été mordus par un animal. C'est ça qui les a tué, ils ont le visage et les bras couverts de morsures et la gorge ouverte. C'est réellement épouvantable... Et ce n'est pas possible qu'un humain ait fait une chose pareille. Ce sont bien des morsures animales, on dirait des marques de crocs de chien. De très gros chien. Voir même... Je sais que ça paraît invraisemblable, mais... On dirait des morsures de... De... De loup.
Remus tituba et fut un instant sur le point de s'évanouir. Il commençait à comprendre. Douglas et Caroline Wilber étaient des sorciers, et Tonks lui avait raconté qu'ils avaient eu mailles avec un ami de Greyback. La situation s'expliquait.
-On les a retrouvés en bas, dans la cuisine, continua l'homme. On sait que le feu à prit là-bas, on a trouvé un chandelier à moitié consumé près d'un rideau, c'est de là que c'est partit. Et dans le salon, une fenêtre basse, proche de la rue, a été brisée de l'extérieur. Il y a des bouts de verre partout dans la pièce, et non pas à l'extérieur comme une explosion due à la chaleur le ferait. Il y a donc eu effraction.
-Le journal disait qu'il s'agissait d'un accident...
-On ne sais pas trop quoi dire aux journalistes, vous savez... et puis, ce n'est pas comme si un fou s'était amusé à les larder de coups de couteau, ce n'est pas un meurtre...
« Si, justement », pensa Remus en son fort intérieur. Arrivé près des corps et avec une déglutition de très mauvaise augure, le secouriste releva les draps qui couvraient les visages de Douglas et Caroline Wilber. Remus flageola. L'homme n'avait pas mentit, c'était proprement abominable. Retenant difficilement son envie de vomir, Remus hocha la tête. C'était bien eux.
-Je vous remercie, dit l'homme en se hâtant de faire disparaître de sa vue des deux visages lacérés, déchiquetés.
Ils revinrent vers Tonks. Le calmant semblait avoir un peu agit. Bouleversée, elle regardait devant elle sans rien voir, les yeux rouges, incapable d'intégrer l'agitation autour d'elle, sans prise à la réalité, mais au moins calme. Trop calme, peut-être. Lorsqu'elle vit Remus, elle se leva lentement et l'interrogea du regard. Elle tremblait. Sans un mot, il renouvela son geste et acquiesça légèrement. Elle se remit à pleurer, doucement, et il la prit dans ses bras. L'euphorie de la matinée semblait à des années lumières de là.
-Et Timothy ? demanda Remus à mi-voix, sans être certain de vouloir entendre la réponse.
-Timothy ? répéta le pompier en fronçant les sourcils, sans comprendre.
-Oui, insista lentement Remus. Leur fils. Leur bébé de deux ans...
L'homme secoua la tête, inquiet.
-Nous n'avons vu personne de plus...
-Comment ça ? protesta Tonks en redressant la tête. Il ne s'est pas volatilisé ! Vous avez bien fouillé partout ?
-Nous n'avons pas pu atteindre l'étage, répondit l'homme. Mais...
Il ne put finir. Très distinctement, derrière eux, un hurlement d'enfant s'éleva de la maison en flammes. Les yeux de Tonks et de Remus s'emplirent de terreur.
-TIMOTHY ! Hurlèrent-ils en c½ur.
Les yeux de Tonks et de Remus s'emplirent d'effroi.
-TIMOTHY ! Hurlèrent-ils en c½ur.
Remus n'hésita pas. Il lâcha Tonks et en courut droit vers la porte.
-EH ! protesta le secouriste. Vous ne pouvez pas passer ! Tout va s'effondrer d'un instant à l'autre ! Arrêtez-le !
Deux pompier barrèrent le passage devant Remus et essayèrent de le ceinturer, mais il se dégagea et plongea au c½ur du brasier. En passant la porte, il fut suffoqué par une atroce chaleur. Tout autour de lui brillait d'un éclat orange, rougeoyant, malsain. Les flammes ravageaient tout. Remus, ébloui et étouffé par les gaz asphyxiants, s'arrêta un instant. Les vagissements de Timothy retentirent une nouvelle fois et Remus comprit qu'il se trouvait à l'étage. Or, il n'y avait qu'un escalier pour atteindre les chambres, et celui-ci était en feu. Remus ramena sa cape sur le bas de son visage et monta prudemment les marches calcinés. Arrivé en haut de l'escalier, son pied traversa la dernière marche, le projetant à terre. Il bondit pour s'extirper du piège et roula sur le palier, avant de se remettre debout et de frapper vivement la jambe de son pantalon qui commençait à fumer, ayant traversé la marche en feu. Il y avait tellement de fumée autour de lui qu'il ne voyait plus rien. Des larmes ruisselaient de ses yeux brûlés par les gaz. Il sortit sa baguette et hurla « Fontainiaguamenti ! » entre deux quintes de toux. Aussitôt, de l'eau jaillit en pluie de sa baguette, comme un bouclier de bruine. Une relative fraîcheur l'envahit et il put reprendre un peu son souffle.
-Timothy ? appela-t-il d'une voix rauque. Timothy ! Tim... Eurheu hreuh, Timothy !
Le petit garçon se remit à hurler. Remus se laissa guider par ses cris et se trouva devant une porte bloquée. Ne voulant pas briser son sortilège de bouclier d'eau, il enfonça la porte mangée par les flammes d'un coup d'épaule et se retrouva dans la chambre relativement préservée du petit bonhomme qui hurlait de terreur, debout dans son berceau. Remus le souleva aussitôt de son bras gauche et le protégea de sa cape. Timothy pleurait et criait aussi fort qu'il le pouvait, paniqué – à juste titre – par les flammes.
-Ça va, Timy, ça va aller... On va sortir de là, je te le promet, assura Remus en recommençant à tousser violemment.
Il pointa sa baguette droit devant lui pour faire un écran d'eau entre eux et les flammes et se rapprocha de l'escalier. Un terrible craquement retenti juste au moment où il s'apprêtait à poser le pied sur la première marche. Dans un grondement sourd, l'escalier s'effondra sur toute sa longueur, ouvrant un gouffre de trois mètres presque sous leurs pieds. Remus recula juste à temps pour éviter la chute. Il regarda autour de lui. Il n'y avait pas d'autre issue que cet escalier. A moins que...

Dans la rue, Tonks se tordait les mains d'anxiété. Il y avait eu un terrible bruit, comme si un pan entier de la maison s'effondrait. Depuis, même les cris du bébé qu'on avait entendu jusqu'alors s'étaient tût. Et Remus qui ne revenait pas... Tout le monde avait les yeux rivés sur la porte de la maison. Certaines personnes se rongeaient les ongles, d'autres avalaient leur salive, mais rien ne se produisait. Les minutes passèrent, faisant monter l'angoisse. Soudain, il y eu un grand bruit de verre brisé et une vitre du deuxième étage vola en éclats, fracassée par Remus qui venait de se projeter au travers. Tonks eu tout juste le temps de dégainer sa baguette et de la pointer sur la civière posée à coté de l'ambulance en hurlant « Emplificatem ! » avant Remus ne tombe sur ce pouf improvisé. Il toussait violemment, était couvert de petites coupures sur les mains et les bras, crachait de la cendre et avait les yeux injectés de sang mais il était vivant et Timothy, qu'il tenait contre lui, vivait aussi. Remus essaya d'inspirer, agité de spasmes de toux. De la fumée noire sortait de ses poumons à mesure qu'il toussait et crachait les gaz nocifs qu'il avait inhalé. Tonks se précipita vers lui, tremblante. Il parvint à lui sourire.
-Je savais que tu ferais ça, souffla-t-il en tapotant le pouf.
Elle lui sourit à son tour, confondu par la confiance mutuelle qu'ils éprouvaient l'un envers l'autre à tout instant.
-Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? demanda brusquement une infirmière en accourant. Comment avait vous gonflé cette chose ? Qui êtes vous ?
-Oubliette ! Hurla une voix inconnue.
Tonks et Remus se retournèrent et virent une bande de quelques sorciers oubliators qui courraient vers eux. En quelques instants, tous les pompiers et badauds des environs avait le regard un peu flou et ne se souvenaient pas de la présence d'un petit garçon dans l'histoire, et encore moins du gonflage hyper-rapide de la civière.
-Venez, ordonna l'un des sorciers, vous devez aller à St-Mangouste. Allons, venez, vous êtes blessés, il faut aller à l'hôpital.
-Oui, murmura Remus en se levant.
Tonks prit le bébé dans ses bras et étouffa un cri. Sur le pantalon du petit garçon évanouit, il y avait une large tâche sang.

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Tonks essuyait les larmes qui glissaient sur ses joues malgré elle en regardant le petit bonhomme à travers la vitre. Elle n'avait pas put l'accompagner car des guérisseurs l'avaient tout de suite éloigné de lui pour la passer au peigne fin. Sans nécessité, puisqu'elle n'avait rien, mis à part un grand état de choc. Caroline était sa meilleure amie, Douglas un vieux copain et Timothy son filleul...
-Dora ! s'écria Remus en accourant dans le couloir.
Il avait les mains et le visage couvert de quelques sparadraps et ses yeux restaient très rouges. Les cheveux légèrement roussis, la robe brûlée par endroits, une forte odeur de feu flottant autour de lui, il ne pouvait nier s'être retrouvé au c½ur des flammes.
-Comment va-t-il ? demanda-t-il anxieusement.
Tonks avala sa salive et secoua la tête.
-Il s'en remettra, les guérisseurs pensent qu'il n'y aura pas de séquelles, mais... Ils sont formels. Sa blessure à la jambe est bien une morsure de loup-garou.
Remus frappa violemment le mur du poing, fou de rage.
-Greyback, j'aurai ta peau ! hurla-t-il, secoué par les larmes qui se bousculaient dans sa gorge.
Il s'approcha lentement de la grande parois transparente et posa les deux mains à plat sur la vitre, regardant le garçonnet de l'autre coté du mur. On lui avait posé un masque respiratoire sur le visage, relié à une large poche en peau de mocke. La poche était animée par un sortilège qui forçait la peau à sans cesse rapetisser puis s'agrandire, envoyant ainsi de l'air dans les poumons irrités du patient. Remus serra les poings contre le verre froid et s'appuya le front dessus, fermant les yeux d'où jaillirent deux larmes de désespoir et de douleur. Tonks s'approcha de lui et lui posa une main sur l'épaule. Elle aussi avait mal, et elle comprenait que la morsure de Timothy rappelait d'une certaine façon à Remus sa propre histoire. Il la prit dans ses bras et sanglota contre son épaule, tandis qu'elle lui caressait le dos en pleurant elle aussi.
-Il... il ne se souviendra même pas du temps où il pouvait voir la pleine Lune sans trembler, s'étrangla Remus, brisé par les conséquences qu'il prévoyait pour la vie du garçon. Il ne saura même pas ce que c'est qu'une vie normale !... Il va être rejeté, partout, tout le temps, sans raison !... Il n'a que deux ans !...
-Je sais, murmura Tonks.
-Non, tu ne sais pas, rétorqua Remus en redressant la tête. Tu ne sais pas ce que c'est. Et lui non plus, il ne sait pas. Mais il saura très bientôt, et c'est ça qui est terrible.
Ils se remirent à pleurer dans les bras l'un de l'autre, au moins soulagés de pouvoir se raccrocher à quelqu'un.
-Excusez-moi de vous déranger, dit brusquement une voix pointue dans leur dos.
Ils se retournèrent pour voir une petite bonne femme, l'air revêche et acariâtre, la bouche pincée et les vêtements ternes, avec l'aspect type d'une vieille fille flétrie au c½ur sec, qui arrivait à petit pas mesurés et pressés en portant contre elle un dossier serré dans une chemise d'un rose éc½urant.
-Oui ? bredouilla Tonks, surprise par l'apparition qui arrivait à peine à l'épaule de Remus.
-Vous êtes, je crois, les personnes qui ont identifiés les victimes de l'incendie du 4 rue Olsen-Ridwool de ce matin ? dit la femme de cette même voix pointue et monocorde, comme si elle récitait un texte.
-En effet, dit Remus en s'avançant à son tour. C'est moi qui les ai identifié. Pourquoi ?
-Je m'appelle Catherinette Miranda, je suis inspectrice du REPOS, Recensement des Effectifs et Placement des Orphelins Sorciers de Grande-Bretagne, et je voudrais vous posez quelques questions sur l'enfant dont il a été question lors de l'incident de ce matin.
-L'incident ? répéta Remus, outré. Deux personnes se sont fait assassiner par un loup-garou transformé, leur fils de deux ans a lui même été mordu et est désormais un lycanthrope, et vous appelez ça un incident ?
-Ce n'est pas un cas courant, marmonna vaguement la femme sans le regarder, plongée dans la lecture de son dossier.
Elle agita rapidement sa baguette et une table et une chaise apparurent devant elle. Elle s'assit sur la chaise et étala ses feuillets sur la table.
-Alors voyons, reprit-elle sans les regarder ni l'un ni l'autre, Vous êtes ?...
-Nymphadora Tonks, dit la jeune femme. Je suis la marraine de Timothy.
-Timothy ? répéta l'inspectrice du REPOS. Ah, oui, l'enfant. Bien, nous disions donc... Oui. C'est cela. L'enfant répond au nom de Timothy Jordan Wilber...
-Oui...
-... Né le 23 janvier d'il y a deux ans...
-Oui...
-... De Mme Caroline Dickins/Wilber...
-Oui...
-... Et de Mr Douglas Wilber...
-Oui...
-...Tout deux décédés ce matin aux environs de six heures...
-Oui...
-... N'ayant pas d'autres enfants...
-Oui...
-... Ni de proches encore vivants, tels que parents, frères, s½urs, oncles ou tantes...
-Oui...
-... Laissant ainsi leur fils unique à l'état d'orphelin sans famille.
-Oui...
-Très bien. Je vous remercie de votre coopération. Je n'ai plus qu'à contacter les quelques rares cons½urs directrices d'orphelinats acceptant les enfants à problèmes et pathologies rares pour leur demander si l'une d'entre elle veut bien accepter de prendre en charge un hybride dangereux...
-Laissez-moi devinez, siffla sèchement Remus. Vous êtes à la botte de Dolorès Ombrage, n'est-ce pas ?
La femme leva vers lui un regard choqué.
-Je travaille sous sa responsabilité, en effet, mais je ne vois pas ce que...
-Attendez un peu, coupa Tonks en s'approchant du bureau improvisé. Qu'est-ce que vous voulez dire, par « contacter des cons½urs directrices d'orphelinats » ? Vous n'allez pas le placer en foyer, tout de même ?
-Et bien, si, bien sûr, répondit la femme en étirant son cou de toute sa longueur, courroucé par ces interruptions successives. Que voulez-vous que nous en fassions ? ajouta-t-elle comme si elle parlait d'une boite d'emballage encombrante.
-Je crois que vous ne m'avez pas bien comprit, dit Tonks qu'une telle vision de choses scandalisait. Je suis sa Marraine. En d'autres termes, c'est à moi que les parents de Timothy ont décidé de me confier la garde s'il leur arrivait quelque chose. Timothy n'a pas de parrain, il n'a plus de famille, mais il m'a, moi. Je peux le prendre en charge.
-Excusez-moi, mademoiselle, dit l'inspectrice avec un sourire qui n'imitait que très moyennement l'amabilité, mais vous êtes bien peu au courrant des lois qui régissent la prise en charge des orphelins sur notre territoire. Une Marraine, si gentille soit-elle, n'a aucun droit sur son ou sa filleul(le). Vous pourrez aller voir votre filleul à l'orphelinat si vous voulez les jours de visite, mais il est hors de question que vous le preniez en charge.
-Ah, vraiment, dit Tonks d'une voix frémissante de colère, vous croyez cela ! Caroline savait que si elle et Douglas mourraient, Timothy serait seul, et elle ne le voulait pas. Elle avait clairement notifié dans son testament qu'elle voulait qu'il me soit confié s'il était mineur à leur mort. Je peux le prouver ! Leur notaire vous le confirmera dés l'ouverture du testament !
-Mademoiselle, je suis navrée, dit la femme d'une voix forte, mais le temps du respect scrupuleux des dernières volontés des défunts est passée, la prise en charge d'un enfant ne peut se réaliser de cette façon. Je vous répète que vous n'avez aucun droit sur ce garçon, et je sais de quoi je parle ! Je m'occupe du cas de près de cent mineurs chaque année !
-Alors je plain ces pauvres enfants ! gronda sourdement Tonks. Je ne laisserait pas Timothy rejoindre un de ces orphelinats tristes et impersonnels, il a besoin d'être entouré !
-Ce n'est pas à moi qu'il incombe de faire des laisser-passer, Mademoiselle ! Je suis une représentante de la loi, je fais mon travail ! Et je vous prit de me laisser continuer si vous n'avez rien d'autre à dire que de pareils non-sens ! Être parrain ou marraine n'est qu'une coutume religieuse sans valeur juridique ! Vous ne pouvez pas prendre en charge un enfant parce que tel est votre bon plaisir !
-Et l'adoption ? coupa brusquement Tonks.
-Pardon ?
-Et l'adoption ? Je peux très certainement adopter Timothy, non ?
-Mais... Je... C'est à dire... Mademoiselle, ne dites pas de sottises, protesta la femme, vous êtes sous le choc de ce qui est arrivé à votre amie mais on ne décide pas d'adopter un enfant comme ça sur un coup de tête !
-C'est parfaitement réfléchi, assura Tonks, subitement calme. Je veux adopter mon filleul, puisque c'est la seule façon d'en avoir la garde.
-Mais... Voyons... D'abord, vous ne remplissez pas toutes les conditions requises à l'adoption d'un enfant ! protesta Mme Miranda, visiblement décidée à être aussi désagréable que possible.
-Ah, oui ? Et pourquoi donc ? Qu'est-ce qui fait que je ne pourrais pas adopter un enfant, alors que j'ai parfaitement l'âge d'être mère ?
-Je... Vous... Euh, quelle est votre statu social ?
-J'ai un emplois stable et bien payé, assura Tonks. Je suis Auror au ministère de la magie.
-Ah, euh... Quelle est votre logement ?
-Par commodité, j'habite dans un studio, mais il me serait facile de déménager pour un domicile plus grand.
-Vous êtes célibataire ?
-Oui, mais...
-Et bien vous voyez ! triompha la directrice du REPOS. L'adoption, Mademoiselle, est fort peu agréée pour les personnes seules. Ensuite, vous exercez une profession dangereuse, qui de plus ne vous laisse que peu de temps pour vous occuper d'un enfant, et vous ne pouvez pas dans l'immédiat lui apporter un foyer adapté. Par conséquent...
-Pardonnez-moi, intervint Remus, il se trouve que cette jeune femme est sur le point : 1, de se marier, 2, de déménager dans une maison de campagne de – voyons – huit pièces sans compter cuisine et salles de bain. Par conséquent, elle remplit les conditions.
-Ah, euh, vous... Vous êtes... Ecoutez, de toute façon, cela ne change pas grand chose au problème ! Vous exercez tout de même une profession dangereuse et prenante, ce qui de toute évidence...
-Veuillez m'excuser une nouvelle fois, coupa Remus d'un ton encore plus menaçant, mais il se trouve que son futur conjoint, justement, n'exerce pas de profession dangereuse et dispose de tout son temps pour s'occuper d'un enfant.
-D'ailleurs, ajouta Tonks, le fait que je sois Auror devrait justement vous prouver que je suis capable de protéger un enfant. Mon amie et son mari n'exerçaient pas de métiers dangereux, et pourtant, ils ont tout de même été la cible d'une attaque meurtrière. Je ne pense pas que par les temps qui courent, une personne puisse être plus en danger qu'une autre par son métier.
-Mais qui épousez-vous, au juste, Mademoiselle ? s'insurgea la directrice.
-Moi, répondit Remus d'une voix forte.
La femme resta sans voix pendant quelques secondes avant de reprendre un ton mielleux.
-Ecoutez, je crois que vous n'avez pas très bien comprit l'ampleur de la situation. Le jeune garçon qui est à quelques mètres d'ici n'est plus un être humain. Il s'est fait mordre par un loup-garou – probablement Fenrir Greyback, d'après les éléments d'enquête que nous avons – et il est devenu une créature dangereuse, dont seuls des professionnels peuvent se charger...
-Sottises ! explosa Remus. Aucun « professionnel » ne peut se charger d'un loup-garou transformé ! Le seul professionnalisme dont feront preuve vos cons½urs sera d'enfermer ce pauvre garçon dans une cage une nuit par mois !
-Ce n'est pas « une créature dangereuse et non-humaine » ! s'écria Tonks. Il ne sera une créature dangereuse et non-humaine que douze à treize nuits par an ! Soit même pas cinq jours complets en heures additionnées ! Les trois cents soixante autres jours, il sera aussi dangereux que vous et moi !
-Vous ne pouvez pas raisonnablement vous occuper d'un loup-garou ! Imaginez un peu...
-QUE VOULEZ VOUS QUE NOUS IMAGINIONS ? Rugit Remus, que Tonks voyait s'énerver pour la toute première fois de sa vie. VOUS VOULEZ QUE JE VOUS DISE, CE QUE QUI VA VRAIMENT CE PASSER ? CE PAUVRE GOSSE VA ETRE REJETE DE PARTOUT, IL N'AURA AUCUN STATU, AUCUN AVENIR, PAS D'AMIS, JUSQU A SES DIX-SEPT ANS OU IL SERA GENTIMENT PRIE DE DEBARRASSER LE PLANCHER ET OU IL N'AURA D'AUTRE CHOIX QUE DE DEVENIR UN DELINQUANT POUR SURVIVRE. C'EST ÇA QUE VOUS VOULEZ ? ET BIEN PAS MOI ! JE REFUSE DE LE LAISSER TOMBER ! IL A DROIT A UN AVENIR, A UNE VIE HEUREUSE, A UNE FAMILLE ! PLUS QUE JAMAIS, IL EN A BESOIN ! IL EST SEUL ! ET GREYBACK LE SAIS ! C'EST SON GRAND TRUC, DE MORDRE DES ENFANTS TRES JEUNES ET DE LES ENLEVER A LEURS PARENTS ! VOUS AUREZ BEAU FAIRE CE QUE VOUS VOUDREZ, IL LE RETROUVER ET IL VIENDRA LE CHERCHER ! ET NON SEULEMENT LA VIE DE TIMOTHY SERA BRISEE, MAIS EN PLUS, IL SERA FORME POUR MORDRE A SON TOUR DES GENS !
Remus s'arrêta de hurler pour reprendre un peu son souffle. Sa voix déjà rauque à cause de tous les gaz qu'il avait avalé ressemblait maintenant à un curieux mélange de disque rayé et de lame de scie à métaux mordant une meule de pierre.
-Ecoutez-moi bien, reprit-il en posant les deux mains sur le bureau en face de la petite femme tétanisée par cette explosion. Il se trouve que ce garçon peut être aidé. S'il est bien entouré, s'il est protégé de Greyback, alors, il peut s'en sortir. Pas aussi bien que s'il n'avait pas été mordu, mais il a des chances de s'en tirer. Par contre, il n'en a aucune si l'on ne fait rien. Dora et moi, nous pouvons l'aider. A nous deux, nous remplissons toutes les conditions d'adoption et nous pouvons remplacer les parents dont il a besoin. Il n'a plus que nous et il n'est pas question que nous le laissions tomber. Je vous préviens, nous ne lâcherons pas.
-Monsieur... commença-t-elle prudemment, Vos intentions sont très louables, et il est vrai qu'à vous deux, vous remplissez les conditions requises – ou du moins les remplirez-vous dés le lendemain de votre mariage – Mais comment pouvez-vous être certain que vous pourrez l'aider ? Comment pouvez-vous affirmer que vous saurez guider ce garçon sur le parcours délicat qui s'ouvre devant lui ?
-Oh, pour une raison simple, dit Remus avec un sourire tranquille. Il se trouve que, moi aussi, je suis un loup-garou.
L'inspectrice ne put s'empêcher de sursauter.
-V-vous êtes un... Vous êtes un...
-Oui, j'en suis un. Dans deux lunaisons, cela fera trente et un ans que j'aurais été mordu – et comble d'ironie, je me suis fait mordre par le même loup-garou que Timothy. Or, voyez-vous, durant tout ce temps, je n'ai jamais mordu personne durant aucune de mes métamorphoses.
-Ah... Ah bon, bredouilla la femme en regardant Remus avec affolement comme si elle craignait qu'il ne l'attaque.
-Je n'ai mordu personne, répéta Remus, et j'ai eu beaucoup de chance, dans ma vie. J'ai été entouré et aimé par mes parents qui m'ont soutenu, aidé, réconforté autant qu'ils ont pu. Grâce à eux et au professeur Dumbledore, j'ai pu suivre des études presque normales à Poudlard. J'ai eu des amis qui eux aussi m'ont épaulés. J'ai pu faire des recherches sur les moyens de défense contre la magie noire, et j'ai eu la joie d'enseigner à Poudlard durant une année. Puis j'ai rencontrée celle qui sera bientôt ma femme. Tout ceci, je le doit à un directeur intelligent et compréhensif et à des parents formidables. Maintenant, je suis face à un petit garçon qui est encore bien plus jeune que je ne l'étais lors de ma morsure, un enfant dont les parents sont morts, et je refuse que ce garçon n'ai pas la même chance que moi. Il peut grandir presque normalement s'il est protégé de Greyback, comme mes parents ont réussit à m'en protéger. Il peut aller à l'école de sorcellerie et y réussir, comme j'ai pu le faire. Et qui mieux que moi, qui suis passé par tout cela, moi, le premier loup-garou mordu avant son entrée à Poudlard à avoir été admit là-bas, pourrait l'aider ? Qui plus que moi pourrait lui donner tous les trucs, toutes les astuces, tous les conseils, pour subire le moins possible la lycanthropie ? Dites le moi. Trouvez-moi quelqu'un parmi vos directrices d'écoles pour enfants à problèmes qui pourra l'aider à vivre comme un homme normal et lui éviter de devenir comme celui qui nous a mordu. Trouvez moi un seul argument pour que, pour le bien de tous, il soit préférable de l'envoyer en orphelinat plutôt que de le faire vivre avec nous. Trouvez-moi cet argument, et je vous assure que je me plierais à votre décision, termina Remus en la regardant droit dans les yeux.
Tonks se tourna vers lui avec des yeux admiratifs. La directrice du REPOS le regarda avec un air effarouchée.
-Très bien, dit-elle brusquement. Les modalités d'adoption sont assez longues – de l'ordre de deux mois, deux mois et demi, sachant que le certificat de mariage des parents adoptant est le dernier papier à présenter lors de la signature finale. Je vais vous demander une semaine, le temps pour moi de préparer tous les papiers nécessaires, et pour vous de réfléchir. Nous pouvons prendre rendez-vous pour vendredi prochain à seize heures dans mon bureau, dit-elle en leur tendant sa carte de visite.
-C'est parfais, assura Remus en prenant la carte. Merci beaucoup.
-Je vous laisse, dit-elle en leur jetant un regard fuyant à travers ses lunettes. Au revoir.
-A bientôt, répondit sobrement Remus.
Ils restèrent silencieux quelques instants, le temps de laisser la bonne femme s'éloigner, puis échangèrent un regard en biais... avant de se jeter dans les bras l'un de l'autre en hurlant de joie. Tonks se dégagea brusquement de Remus pour le regarder bien en face.
-Tu es bien décidé ? C'est sûr ? C'est vraiment ce que tu veux ?
-Tonks, je rêve d'être père depuis des années ! Fonder une famille à toujours été un espoir que je croyais irréalisable pour moi !
-Oui, mais tu ne fais pas ça pour me faire plaisir, hein ? Tu ne te ranges pas de mon coté parce que c'est ce que je veux ?
-Bien sûr que non ! Ce gamin m'a rendu tout chose, quand je me suis occupé de lui il y a deux mois. Et tu m'as entendu. Je serais vraiment heureux de faire tout mon possible pour qu'il réussisse aussi bien et peut-être même mieux que moi dans sa vie.
Tonks lui dédia un large sourire et reposa sa tête contre sa poitrine. Après la joie insouciante, la panique, l'horreur, le désespoir, la douleur, la terreur et la colère, une petite pointe d'obtimisme et de bonheur faisait son apparition dans leurs c½urs.

Harry, Ron, Hermione et Ginny se précipitèrent dans les escaliers de l'hôpital St-Mangouste pour les blessures et accidents magiques, en direction de la désormais bien connue salle Wencelas Dirfen à l'étage des morsures graves. Tonks avait demandé qu'on leur fasse parvenir un hiboux urgent pour les prévenir de la situation et Neville et Luna étaient restés au 12 par précaution.
-Eh ! s'écria Ron en voyant Remus et Tonks dans le couloir. Qu'est-ce qui ce passe ? Qui s'est fait mordre ? Pourquoi êtes-vous partis comme des fous ce matin ? Qui sont les Wilber ?
Ni Remus ni Tonks ne répondirent. Les quatre jeunes stoppèrent avec inquiétude devant la fenêtre et poussèrent simultanément une exclamation consternée en reconnaissant Timothy dans le lit d'hôpital.
-Oh non... Non ! murmura Hermione.
-Que c'est-il passé ? s'enquit Harry.
-C'est encore un coup de Greyback, répondit Remus avec lassitude.
-Encore ? s'énerva Ron.
-Et oui... soupira Tonks.
Ils leur racontèrent tout ce qu'il savaient de l'état de Timothy et toutes les conclusions qui permettaient d'aboutir à Greyback comme coupable.
-Et les parents de Timothy ? demanda Ginny. Où sont-ils ?
Tonks et Remus échangèrent un regard. Tonks s'essuya les yeux. Remus inspira profondément avant de répondre.
-Greyback les a tué. Egorgés.
Ginny poussa un cri d'horreur et plaqua ses deux mains à sa bouche en fondant en larmes, choquée. Harry la prit dans ses bras. Ils étaient tous bouleversés.
-Qu'est-ce qu'il va devenir ? sanglota Hermione. Il n'a pas de famille éloignée ?
-Non, répondit Remus. Mais bientôt, il aura une famille adoptive.
Ils les regardèrent sans comprendre.
-Nous avons rendez-vous vendredi prochain avec une assistante sociale pour lancer officiellement la procédure d'adoption, expliqua Tonks. Vous pouvez comptez sur nous pour ne pas le laisser tomber.
-Oh !... C'est... C'est... C'est formidable, bredouilla Ginny à travers ses larmes. Enfin je veux dire, pas pour lui... Enfin si... Enfin je veux dire...
-Ne t'inquiète pas, murmura Remus en lui posant gentiment une main sur l'épaule. Nous comprenons.
-Si vous l'adoptez, vous allez sûrement devoir précipiter un peu votre mariage, non ? demanda Hermione.
-Votre mariage ? répéta Ginny, interdite.
-Oh, c'est vrai, tu n'es pas dans le secret, se rappela Remus.
Tonks tendit sa main gauche baguée devant elle avec un petit sourire. Ginny eu aussi un sourire ravi.
-Félicitations, souffla-t-elle. C'est merveilleux ! A quand la noce ?
-Et bien, d'après ce que nous a dit la mégèr... Euh, la directrice du REPOS, nous avons deux mois et demi pour officialiser tout cela, répondit Remus en regardant Tonks.
-Je suis contente de t'avoir déjà présenté à mes parents, murmura cette dernière. Et puis, n'exagérons rien, deux mois et demi, ça suffit pour réparer le volet !
Sans comprendre, Harry, Ron, Ginny et Hermione les regardèrent s'esclaffer. Puis, tous les six, ils s'avancèrent vers la baie vitrée, et les sourires firent places aux larmes silencieuses. L'avenir était tellement incertain... Et même le présent était vraiment étrange. Ils étaient tous désolés pour le petit garçon brisé et orphelin, et en même temps heureux pour lui, puisqu'il allait tout de même avoir une famille. Il arrive que le pire puisse amener le meilleur, mais parfois, la limite entre l'ombre et la lumière semblait bien difficile à trouver.

# Posté le vendredi 29 décembre 2006 09:03