Lupin resta dix jours complets à St-Mangouste. Tonks venait le voir chaque matin et chaque soir, parfois accompagnée par l'un au l'autre des membres de l'Ordre ou de l'AD. Lupin reprenait petit à petit des forces, au fur et à mesure que ses blessures cicatrisaient. Le sur-lendemain de son hospitalisation, Harry et Ron, qui passaient le voir, le virent debout en robe de chambre, le bras gauche passé dans une écharpe, légèrement soutenu par une Tonks radieuse à ses cotés. Depuis, il ne cessait de faire des progrès et les guérisseurs constataient avec satisfaction que ses plaies se refermaient rapidement. Trois jours avant de sortir, on lui enleva la bande de sa main droite, et le lendemain, son pansement à l'épaule fut réduit à quelques traits de bande adhésive médicale. En revanche, on lui ordonna fermement de ne pas retirer ses bandes au ventre avant une semaine de plus, et les guérisseurs le sommèrent de rester au calme le plus possible, le bras en écharpe. Lupin arriva le lendemain de l'anniversaire de Ron, pour le plus grand bonheur de tous les Weasley présents. Malfoy n'avait pas l'air spécialement ravi – Harry le soupçonnait d'avoir un peu peur de Lupin, comme s'il craignait qu'il ne fasse comme Greyback – et Rogue paru franchement déçu – peut-être espérait-il que Lupin ne s'en sortirait pas, pensa Harry avec hargne – mais tous les autres l'acclamèrent vigoureusement quand il rentra, aux cotés de Tonks, dans le salon du 12. Bill, dont les cicatrices paraissaient moins terribles depuis le mois de juin de l'an dernier, porta un toast à Lupin et tout le monde le reprit sans hésiter tandis que Lupin détournait les yeux, un peu gêné. Ce fut un déjeuner particulièrement joyeux, mais tout à toujours une fin – même Voldemort, et c'était bien pour cela que l'Ordre du Phénix existait – et tout le monde dut repartir à son travail. Ron, Harry et Hermione partirent pour l'après-midi pour une nouvelle recherche alors que les deux tatoués, comme les appelait Ron, remontaient à l'étage. Tonks avait un rapport à terminer – travail qui pouvait se faire au 12 ; Elle commença donc par mettre un peu d'ordre dans le salon tandis que Remus débarrassait la table d'un coup de baguette.
-Voilà, dit-il négligemment alors que tous restes de plats et tous couverts disparaissaient de la table. Mmm, je crois que je vais donner un bon coup de balais à la cuisine, ça ne lui fera pas de mal.
Il agita à nouveau sa baguette et un balai et une petite pelle disparurent dans la cuisine où on les entendit s'activer.
-Au fait, dit Tonks avec un certain embarras, en parlant de donner... Harry m'a dit que tu voulait me donner quelque chose, quand il t'a retrouvé dans le bois. Quelque chose que tu avais dans ta poche droite.
Lupin, penché sur la table, ferma doucement les yeux en esquissant lentement un sourire.
-Ah...
-Et il... Il m'a transmit le message, continua Tonks en rougissant de plus belle.
Elle sortit la petit boite de velours bleu de sa poche et la posa sur la table sans regarder Remus. Ce dernier regarda à son tour la boite.
-Et ?... dit-il avec le ton résolu et la profonde inspiration de quelqu'un qui est près à tout endurer mais qui s'attend au pire.
-Et je... Je l'ai ouverte, termina Tonks, toujours sans le regarder.
Remus s'éclaircit la gorge et garda le point sur sa bouche, avec un sourire amusé et un air indécis en même temps. C'était le genre de conversation qu'il était impossible d'éluder. Il se demanda un instant qu'est-ce qui convenait de dire ou de faire puis se décida brusquement. Il se tourna vers elle et plongea son regard dans le sien.
-Et tu en conclues ?...
Tonks reprit la petite boite sur la table en se rapprochant de lui et en le regardant à son tour dans les yeux, affreusement intimidée.
-Et j'en conclue, dit-elle lentement en tripotant la petite boite, que, maintenant que tu es rétabli... Ou presque, disons... Ce serait une bonne chose que... Que tu me le donne toi-même.
Remus eu un petit rire troublé, fixa le parquet puis la regarda à nouveau, l'air grave tout à coup.
-Tu as bien pensé à tout ? demanda-t-il à voix basse en se rapprochant tout près d'elle et en redevenant l'homme sérieux et raisonnable que l'on connaissait.
-Oh, je t'en pris, protesta-t-elle d'un ton un peu agacé en reculant d'un pas, ne commence pas !...
-Tu as bien réfléchis, continua-t-il, imperturbable, au fait que nous ayons quatorze ans d'écart...
-Et alors ? Nous sommes toujours sur la même longueur d'onde !
-... Que je suis un loup-garou...
-Tu en es un depuis plus de trente ans, et tu n'as jamais mordu personne ! Même transformé, tu m'as sauvé la vie !
-... Que je n'ai pas beaucoup d'argent...
-J'en aurais assez pour toute une grande famille s'il le fallait. Et toi, tu as toujours réussit à gagner ta vie depuis que tu es sorti de l'école.
-... Qu'avoir des enfants serait impensable – je ne veux pas imposer cette maladie à quelqu'un d'autre...
-Il serait impensable d'avoir un garçon, pas une fille... Et il existe des méthodes de dépistage, de nos jours...
-... Qu'il y aura toujours de lourdes contraintes dut à mon état...
-Jusqu'ici, tu t'en es plutôt bien sorti, non ? Ça ne peut pas être plus dur à deux.
-... Et que je suis toujours plus ou moins malade...
-Ecoute-moi bien une bonne fois pour toute, Remus, coupa fermement Tonks en l'attrapant le col de sa robe : Je t'aime comme tu es. D'accord ? C'est toi, Remus Lupin, le loup-garou dangereux, pas très riche et plus âgé que moi, que j'aime. C'est toi, Remus Lupin, l'homme calme, gentil, instruit, attentionné, courageux et bon, que j'aime. Alors, je ne veux plus entendre parler de tout ça, c'est clair ? Je t'ai dit que j'avais réfléchi, c'est que je l'ai fait. Point barre.
Remus la regarda dans les yeux et elle soutint son regard avec détermination.
-D'accord, dit-il brusquement en reprenant un ton plus léger. Alors, en d'autres termes, il ne me reste plus qu'à prendre mon courage à deux main, n'est-ce pas ?
Tonks eut à son tour un petit rire timide et détourna les yeux en recommençant à tripoter la boite, les joues très rouges.
Remus la lui prit doucement des mains – Tonks se mit à triturer la manche de sa robe –, recula d'un pas et prit une profonde inspiration. Tonks se força à le regarder, cramoisie, un large sourire aux lèvres mais affreusement intimidée tandis que, sans la quitter des yeux, Remus se baissait lentement et posait un genou au sol, ouvrant de la main droite la petite boite bleue et révélant ainsi une magnifique bague. C'était un anneau d'or très fin, surmonté d'un petit diamant non pas blanc, mais rose pale, délicatement taillé en forme de rose. De chaque coté du diamant, deux petites émeraudes sculptées en forme de feuilles parachevait la bague.
-Tonks, dit-il d'une voix très calme, veux-tu m'épouser ?
Tonks sourit encore plus largement et cessa de triturer sa manche.
-Oui, murmura-t-elle simplement.
Remus eu un très doux sourire – un vrai sourire, un sourire de joie profonde, mais grave. Il sortit la bague de la boite, glissa sa main sous celle de Tonks et de l'autre main, lui enfila la bague à l'annulaire. Elle lui allait parfaitement. Sans un mot de plus, il se releva et ils s'observèrent, tout près l'un de l'autre, dans un moment plus magique que tout ce qu'ils avaient pu apprendre dans toute leur vie de sorcier. Et puis, soudain, ils éclatèrent de rire. Tonks lui sauta au cou, Remus la souleva comme une plume et la fit tourner dans ses bras, et ils continuèrent de rire à perdre haleine. Tonks admira sa bague –elle semblait encore plus belle maintenant qu'elle était à son doigt.
-Elle est vraiment splendide.
-Comme toi.
-Oh, arrête... Je ne savais pas que les diamants pouvaient être colorés.
-Ils existent en blanc, rose ou jaune. Les roses et jaunes sont assez rare. Mais tu aimes tellement avoir les cheveux en rose que je me suis dit que ça te plairait...
-Tu as bien pensé ! Elle est magnifique. Quand est-ce que tu l'as acheté ? demanda Tonks en jouant avec un rayon de Soleil, projetant des spectres de lumière un peu partout dans la pièce.
-Oh... A Noël, répondit Remus d'un ton désinvolte.
Tonks le regarda avec effarement.
-A Noël ? Mais... on était pas encore ensemble, à ce moment là !
-Je veux dire, ajouta-t-il avec le même air dégagé, le Noël qu'on a passé ici quand Arthur s'est fait mordre...
Tonks le regarda en s'efforçant de comprendre ce qu'il voulait dire.
-Q-quoi, mais... Mais... Tu...
Remus ne répondit pas. Il ne plaisantait plus du tout.
-Remus, tu veux dire que tu as acheté cette bague de fiançailles il y a plus de deux ans ?
-Je t'aime, Tonks, murmura-t-il en guise de réponse. Je t'aime, et je t'ai aimé dés que je t'ai vu. Alors, en achetant cette bague et en la gardant avec moi, j'avais toujours ton image dans ma poche... Mais je me suis toujours dit que c'était impossible, entre nous, et même quand tu m'as assuré le contraire, j'ai refusé d'y croire, parce que je me disais que ce n'était pas bon pour toi, et que ce n'était pas moi que tu attendais. J'avais peur que tu t'en aperçoives... Après que nous ayons franchi le pas, tu comprends ? Et, ajouta-t-il en faisant un gros effort sur lui-même pour continuer, cela m'effraye toujours.
Tonks le regarda avec un air de stupéfaction incrédule.
-Remus, souffla-t-elle, je n'aurais jamais pu imaginer que tu sois aussi stupide.
Ils éclatèrent à nouveau de rire, et il la fit tourner dans ses bras.
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Harry écumait de rage. Tout ça pour rien. Ce n'était pas la bonne maison. Ils cherchaient depuis mi-janvier une maison pour rien. Rien ! Six semaines de perdu ! Il accéléra encore un peu le pas en pestant contre ses baskets pleines d'eau. Derrière lui, il entendit Ron et Hermione se disputer et il dut faire un effort sur-humain pour se retenir de leur hurler dessus. Enfin, ils arrivèrent à l'orée du bois et purent transplanner. Harry cru un instant qu'il n'arriverait pas à se décoller du sol qui semblait s'être transformer en une éponge de gadoue. Enfin, ils atterrirent rudement sur le sol londonien et pour arranger son humeur, Harry s'aperçu qu'ici, il pleuvait à verse. Quelle fantastique journée, vraiment ! Ils rentrèrent tous en grommelant et bougonnant, furieux, agacés, frustrés d'avoir perdu tant de temps. En passant la porte du 12, ils s'empressèrent de se sécher d'un coup de baguette et entrèrent dans le salon, fulminant toujours. Tonks était assise à la table. Apparemment, elle relisait un rapport qu'elle venait de terminer.
-Bonne journée ? demanda-t-elle d'un ton absent en continuant de lire son parchemin.
-Une horreur, grinça sèchement Ron en se laissant tomber sur le canapé.
Hermione s'assit sur une chaise à coté de Tonks.
-Et toi, qu'est-ce que tu fais ?
-Un rapport sur les différents déplacements de Mangemorts que l'on a observé ces derniers temps. J'en ai fait une copie pour l'Ordre.
-Ah, c'est intéressant... et... Tonks, qu'est-ce que tu as au doigt ? demanda brusquement Hermione.
Tonks fit tourner le diamant de la bague à l'intérieur de sa main à la vitesse de l'éclair sans quitter son rapport des yeux. Néanmoins, tout le monde vit qu'elle souriait et qu'elle avait rougit.
-OH ! S'exclama brusquement Harry en comprenant soudain ce qu'était ou plutôt ce que contenait le petit cube de velours bleu.
-Il... Tu... Vous... bredouilla-t-il en cherchant ses mots.
-Tu devrais réviser l'emplois des pronoms personnels, dit tranquillement Tonks en souriant de plus en plus largement.
-Oh, Tonks, c'est vrai ? souffla Hermione, aux anges.
Elle leva enfin les yeux et hocha la tête.
-Il m'a demandé il y a deux heures, à peu près, dit-elle d'un air malicieux.
Ron se leva et s'apprêta à demander de quoi ils parlaient avant de voir la bague au doigt de Tonks et il comprit au quart de tour. Au même moment, la porte du salon s'ouvrit et Lupin entra. Hermione poussa un cri de joie et se jeta à son cou ; Harry lui attrapa la main et la secoua vigoureusement en lançant tout un répertoire de phrases de félicitations tandis que Ron lui flanquait de joyeuses tapes dans le dos. Lupin, stupéfait, faillit perdre l'équilibre avant de réussir à se dégager un peu des embrassades des uns et des autres.
-Mais qu'est-ce qui vous prend ? bredouilla-t-il.
-J'ai rien dit, chantonna Tonks en continuant à parcourir son parchemin.
Ce fut au tour de Lupin de comprendre au quart de tour.
-Oh... Je vois.
-Félicitations ! Tous nos v½ux de bonheur, professeur ! continua Hermione en lui faisant une double bise.
-Oh, ça suffit ! Tout cela devient ridicule : Je ne serais plus jamais professeur à Poudlard, et vous êtes des adultes, maintenant. Mon nom est Remus.
-Oui, professeur ! Clama Ron, à peine provoquant. On est invité, au moins ?
-A quoi donc ? Au mariage ? Oui, bien sûr. Mais, euh... nous n'en avons pas encore parlé, donc, en fait...
-Oh, c'est pas grave, nous sommes patient. Du moment qu'on est invité, tout va pour le mieux, dit Ron.
Remus éclata de rire. La différence était saisissante : l'homme de presque trente-neuf ans, sérieux et calme, et qui éclatait brusquement de rire, redevenait presque un gamin – ou en tout cas, un jeune fiancé aux yeux pétillants d'allégresse et de malice. Harry le regarda avec une immense satisfaction. Finalement, songea-t-il, c'était une magnifique journée.
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Tonks et Remus demandèrent à Harry, Ron et Hermione de garder le secret, du moins dans un premier temps. « Deux toasts en une journée, c'est un peu trop » avait dit Remus en souriant. Ils s'étaient donc efforcés de rester sérieux et de ne pas avoir l'air trop enchantés pour le dîner – les Weasley revenaient ce soir là. A un moment, ils avaient faillit craquer quand Fleur avait demandé d'un ton soupçonneux ce qui les faisait autant sourire.
-Rien ! Avaient-ils répondu tout les cinq d'une même voix avec un air dégagé qui ne trompa personne. Tonks disparu sous la table en faisant semblant de chercher sa fourchette tombée à terre, et veilla à ne pas ressortir sa main gauche de sous la nappe lorsqu'elle se redressa. Fort heureusement, Fleur n'avait pas insisté, malgré ses coups d'½il méfiants et inquisiteurs. Après le repas, Ron et Harry firent une partie d'échecs tandis que tout le monde se dispersait dans la maison ou disait au revoir en partant ; le silence revint. Hermione leurs souhaita bonne nuit et ils montèrent se coucher peu de temps après elle, fatigués par cette journée pleine d'émotions mitigées.
Bien plus tard ce soir là, étendu sur son lit, les bras croisés derrière la tête et les yeux fixés au plafond, Ron continuait d'essayer de démêler toutes ses pensées, tous ses sentiments, sans y parvenir complètement. Les fiançailles de Tonks et Remus lui avait fait quelque chose. Oh, bien sûr, il était ravi qu'un autre mariage se profile à l'horizon, et il était vraiment heureux pour eux deux. Mais tout de même, il ne s'attendait pas à ce qu'ils se fiancent aussi vite. En seulement six semaines, ils étaient passés de célibataires à fiancés. Un peu court ! Mais, objectait-il, ils se connaissent depuis plus de deux ans, et ils s'aiment depuis toujours ! Ils étaient déjà en quelque sorte ensemble depuis l'affaire du ministère ; ce n'était tout simplement pas « officialisé » entre eux, c'est tout. Et puis après tout, qu'est-ce que ça pouvait lui faire, à lui ? C'était leur vie, et s'ils étaient heureux, tant mieux. Mais il ne pouvait pas s'empêcher de se sentire troublé par quelque chose d'autre, quelque chose qu'il ne parvenait même pas à s'avouer. Son débat intérieur sur Remus et Tonks n'était qu'un prétexte. Un moyen de ne pas penser à quelque chose d'autre, à la fois un poison et un élixir de vie. Plus dangereux et plus merveilleux qu'une pierre philosophale. Soudain, il entendit une succession de petits bruits connus, mais inhabituels à cette heure tardive. Un grincement de porte assourdit, des pas légers précipités dans le couloir puis dans l'escalier, un rai de lumière pâle qui passa brièvement sous la porte de sa chambre, et comme des sanglots étouffés, retenus. Ron fronça les sourcils et regarda son réveil. 2 heures du matin. « Qu'est-ce qu'elle fait debout à deux heures du matin ? » pensa-t-il. Il se leva en silence, enfila sa robe de chambre et descendit à son tour les escaliers. En arrivant près de la porte entrouverte du salon, il entendit de vrais sanglots qui confirmèrent ses soupçons.
-Hermione ? murmura-t-il en se glissant dans le salon.
Hermione, recroquevillée sur le canapé, les bras passés autour des genoux et pleurant toutes les larmes de son corps, sursauta et se releva en tremblant de tous ses membres.
-R-Ron ? Qu'est-ce que tu fais là ?
Ron s'approcha de la cheminée ou brûlait encore une bûche.
-Il me semblait bien t'avoir entendu pleurer, murmura-t-il.
Hermione lui tourna le dos pour se cacher dans l'ombre et s'efforça de se calmer, essuyant résolument les larmes sur ses joues.
-Oh, je... Je regrette de t'avoir réveiller, bredouilla-t-elle en tâchant de se reprendre.
-Je ne dormait pas, dit Ron.
Il la regarda.
-Qu'est-ce qu'il y a ?
Hermione se força à se retourner nerveusement, les yeux rouges.
-Oh, rien... C'est vraiment ridicule, ce n'est rien du tout... Absolument rien, en fait...
-C'est pourtant bien quelque chose, si ça te fait de la peine, objecta doucement Ron.
Il s'approcha d'elle et lui posa un main sur l'épaule.
-Hermione, qu'est-ce qui ne va pas ? insista-t-il gentiment.
-C'est tellement idiot... bredouilla Hermione, frissonnante. En fait, je... J'ai simplement fait un cauchemar... C'est absurde, n'est-ce pas ? Pleurer pour un cauchemar, marmonna-t-elle, irrité contre elle-même.
-Non, ce n'est pas absurde, répondit Ron. C'est humain. Tu as rêvé à des choses qui t'ont fait peur, ce n'est pas honteux, d'avoir peur. C'est normal. C'était quoi, ton cauchemar ?
Hermione se retourna à nouveau et se grignota un ongle, en silence.
-Ne m'en parle pas si tu ne veux pas, poursuivit Ron, mais je t'assure que ce n'est pas bon de tout garder pour soi. Ton cauchemar risque de revenir, à chaque fois, plus puissant, tu sais.
-De toute façon, il revient presque chaque nuit, maintenant, lâcha brusquement Hermione. Toutes les nuits ou presque, je les revoie...
-Quoi donc ?
-Les morts. Les inféri de l'orphelinat. Chaque nuit, je... Je rêve que je marche dans un couloir, et je suis entourée de toutes les personnes que j'aime. Et puis, soudain, il fait noir, et je suis toute seule ; je me retourne, je cherche, et je ne vois rien qu'une lumière bleue, au loin. Je m'approche, et là, il y a le corps mort d'un de mes proches qui tombe presque sur moi, depuis un pont au dessus de moi. En fait, je suis de nouveau dans la chambre au Horcruxe, mais avec les gens que j'aime comme inféri... je crie, je me débat, j'essaye de m'enfuir, mais je me cogne partout contre les corps des personnes que je connais... qui sont morts, mais qui veulent me tuer... Mes parents... Ta famille... Harry... Mes amies à Poudlard... Toi...
Hermione s'était mise à trembler.
-Hermione, commença Ron, mais avant qu'il ait pu dire quoique ce soit d'autre, Hermione avait fondu en larmes et pleurait contre son épaule.
-Hermione, voyons, murmura Ron, prit de court et désolé.
Il la berça doucement dans ces bras, murmurant « chhhhht » et lui caressant les cheveux, tandis qu'elle nouait ses bras autour de son cou, traumatisée par la vision de terreur qui s'imposait à son esprit chaque soir. Petit à petit, elle se calma, cessa de pleurer, puis de trembler, et s'écarta de lui, très doucement.
-Merci, murmura-t-elle, sans sourire.
-De rien.
Il lui glissa une mèche de cheveux derrière l'oreille.
-Tu sais, quand tu fais des cauchemars comme ça, toujours les même, il y a un moyen de s'en défaire : il suffit de les dessiner.
-Ah bon ? Comment-ça ?
-Et bien, le soir, avant de te coucher, tu dessines rapidement ce dont tu as eu peur dans la journée, ou bien le cauchemar que tu fais chaque nuit. Et une fois endormie, tu ne fais plus le moindre cauchemar.
-Vraiment ?
-Je t'assure.
Hermione eu un petit rire tremblant.
-Tu devrais aller te recoucher, sinon, c'est toi qui ne va pas dormir.
-Je t'ai dit que je ne dormais pas, de toute façon. Mais tu pourrais suivre toi-même ce conseil...
-Oh, je... Je n'ai pas très envie de retourner me coucher pour l'instant...
Ron eu un sourire compréhensif.
-On peut parler, si tu veux. Ou faire une partie d'échecs.
-Oh oui, c'est une bonne idée. Ça me forcera à me concentrer sur quelque chose. Ça ne t'embête pas ?
-Bien sûr que non ! Attends, tiens, mets ça, dit Ron en lui posant sa robe de chambre sur les épaules.
-Mais tu vas avoir froid !
-Mais non.
Il prit le plateau de jeu sur la table où Harry et lui l'avait laissé ce soir là.
Quelques instants plus tard, ils étaient assis chacun à un bout du canapé et envoyaient les pièces d'échecs d'un bout à l'autre du plateau, sur la petite table basse qu'ils avaient installée entre eux, devant le sofa. Ron s'arrangea pour faire un mach nul, puis un deuxième. Hermione eu un petit rire.
-Tu triches. Tu me laisses gagner.
-Moi ? Mais non. Tu veux boire quelque chose ? ajouta-t-il pour détourner la conversation.
Hermione lui adressa un sourire entendu.
-Oui, d'accord. Un thé, merci.
-C'est partit, dit Ron en se levant. Il disparu quelques instants dans la cuisine. Cinq minutes plus tard, il revenait avec deux tasses de thé en mains.
-Voilà, c'est pr...
Il s'arrêta net. Dans le canapé, Hermione dormait profondément. Ron eu un sourire attendrit ; il posa les deux tasses sur l'échiquier sans tenir compte des protestations des pièces et prit doucement Hermione dans ses bras, sa tête roulant sur son épaule sans qu'elle ne se réveille. Très doucement, Ron la porta dans sa chambre, la remit dans son lit et la couvrit bien soigneusement. Il se redressa et resta quelques instants à la regarder dormir. Elle avait de nouveau une mèche de cheveux qui lui chatouillait le visage. Il la chassa délicatement et en profita pour lui caresser la joue, avant de sortir. Mais sur le pas de la porte, il s'arrêta encore une fois, la main sur la poignée, jusqu'à ce qu'elle se retourne dans son sommeil, ne laissant plus voir qu'une profusion de mèches ébouriffées. Ron referma la porte en faisant bien attention de ne pas la claquer et retourna dans sa propre chambre.
Sitôt que sa porte de chambre fut refermée, Hermione ouvrit grands les yeux et fixa le mur sans le voir, le c½ur battant à tout rompre.
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Le lendemain, lorsque Harry émergea de son sommeil, il ne parvint pas à lire l'heure sur le cadran de son réveil. Il tâtonna, attrapa ses lunettes et faillit tomber de son lit en déchiffrant l'heure : 10 h 21 ! Harry se leva d'un bond, s'habilla en un tour de main et sortit en trombe de sa chambre. Mais que ce passait-il donc pour que personne ne l'ait réveillé avant ? D'habitude, il entendait toujours la sonnerie de réveil de Ron, vers huit heure, et lui et Ron se levaient un peu après. Aujourd'hui, rien ! Harry se précipita dans le salon. Il n'y avait personne d'autre que Lupin qui lisait la Gazette du Sorcier dans son fauteuil habituel – le plus à droite de la cheminée.
-Ah, bonjour Harry, lui dit-il sans cesser de lire.
-Remus ? Où sont les autres ? Ils sont partit, ou quoi ? Je n'ai rien entendu !
-Les autres ? Oh, Tonks est partie travailler comme d'habitude, Rogue et Drago sont déjà remontés, et je crois que Ron et Hermione dorment toujours.
-Quoi ? Ils dorment toujours ? Mais...
-Ah, tiens, quand on parle du loup, dit Lupin en souriant à l'adresse d'Hermione qui venait d'entrer dans la pièce, en pyjama et robe de chambre, toute ensommeillée.
-Salut Harry, bonjour Remus, marmonna-t-elle en se laissant tomber sur une chaise de la table, attrapant une pile de toasts et se versant un bol de café chaud.
-Ben... Comment ça ce fait que tu te lèves si tard, Hermione ? D'habitude, tu est toujours debout à sept heures !
-J'ai pas très bien dormit, répondit-elle vaguement en secouant les bras pour faire sortir ses mains de sa robe de chambre qui paraissait beaucoup trop grande pour elle.
Harry fronça les sourcils.
-Mais... Ce ne serait pas la robe de chambre de R...
-Salut ! Bien dormit ? Lança Ron en arrivant à son tour.
Il s'assit à coté d'Hermione, l'air au moins aussi ensuqué qu'elle ; Il ne portait pas de robe de chambre, ce qui était inhabituel pour lui.
Harry et Lupin échangèrent un regard, Harry un peu dérouté et Remus retenant un sourire. Mais Harry décida qu'il n'avait pas le temps de chercher des réponses à cette énigme.
-Euh... Il faut que je vous parle ; j'ai pas mal réfléchi, cette nuit, et j'ai peut-être une idée pour... Trouver ce qu'on cherche.
-Ah oui, dit Hermione, soudain plus réveillée, Quoi donc ?
Harry jeta un rapide coup d'½il à Lupin et toussota rapidement.
-On arrive, répondit Ron avec détachement.
Dix minutes plus tard, ils étaient tous les trois assis sur le lit de Harry, la porte de sa chambre soigneusement fermée et impassibilisée.
-Ecoutez, j'ai pensé à un truc : Nous cherchons une maison que Voldemort –Ron, ça suffit – pourrait considérer comme sa maison. Or, ce que nous savons de cet homme – si on peut appeler ça un homme – c'est qu'il a travaillé chez Barjow & Beurk. Vous vous souvenez, on en avait parlé, l'été dernier.
-Ah, oui, se rappela Ron. Le seul problème, c'est que nous ne pouvons pas y aller...
-Attends, laisse moi finir. Barjow, comme tout employeur, a dut lui demander une adresse. Ce n'est pas absolument sûr, étant donné le milieu, mais c'est probable. En tout cas, Barjow doit se souvenir de ce garçon d'un tel calibre qu'était Tom Jedusort Junior. Il doit bien avoir des détails, des souvenirs, de lui. A mon avis, il pourrait nous mettre sur une piste, vous ne croyez pas ?
-C'est une bonne idée, Harry, mais... commença Hermione, septique.
-Harry, comment vas-tu aller poser des questions à Barjow ? C'est impossible ! A moins de demander à Tonks...
-Non. Il faut que quelqu'un y aille, mais quelqu'un que Barjow connaît et a qui il est prêt à obéir sans discuter. Quelqu'un comme...
-Malfoy ! Terminèrent Ron et Hermione en c½ur.
-Super, Harry ! s'exclama Ron, enthousiaste.
-Mmm... oui... Pourquoi pas... Mais il faudrait admettre qu'il veuille bien nous aider... Et puis, imagine qu'un autre Mangemort soit en contact avec Barjow, et que celui-ci lui dise qu'il a vu Malfoy et qu'il lui a posé des questions sur l'adresse de Tom Jedusort... Voldemort risque d'avoir des échos de cette histoire et de se méfier, vous ne croyez pas ?
-C'est un risque à prendre, concéda Harry, mais de toute façon, nous sommes au point mort, maintenant. Nous n'avons pas le choix. Et puis, il est permit d'espérer que Barjow, trouillard et servile comme il est, jugera bon de se taire, du moins dans un premier temps. A mon avis, les Mangemorts doivent éviter de crier sur tous les toits qu'il y a un traître dans leurs rangs.
-Je suis d'accord avec Harry, Barjow n'est pas un Mangemort et il ignore leurs secrets. Il faut tenter le coup.
-Bon... D'accord. Habillons-nous et allons voir Malfoy, trancha Hermione.
Quelques instants plus tard, ils étaient tous les trois dans la partie de la maison qu'ils connaissaient et aimaient le moins, devant la porte de la chambre de Malfoy. Ils échangèrent un regard tendu et Ron toqua.
-Oui ? répondit la voix de Malfoy.
Ron ouvrit la porte ; aucun d'entre eux ne rentra dans la pièce. Malfoy fronça les sourcils et se leva.
-Quoi ? Grinça-t-il de mauvaise grâce.
-Il faut qu'on te parle, répondit Ron avec autant d'animosité.
-On a du boulot pour toi, renchérit Harry.
-Du boulot ? Comment ça ? dit Malfoy, plus méfiant que jamais.
-Viens, ne restons pas là. Les murs ont des oreilles, dit Ron.
Malfoy les suivit jusqu'à la chambre de Harry ; Ron, Hermione et lui expliquèrent en quelques mots ce qu'ils attendaient de lui.
-Attendez... Vous voulez que j'aille me montrer tranquillement chez Barjow et Beurk, juste pour demander l'adresse de... Qui, déjà ? Tom Jus d'essor ?
-Tom Jedusort. Et, oui, c'est ce que nous voulons. Ne t'inquiète pas pour le voyage, personne ne te verras. Et une fois dans la boutique, tu n'auras qu'à faire semblant de t'intéresser à l'un de ses bibelots, pour pouvoir embrayer sur lui avec discrétion, dit Harry.
Malfoy le regarda d'un air soupçonneux.
-Pourquoi tu veux savoir ça ? C'est qui, ce Jedusort ? Pourquoi tu t'intéresse tant à lui ?
-Ça ne te regarde pas. Maintenant, tu me dis si tu es d'accord pour prendre un peu l'air pour la première fois depuis presque un mois où si tu veux t'y retrouver pour de bon, lança sèchement Harry.
-Si je comprends bien, j'ai pas le choix ?... C'est sympathique, comme méthode de recrutement, dites donc !
-Tu es bien placé pour parler de recrutement et de liberté de choisir, que je saches ! gronda Harry en commençant à s'énerver sérieusement.
-Ah, ouais ? Tu veux que je te dise un truc, Potter, je...
-Stop, dit fermement Hermione. Ne commencez pas. Malfoy, je me permet de te dire que tu n'as rien à craindre, puisque tu vas de toute façon te retrouver ici, sans que qui que ce soit ne puisse savoir le savoir et encore moins venir.
Malfoy la regarda avec colère.
-Bon, Ok, je vais le faire ! C'est pour quand, cette petite excursion ?
-Pour maintenant, si tu es décidé. Si tout ce passe bien, nous serons de retour pour le déjeuner, et tout le monde sera content.
-Si tout ce passe bien ? répéta Malfoy avec inquiétude.
Personne ne répondit. Hermione se contenta de prendre un sac d'école dans lequel elle mit un bloc note et une plume ainsi qu'une carte d'Angleterre, Ron partit prendre ses oreilles à rallonge et Harry attrapa sa cape d'invisibilité.
Il était midi. Harry, Ron et Hermione étaient tout les trois devant la porte de la boutique Barjow & Beurk, dissimulés sous la cape d'invisibilité. A l'intérieur du magasin, Malfoy discutait du prix d'une tête de mort aux propriétés étonnantes – la tête se mettait à siffler dés qu'une personne d'origine moldu se tenait dans les environs. Avec son arrogance et son méprit habituel, Malfoy n'avait pas eu de mal à faire dire à Barjow tout ce qu'il savait sur Tom Jedusort ; enfin, après de longues palabres, Malfoy ressortit de la boutique et s'éloigna. Dés qu'il eu disparut du champ de vision de la vitrine sombre et poussiéreuse, il s'arrêta, tourna sur lui même pour chercher ses trois « ennemis » et disparut brusquement sous la cape d'invisibilité. Un sifflement strident retentit aussitôt.
-Ça marche, tout compte fait, lâcha négligemment Malfoy en observant le crâne qui brillait en sifflant.
Avec un regard glacial, Ron donna un coup de baguette sur la tête de mort et la réduisit en cendre.
-Eh ! ça m'a coûté 26 galions ! protesta Malfoy, outré.
-Recommence un coup pareil, Malfoy, et c'est ta tête à toi que je fais cramer, grinça Ron d'un air tellement menaçant que Malfoy jugea préférable de ne pas insister.
-Laisse, Ron, je sais de qui ça viens, dit Hermione avec un grand calme. Venez, ne restons pas dans le coin.
-On a tout de même bien avancé, assura Harry. Maintenant, on sait pourquoi nous n'arrivions pas à trouver le village de Little Hangleton : Il a été renommé il y a vingt ans ; c'est resté le Lieu-dit de Little Hangleton, mais le village à été rattaché à la petite ville voisine de Crichercs. Ce qui explique que toutes nos recherches aient foirées.
-Mais pourquoi vous cherchez cet endroit ? C'était qui, ce type ? Jedusort ? demanda encore une fois Malfoy.
-Tu as entendu : c'était un employé de Barjow, il y a 45 ans.
-Ne me prends pas pour un imbécile, Potter ! C'était forcément bien plus qu'un employé dans une boutique de magie noire ! Je ne suis pas complètement idiot !
-Ah bon ? Quelle nouvelle ! Ricana Ron.
Malfoy se retourna pour le frapper, mais Harry l'attrapa par la manche de sa robe.
-Silence ! Nous arrivons sur le chemin de Traverse !
Sans cesser de se jeter des regards assassins, Ron et Malfoy passèrent la porte magique qui délimitait l'entrée du Chemin, puis, s'efforçant de rester groupés sous la cape, Harry, Ron et Hermione transplannèrent en emmenant Malfoy – les yeux bandés – avec eux.
Sitôt arrivés au 12, Malfoy décampa dans sa chambre – sans oublier de jeter un regard mauvais à Ron – et Harry, Ron et Hermione se précipitèrent dans celle de Harry, décidés à éplucher les index des villes pour retrouver Crichercs. Une heure plus tard, ils descendirent manger en vitesse, puis se remirent à leurs recherches ; Vers 15 h, cependant, ils furent interrompus par Mme Weasley.
-Maman ? Qu'est-ce que tu fais là ? Il y a un problème à la maison ? demanda précipitamment Ron en s'approchant de sa mère, après que Harry et lui aient fait taire le portrait de Mme Black.
-Bonjour, mes chéris. Ne t'inquiètes pas, Ron, tout le monde va bien. Non, je viens simplement donner un dossier à Remus. Et pour vous, tout va bien ?
-Oh, oui, nous avons bien avancés, aujourd'hui, s'exclama Ron avec enthousiasme. Nous sommes sur la piste de Crichercs et...
Il s'aperçu brusquement qu'il venait de gaffer et se mit à bredouiller, gêné, avant qu'Hermione ne sauve la situation en proposant un thé à Mme Weasley.
-Mmm... Non, merci, Hermione, c'est gentil mais je n'ai pas le temps, marmonna Mme Weasley en regardant son fils d'un air inquisiteur.
-Bon, et bien, bonne journée, Mme Weasley, dit rapidement Harry, filant vers le salon.
Ron et Hermione lui emboîtèrent le pas et disparurent.
-Franchement, Ron ! gronda la jeune fille. Tu ne pouvais pas tenir ta langue, non ? Tu es pire qu'un gosse !
-Oh, ça va, râla Ron, ça arrive à tout le monde de faire une bourde !
-Bon, allons, remettons nous au travail, coupa Harry.
Durant toute la fin de la journée, puis tout le lendemain et le matin du sur-lendemain, ils continuèrent à chercher en vain. Mais dans le milieu de l'après-midi, Hermione poussa un cri de triomphe.
-Là ! Là ! Crichercs ! Je l'ai trouvé ! C'est là !
-Où ça ?
-Fais voir !
Ron et Harry se précipitèrent vers leur amie et regardèrent le petit point qu'elle désignait du doigt. On pouvait distinctement lire « Crichercs ».
-Formidable, Hermione !
Il y eu un instant de silence. Ron, Harry et Hermione échangèrent un regard. Maintenant que la première excitation d'avoir enfin trouvé ce qu'ils cherchaient depuis le 16 novembre était passée, ils savaient ce qui les attendaient. Et leur satisfaction était nettement retombée.
-Bon, ben... Dit Ron, brisant le silence.
-Oui, dit Hermione.
-On... Euh... On y va ? dit Harry, incertain. Sauf si vous ne voulez pas venir, ce que je comprendrais très bien...
-Ne dis pas de bêtises ! protesta Hermione, Bien sûr, que nous venons ! Tu vas nous faire le coup à chaque fois ?
-Oui, sans doute. Rien ne vous force à venir, je tiens à ce que vous aillez le choix.
-Et bien tu perdras ton temps et ta salive à chaque fois, alors, assura Ron, parce que nous n'avons pas l'intention de te tourner le dos pour les seuls moments où on peut s'amuser un peu.
Il eu un sourire tranquille.
-Alors, on décolle, oui ?
-Ok, décréta Harry. Alors, allons prendre nos affaires – capes, écharpes et gants – je préviens Lupin et on part dans la foulée.
-Lupin ? Pourquoi tu veux le prévenir ?
-Pour qu'il sache que nous sommes partis ; il n'a pas besoin de s'inquiéter, et de plus, il vaut mieux qu'il soit au courant qu'il n'y a plus que lui pour surveiller Rogue.
-Où allez vous ? Demanda brusquement une voix bien connue.
Ils se retournèrent tous les trois.
-Ben voyons, je vais te le dire, puisque ça te regarde, Malfoy, lança Harry d'un ton railleur.
Malfoy le regarda avec hargne.
-De toute façon, ce n'est pas dur à comprendre, vous voulez aller à cet endroit, Little Hangleton/Crichercs, n'est-ce pas ? Pour retrouver ce Jedusort.
-Tu penses bien que, si c'était vrai, nous ne te le dirions pas, Malfoy, ricana Ron, rentrant dans le jeu.
-Bon, allez, allons-y, décida Hermione.
Elle se leva, passa devant Malfoy sans lui adresser un seul regard et monta les escaliers. Harry et Ron firent de même. Une dizaine de minutes plus tard, Malfoy avait réintégré sa chambre, Remus avait quitté la sienne pour tenter une dernière fois de leur faire dire où ils allaient afin de pouvoir les aider et ils avaient une dernière fois répondu que c'était confidentiel. Ils s'emmitouflèrent dans leurs capes et écharpes et sortirent. Une fois dehors, ils vérifièrent qu'il n'y avait personne dans la rue et – CRAC – ils transplannèrent.
Cette fois, ils arrivèrent dans une vallée, de l'autre coté du village. Harry eu un sourire. Sur la gauche, il avait reconnu le chemin qui menait à la masure des Gaunt.
-Eh ! Ce ne serait pas... Commença Ron au même moment.
-Si, c'est par là qu'on va à la maison des Gaunt. La maison des Jedusort doit être de l'autre coté de la colline, venez.
Ils partirent d'un bon pas. Il faisait encore grand jour et malgré le vent froid, la promenade n'aurait pas été désagréable s'ils n'avaient pas pertinemment su ce qui les attendaient à l'autre bout. Au bout d'un bon quart d'heure de marche, ils arrivèrent près de l'imposante battisse, sombre et délabrée, qui avait été celle du père de Voldemort.
Harry frissonna lorsque son regard accrocha l'entrée du cimetière, un peu à l'écart, sur la gauche. Ni Ron ni Hermione ne firent de commentaire en surprenant ce regard. Soudain, alors qu'ils s'apprêtaient à repartir, il y eu un grand bruit derrière eux.
- CRAC -
Harry se retourna quasi-instantanément, tendu, prêt à l'attaque, mais il se retrouva face à l'une des personnes qu'il s'attendait le moins à voir et à attaquer.
-Ginny ?! Mais qu'est-ce que tu fais là ?
-Ginny ! S'écrièrent en c½ur Ron et Hermione.
Ils s'approchèrent tous les trois. Harry reconnu le Vif d'Or/pendentif du collier qu'il lui avait offert à Noël.
-Bonjour ! s'écria-t-elle d'un ton joyeux. Je suis contente de vous trouver, nous avions peur que vous ne soyez déjà à la maison des Jedusort.
-Nous ? releva Ron
Deux autres craquements retentirent et Luna et Neville arrivèrent successivement.
-Salut, Harry ! Bonjour, Hermione ! Lança Neville avec un grand sourire.
-Hello, Ronald, ajouta Luna avec un vague sourire éthéré.
-Mais... Mais... Bredouilla Harry, complètement ahurit, qu'est-ce que vous faites tous là ?...
-Et bien, dit très posément Ginny, nous sommes venus vous accompagner à la maison de Voldemort, quel que soit votre but.
-QUOI ? Vous êtes cinglés ! Il n'en est pas question ! Et d'abord, comment saviez vous où nous allions et que la maison des Jedusort était là ?
-Oh, c'est très simple, maman m'a envoyé Errol, hier, mais il n'est arrivé qu'il y a une heure à Poudlard, expliqua Ginny. Elle me racontait ce qui ce passait à la maison et m'a dit que vous cherchiez « Crichercs », sans qu'elle sache pourquoi et ce que c'était.
Harry et Hermione se tournèrent vers Ron dont les oreilles virèrent au rouge vif.
-J'en ai vaguement parlé à Neville, qui m'a dit qu'il savait où était Crichercs, continua Ginny.
-Mon Oncle Algie avait un ami qui y habitait, dit Neville.
-...Et donc, nous avons décidé de vous le dire. Mais par hiboux, ce n'était pas très prudent, alors nous sommes sortis du parc grâce au passage secret de la Sorcière Borgne – Nous avons rencontré Luna sur la route – et nous avons transplanné jusqu'au 12. Nous sommes rentrés – Lupin nous a ouvert et nous a dit que vous étiez partit. Il a dut remonter pour prendre une communication par cheminée – heureusement, sinon, nous en avions pour une heure de sermons pour avoir quitté Poudlard et pour avoir transplanné sans permis dans mon cas et celui de Luna - et là, nous avons rencontré Malfoy qui avait l'air de très mauvaise humeur et nous a dit que vous étiez partis à la recherche d'un dénommé Tom Jedusort, à Little Hangleton/Crichercs. J'ai tout de suite compris qui était le Tom en question et nous nous sommes précipités pour vous rejoindre, voilà.
-Et maintenant, vous n'avez plus qu'à faire demi-tour, retourner au 12, subir l'heure de sermons de Lupin et rentrer avec lui à Poudlard, parce qu'il n'est pas question que vous veniez, gronda sèchement Harry. C'est beaucoup trop dangereux, vous êtes complètement hors du coup et nous avons déjà suffisamment perdu de temps comme ça ! Vous allez avoir des ennuis épouvantables, inutile d'en rajouter !
-Non. Nous venons avec vous.
-Ginny, gronda Ron, agacé, ne commence pas ! Maman serait folle de rage et d'inquiétude ! C'est dangereux !
-Je le sais bien, que c'est dangereux, figures toi ! Et justement, plus on sera nombreux, moins ça le sera ! Vous êtes fous de vouloir combattre Tu-Sais-Qui à vous tout seul ! C'est vous qui devriez faire demi-tour ! Pourquoi ne pas prévenir tout l'Ordre ?
-Parce qu'on ne va pas combattre Tu-Sais-Qui, aboya Ron, on va faire quelque chose de confidentiel, et maintenant, va-t'en ! Toi et Luna, vous n'êtes même pas majeures !
-Moi, si, dit Luna d'un ton vaporeux, j'ai eu mes 17 ans hier, le 4 mars.
-Ah... Euh... Peu importe, tu ne viens quand même pas ! Et Ginny, toi, tu as ton anniversaire le 15 août, alors jusque là, c'est moi qui commande ! Compris ?
-Tu n'as aucun droit de me commander ! Tu n'es pas mon tuteur !
-Mais je peux aller chercher Papa et Maman dans deux minutes, si je veux, et ils te passerons un savon dont tu te souviendra !
-Aller, ça devient ridicule, s'énerva Hermione, Neville, Luna, Ginny, soyez sympas et rentrez à Poudlard !
-Non, dit Neville. Moi et Luna, nous pouvons faire ce qui nous plais. Nous vous accompagnons.
-Et moi aussi ! gronda Ginny.
-Ecoutez moi bien, dit Harry d'un ton menaçant. C'est déjà suffisamment difficile de savoir que je mène peut-être mes deux meilleurs amis à la mort, alors ne venez pas vous rajouter sur la liste, Ok ? Je ne veux pas que vous veniez, parce que je ne veux pas qu'il vous arrive quelque chose. Nous sommes déjà tous assez en danger comme cela ! Je tiens à vous, je veux que vous restiez en vie, dit-il en regardant tout particulièrement Ginny.
-Tu as bien accepté que Ron et Hermione viennent, objecta-t-elle.
-Parce qu'il ne m'ont pas laissé le choix ! Je ne voulais pas d'avantage qu'ils risque la mort par ma faute, mais ils ne m'ont pas donné la possibilité de choisir !
-Alors, admet que nous non-plus, nous ne te laissons pas cette possibilité. Vous comptez autant pour nous que nous comptons pour vous, et nous n'avons pas d'avantage envie de vous voir mourir que vous de nous voir en danger. Nous venons.
-Ginny, pour la dernière fois, tu n'es pas majeur ! Ron et Hermione l'étaient, eux, quand ils m'ont dit qu'ils venaient avec moi. Toi, tu es encore trop jeune.
-Et toi ! Cria Ginny, les larmes aux yeux, tu crois que tu es assez âgé pour risquer la mort à tout bout de champ ? Vous aussi, vous êtes trop jeunes ! Et le frère des jumelles Montgomery était aussi trop jeune pour mourir sous les crocs de Greyback ! Et nous étions tous trop jeunes pour aller au ministère il y a presque deux ans ! Mais nous, nous sommes toujours là, alors laissez nous vous accompagner ! S'il vous plais ! Nous en connaissons autant que vous, maintenant ! Certes, nous n'avons pas fait une année normale, certes, Luna et moi, nous n'avons réellement fait que la moitié d'une sixième année d'étude, certes, Neville n'a pas prit toutes les matières que vous en dernière année d'ASPIC, mais nous avons montrés que nous étions capable de tenir un combat ! L'an dernier aussi, nous avons mit des Mangemorts en déroute !
Harry resta quelques instants silencieux. Il croisa le regard de Ron. Pour Neville et Luna, ils ne pouvaient pas faire grand chose puisqu'ils étaient majeurs, mais pour Ginny, c'était autre chose. Ron regarda sa petite s½ur.
-Ron... murmura-t-elle, arrête de me materner, je suis grande, j'arriverais à me débrouiller... J'ai besoin de toi, de même que de tous mes autres grands frères, pour m'épauler et me soutenir, pas pour m'étouffer et me diriger...
-Bon... Promet moi que quoi qu'il arrive, si je te demande de fuir, tu le feras. D'accord ? capitula Ron, un peu à contre c½ur.
-C'est promis, assura-t-elle en retrouvant le sourire.
-Quoi ? protesta Harry. Non ! Je ne...
-Harry, il arrivera bien un jour où je serais majeure et où je me retrouverais dans combat ! tu ne pourras pas toujours l'empêcher ! Autant être prêt ! argumenta Ginny, le regard flamboyant.
Harry les regarda tous avec colère. Normalement, si tout c'était passé comme il voulait, il aurait été seul. Pourquoi tenaient-ils tous tellement à se faire tuer ? Et soudain, il réalisa qu'eux aussi avaient été touchés par cette guerre. Neville avait en quelque sorte perdu ses parents, Ginny avait vu son frère aîné se faire attaquer sauvagement, Luna était comme n'importe quel jeune, en train de se débattre dans un monde absurde et horrible dont elle voulait aussi sortir... Il n'était pas le seul à avoir des comptes à régler avec Voldemort.
-D'accord, céda-t-il, vous pouvez venir. Mais attention, si on vous dit de décamper, pas de discutions, Ok ?
-Ok, dirent-ils en c½ur.
-Bon. Alors, autant vous mettre au courant. Nous sommes à la recherche d'une broche en forme d'aigle bleue et argent.
-La broche de mon ancêtre ? demanda Luna.
-Oui. Cette broche est certainement très protégée, et cela va être très risqué de la reprendre. Elle est devenue très dangereuse, mais il est capital dans la lutte contre Voldemort que nous l'ayons, entendu ?
-Oui, dirent-ils encore.
-Bien. Assez perdu de temps, maintenant.
Le visage grave, Harry se retourna vers la vielle maison d'aspect sordide et monta les marches de l'escalier de pierres.