Fan Fiction - Volume 7 - Le Triomphe du Coeur - Chapitre 16 .

Fan Fiction - Volume 7 - Le Triomphe du Coeur - Chapitre 16 .
Chapitre 16 - Drago's Job

Lupin resta dix jours complets à St-Mangouste. Tonks venait le voir chaque matin et chaque soir, parfois accompagnée par l'un au l'autre des membres de l'Ordre ou de l'AD. Lupin reprenait petit à petit des forces, au fur et à mesure que ses blessures cicatrisaient. Le sur-lendemain de son hospitalisation, Harry et Ron, qui passaient le voir, le virent debout en robe de chambre, le bras gauche passé dans une écharpe, légèrement soutenu par une Tonks radieuse à ses cotés. Depuis, il ne cessait de faire des progrès et les guérisseurs constataient avec satisfaction que ses plaies se refermaient rapidement. Trois jours avant de sortir, on lui enleva la bande de sa main droite, et le lendemain, son pansement à l'épaule fut réduit à quelques traits de bande adhésive médicale. En revanche, on lui ordonna fermement de ne pas retirer ses bandes au ventre avant une semaine de plus, et les guérisseurs le sommèrent de rester au calme le plus possible, le bras en écharpe. Lupin arriva le lendemain de l'anniversaire de Ron, pour le plus grand bonheur de tous les Weasley présents. Malfoy n'avait pas l'air spécialement ravi – Harry le soupçonnait d'avoir un peu peur de Lupin, comme s'il craignait qu'il ne fasse comme Greyback – et Rogue paru franchement déçu – peut-être espérait-il que Lupin ne s'en sortirait pas, pensa Harry avec hargne – mais tous les autres l'acclamèrent vigoureusement quand il rentra, aux cotés de Tonks, dans le salon du 12. Bill, dont les cicatrices paraissaient moins terribles depuis le mois de juin de l'an dernier, porta un toast à Lupin et tout le monde le reprit sans hésiter tandis que Lupin détournait les yeux, un peu gêné. Ce fut un déjeuner particulièrement joyeux, mais tout à toujours une fin – même Voldemort, et c'était bien pour cela que l'Ordre du Phénix existait – et tout le monde dut repartir à son travail. Ron, Harry et Hermione partirent pour l'après-midi pour une nouvelle recherche alors que les deux tatoués, comme les appelait Ron, remontaient à l'étage. Tonks avait un rapport à terminer – travail qui pouvait se faire au 12 ; Elle commença donc par mettre un peu d'ordre dans le salon tandis que Remus débarrassait la table d'un coup de baguette.
-Voilà, dit-il négligemment alors que tous restes de plats et tous couverts disparaissaient de la table. Mmm, je crois que je vais donner un bon coup de balais à la cuisine, ça ne lui fera pas de mal.
Il agita à nouveau sa baguette et un balai et une petite pelle disparurent dans la cuisine où on les entendit s'activer.
-Au fait, dit Tonks avec un certain embarras, en parlant de donner... Harry m'a dit que tu voulait me donner quelque chose, quand il t'a retrouvé dans le bois. Quelque chose que tu avais dans ta poche droite.
Lupin, penché sur la table, ferma doucement les yeux en esquissant lentement un sourire.
-Ah...
-Et il... Il m'a transmit le message, continua Tonks en rougissant de plus belle.
Elle sortit la petit boite de velours bleu de sa poche et la posa sur la table sans regarder Remus. Ce dernier regarda à son tour la boite.
-Et ?... dit-il avec le ton résolu et la profonde inspiration de quelqu'un qui est près à tout endurer mais qui s'attend au pire.
-Et je... Je l'ai ouverte, termina Tonks, toujours sans le regarder.
Remus s'éclaircit la gorge et garda le point sur sa bouche, avec un sourire amusé et un air indécis en même temps. C'était le genre de conversation qu'il était impossible d'éluder. Il se demanda un instant qu'est-ce qui convenait de dire ou de faire puis se décida brusquement. Il se tourna vers elle et plongea son regard dans le sien.
-Et tu en conclues ?...
Tonks reprit la petite boite sur la table en se rapprochant de lui et en le regardant à son tour dans les yeux, affreusement intimidée.
-Et j'en conclue, dit-elle lentement en tripotant la petite boite, que, maintenant que tu es rétabli... Ou presque, disons... Ce serait une bonne chose que... Que tu me le donne toi-même.
Remus eu un petit rire troublé, fixa le parquet puis la regarda à nouveau, l'air grave tout à coup.
-Tu as bien pensé à tout ? demanda-t-il à voix basse en se rapprochant tout près d'elle et en redevenant l'homme sérieux et raisonnable que l'on connaissait.
-Oh, je t'en pris, protesta-t-elle d'un ton un peu agacé en reculant d'un pas, ne commence pas !...
-Tu as bien réfléchis, continua-t-il, imperturbable, au fait que nous ayons quatorze ans d'écart...
-Et alors ? Nous sommes toujours sur la même longueur d'onde !
-... Que je suis un loup-garou...
-Tu en es un depuis plus de trente ans, et tu n'as jamais mordu personne ! Même transformé, tu m'as sauvé la vie !
-... Que je n'ai pas beaucoup d'argent...
-J'en aurais assez pour toute une grande famille s'il le fallait. Et toi, tu as toujours réussit à gagner ta vie depuis que tu es sorti de l'école.
-... Qu'avoir des enfants serait impensable – je ne veux pas imposer cette maladie à quelqu'un d'autre...
-Il serait impensable d'avoir un garçon, pas une fille... Et il existe des méthodes de dépistage, de nos jours...
-... Qu'il y aura toujours de lourdes contraintes dut à mon état...
-Jusqu'ici, tu t'en es plutôt bien sorti, non ? Ça ne peut pas être plus dur à deux.
-... Et que je suis toujours plus ou moins malade...
-Ecoute-moi bien une bonne fois pour toute, Remus, coupa fermement Tonks en l'attrapant le col de sa robe : Je t'aime comme tu es. D'accord ? C'est toi, Remus Lupin, le loup-garou dangereux, pas très riche et plus âgé que moi, que j'aime. C'est toi, Remus Lupin, l'homme calme, gentil, instruit, attentionné, courageux et bon, que j'aime. Alors, je ne veux plus entendre parler de tout ça, c'est clair ? Je t'ai dit que j'avais réfléchi, c'est que je l'ai fait. Point barre.
Remus la regarda dans les yeux et elle soutint son regard avec détermination.
-D'accord, dit-il brusquement en reprenant un ton plus léger. Alors, en d'autres termes, il ne me reste plus qu'à prendre mon courage à deux main, n'est-ce pas ?
Tonks eut à son tour un petit rire timide et détourna les yeux en recommençant à tripoter la boite, les joues très rouges.
Remus la lui prit doucement des mains – Tonks se mit à triturer la manche de sa robe –, recula d'un pas et prit une profonde inspiration. Tonks se força à le regarder, cramoisie, un large sourire aux lèvres mais affreusement intimidée tandis que, sans la quitter des yeux, Remus se baissait lentement et posait un genou au sol, ouvrant de la main droite la petite boite bleue et révélant ainsi une magnifique bague. C'était un anneau d'or très fin, surmonté d'un petit diamant non pas blanc, mais rose pale, délicatement taillé en forme de rose. De chaque coté du diamant, deux petites émeraudes sculptées en forme de feuilles parachevait la bague.
-Tonks, dit-il d'une voix très calme, veux-tu m'épouser ?
Tonks sourit encore plus largement et cessa de triturer sa manche.
-Oui, murmura-t-elle simplement.
Remus eu un très doux sourire – un vrai sourire, un sourire de joie profonde, mais grave. Il sortit la bague de la boite, glissa sa main sous celle de Tonks et de l'autre main, lui enfila la bague à l'annulaire. Elle lui allait parfaitement. Sans un mot de plus, il se releva et ils s'observèrent, tout près l'un de l'autre, dans un moment plus magique que tout ce qu'ils avaient pu apprendre dans toute leur vie de sorcier. Et puis, soudain, ils éclatèrent de rire. Tonks lui sauta au cou, Remus la souleva comme une plume et la fit tourner dans ses bras, et ils continuèrent de rire à perdre haleine. Tonks admira sa bague –elle semblait encore plus belle maintenant qu'elle était à son doigt.
-Elle est vraiment splendide.
-Comme toi.
-Oh, arrête... Je ne savais pas que les diamants pouvaient être colorés.
-Ils existent en blanc, rose ou jaune. Les roses et jaunes sont assez rare. Mais tu aimes tellement avoir les cheveux en rose que je me suis dit que ça te plairait...
-Tu as bien pensé ! Elle est magnifique. Quand est-ce que tu l'as acheté ? demanda Tonks en jouant avec un rayon de Soleil, projetant des spectres de lumière un peu partout dans la pièce.
-Oh... A Noël, répondit Remus d'un ton désinvolte.
Tonks le regarda avec effarement.
-A Noël ? Mais... on était pas encore ensemble, à ce moment là !
-Je veux dire, ajouta-t-il avec le même air dégagé, le Noël qu'on a passé ici quand Arthur s'est fait mordre...
Tonks le regarda en s'efforçant de comprendre ce qu'il voulait dire.
-Q-quoi, mais... Mais... Tu...
Remus ne répondit pas. Il ne plaisantait plus du tout.
-Remus, tu veux dire que tu as acheté cette bague de fiançailles il y a plus de deux ans ?
-Je t'aime, Tonks, murmura-t-il en guise de réponse. Je t'aime, et je t'ai aimé dés que je t'ai vu. Alors, en achetant cette bague et en la gardant avec moi, j'avais toujours ton image dans ma poche... Mais je me suis toujours dit que c'était impossible, entre nous, et même quand tu m'as assuré le contraire, j'ai refusé d'y croire, parce que je me disais que ce n'était pas bon pour toi, et que ce n'était pas moi que tu attendais. J'avais peur que tu t'en aperçoives... Après que nous ayons franchi le pas, tu comprends ? Et, ajouta-t-il en faisant un gros effort sur lui-même pour continuer, cela m'effraye toujours.
Tonks le regarda avec un air de stupéfaction incrédule.
-Remus, souffla-t-elle, je n'aurais jamais pu imaginer que tu sois aussi stupide.
Ils éclatèrent à nouveau de rire, et il la fit tourner dans ses bras.

---------------------

Harry écumait de rage. Tout ça pour rien. Ce n'était pas la bonne maison. Ils cherchaient depuis mi-janvier une maison pour rien. Rien ! Six semaines de perdu ! Il accéléra encore un peu le pas en pestant contre ses baskets pleines d'eau. Derrière lui, il entendit Ron et Hermione se disputer et il dut faire un effort sur-humain pour se retenir de leur hurler dessus. Enfin, ils arrivèrent à l'orée du bois et purent transplanner. Harry cru un instant qu'il n'arriverait pas à se décoller du sol qui semblait s'être transformer en une éponge de gadoue. Enfin, ils atterrirent rudement sur le sol londonien et pour arranger son humeur, Harry s'aperçu qu'ici, il pleuvait à verse. Quelle fantastique journée, vraiment ! Ils rentrèrent tous en grommelant et bougonnant, furieux, agacés, frustrés d'avoir perdu tant de temps. En passant la porte du 12, ils s'empressèrent de se sécher d'un coup de baguette et entrèrent dans le salon, fulminant toujours. Tonks était assise à la table. Apparemment, elle relisait un rapport qu'elle venait de terminer.
-Bonne journée ? demanda-t-elle d'un ton absent en continuant de lire son parchemin.
-Une horreur, grinça sèchement Ron en se laissant tomber sur le canapé.
Hermione s'assit sur une chaise à coté de Tonks.
-Et toi, qu'est-ce que tu fais ?
-Un rapport sur les différents déplacements de Mangemorts que l'on a observé ces derniers temps. J'en ai fait une copie pour l'Ordre.
-Ah, c'est intéressant... et... Tonks, qu'est-ce que tu as au doigt ? demanda brusquement Hermione.
Tonks fit tourner le diamant de la bague à l'intérieur de sa main à la vitesse de l'éclair sans quitter son rapport des yeux. Néanmoins, tout le monde vit qu'elle souriait et qu'elle avait rougit.
-OH ! S'exclama brusquement Harry en comprenant soudain ce qu'était ou plutôt ce que contenait le petit cube de velours bleu.
-Il... Tu... Vous... bredouilla-t-il en cherchant ses mots.
-Tu devrais réviser l'emplois des pronoms personnels, dit tranquillement Tonks en souriant de plus en plus largement.
-Oh, Tonks, c'est vrai ? souffla Hermione, aux anges.
Elle leva enfin les yeux et hocha la tête.
-Il m'a demandé il y a deux heures, à peu près, dit-elle d'un air malicieux.
Ron se leva et s'apprêta à demander de quoi ils parlaient avant de voir la bague au doigt de Tonks et il comprit au quart de tour. Au même moment, la porte du salon s'ouvrit et Lupin entra. Hermione poussa un cri de joie et se jeta à son cou ; Harry lui attrapa la main et la secoua vigoureusement en lançant tout un répertoire de phrases de félicitations tandis que Ron lui flanquait de joyeuses tapes dans le dos. Lupin, stupéfait, faillit perdre l'équilibre avant de réussir à se dégager un peu des embrassades des uns et des autres.
-Mais qu'est-ce qui vous prend ? bredouilla-t-il.
-J'ai rien dit, chantonna Tonks en continuant à parcourir son parchemin.
Ce fut au tour de Lupin de comprendre au quart de tour.
-Oh... Je vois.
-Félicitations ! Tous nos v½ux de bonheur, professeur ! continua Hermione en lui faisant une double bise.
-Oh, ça suffit ! Tout cela devient ridicule : Je ne serais plus jamais professeur à Poudlard, et vous êtes des adultes, maintenant. Mon nom est Remus.
-Oui, professeur ! Clama Ron, à peine provoquant. On est invité, au moins ?
-A quoi donc ? Au mariage ? Oui, bien sûr. Mais, euh... nous n'en avons pas encore parlé, donc, en fait...
-Oh, c'est pas grave, nous sommes patient. Du moment qu'on est invité, tout va pour le mieux, dit Ron.
Remus éclata de rire. La différence était saisissante : l'homme de presque trente-neuf ans, sérieux et calme, et qui éclatait brusquement de rire, redevenait presque un gamin – ou en tout cas, un jeune fiancé aux yeux pétillants d'allégresse et de malice. Harry le regarda avec une immense satisfaction. Finalement, songea-t-il, c'était une magnifique journée.

--------------------

Tonks et Remus demandèrent à Harry, Ron et Hermione de garder le secret, du moins dans un premier temps. « Deux toasts en une journée, c'est un peu trop » avait dit Remus en souriant. Ils s'étaient donc efforcés de rester sérieux et de ne pas avoir l'air trop enchantés pour le dîner – les Weasley revenaient ce soir là. A un moment, ils avaient faillit craquer quand Fleur avait demandé d'un ton soupçonneux ce qui les faisait autant sourire.
-Rien ! Avaient-ils répondu tout les cinq d'une même voix avec un air dégagé qui ne trompa personne. Tonks disparu sous la table en faisant semblant de chercher sa fourchette tombée à terre, et veilla à ne pas ressortir sa main gauche de sous la nappe lorsqu'elle se redressa. Fort heureusement, Fleur n'avait pas insisté, malgré ses coups d'½il méfiants et inquisiteurs. Après le repas, Ron et Harry firent une partie d'échecs tandis que tout le monde se dispersait dans la maison ou disait au revoir en partant ; le silence revint. Hermione leurs souhaita bonne nuit et ils montèrent se coucher peu de temps après elle, fatigués par cette journée pleine d'émotions mitigées.
Bien plus tard ce soir là, étendu sur son lit, les bras croisés derrière la tête et les yeux fixés au plafond, Ron continuait d'essayer de démêler toutes ses pensées, tous ses sentiments, sans y parvenir complètement. Les fiançailles de Tonks et Remus lui avait fait quelque chose. Oh, bien sûr, il était ravi qu'un autre mariage se profile à l'horizon, et il était vraiment heureux pour eux deux. Mais tout de même, il ne s'attendait pas à ce qu'ils se fiancent aussi vite. En seulement six semaines, ils étaient passés de célibataires à fiancés. Un peu court ! Mais, objectait-il, ils se connaissent depuis plus de deux ans, et ils s'aiment depuis toujours ! Ils étaient déjà en quelque sorte ensemble depuis l'affaire du ministère ; ce n'était tout simplement pas « officialisé » entre eux, c'est tout. Et puis après tout, qu'est-ce que ça pouvait lui faire, à lui ? C'était leur vie, et s'ils étaient heureux, tant mieux. Mais il ne pouvait pas s'empêcher de se sentire troublé par quelque chose d'autre, quelque chose qu'il ne parvenait même pas à s'avouer. Son débat intérieur sur Remus et Tonks n'était qu'un prétexte. Un moyen de ne pas penser à quelque chose d'autre, à la fois un poison et un élixir de vie. Plus dangereux et plus merveilleux qu'une pierre philosophale. Soudain, il entendit une succession de petits bruits connus, mais inhabituels à cette heure tardive. Un grincement de porte assourdit, des pas légers précipités dans le couloir puis dans l'escalier, un rai de lumière pâle qui passa brièvement sous la porte de sa chambre, et comme des sanglots étouffés, retenus. Ron fronça les sourcils et regarda son réveil. 2 heures du matin. « Qu'est-ce qu'elle fait debout à deux heures du matin ? » pensa-t-il. Il se leva en silence, enfila sa robe de chambre et descendit à son tour les escaliers. En arrivant près de la porte entrouverte du salon, il entendit de vrais sanglots qui confirmèrent ses soupçons.
-Hermione ? murmura-t-il en se glissant dans le salon.
Hermione, recroquevillée sur le canapé, les bras passés autour des genoux et pleurant toutes les larmes de son corps, sursauta et se releva en tremblant de tous ses membres.
-R-Ron ? Qu'est-ce que tu fais là ?
Ron s'approcha de la cheminée ou brûlait encore une bûche.
-Il me semblait bien t'avoir entendu pleurer, murmura-t-il.
Hermione lui tourna le dos pour se cacher dans l'ombre et s'efforça de se calmer, essuyant résolument les larmes sur ses joues.
-Oh, je... Je regrette de t'avoir réveiller, bredouilla-t-elle en tâchant de se reprendre.
-Je ne dormait pas, dit Ron.
Il la regarda.
-Qu'est-ce qu'il y a ?
Hermione se força à se retourner nerveusement, les yeux rouges.
-Oh, rien... C'est vraiment ridicule, ce n'est rien du tout... Absolument rien, en fait...
-C'est pourtant bien quelque chose, si ça te fait de la peine, objecta doucement Ron.
Il s'approcha d'elle et lui posa un main sur l'épaule.
-Hermione, qu'est-ce qui ne va pas ? insista-t-il gentiment.
-C'est tellement idiot... bredouilla Hermione, frissonnante. En fait, je... J'ai simplement fait un cauchemar... C'est absurde, n'est-ce pas ? Pleurer pour un cauchemar, marmonna-t-elle, irrité contre elle-même.
-Non, ce n'est pas absurde, répondit Ron. C'est humain. Tu as rêvé à des choses qui t'ont fait peur, ce n'est pas honteux, d'avoir peur. C'est normal. C'était quoi, ton cauchemar ?
Hermione se retourna à nouveau et se grignota un ongle, en silence.
-Ne m'en parle pas si tu ne veux pas, poursuivit Ron, mais je t'assure que ce n'est pas bon de tout garder pour soi. Ton cauchemar risque de revenir, à chaque fois, plus puissant, tu sais.
-De toute façon, il revient presque chaque nuit, maintenant, lâcha brusquement Hermione. Toutes les nuits ou presque, je les revoie...
-Quoi donc ?
-Les morts. Les inféri de l'orphelinat. Chaque nuit, je... Je rêve que je marche dans un couloir, et je suis entourée de toutes les personnes que j'aime. Et puis, soudain, il fait noir, et je suis toute seule ; je me retourne, je cherche, et je ne vois rien qu'une lumière bleue, au loin. Je m'approche, et là, il y a le corps mort d'un de mes proches qui tombe presque sur moi, depuis un pont au dessus de moi. En fait, je suis de nouveau dans la chambre au Horcruxe, mais avec les gens que j'aime comme inféri... je crie, je me débat, j'essaye de m'enfuir, mais je me cogne partout contre les corps des personnes que je connais... qui sont morts, mais qui veulent me tuer... Mes parents... Ta famille... Harry... Mes amies à Poudlard... Toi...
Hermione s'était mise à trembler.
-Hermione, commença Ron, mais avant qu'il ait pu dire quoique ce soit d'autre, Hermione avait fondu en larmes et pleurait contre son épaule.
-Hermione, voyons, murmura Ron, prit de court et désolé.
Il la berça doucement dans ces bras, murmurant « chhhhht » et lui caressant les cheveux, tandis qu'elle nouait ses bras autour de son cou, traumatisée par la vision de terreur qui s'imposait à son esprit chaque soir. Petit à petit, elle se calma, cessa de pleurer, puis de trembler, et s'écarta de lui, très doucement.
-Merci, murmura-t-elle, sans sourire.
-De rien.
Il lui glissa une mèche de cheveux derrière l'oreille.
-Tu sais, quand tu fais des cauchemars comme ça, toujours les même, il y a un moyen de s'en défaire : il suffit de les dessiner.
-Ah bon ? Comment-ça ?
-Et bien, le soir, avant de te coucher, tu dessines rapidement ce dont tu as eu peur dans la journée, ou bien le cauchemar que tu fais chaque nuit. Et une fois endormie, tu ne fais plus le moindre cauchemar.
-Vraiment ?
-Je t'assure.
Hermione eu un petit rire tremblant.
-Tu devrais aller te recoucher, sinon, c'est toi qui ne va pas dormir.
-Je t'ai dit que je ne dormais pas, de toute façon. Mais tu pourrais suivre toi-même ce conseil...
-Oh, je... Je n'ai pas très envie de retourner me coucher pour l'instant...
Ron eu un sourire compréhensif.
-On peut parler, si tu veux. Ou faire une partie d'échecs.
-Oh oui, c'est une bonne idée. Ça me forcera à me concentrer sur quelque chose. Ça ne t'embête pas ?
-Bien sûr que non ! Attends, tiens, mets ça, dit Ron en lui posant sa robe de chambre sur les épaules.
-Mais tu vas avoir froid !
-Mais non.
Il prit le plateau de jeu sur la table où Harry et lui l'avait laissé ce soir là.
Quelques instants plus tard, ils étaient assis chacun à un bout du canapé et envoyaient les pièces d'échecs d'un bout à l'autre du plateau, sur la petite table basse qu'ils avaient installée entre eux, devant le sofa. Ron s'arrangea pour faire un mach nul, puis un deuxième. Hermione eu un petit rire.
-Tu triches. Tu me laisses gagner.
-Moi ? Mais non. Tu veux boire quelque chose ? ajouta-t-il pour détourner la conversation.
Hermione lui adressa un sourire entendu.
-Oui, d'accord. Un thé, merci.
-C'est partit, dit Ron en se levant. Il disparu quelques instants dans la cuisine. Cinq minutes plus tard, il revenait avec deux tasses de thé en mains.
-Voilà, c'est pr...
Il s'arrêta net. Dans le canapé, Hermione dormait profondément. Ron eu un sourire attendrit ; il posa les deux tasses sur l'échiquier sans tenir compte des protestations des pièces et prit doucement Hermione dans ses bras, sa tête roulant sur son épaule sans qu'elle ne se réveille. Très doucement, Ron la porta dans sa chambre, la remit dans son lit et la couvrit bien soigneusement. Il se redressa et resta quelques instants à la regarder dormir. Elle avait de nouveau une mèche de cheveux qui lui chatouillait le visage. Il la chassa délicatement et en profita pour lui caresser la joue, avant de sortir. Mais sur le pas de la porte, il s'arrêta encore une fois, la main sur la poignée, jusqu'à ce qu'elle se retourne dans son sommeil, ne laissant plus voir qu'une profusion de mèches ébouriffées. Ron referma la porte en faisant bien attention de ne pas la claquer et retourna dans sa propre chambre.
Sitôt que sa porte de chambre fut refermée, Hermione ouvrit grands les yeux et fixa le mur sans le voir, le c½ur battant à tout rompre.

----------------------------

Le lendemain, lorsque Harry émergea de son sommeil, il ne parvint pas à lire l'heure sur le cadran de son réveil. Il tâtonna, attrapa ses lunettes et faillit tomber de son lit en déchiffrant l'heure : 10 h 21 ! Harry se leva d'un bond, s'habilla en un tour de main et sortit en trombe de sa chambre. Mais que ce passait-il donc pour que personne ne l'ait réveillé avant ? D'habitude, il entendait toujours la sonnerie de réveil de Ron, vers huit heure, et lui et Ron se levaient un peu après. Aujourd'hui, rien ! Harry se précipita dans le salon. Il n'y avait personne d'autre que Lupin qui lisait la Gazette du Sorcier dans son fauteuil habituel – le plus à droite de la cheminée.
-Ah, bonjour Harry, lui dit-il sans cesser de lire.
-Remus ? Où sont les autres ? Ils sont partit, ou quoi ? Je n'ai rien entendu !
-Les autres ? Oh, Tonks est partie travailler comme d'habitude, Rogue et Drago sont déjà remontés, et je crois que Ron et Hermione dorment toujours.
-Quoi ? Ils dorment toujours ? Mais...
-Ah, tiens, quand on parle du loup, dit Lupin en souriant à l'adresse d'Hermione qui venait d'entrer dans la pièce, en pyjama et robe de chambre, toute ensommeillée.
-Salut Harry, bonjour Remus, marmonna-t-elle en se laissant tomber sur une chaise de la table, attrapant une pile de toasts et se versant un bol de café chaud.
-Ben... Comment ça ce fait que tu te lèves si tard, Hermione ? D'habitude, tu est toujours debout à sept heures !
-J'ai pas très bien dormit, répondit-elle vaguement en secouant les bras pour faire sortir ses mains de sa robe de chambre qui paraissait beaucoup trop grande pour elle.
Harry fronça les sourcils.
-Mais... Ce ne serait pas la robe de chambre de R...
-Salut ! Bien dormit ? Lança Ron en arrivant à son tour.
Il s'assit à coté d'Hermione, l'air au moins aussi ensuqué qu'elle ; Il ne portait pas de robe de chambre, ce qui était inhabituel pour lui.
Harry et Lupin échangèrent un regard, Harry un peu dérouté et Remus retenant un sourire. Mais Harry décida qu'il n'avait pas le temps de chercher des réponses à cette énigme.
-Euh... Il faut que je vous parle ; j'ai pas mal réfléchi, cette nuit, et j'ai peut-être une idée pour... Trouver ce qu'on cherche.
-Ah oui, dit Hermione, soudain plus réveillée, Quoi donc ?
Harry jeta un rapide coup d'½il à Lupin et toussota rapidement.
-On arrive, répondit Ron avec détachement.
Dix minutes plus tard, ils étaient tous les trois assis sur le lit de Harry, la porte de sa chambre soigneusement fermée et impassibilisée.
-Ecoutez, j'ai pensé à un truc : Nous cherchons une maison que Voldemort –Ron, ça suffit – pourrait considérer comme sa maison. Or, ce que nous savons de cet homme – si on peut appeler ça un homme – c'est qu'il a travaillé chez Barjow & Beurk. Vous vous souvenez, on en avait parlé, l'été dernier.
-Ah, oui, se rappela Ron. Le seul problème, c'est que nous ne pouvons pas y aller...
-Attends, laisse moi finir. Barjow, comme tout employeur, a dut lui demander une adresse. Ce n'est pas absolument sûr, étant donné le milieu, mais c'est probable. En tout cas, Barjow doit se souvenir de ce garçon d'un tel calibre qu'était Tom Jedusort Junior. Il doit bien avoir des détails, des souvenirs, de lui. A mon avis, il pourrait nous mettre sur une piste, vous ne croyez pas ?
-C'est une bonne idée, Harry, mais... commença Hermione, septique.
-Harry, comment vas-tu aller poser des questions à Barjow ? C'est impossible ! A moins de demander à Tonks...
-Non. Il faut que quelqu'un y aille, mais quelqu'un que Barjow connaît et a qui il est prêt à obéir sans discuter. Quelqu'un comme...
-Malfoy ! Terminèrent Ron et Hermione en c½ur.
-Super, Harry ! s'exclama Ron, enthousiaste.
-Mmm... oui... Pourquoi pas... Mais il faudrait admettre qu'il veuille bien nous aider... Et puis, imagine qu'un autre Mangemort soit en contact avec Barjow, et que celui-ci lui dise qu'il a vu Malfoy et qu'il lui a posé des questions sur l'adresse de Tom Jedusort... Voldemort risque d'avoir des échos de cette histoire et de se méfier, vous ne croyez pas ?
-C'est un risque à prendre, concéda Harry, mais de toute façon, nous sommes au point mort, maintenant. Nous n'avons pas le choix. Et puis, il est permit d'espérer que Barjow, trouillard et servile comme il est, jugera bon de se taire, du moins dans un premier temps. A mon avis, les Mangemorts doivent éviter de crier sur tous les toits qu'il y a un traître dans leurs rangs.
-Je suis d'accord avec Harry, Barjow n'est pas un Mangemort et il ignore leurs secrets. Il faut tenter le coup.
-Bon... D'accord. Habillons-nous et allons voir Malfoy, trancha Hermione.

Quelques instants plus tard, ils étaient tous les trois dans la partie de la maison qu'ils connaissaient et aimaient le moins, devant la porte de la chambre de Malfoy. Ils échangèrent un regard tendu et Ron toqua.
-Oui ? répondit la voix de Malfoy.
Ron ouvrit la porte ; aucun d'entre eux ne rentra dans la pièce. Malfoy fronça les sourcils et se leva.
-Quoi ? Grinça-t-il de mauvaise grâce.
-Il faut qu'on te parle, répondit Ron avec autant d'animosité.
-On a du boulot pour toi, renchérit Harry.
-Du boulot ? Comment ça ? dit Malfoy, plus méfiant que jamais.
-Viens, ne restons pas là. Les murs ont des oreilles, dit Ron.
Malfoy les suivit jusqu'à la chambre de Harry ; Ron, Hermione et lui expliquèrent en quelques mots ce qu'ils attendaient de lui.
-Attendez... Vous voulez que j'aille me montrer tranquillement chez Barjow et Beurk, juste pour demander l'adresse de... Qui, déjà ? Tom Jus d'essor ?
-Tom Jedusort. Et, oui, c'est ce que nous voulons. Ne t'inquiète pas pour le voyage, personne ne te verras. Et une fois dans la boutique, tu n'auras qu'à faire semblant de t'intéresser à l'un de ses bibelots, pour pouvoir embrayer sur lui avec discrétion, dit Harry.
Malfoy le regarda d'un air soupçonneux.
-Pourquoi tu veux savoir ça ? C'est qui, ce Jedusort ? Pourquoi tu t'intéresse tant à lui ?
-Ça ne te regarde pas. Maintenant, tu me dis si tu es d'accord pour prendre un peu l'air pour la première fois depuis presque un mois où si tu veux t'y retrouver pour de bon, lança sèchement Harry.
-Si je comprends bien, j'ai pas le choix ?... C'est sympathique, comme méthode de recrutement, dites donc !
-Tu es bien placé pour parler de recrutement et de liberté de choisir, que je saches ! gronda Harry en commençant à s'énerver sérieusement.
-Ah, ouais ? Tu veux que je te dise un truc, Potter, je...
-Stop, dit fermement Hermione. Ne commencez pas. Malfoy, je me permet de te dire que tu n'as rien à craindre, puisque tu vas de toute façon te retrouver ici, sans que qui que ce soit ne puisse savoir le savoir et encore moins venir.
Malfoy la regarda avec colère.
-Bon, Ok, je vais le faire ! C'est pour quand, cette petite excursion ?
-Pour maintenant, si tu es décidé. Si tout ce passe bien, nous serons de retour pour le déjeuner, et tout le monde sera content.
-Si tout ce passe bien ? répéta Malfoy avec inquiétude.
Personne ne répondit. Hermione se contenta de prendre un sac d'école dans lequel elle mit un bloc note et une plume ainsi qu'une carte d'Angleterre, Ron partit prendre ses oreilles à rallonge et Harry attrapa sa cape d'invisibilité.

Il était midi. Harry, Ron et Hermione étaient tout les trois devant la porte de la boutique Barjow & Beurk, dissimulés sous la cape d'invisibilité. A l'intérieur du magasin, Malfoy discutait du prix d'une tête de mort aux propriétés étonnantes – la tête se mettait à siffler dés qu'une personne d'origine moldu se tenait dans les environs. Avec son arrogance et son méprit habituel, Malfoy n'avait pas eu de mal à faire dire à Barjow tout ce qu'il savait sur Tom Jedusort ; enfin, après de longues palabres, Malfoy ressortit de la boutique et s'éloigna. Dés qu'il eu disparut du champ de vision de la vitrine sombre et poussiéreuse, il s'arrêta, tourna sur lui même pour chercher ses trois « ennemis » et disparut brusquement sous la cape d'invisibilité. Un sifflement strident retentit aussitôt.
-Ça marche, tout compte fait, lâcha négligemment Malfoy en observant le crâne qui brillait en sifflant.
Avec un regard glacial, Ron donna un coup de baguette sur la tête de mort et la réduisit en cendre.
-Eh ! ça m'a coûté 26 galions ! protesta Malfoy, outré.
-Recommence un coup pareil, Malfoy, et c'est ta tête à toi que je fais cramer, grinça Ron d'un air tellement menaçant que Malfoy jugea préférable de ne pas insister.
-Laisse, Ron, je sais de qui ça viens, dit Hermione avec un grand calme. Venez, ne restons pas dans le coin.
-On a tout de même bien avancé, assura Harry. Maintenant, on sait pourquoi nous n'arrivions pas à trouver le village de Little Hangleton : Il a été renommé il y a vingt ans ; c'est resté le Lieu-dit de Little Hangleton, mais le village à été rattaché à la petite ville voisine de Crichercs. Ce qui explique que toutes nos recherches aient foirées.
-Mais pourquoi vous cherchez cet endroit ? C'était qui, ce type ? Jedusort ? demanda encore une fois Malfoy.
-Tu as entendu : c'était un employé de Barjow, il y a 45 ans.
-Ne me prends pas pour un imbécile, Potter ! C'était forcément bien plus qu'un employé dans une boutique de magie noire ! Je ne suis pas complètement idiot !
-Ah bon ? Quelle nouvelle ! Ricana Ron.
Malfoy se retourna pour le frapper, mais Harry l'attrapa par la manche de sa robe.
-Silence ! Nous arrivons sur le chemin de Traverse !
Sans cesser de se jeter des regards assassins, Ron et Malfoy passèrent la porte magique qui délimitait l'entrée du Chemin, puis, s'efforçant de rester groupés sous la cape, Harry, Ron et Hermione transplannèrent en emmenant Malfoy – les yeux bandés – avec eux.
Sitôt arrivés au 12, Malfoy décampa dans sa chambre – sans oublier de jeter un regard mauvais à Ron – et Harry, Ron et Hermione se précipitèrent dans celle de Harry, décidés à éplucher les index des villes pour retrouver Crichercs. Une heure plus tard, ils descendirent manger en vitesse, puis se remirent à leurs recherches ; Vers 15 h, cependant, ils furent interrompus par Mme Weasley.
-Maman ? Qu'est-ce que tu fais là ? Il y a un problème à la maison ? demanda précipitamment Ron en s'approchant de sa mère, après que Harry et lui aient fait taire le portrait de Mme Black.
-Bonjour, mes chéris. Ne t'inquiètes pas, Ron, tout le monde va bien. Non, je viens simplement donner un dossier à Remus. Et pour vous, tout va bien ?
-Oh, oui, nous avons bien avancés, aujourd'hui, s'exclama Ron avec enthousiasme. Nous sommes sur la piste de Crichercs et...
Il s'aperçu brusquement qu'il venait de gaffer et se mit à bredouiller, gêné, avant qu'Hermione ne sauve la situation en proposant un thé à Mme Weasley.
-Mmm... Non, merci, Hermione, c'est gentil mais je n'ai pas le temps, marmonna Mme Weasley en regardant son fils d'un air inquisiteur.
-Bon, et bien, bonne journée, Mme Weasley, dit rapidement Harry, filant vers le salon.
Ron et Hermione lui emboîtèrent le pas et disparurent.
-Franchement, Ron ! gronda la jeune fille. Tu ne pouvais pas tenir ta langue, non ? Tu es pire qu'un gosse !
-Oh, ça va, râla Ron, ça arrive à tout le monde de faire une bourde !
-Bon, allons, remettons nous au travail, coupa Harry.
Durant toute la fin de la journée, puis tout le lendemain et le matin du sur-lendemain, ils continuèrent à chercher en vain. Mais dans le milieu de l'après-midi, Hermione poussa un cri de triomphe.
-Là ! Là ! Crichercs ! Je l'ai trouvé ! C'est là !
-Où ça ?
-Fais voir !
Ron et Harry se précipitèrent vers leur amie et regardèrent le petit point qu'elle désignait du doigt. On pouvait distinctement lire « Crichercs ».
-Formidable, Hermione !
Il y eu un instant de silence. Ron, Harry et Hermione échangèrent un regard. Maintenant que la première excitation d'avoir enfin trouvé ce qu'ils cherchaient depuis le 16 novembre était passée, ils savaient ce qui les attendaient. Et leur satisfaction était nettement retombée.
-Bon, ben... Dit Ron, brisant le silence.
-Oui, dit Hermione.
-On... Euh... On y va ? dit Harry, incertain. Sauf si vous ne voulez pas venir, ce que je comprendrais très bien...
-Ne dis pas de bêtises ! protesta Hermione, Bien sûr, que nous venons ! Tu vas nous faire le coup à chaque fois ?
-Oui, sans doute. Rien ne vous force à venir, je tiens à ce que vous aillez le choix.
-Et bien tu perdras ton temps et ta salive à chaque fois, alors, assura Ron, parce que nous n'avons pas l'intention de te tourner le dos pour les seuls moments où on peut s'amuser un peu.
Il eu un sourire tranquille.
-Alors, on décolle, oui ?
-Ok, décréta Harry. Alors, allons prendre nos affaires – capes, écharpes et gants – je préviens Lupin et on part dans la foulée.
-Lupin ? Pourquoi tu veux le prévenir ?
-Pour qu'il sache que nous sommes partis ; il n'a pas besoin de s'inquiéter, et de plus, il vaut mieux qu'il soit au courant qu'il n'y a plus que lui pour surveiller Rogue.
-Où allez vous ? Demanda brusquement une voix bien connue.
Ils se retournèrent tous les trois.
-Ben voyons, je vais te le dire, puisque ça te regarde, Malfoy, lança Harry d'un ton railleur.
Malfoy le regarda avec hargne.
-De toute façon, ce n'est pas dur à comprendre, vous voulez aller à cet endroit, Little Hangleton/Crichercs, n'est-ce pas ? Pour retrouver ce Jedusort.
-Tu penses bien que, si c'était vrai, nous ne te le dirions pas, Malfoy, ricana Ron, rentrant dans le jeu.
-Bon, allez, allons-y, décida Hermione.
Elle se leva, passa devant Malfoy sans lui adresser un seul regard et monta les escaliers. Harry et Ron firent de même. Une dizaine de minutes plus tard, Malfoy avait réintégré sa chambre, Remus avait quitté la sienne pour tenter une dernière fois de leur faire dire où ils allaient afin de pouvoir les aider et ils avaient une dernière fois répondu que c'était confidentiel. Ils s'emmitouflèrent dans leurs capes et écharpes et sortirent. Une fois dehors, ils vérifièrent qu'il n'y avait personne dans la rue et – CRAC – ils transplannèrent.
Cette fois, ils arrivèrent dans une vallée, de l'autre coté du village. Harry eu un sourire. Sur la gauche, il avait reconnu le chemin qui menait à la masure des Gaunt.
-Eh ! Ce ne serait pas... Commença Ron au même moment.
-Si, c'est par là qu'on va à la maison des Gaunt. La maison des Jedusort doit être de l'autre coté de la colline, venez.
Ils partirent d'un bon pas. Il faisait encore grand jour et malgré le vent froid, la promenade n'aurait pas été désagréable s'ils n'avaient pas pertinemment su ce qui les attendaient à l'autre bout. Au bout d'un bon quart d'heure de marche, ils arrivèrent près de l'imposante battisse, sombre et délabrée, qui avait été celle du père de Voldemort.
Harry frissonna lorsque son regard accrocha l'entrée du cimetière, un peu à l'écart, sur la gauche. Ni Ron ni Hermione ne firent de commentaire en surprenant ce regard. Soudain, alors qu'ils s'apprêtaient à repartir, il y eu un grand bruit derrière eux.
- CRAC -
Harry se retourna quasi-instantanément, tendu, prêt à l'attaque, mais il se retrouva face à l'une des personnes qu'il s'attendait le moins à voir et à attaquer.
-Ginny ?! Mais qu'est-ce que tu fais là ?
-Ginny ! S'écrièrent en c½ur Ron et Hermione.
Ils s'approchèrent tous les trois. Harry reconnu le Vif d'Or/pendentif du collier qu'il lui avait offert à Noël.
-Bonjour ! s'écria-t-elle d'un ton joyeux. Je suis contente de vous trouver, nous avions peur que vous ne soyez déjà à la maison des Jedusort.
-Nous ? releva Ron
Deux autres craquements retentirent et Luna et Neville arrivèrent successivement.
-Salut, Harry ! Bonjour, Hermione ! Lança Neville avec un grand sourire.
-Hello, Ronald, ajouta Luna avec un vague sourire éthéré.
-Mais... Mais... Bredouilla Harry, complètement ahurit, qu'est-ce que vous faites tous là ?...
-Et bien, dit très posément Ginny, nous sommes venus vous accompagner à la maison de Voldemort, quel que soit votre but.
-QUOI ? Vous êtes cinglés ! Il n'en est pas question ! Et d'abord, comment saviez vous où nous allions et que la maison des Jedusort était là ?
-Oh, c'est très simple, maman m'a envoyé Errol, hier, mais il n'est arrivé qu'il y a une heure à Poudlard, expliqua Ginny. Elle me racontait ce qui ce passait à la maison et m'a dit que vous cherchiez « Crichercs », sans qu'elle sache pourquoi et ce que c'était.
Harry et Hermione se tournèrent vers Ron dont les oreilles virèrent au rouge vif.
-J'en ai vaguement parlé à Neville, qui m'a dit qu'il savait où était Crichercs, continua Ginny.
-Mon Oncle Algie avait un ami qui y habitait, dit Neville.
-...Et donc, nous avons décidé de vous le dire. Mais par hiboux, ce n'était pas très prudent, alors nous sommes sortis du parc grâce au passage secret de la Sorcière Borgne – Nous avons rencontré Luna sur la route – et nous avons transplanné jusqu'au 12. Nous sommes rentrés – Lupin nous a ouvert et nous a dit que vous étiez partit. Il a dut remonter pour prendre une communication par cheminée – heureusement, sinon, nous en avions pour une heure de sermons pour avoir quitté Poudlard et pour avoir transplanné sans permis dans mon cas et celui de Luna - et là, nous avons rencontré Malfoy qui avait l'air de très mauvaise humeur et nous a dit que vous étiez partis à la recherche d'un dénommé Tom Jedusort, à Little Hangleton/Crichercs. J'ai tout de suite compris qui était le Tom en question et nous nous sommes précipités pour vous rejoindre, voilà.
-Et maintenant, vous n'avez plus qu'à faire demi-tour, retourner au 12, subir l'heure de sermons de Lupin et rentrer avec lui à Poudlard, parce qu'il n'est pas question que vous veniez, gronda sèchement Harry. C'est beaucoup trop dangereux, vous êtes complètement hors du coup et nous avons déjà suffisamment perdu de temps comme ça ! Vous allez avoir des ennuis épouvantables, inutile d'en rajouter !
-Non. Nous venons avec vous.
-Ginny, gronda Ron, agacé, ne commence pas ! Maman serait folle de rage et d'inquiétude ! C'est dangereux !
-Je le sais bien, que c'est dangereux, figures toi ! Et justement, plus on sera nombreux, moins ça le sera ! Vous êtes fous de vouloir combattre Tu-Sais-Qui à vous tout seul ! C'est vous qui devriez faire demi-tour ! Pourquoi ne pas prévenir tout l'Ordre ?
-Parce qu'on ne va pas combattre Tu-Sais-Qui, aboya Ron, on va faire quelque chose de confidentiel, et maintenant, va-t'en ! Toi et Luna, vous n'êtes même pas majeures !
-Moi, si, dit Luna d'un ton vaporeux, j'ai eu mes 17 ans hier, le 4 mars.
-Ah... Euh... Peu importe, tu ne viens quand même pas ! Et Ginny, toi, tu as ton anniversaire le 15 août, alors jusque là, c'est moi qui commande ! Compris ?
-Tu n'as aucun droit de me commander ! Tu n'es pas mon tuteur !
-Mais je peux aller chercher Papa et Maman dans deux minutes, si je veux, et ils te passerons un savon dont tu te souviendra !
-Aller, ça devient ridicule, s'énerva Hermione, Neville, Luna, Ginny, soyez sympas et rentrez à Poudlard !
-Non, dit Neville. Moi et Luna, nous pouvons faire ce qui nous plais. Nous vous accompagnons.
-Et moi aussi ! gronda Ginny.
-Ecoutez moi bien, dit Harry d'un ton menaçant. C'est déjà suffisamment difficile de savoir que je mène peut-être mes deux meilleurs amis à la mort, alors ne venez pas vous rajouter sur la liste, Ok ? Je ne veux pas que vous veniez, parce que je ne veux pas qu'il vous arrive quelque chose. Nous sommes déjà tous assez en danger comme cela ! Je tiens à vous, je veux que vous restiez en vie, dit-il en regardant tout particulièrement Ginny.
-Tu as bien accepté que Ron et Hermione viennent, objecta-t-elle.
-Parce qu'il ne m'ont pas laissé le choix ! Je ne voulais pas d'avantage qu'ils risque la mort par ma faute, mais ils ne m'ont pas donné la possibilité de choisir !
-Alors, admet que nous non-plus, nous ne te laissons pas cette possibilité. Vous comptez autant pour nous que nous comptons pour vous, et nous n'avons pas d'avantage envie de vous voir mourir que vous de nous voir en danger. Nous venons.
-Ginny, pour la dernière fois, tu n'es pas majeur ! Ron et Hermione l'étaient, eux, quand ils m'ont dit qu'ils venaient avec moi. Toi, tu es encore trop jeune.
-Et toi ! Cria Ginny, les larmes aux yeux, tu crois que tu es assez âgé pour risquer la mort à tout bout de champ ? Vous aussi, vous êtes trop jeunes ! Et le frère des jumelles Montgomery était aussi trop jeune pour mourir sous les crocs de Greyback ! Et nous étions tous trop jeunes pour aller au ministère il y a presque deux ans ! Mais nous, nous sommes toujours là, alors laissez nous vous accompagner ! S'il vous plais ! Nous en connaissons autant que vous, maintenant ! Certes, nous n'avons pas fait une année normale, certes, Luna et moi, nous n'avons réellement fait que la moitié d'une sixième année d'étude, certes, Neville n'a pas prit toutes les matières que vous en dernière année d'ASPIC, mais nous avons montrés que nous étions capable de tenir un combat ! L'an dernier aussi, nous avons mit des Mangemorts en déroute !
Harry resta quelques instants silencieux. Il croisa le regard de Ron. Pour Neville et Luna, ils ne pouvaient pas faire grand chose puisqu'ils étaient majeurs, mais pour Ginny, c'était autre chose. Ron regarda sa petite s½ur.
-Ron... murmura-t-elle, arrête de me materner, je suis grande, j'arriverais à me débrouiller... J'ai besoin de toi, de même que de tous mes autres grands frères, pour m'épauler et me soutenir, pas pour m'étouffer et me diriger...
-Bon... Promet moi que quoi qu'il arrive, si je te demande de fuir, tu le feras. D'accord ? capitula Ron, un peu à contre c½ur.
-C'est promis, assura-t-elle en retrouvant le sourire.
-Quoi ? protesta Harry. Non ! Je ne...
-Harry, il arrivera bien un jour où je serais majeure et où je me retrouverais dans combat ! tu ne pourras pas toujours l'empêcher ! Autant être prêt ! argumenta Ginny, le regard flamboyant.
Harry les regarda tous avec colère. Normalement, si tout c'était passé comme il voulait, il aurait été seul. Pourquoi tenaient-ils tous tellement à se faire tuer ? Et soudain, il réalisa qu'eux aussi avaient été touchés par cette guerre. Neville avait en quelque sorte perdu ses parents, Ginny avait vu son frère aîné se faire attaquer sauvagement, Luna était comme n'importe quel jeune, en train de se débattre dans un monde absurde et horrible dont elle voulait aussi sortir... Il n'était pas le seul à avoir des comptes à régler avec Voldemort.
-D'accord, céda-t-il, vous pouvez venir. Mais attention, si on vous dit de décamper, pas de discutions, Ok ?
-Ok, dirent-ils en c½ur.
-Bon. Alors, autant vous mettre au courant. Nous sommes à la recherche d'une broche en forme d'aigle bleue et argent.
-La broche de mon ancêtre ? demanda Luna.
-Oui. Cette broche est certainement très protégée, et cela va être très risqué de la reprendre. Elle est devenue très dangereuse, mais il est capital dans la lutte contre Voldemort que nous l'ayons, entendu ?
-Oui, dirent-ils encore.
-Bien. Assez perdu de temps, maintenant.
Le visage grave, Harry se retourna vers la vielle maison d'aspect sordide et monta les marches de l'escalier de pierres.

# Posté le jeudi 28 décembre 2006 18:50

Fan Fiction - Volume 7 - Le Triomphe du Coeur - Chapitre 17 .

Fan Fiction - Volume 7 - Le Triomphe du Coeur - Chapitre 17 .
Chapitre 17 - Le retour de Fumseck

Les six jeunes gens se regroupèrent devant la porte.
-Vous êtes prêts ? murmura Harry
Ils hochèrent tous les cinq la tête, nerveux. Harry prit une grande inspiration et abaissa la poignée. Rien. Harry trouva cela assez logique, quoiqu'il eu un instant de surprise. A quoi s'attendaient-ils ? A ce qu'une avalanche de Mangemorts leur tombe dessus ? En tout cas, la maison paraissait tout ce qu'il y avait de plus calme et de plus lugubre. Poussiéreuse, sentant le renfermé et le moisi, très sombre, mais tranquille. Lentement, précautionneusement, leurs baguettes brandies, ils avancèrent dans le hall d'entrée, sans qu'il ne se passe rien.
-Bon... Ou va-t-on ? demanda Ginny à mi-voix.
-Il va falloir visiter toute la maison, répondit Harry sur le même ton.
-Tu crois qu'elle est cachée comme l'autre ? Demanda Ron.
-Ce serait surprenant, répondit Hermione. Comme personne n'est sensé venir dans cette baraque, il ne doit pas y avoir de cachette à prévoir. La broche doit-être quelque part par là, dans une pièce.
-Venez, murmura Harry, montons dans les étages. Il me semble que c'était là qu'était Voldemort, la première fois que je l'ai vu en rêve.
Ils gravirent donc les escaliers du couloir, atteignant une porte. Harry tourna doucement la poignée, puis ouvrit la porte brusquement, la baguette pointé devant lui. Il regarda derrière la porte, vérifiant qu'il n'y ai pas un quelconque piège, puis fit signe à ses amis de venir. Sitôt qu'ils furent tous passés, la porte se referma et toute le corridor dans lequel ils se trouvaient se mit à bouger, à tournoyer ; eux même ne bougèrent pas, mais lorsque le phénomène cessa, la porte qu'ils venaient de franchir se tenait désormais à leur gauche.
-Qu'est-ce qui ce passe ? Demanda Neville avec inquiétude. Je croyais que la porte était derrière nous...
-Elle y est toujours, assura Hermione. Je crois savoir ce qui ce passe. Nous sommes en présence d'une forme-pensée. C'est à dire un sortilège qui brouille l'aspect des choses avoisinantes : La porte est toujours derrière nous, mais la forme-pensée nous fait croire qu'elle est sur notre gauche...
-Ce qui signifie que si nous allons dans ce qui paraît être droit devant nous, nous allons peut-être tomber sur une fenêtre ou un placard à balai ? s'inquiéta Ginny.
-C'est possible. En général, les formes-pensées sont fugitives, on peut les contrer grâce à sa mémoire, mais il est possible qu'elle ai été doublée d'une métamorphose généralisée... en d'autres termes, que ce soit réellement les murs de la maison qui bougent.
-Attends... Je ne comprends rien, protesta Ron. Finalement, ce sont les murs qui bougent ou c'est une illusion d'optique ?
-Les murs bougent, mais les choses qui sont dessus – meubles, tableaux, portes...– restent en place. La forme-pensée nous fait croire qu'ils n'y sont plus.
-Holà ! On va s'amuser pour sortir ! murmura Neville, préoccupé.
-Qui te parle de sortir ? dirent Ginny et Harry en c½ur.
Il y eu un instant de silence tendu durant lequel leurs regards se croisèrent.
-Venez, dit Ron à demi-voix, continuons.
Ils avancèrent, redoublant de prudence et s'efforçant de mémoriser tout ce qu'ils voyaient autour d'eux. Mais brusquement, alors qu'ils venaient de passer dans un autre couloir, le sol se mit à trembler sous leurs pieds, et cette fois, ce ne fut pas une illusion d'optique. Le long couloir derrière eux se ferma brusquement par l'arrivée d'un pan de mur qui n'y était pas un instant auparavant, tandis qu'une tapisserie se décrochait soudainement en s'enroulant autour de Harry à la manière d'un Moremplis empaillé. Les trois jeunes filles se mirent à crier, tandis que Ron se précipitait sur le tapis et s'efforçait de le faire lâcher prise. Harry tomba à la renverse. Il était complètement saucissonné dans la tenture, sans possibilité de prononcer le moindre mot. A moitié étouffé, il concentra toutes ses forces mentales et hurla intérieurement « Lashlabask ». Le tapis se desserra, Harry parvint à se dégager et Neville et Luna réduisirent la tenture en cendres. Harry se redressa, en sueur, encore sous le choc de la surprise.
-La maison est vivante ! S'étrangla Ginny, un peu affolée. Elle bouge, tout bouge, pas seulement les murs ! Les meubles peuvent nous attaquer, tout est vivant !
-Du calme ! Pas de panique, sinon nous sommes fichus ordonna fermement Hermione. Restons bien groupés, et tout ira bien.
-Hermione a raison, assura Harry, il ne faut pas s'éparpiller.
Comme pour confirmer leurs paroles, une armure qui se trouvait derrière eux et qu'ils n'avaient pas remarqués attrapa sournoisement Luna et la ceintura. Luna se mit à hurler et à se débattre de toutes ses forces tandis que Neville et Hermione se précipitait pour essayer de sortir la de son étau, sans succès : l'armure continuait de la serrer de plus en plus fort, l'étouffant comme un filet du diable.
-VIEUMACHIN ! S'écrièrent Ron et Harry en c½ur.
Sous l'effet des deux sortilèges combinés, l'armure se recouvrit presque instantanément de rouille et se mit à grincer lamentablement. Complètement usée, elle perdit toute sa force et Neville, Ginny et Hermione eurent tôt fait de la disloquer, libérant Luna qui s'effondra au sol.
-Ça va ? S'inquiéta Ginny en se penchant sur elle.
-Oui, haleta Luna, ça va mieux, maintenant. Merci, ajouta-t-elle en se relevant péniblement.
Ginny s'apprêtait à répondre mais elle n'en eu pas le temps.
-ATTENTION ! Hurla Harry.
Ginny poussa un petit cri d'effroi et s'écarta juste à temps pour éviter le lustre qui se balançait au bout de sa chaîne rallongée par magie en tentant d'atteindre quelqu'un au hasard, tel un punching-ball géant.
-Regardez ! s'écria Luna.
Tout le monde regarda dans la direction qu'elle pointait du doigt : les murs avaient encore changés de place, ouvrant une brèche qui menait directement à une pièce que Harry reconnu presque aussitôt. C'était la pièce qu'il avait déjà vu en rêve, l'endroit où Voldemort avait tué Franck Bryce, le vieux gardien de la maison, et là aussi, sans doute qu'il avait crée son dernier Horcruxe.
-Venez, vite, la broche est sûrement là-bas ! cria-t-il en s'engouffrant tête baissée dans l'ouverture.
Neville, Ginny et Luna le suivirent également mais lorsque Ron et Hermione se précipitèrent à leur suite, la maison se remit à trépider comme s'il y avait un tremblement de terre et l'ouverture se referma.
-RON ! HERMIONE ! Rugit Harry en essayant de faire demi-tour, mais il était déjà trop tard. Avant qu'il n'ait eu le temps de s'approcher du mur, les couloirs et les pièces du manoir s'étaient à nouveau mélangées, comme un paquet de cartes.

Harry resta un instant pétrifié devant le pan de mur qui venait d'arrêter de bouger. Telle était donc la stratégie de Voldemort, songea-t-il au fond de lui-même. Il agissait toujours comme au temps où il était à l'orphelinat moldu : séparer les enfants les uns des autres, les terrifier l'un après l'autre pour mieux pouvoir les diriger... Diviser pour régner, le vieux dicton des tyrans méphistophéliques... Harry se retourna vers ses trois autres amis, horrifiés eux aussi.
-Harry, gémit Ginny, comment on va faire pour les retrouver ?
-Je ne sais pas, dit Harry, mais on les retrouvera. Je te jure qu'on les retrouvera !
Il devait faire de gros efforts pour maîtriser les frémissements de rage et de désespoir qui l'agitaient et faisait trembler sa voix. Pour la première fois depuis qu'il avait passé la porte mouvante, il regarda autour de lui. Ils étaient à un bout d'une très grande pièce, richement décorée, avec une multitude de portraits d'hommes et de femmes à l'air sévères, habillés comme au 18ème siècle. Il ne faisait aucun doute que les personnes qui avaient habitées cette maison étaient particulièrement fortunées. Les métamorphoses successives de la maison avaient obstrué toutes les sorties de la pièce. En face d'eux ou presque, il y avait une haute cheminée avec deux fauteuils sombres à l'air ancestraux. Ils n'avaient certainement pas besoin d'un sortilège de vieillissement pour être au bout du rouleau, pensa Harry. Au dessus de la cheminée, on voyait une collection d'armes à feu particulièrement magnifiques, depuis le fusil à baïonnette au pistolet d'abordage du pirate Barbe-Noire. Et, au centre de la pièce, sur une petite colonne de marbre, il y avait un coussin de velours pourpre sur lequel était posé, comme pour une exposition de bijoux royaux... la broche de Rowena Serdaigle.
-Harry, ânonna Ginny, stupéfaite, mais... C'est... C'est ça qu'on cherche ?
Sans attendre de réponse, elle tendit s'avança vers la colonne et tendis la main.
- NON ! N'y touche pas !
Ginny suspendit son geste.
-Qu'est-ce qu'il y a ?
-On va le voir très vite, répondit Harry.
Il ramassa au hasard un cendrier sur un meuble et le lança droit sur la broche.
TZZZAAC – BANG !
Le cendrier explosa comme s'il avait lancé sur une ligne à haute tension.
Ginny et Luna étouffèrent un cri.
-Bon sang ! C'est la ligne infranchissable du Tournois des trois sorciers de Dumbledore, sauf que ceux qui essayent de passer sans permission explose en mille morceaux, bredouilla Neville, effrayé.
Il recula, se plaqua contre un mur et...
CLAC ! Un gros buffet se referma sur lui.
-NEVILLE ! hurlèrent-ils en c½ur.
Le buffet se mit à ruer comme un cheval, restant obstinément clos, Neville hurlant à l'intérieur. Harry tenta d'immobiliser le coffre, mais cela n'eut d'autre résulta que de le faire s'échapper vers le centre de la pièce, percutant de plein fouet le cercle dangereux. Il y eu un nouveau hurlement perçant de Harry, Ginny et Luna qui crurent que Neville allait finir comme le cendrier, mais cela eu l'effet inverse : le buffet ensorcelé et le cercle magique s'absorbèrent l'un l'autre, leurs pouvoirs s'annihilant au contact l'un de l'autre. Neville ressortit précipitamment du meuble et Luna tenta d'attraper la broche, mais la pièce n'avait pas finie de se rebeller. Deux hallebardes, entrecroisées près d'une tapisserie, commencèrent à poursuivre les quatre jeunes gens, visiblement décidés à les envoyer chez l'ancêtre de Sturgis au club des chasseurs sans tête. D'extrême justesse, Luna parvint à éviter une lame, attrapa l'autre bout et réussit à maîtriser à peu près la lance, puis, avec beaucoup de sang froid, elle frappa directement l'autre hast avec la première, les stoppant net.
-Oh, bravo, Luna, cria Ginny en se relevant précautionneusement.
Une torche enflammée se décrocha brutalement et tomba au sol. Neville, qui était juste à coté, poussa un cri de frayeur, se prit les pieds dans sa robe et tomba sur les armes à feu.
PAN !
Il y eut un triple cri. Le pistolet de pirate était chargé.
Harry sentit une douleur foudroyante au ventre.
Le souffle coupé, il tituba, recula, puis s'effondra dans le coin de la pièce. Machinalement, il porta la main à son flan droit et regarda sa main pleine de sang.
-HARRY ! NOOOONNN !
Ginny se précipita vers lui, en larmes. Harry se força à la regarder ; il voyait flou. A tâtons, il effleura sa blessure et sentit un trou dans son pull. La balle l'avait traversé de part en part.
-Harry ! Répond-moi ! Harry ! Sanglota Ginny.
-Harry... Oh, Harry, je suis désolé, bredouilla Neville, paniqué.
Luna s'approcha, attrapa le foulard qu'elle avait autour du cou et l'enroula sur la blessure, arrêtant l'hémorragie.
-Ne vous inquiétez pas, dit-elle de sa voix sereine, je crois que c'est superficiel. La balle est ressortit. Là... Voilà, ça ne saigne plus.
-Merci, marmonna Harry, très pale. Luna... La broche... il faut prendre la broche...
-On se fiche de cette broche ! protesta Ginny, en s'efforçant de ne pas pleurer. L'important, c'est toi ! Il faut sortir d'ici, tout de suite ! Il faut t'emmener à St-Mangouste immédiatement !
-Non ! gronda Harry. Tu ne comprends pas ! Il est capital de prendre cette broche ! Tu entends ? Capital ! Ecoutez... il faut que je vous dise quelque chose... Il n'y a que moi, Ron et Hermione qui sommes au courant, et je ne sais pas où ils sont. Il se pourrait très bien que nous n'en sortions pas tous les trois...
-Non ! Harry... Commença Ginny.
-Attends, laisse-moi finir. Il faut que vous soyez au courant, pour que vous puissiez prendre la relève si besoin est, maintenant ou n'importe quand. Voilà : Cette broche est un morceau de l'âme de Voldemort.
Il y eu un silence de mort.
-Quoi ? bredouilla Ginny, surprise.
-C'est Dumbledore qui me l'a dit. Voldemort à découpé son âme en sept morceaux et il a enfermé chaque morceau dans un objet différent. Le journal intime de Jedusort en était un. Cette broche aussi. Dumbledore en a détruit un autre. Et Ron, Hermione et moi en avons trouvé deux autres, ils sont caché derrière une latte du salon. Il faut les détruire, ainsi que la broche, et le gros serpent de Voldemort. D'accord ?
-Je... Oui... bredouilla Ginny, déroutée.
-Vous ne le dites à personne, OK ? ajouta Harry en les regardant l'un après l'autre.
-C'est promit, Harry, jura Neville.
-D'accord, on le fera, assura Luna.
-Très bien, dit Harry, alors, aidez moi à me relever, maintenant.
Ils se relevèrent tous les quatre et observèrent la pièce. Depuis qu'ils ne bougeaient plus, elle était redevenu calme.
Harry regarda la colonne.
-Ne bouge pas, ordonna Ginny en lui jetant un regard noir.
-Bon, j'y vais, dit tranquillement Luna.
-Quoi ?
-Mais !
-Luna...
Luna se contenta de s'avancer posément vers l'objet, hésita un instant, puis l'empoigna fermement et recula d'un bond. Comme il fallait s'y attendre, les murs se remirent à bouger tandis que la torche tombée au sol se réveillait brusquement et enflammait d'un coup tout un rideau. Ils se mirent tous à hurler, sachant très bien que, coincés comme ils l'étaient, ils n'avaient aucune chance contre le feu dont les flammes violettes et bronzes montraient clairement qu'il était magique – et très certainement impossible à éteindre. Mais, coup de chance, une ouverture se matérialisa juste à ce moment là à coté d'eux.
-VITE ! FILONS ! Hurla Neville en passant un bras de Harry sur son épaule pour le soutenir.
Ginny fit de même de l'autre coté et ils s'éclipsèrent le plus vite qu'ils purent
-------------------------

-Et maintenant, qu'est-ce qu'on fait ? demanda Ron à mi-voix en regardant l'ouverture par laquelle leurs amis venaient de disparaître se refermer.
-Je ne sais pas, murmura Hermione, inquiète.
Il y eu un nouveau « tremblement de maison » qui ouvrit cette fois un escalier presque sous leurs pas.
-Viens, dit Hermione, autant le prendre. De toutes façons, on ne peut pas rester ici.
Ils dévalèrent l'escalier et arrivèrent dans ce qui ressemblait à une antique cuisine ; ils eurent juste le temps de s'agripper à des poignées de portes de meuble avant que la maison ne se remettent à bouger. Cette fois-ci, il semblait que les différentes pièces étaient en train de se mélanger, prenant les places les unes des autres.
-Oooh, gémit Hermione, je n'aime pas ça du tout...
-Crois-moi, tu n'es pas la seule, murmura Ron en se relevant.
Il l'aida à se redresser et la prit par le bras.
-Viens, il ne vaut mieux pas rester là, il y a trop de couteaux et de trucs comme ça dans le coin.
Ils se faufilèrent par une ouverture et se retrouvèrent dans un couloir apparemment vide.
-Attends, murmura Hermione, on ne sait pas qu'est-ce qui peut se passer.
Elle avait raison de se méfier : Dans un fracas épouvantable, toutes les torches électriques accrochées aux murs explosèrent tout d'un coup et transformèrent l'innocent couloir en un véritable brasier.
Ron et Hermione se mirent à hurler et à courir pour échapper aux flammes, lançant des jets d'eau de tous cotés à coups de « Aguamenti », sans que les grandes flammes magiques ne reculent le moins du monde.
-Par là ! Viens ! Cria Hermione en s'engouffrant dans un autre passage.
Ron la suivit et a nouveau, la maison ferma le couloir derrière eux, mais cette fois-ci, ils furent plutôt contents du résulta : Ici aussi, dans la pièce étrangement vide où ils étaient, tout était plus ou moins en train de flamber, mais le feu restait assez maîtrisable, ou en tout cas, beaucoup moins dangereux que les explosions qu'ils venaient d'éviter.
Hermione s'approcha de la fenêtre en face d'elle, dans l'espoir de prendre quelques points de repères fixes à l'extérieur de la maison. Soudain, un léger crissement se fit entendre.
-HERMIONE, ATTENTION ! Hurla Ron.
A trois mètres à peine de la jeune fille, la fenêtre implosa complètement, se transformant en une véritable catapulte de bris de verre mortellement acérés. Hermione n'eut même pas le temps de réagir. De toute façon, il était déjà trop tard. En une fraction de seconde, elle comprit qu'elle ne pouvait rien faire et que tout était fini. En une fraction de seconde, Ron le comprit également et n'hésita pas. Il bondit, plongea sur elle et la projeta au sol, protégeant leurs têtes des ses bras. Il y eu un affreux bruit de crissement de verre, une sorte de bourrasque, comme une rafale de vent, puis le silence.
Ron redressa lentement la tête.
-C'est fini ? demanda Hermione, écrasée sous son poids.
-On dirait, dit-il.
Il la regarda. Son visage était à deux centimètres du sien. Gêné, il roula rapidement sur le coté et s'assit en grimaçant. Il avait prit un morceau de verre dans la jambe gauche. Hermione se redressa également, chancela et s'assit à coté de lui.
-Merci, murmura-t-elle, encore sous le choc.
Ron ne répondit pas. Il releva sa robe jusqu'à son genoux et grimaça à nouveau tandis qu'Hermione étouffait un cri d'horreur en voyant la tâche de sang qui s'élargissait sur son jean, le morceau de verre profondément enfoncé dans sa jambe.
-Oh là là, s'étrangla-t-elle, comment va-t-on faire pour te sortir de là ? Tu ne peux pas marcher...
-On ne va rien faire du tout, gronda Ron. Et je pourrais très bien marcher.
Il déchira d'un geste sec son pantalon du bas jusqu'au morceau de verre, puis enleva toute la partie au dessous du genoux du pantalon d'un coup de baguette et, en deux ou trois autres coups, en fit une bande de tissu à peu près correcte.
-Mais... objecta Hermione, tu ne peux pas mettre ça sur le verre...
Encore une fois, Ron ne répondit pas. Il prit le bout de vitre entre ses doigts au risque de se couper la main, inspira profondément et tira d'un coup. Hermione et lui crièrent en même temps. Ron lâcha le bout de verre barbouillé de sang qui était au moins grand comme le tiers de sa main, attrapa la bande de fortune et la noua deux fois très serrée sur sa blessure. Haletant comme s'il avait couru, il essuya résolument les larmes de douleurs qui ruisselaient sur ses joues et se releva en clopinant.
-Là. On va dire que ça ira, grommela-t-il.
-Attends, je vais t'aider, dit Hermione en se glissant sous son épaule pour le soutenir.
Ils avancèrent aussi rapidement qu'ils purent pendant une dizaine de minutes, puis Ron s'arrêta.
-Vas-y, murmura-t-il à Hermione. Vas-y, continue sans moi, je te retarde.
-Ne dis pas de bêtises ! protesta sèchement Hermione. Il n'est pas question que je te laisse ! On va retrouver les autres et sortir d'ici, tu entends ? Et on va les retrouver ensemble !
-Hermione... combien a-t-on de chance d'en sortir vivant ? Hein ?
-Arrête ! Ce ne sont pas des choses à dire, même pour rire ! Nous avons autant de chances d'en sortir vivant que d'y rester, Ok ?
-Ouais... C'est bien ce que je dis : une chance sur deux de s'en sortir seul, donc une chance sur quatre qu'on arrive tous les deux au Square Grimmaurd, pas vrai ?
-Ron, je t'en pris... gronda Hermione, furieuse. Ne dit pas de pareilles choses, c'est ridicule...
-Non, ce n'est pas ridicule. C'est la vérité, et tu le sais. Ce que tu ne sais pas, en revanche c'est que j'ai des choses à te dire, et il faut que je te les dise maintenant, parce que je n'aurais peut-être plus jamais l'occasion de le faire.
-Ron, ce n'est pas le moment de bavarder, il faut trouver la sortie, allez, viens, dit Hermione d'un air impatient en regardant tout autour d'elle pour trouver une issue.
Ron l'attrapa fermement par les épaules et plongea son regard dans le sien
-Ecoute-moi, Hermione. Il faut que tu saches, même si ça doit tout gâcher entre nous, tu dois savoir, et il faut que tu m'écoutes. je dois te le dire.
-M-Me dire quoi ? bredouilla Hermione, intimidée et presque effrayée, maintenant.
-Ça, répondit juste Ron.
Il lui prit doucement le visage dans ses mains et l'embrassa.

Lorsqu'ils se séparèrent quelques instants plus tard, ils n'avaient pas la moindre idée du temps qui avait pu s'écouler. Jamais un instant n'avait paru si court. Jamais une seconde n'avait paru si longue. Ils se regardèrent pendant un très long moment, puis Hermione se jeta dans ses bras, pleurant et riant tout à la fois.
-Oh, Ron...
-Je t'aime, Hermione, murmura-t-il. Je voulais que tu le sache, même si ça doit me valoir une gifle, que je mérite bien, d'ailleurs...
Hermione se mit à rire à travers ses sanglots et le regarda à son tour droit dans les yeux.
-Je ne me souviens pas avoir déjà eu aussi peu envie de te flanquer une gifle, répondit-elle en lui souriant doucement.
Il lui sourit à son tour et ils s'embrassèrent à nouveau.
Hermione se serra tout contre lui, en ayant pour la première fois de sa vie l'impression que, si jamais elle échouait quelque chose, il y aurait au moins une personne qui ne s'en soucierait pas le moins du monde. Pour la toute première fois, elle sentit que quelqu'un l'aimait vraiment pour ce qu'elle était, et cela la rassura.
-Je t'aime, murmura-t-elle à son tour en posant sa tête contre son épaule.
Il la serra un peu plus fort, heureux de pouvoir être franc avec elle, enfin.
-Viens, dit-il finalement, il faut sortir d'ici, maintenant.
-Mais les autres ? risqua-t-elle.
-Nous n'avons pas la moindre idée d'où ils sont. Si ça ce trouve, ils nous attendent déjà dehors. Et même s'ils n'y sont pas, il vaudrait mieux sortir pour essayer de voir où ils sont.
-Oui... Tu as raison, murmura-t-elle, presque à regret.
Ils avaient beau être dans une maison plus qu'hostile, cernés par des départs d'incendies et susceptibles d'être à tout moment attaqué par un quelconque meuble d'intérieur, elle aurait été heureuse de rester un tout petit peu plus longtemps encore, ne serait-ce que quelques semaines, blottie dans ses bras. Ils repartirent en sens inverse, baguettes brandies, en évitant soigneusement le couloir enflammé – ce qui n'était pas évidant puisqu'ils ne pouvaient décider de l'endroit où ils pouvaient passer. Au hasard des pièces, ils se retrouvèrent à nouveau dans la cuisine carrelée de marbre blanc et noir. D'un geste, Hermione ensorcela les portes des meubles, ne voulant pas risquer une attaque intempestive de fourchettes enragées ou d'assiettes/guillotines. Elle s'approcha d'une rangée de tiroirs pour vérifier que tout était bien fermé quand soudain, il y eu un grondement sourd. La maison recommença à trembler, mais les murs ne changèrent pas de place : cette fois, il apparu que le manoir était sans doute bien vieux pour de tels exercices car tout le pan de mur extérieur – celui tout proche d'Hermione – s'arracha littéralement du reste de la bâtisse, tandis que des poutres s'effondraient de part et d'autre. Le sol se déforma, devenant pentu sur toute la partie proche du mur écroulé. Et celui-ci se trouvait juste au dessus de l'arrière de la colline, qui n'en était en fait pas une, mais un bloc rocheux de plus de quinze mètres de haut. Hermione glissa, sa baguette lui échappa des mains, elle tomba en arrière et se retrouva sur le meuble de cuisine, retenu comme par miracle au dessus du vide.
-AAAAHH ! RON ! AU SECOURS !
-HERMIONE ! ACCROCHE-TOI ! Hurla Ron.
Il ne fit ni une ni deux et plongea sur le gros buffet. D'un geste, il ceintura Hermione, la souleva comme si elle ne pesait rien et la fit remonter dans la cuisine. Hermione ramassa sa baguette et se retourna précipitamment, à plat ventre, pour lui tendre la main. Ron se prépara à sauter, prit son élan, bondit et... Sa jambe gauche, blessée, se déroba sous lui, le déséquilibrant. Le meuble craqua.
Il y eu brusquement une seconde de silence. Hermione le regarda, Ron la regarda, leurs regards s'accrochèrent l'un à l'autre, puis, très lentement, tel un pantin désarticulé, Ron valsa en arrière, comme dans un film au ralentit, comme dans un cauchemar.
-ROOOOOOONNN ! S'époumona Hermione tandis qu'il s'éloignait d'elle, doucement, dans une vertigineuse chute sans fin.
Par pur réflexe, elle tenta un sortilège d'attraction, puis d'anti-vitesse, sans succès. Il y eu un craquement sinistre au dessus d'elle et elle évita de justesse la dernière poutre de la pièce. Lorsqu'elle regarda à nouveau en bas, il n'y avait plus qu'un nuage de poussière.

Hermione avait du mal à comprendre ce qui venait de ce passer. Ce n'était pas vrai, il ne pouvait pas être arrivé une chose pareille, pas à lui, pas Ron, ça ne pouvait pas être vrai, elle allait se réveiller, là, maintenant, dans son lit, comme d'habitude... Mais non. Ce n'était pas un mauvais rêve qu'on peut chasser en le crayonnant ou en buvant une tasse de chocolat chaud. Tout cela était bien réel. Tout cela était complètement fou. Hermione sentit des larmes ruisseler sur ses joues. Elle aurait voulu hurler de désespoir, mais n'arrivait même pas à émettre le moindre son. Elle pleurait trop pour voir quoi que ce soit en contre-bas, mais ne pouvait se résoudre à fermer les yeux. Retrouvant une faible présence d'esprit, elle pointa sa baguette d'une main tremblante vers le plafond – ou ce qu'il en restait – et murmura « Arachnidius ». Un long filament blanchâtre s'entortilla autour de son poignet. Sans prendre la peine de tester la résistance du fil et de son appui, elle se laissa glisser doucement jusque en bas. Là, elle lâcha le fil et se mit à errer a hasard, courrant de droite et de gauche. Enfin, elle le vit. Là bas, immobile sur le dos, les yeux clos, il semblait dormir... Hermione se mit à courir aussi vite qu'elle le pu, son c½ur cognant dans sa poitrine.
-Ron !...
Elle se laissa tomber à coté de lui et fondit en larmes.
-Oh, non, Ron !
Hermione se recroquevilla contre sa poitrine, déchirée de sanglots incontrôlables. Fini. Tout était fini avant même d'avoir commencé. C'était tellement injuste ! Elle continua de pleurer à chaudes larmes sur le corps inerte de Ron, incapable de penser, incapable de bouger, incapable de faire quoi que ce soit.
-Hermione ?...
Hermione poussa un hurlement de terreur.
-R-Ron ! Tu... tu n'es pas... ?
-Hermione, murmura Ron, c'est bien toi, tu es là...
-Tu es en vie, répéta Hermione, sous le choc. Tu es en vie ! Mais... Mais... tu as fait une chute de vingt mètres en arrière... Comment...
-Tu m'as ralentit, avec tes sorts... Je t'ai entendu, ça a marché, chuchota Ron en reprenant petit à petit ses esprits – et le sens des priorités.
Du bout de l'index, il lui releva le menton, lui sourit et l'embrassa doucement...
--------------------

Ginny, Neville, Harry et Luna courraient toujours aussi vite que la blessure de Harry et les incessants fermetures et ouvertures du labyrinthe le leur permettaient. Derrière eux, l'incendie progressait, ils l'entendaient. Il y eu un nouveau « séisme » mais cette fois-ci, ils entendirent clairement un fracas de très mauvais augure.
-C'était quoi, ça ? s'inquiéta Luna en se retournant l'endroit d'où venait le bruit.
-Je ne sais pas... On aurait dit que toute la maison s'effondrait, dit Ginny en se retournant également.
-C'est bien ce qui a du ce passer, la maison n'a pas bougé, observa justement Neville. Bon, venez, il faut sortir d'ici...
-Non ! protesta Harry, il faut retrouver Ron et Hermione !
-Harry, comment veux-tu faire pour les retrouver dans ce dédale de couloirs et de pièces qui bougent ? En plus, tu es blessé ! Gronda Ginny. Tu es tout pale, je t'assure qu'il faut t'emmener à l'hôpital. Nous ne pouvons rien faire, mis à part espérer qu'ils aient réussit à sortir de ce guêpier ! Il faut faire vite, venez !
Harry voulu répliquer, mais il sentit un vertige l'assaillir et préféra garder son énergie pour avancer. Un escalier se matérialisa non-loin de là et ils décidèrent de le prendre pour pouvoir redescendre. Ils arrivèrent dans ce qui ressemblait vaguement à une cuisine, sauf que tout paraissait complètement dévasté. Il manquait un mur qui donnait sur l'extérieur – apparemment, il avait carrément été arraché ! – le sol était jonché de poutres et de morceaux de plâtre qui venaient sans doute du plafond et tout était là aussi plus ou moins en train de brûler.
-Qu'est-ce que c'est que cette histoire, murmura Harry en scrutant les alentours.
-Hé ! Regardez un peu ça, dit Ginny en laissant à Neville le soin de soutenir Harry pour aller vers une sorte de long fil blanc qui reliait le plafond à la terre, vingt mètres plus bas.
-N'y touche pas, c'est peut-être dangereux, s'exclama Neville.
-Non ! s'écria Harry. C'est un sortilège d'Hermione ! Elle – ou Ron – est passé par là, venez, ils sont sûrement en bas !
-Euh... d'accords, mais comment on descend ?
-Par le même moyen, répliqua Harry : il pointa sa baguette au dessus de lui et dit « Arachnidius ».
Aussitôt, un autre fil se fixa à coté de celui d'Hermione et descendit s'enrouler au poignet de Harry. Ginny, Neville et Luna firent de même et quelques instants plus tard, Harry s'effondrait dans la poussière, épuisé par les efforts qu'il avait du fournir durant la descente. Tout le monde se précipita vers lui, mais cette fois, rien n'y fit. Sa blessure saignait de plus en plus et il avait le plus grand mal à rester conscient.
-Seigneur, murmura Ginny, très inquiète, il faut absolument partir d'ici...
-Mais comment l'emmener à St-Mangouste ? On a pas de balais, pas de portôloin, pas de cheminée, et il n'est pas en état de tranplanner... marmonna Neville, bourrelé par les remords.
-Tant pis, on prendra le Magicobus, coupa fermement Ginny. Dés qu'on aura retrouvé Ron et Hermione, on part.
Ils se mirent à avancer tant bien que mal. Mais ils n'eurent pas à aller bien loin : à cent mètres à peine, ils trouvèrent Ron, étendu sur le dos comme s'il venait de tomber, et Hermione, juste à coté de lui, s'embrassant passionnément...

Il y eu un instant de silence ahuris des quatre arrivants, bientôt rompu par un éclat de rire général. Ron et Hermione se redressèrent en sursautant ; ils ne les avaient pas vu – trop occupés, sans doute...
-Tout va bien, à ce que je vois, lança malicieusement Ginny.
-Ouais, ajouta Harry, les secours arrivent trop tôt !
-Les secours ? répéta Ron en haussant un sourcil d'un air dubitatif. Quels secours ? Si je te regarde bien, j'ai plutôt l'impression que tu es aussi éclopé que moi !
Il y eu un nouvel éclat de rire. Hermione se pelotonna contre Ron, les yeux encore rouges d'avoir tant pleuré, trop heureuse de le retrouver vivant pour ressentir la moindre gêne et il glissa son bras autour de ses épaules.
-Qu'est-ce qui t'es arrivé, Harry ?
-Je me suis ramassé un coup de pistolet dans le ventre, dit Harry en se laissant lentement tomber au sol, la respiration coupé. Et vous ?
Il lâcha sa baguette pour plaquer ses deux mains sur sa blessure.
-Oh, rien, Hermione a faillit se faire empaler par des morceaux de verre d'une fenêtre kamikaze et j'ai fait une chute de vingt mètres. Mis à part ça, rien à signaler.
-Oui, c'est ce qu'on voit, sourit Ginny.
Elle s'approcha d'eux et se laissa tomber de l'autre coté de Ron. Elle avait eu très peur pour son frère et fut heureuse que, malgré sa pâleur à lui aussi, il paraisse aller à peu prés bien.
-Tu peux te lever ? demanda Luna en s'approchant à son tour.
-Je ne sais pas. Je n'ai pas tenté le coup, répondit-il. J'avais d'autres choses à faire, si tu veux savoir, ajouta-t-il, taquin, en regardant Hermione qui se sentit rougir.
Ils rirent tous. Ils étaient tous blessés, épuisés, effrayés, mais ils étaient sortit de cet enfer et c'était tout ce qui comptait. Tout leur semblait absolument merveilleux, depuis l'air saturé d'humidité mais sans feu au sol boueux mais stable, depuis le petit mulot galopant dans l'herbe au lointain clocher qui sonnait 8 heures.
Ron essaya de rouler sur le coté mais poussa un hurlement de douleur.
-Ron ! Ron, ça va ? s'inquiétèrent-ils tous.
Ron s'efforça de reprendre son souffle.
-Je... Je crois que ça ne va pas être possible pour moi de bouger, désolé, les gars, grimaça-t-il, ruisselant de sueur. Je dois... avoir quelque chose de cassé...
-Oh non... comment va-t-on faire pour partir ? murmura Luna, ses yeux allant de Harry, un peu à l'écart, à Ron, paralysé sur son morceau de roche.
C'est alors qu'un sifflement étrange résonna, comme un grésillement électrique qui paraissait venir de sous leurs pieds. Soudain, un grand cercle doré apparu sur le sol et des filaments qui ressemblaient à de la lumière solide érigèrent une sorte de coupole d'Or tout autour de Ron, Luna, Ginny et Hermione. D'extrême justesse, Harry et Neville bondirent en arrière.
-Harry ! hurla Hermione. Harry, allez vous-en ! C'est un piège !
-C'est quoi, ce truc ? s'écria Harry, paniqué. Hermione, dit moi ce qui ce passe !
-Un dôme d'absorption ! Nous sommes prisonniers sous un dôme d'absorption ! Cette chose nous empêche de sortir, j'ai déjà lut ça quelque part, c'est très dangereux ! Ça va nous pomper toute notre énergie ! Neville, Harry, faites quelque chose !
-Ma baguette est là-dessous ! s'écria Harry, furieux contre lui-même.
-Attendez, je vais vous sortir de là ! s'écria Neville.
Plein de bonne volonté, il se précipita en avant.
-NOOON ! Hurlèrent-ils tous.
Trop tard. Neville venait déjà de traverser le dôme. Il comprit son erreur en une fraction de secondes, voulu faire demi-tour mais ce fut peine perdue. Il était impossible de sortir de la demi-sphère dorée.
Harry les regarda, anéanti, désarmé, sans pouvoir faire quoi que ce soit. Puis il se reprit.
-Bon. Ne vous inquiétez pas, dit-il avec détermination. Je vais chercher du secours.
-QUOI ? Harry, tu ne tiens pas debout !
-Peu importe, il faut que j'arrive à transplanner, je dois y arriver !
Mais malgré l'assurance de sa voix, Harry se sentit complètement découragé. Ginny avait raison, il ne tenait pas droit sur ses jambes et son esprit était complètement embrouillé. Soudain, un chant à la fois magnifique et terrifiant s'éleva dans l'air. Harry sentit ses cheveux se hérisser sur sa nuque et son c½ur faire un bond. Il leva les yeux au ciel en sentant brusquement que tout irait bien, désormais : Au dessus de lui, Fumseck apparu dans un tourbillon de plumes rouges et or, planant avec grâce tout près de lui. Bien qu'il n'en ait pas eu l'idée une seconde auparavant, Harry comprit que le phénix voulait l'emmener quelque part. Il tendit la main, saisit quelques plumes de la queue de Fumseck et ils disparurent en même temps, sous les yeux ébahis de ses cinq amis.

-------------------

Remus Lupin était assis à son bureau dans sa chambre, lorsque des coups de sonnette répétés et les hurlement du portrait de Mme Black retentirent si brutalement qu'ils le firent sursauter. Il se leva avec un certain agacement, tandis que la sonnerie continuait de résonner impatiemment dans le hall.
-Voilà, Voilà, j'arrive, dit-il en dévalant les escaliers.
Il ouvrit la porte... Et Harry tomba à ses pieds, évanouit.
-HARRY ! Hurla Lupin, Oh mon dieu, Harry !
Il le tira précipitamment dans le hall et se mit à lui tapoter vigoureusement les joues.
-Harry, réponds-moi ! Harry !
-Qu'est-ce qui ce passe ? s'exclama soudain une voix froide.
Lupin releva la tête vers l'escalier. Rogue était en train de descendre. Ce dernier se figea brusquement en voyant la scène, pâlit, puis se précipita.
-Qu'est-ce qui ce passe ? répéta-t-il d'un ton nettement plus concerné.
-Je n'en sais rien ! s'exclama Lupin. J'ai ouvert la porte, je n'ai même pas eu le temps de dire ouf et il est tombé à mes pieds !
-OOOOH ! DOULEUR DE MES ANCÊTRES, HORRIBLES CREATURES, IGNOBLES VERMINES, POURRITURES AMBULANTES, SORTEZ DE CETTE MAISON ! SOYEZ MAUDIS POUR CONTAMINER LA DEMEURE DE MES AÏEUX...
-ÇA SUFFIT, OUI ? Rugirent Lupin et Rogue en c½ur.
Chose curieuse, le portrait paru brusquement figé. L'affreuse bonne femme étouffa ses hurlements dans un borborygme, rentra la tête dans les épaules et se tût. L'instant d'après, les deux rideaux se refermèrent tout seuls sur elle. Les deux hommes échangèrent un rapide regard puis revinrent à Harry, toujours inconscient entre eux.
Avisant la large blessure qu'il avait au ventre, Lupin sortit sa baguette et fit surgir une bande de nul part. D'un geste, il la fit s'entortiller étroitement autour du ventre de Harry, freinant l'afflux de sang. De son coté, Rogue sortit un flacon de sa poche, le porta à auteur d'yeux pour en vérifier le contenu puis en versa quelques gouttes dans la bouche de Harry.
-Qu'est-ce que... commença Lupin, méfiant, mais Rogue le coupa.
-Ne t'inquiètes pas, ce n'est pas du poison. Je n'en ai pas sur moi, ajouta-t-il comme s'il le regrettait.
Lupin ouvrit la bouche pour répliquer mais il n'en eu pas le temps.
La potion venait sûrement d'agir car Harry s'était brusquement réveillé et avait attrapé Lupin par le col de sa robe, dans un étrange sentiment de déjà vu et d'inversion tout à la fois.
-Les autres ! gronda-t-il d'un ton féroce en regardant Lupin droit dans les yeux. Les autres, allez les chercher !
-Que... Quoi ? Harry, qu'est-ce qu'il y a ?
-Il faut que vous alliez les chercher, vite !
-Harry, ne t'inquiète pas, reste calme, tu es en sécurité, ici...
Harry étouffa un feulement de rage.
-Ce n'est pas moi, l'important ! Vous devez allez les chercher, ils sont prisonniers !
-Qui ? Quoi ? Comment ? Où ça ? bredouilla Lupin, dérouté par l'attitude de Harry.
-Ginny ! Ron, Hermione ! Et Neville et Luna ! Sous le dôme d'Or ! s'exclama Harry, dans une explication que sa blessure et l'urgence de la situation rendait confuse.
Remus et Rogue se regardèrent à nouveau, en ayant tout les deux l'air de penser qu'il était devenu fou.
-Remus, je vous en pris, croyez moi, reprit Harry en surprenant leur regard, ils sont tous les cinq emprisonnés sous un dôme d'Or, ils ne peuvent pas sortir et Hermione dit que ça va leur aspirer leur énergie, il faut que vous alliez les sortir de là, vite ! Je n'ai aucune importance, c'est eux, l'important, allez les retrouver, s'il vous plais !
-Un dôme d'absorption ? murmura Remus en commençant à comprendre
-Oui !
-Où sont-ils ? demanda cette fois le professeur calme et sérieux.
-La vieille maison sur colline... Au bout du village... Ne rentrez surtout pas ! Derrière, en faisant le tour... tout s'est écroulé... ils sont là, sous la coupole dorée... marmonna Harry en retombant dans un état proche de l'évanouissement.
-Comment va-t-on à cette colline, Harry ? répéta Remus à voix très basse d'un ton pressant.
Pour toute réponse, Harry désigna du doigt quelque chose au plafond. Ils levèrent les yeux et virent Fumseck qui tournoyait silencieusement au dessus d'eux. Lorsque Remus regarda à nouveau Harry, il avait perdu connaissance.
-Très bien, décréta-t-il brusquement en se relevant d'un bond. J'y vais.
Fumseck laissa échapper un léger cri, comme un assentiment ; Remus attrapa sa queue et ils disparurent dans un tourbillon rouge et Or. Il avait complètement oublié à qui il laissait le soin de s'occuper de Harry.

Rogue regarda le jeune garçon blessé, affaibli, inconscient, qui gisait à coté de lui. Le jeune garçon dont il savait qu'il était sensé être seul à pouvoir vaincre le plus grand mage noir de tous les temps. Le garçon le plus convoité par Seigneur des Ténèbres.
Puis, il leva les yeux vers la porte, restée entrouverte. Dehors, il commençait à pleuvoir. Aussi inhabituel que cela soit en cette saison, il y avait de plus en plus d'orages, ces temps-ci. Il regarda à nouveau le fils Potter, qui ne pourrait probablement pas s'en sortir s'il n'allait pas très vite à l'hôpital. Puis la porte de la vieille bâtisse.
Le jeune garçon. La porte ouverte. Le Seigneur des Ténèbres... St-Mangouste... La liberté... Dumbledore... La porte ouverte... Le jeune garçon... La porte... Le garçon... La porte... Le garçon... La porte...
Il se leva lentement à son tour. D'un geste, il ramassa le corps du jeune homme évanoui sur le sol et le balança sur son épaule. Puis, il franchit la porte.
-------------------------

Remus atterrit sur le sol boueux d'un milieu campagnard. Il faisait complètement nuit. Il regarda autour de lui et repéra, non loin de là, la colline surmonté d'une grande maison qu'on distinguait dans la faible lueur que dégageaient les lampadaires du village tout proche. Suivant les instructions de Harry, Lupin se précipita vers la demeure mais, une fois arrivée prés du perron, il n'entra pas et fit le tour. Il n'eut pas à marcher longtemps : la colline régulière devenait une petite falaise très abrupte au bas de laquelle il aperçu les restes d'un mur écroulé. Sachant ce qu'il avait à faire, il se précipita en avant.
-----------------------------

Hermione luttait contre le sommeil. Le dôme, elle le sentait, la vidait petit à petit de toute énergie. Mais il fallait résister, il le fallait, coûte que coûte !
-Ron ! Ron, ne t'endors pas ! Ron !
Trop tard. Ron, plus affaibli que les quatre autres, venait de sombrer dans un sommeil léthargique.
-Ron ! Ohé ! Ginny, aide-moi à le réveiller ! s'écria Hermione, prise de panique.
-Mmm... Laisse moi... marmonna Ginny, toute engourdie.
-Non ! Ne te laisse pas avoir ! Ginny, reste avec moi !
Ginny ne répondit pas. Elle était déjà presque endormie. Hermione sentit toute sa fatigue, réelle ou magique, la quitter, tant sa peur était forte. D'un geste sec, elle expédia une paire de gifles au visage de Ginny qui se réveilla en sursaut, reprenant un peu pied avec la réalité.
-Hein ? Qu-Quoi ? bredouilla-t-elle.
-Ginny, ne t'endors pas ! Tu ne dois surtout pas t'endormir, tu entends ?
-Euh... Je... D'accord, dit-elle en luttant contre la somnolence.
-Aide moi à réveiller les autres, s'exclama Hermione en secouant vigoureusement Neville.
Ginny resta quelques instants hébétée, puis s'approcha de Luna et s'efforça de la faire revenir à l'état conscient tandis que Neville émergeait lentement sous les claques d'Hermione. Soudain, une voix bien connue retenti au loin.
-Hermione ! Ginny !
Hermione se retourna vivement.
-Remus ! s'écria-t-elle en essayant de se relever. Remus, nous sommes pris au piège ! Ron est blessé et nous n'arrivons pas à réveiller Luna !
-J'arrive ! dit-il en se précipitant.
Il s'arrêta devant le dôme et paru réfléchir à toute vitesse.
-Hermione, je vais avoir besoin d'aide, dit-il en la regardant à travers le rideau magique.
-Oui ?
-Il va falloir que tu suives exactement ce que je dit, d'accord ?
-D'accord !
-Très bien. Alors, quand je dirai « trois ! », je passerais ma main dans la coupole pour en crever la surface et...
-Quoi ? Non ! Vous allez être prisonnier aussi !
-Laisse-moi finir ! Je vais passer la main dans le dôme et tu pointeras ta baguette droit sur ma main en criant « Dissipium Expectaria ». D'accord ? Moi, je ferai pareil de l'autre coté. Il faudra que tu te concentres de toutes tes forces et que tu diriges toute ton énergie sur ton sortilège jusqu'à ce que tout ait disparu. Surtout, ne relâche pas ton attention ! Tu as bien comprit ?
-Oui, bredouilla-t-elle, de plus en plus prise par le sommeil.
-Alors allons-y : Un ; deux ; TROIS !
« Dissipium Expectaria », hurlèrent-ils d'une même voix, Remus posant sa main au contact de la demi-sphère. Le dôme se mit à onduler comme une bulle de savon sur laquelle on se serait mis à souffler. Des ondes magiques passèrent sur la surface, lui donnant des reflets de toutes les couleurs. Mais le dôme ne cédait toujours pas. Hermione se concentra de toute la force qui lui restait et... - CWHAAM – le dôme se volatilisa.
Hermione se laissa retomber sur le sol, épuisée.
-Ça va ? demanda Remus en se penchant vers elle.
-Oui, soupira-t-elle.
Elle se força à se relever et se dirigea vers Ron.
-Ron !... murmura-t-elle, trop fatiguée pour avoir peur.
Elle le secoua légèrement.
-Qu'est-ce qu'il a ? demanda Lupin.
-Il est tomber de là haut, murmura Hermione en désignant vaguement la maison au dessus d'eux. Il était réveillé. Mais il ne pouvait pas bouger. Il a sûrement quelque chose de cassé... Et puis, il s'est endormi, à cause du dôme...
-Il faut aller à St-Mangouste, dit Remus. Vous êtes tous épuisés.
Il fit sortir une civière du sol, comme le professeur McGonagall avait fait pour lui à peine deux semaines plus tôt.
-Comment va Harry ? demanda soudain Ginny en ramassant la baguette de Harry alors qu'Hermione prenait celle de Ron.
A ces mots, le visage de Remus se figea soudain. Frappé d'horreur, il réalisa qu'il l'avait laissé seul, inconscient, avec Rogue, et – pire – qu'il avait complètement oublié de refermer la porte d'entrée.
-Oh, non... Murmura-t-il, épouvanté. Qu'est-ce que j'ai fait !...
En quelques instants, il raconta ce qui c'était passé, tout en créant un portôloin pour qu'ils puissent tous rentrer. Ginny étouffa un gémissement de désespoir. L'instant d'après, ils étaient tous revenus devant la porte du 12. Le temps de s'engouffrer dans la maison et Tonks arrivait en courrant du salon.
-Remus, qu'est-ce qui ce passe ? s'écria-t-elle, visiblement aussi paniquée qu'eux. Je viens à peine de rentrer et la porte était grande ouverte ! Rogue à disparu ! Je commençait à croire qu'il vous avait tué ! Et... Qu'est-ce qu'il font là, ces trois là ? demanda-t-elle en regardant Neville, Luna et Ginny.
-Je t'expliquerai plus tard ! Ou plutôt, ils nous expliquerons ! Harry est arrivé, blessé et désarmé ici il y a vingt minutes pour me dire que ses amis étaient en danger, et j'ai fait l'idiotie de le laisser seul avec Rogue, la porte ouverte ! Oh, mon Dieu, quel imbécile je fais !
-Oh, non... murmura Tonks, consternée.
-Où peut bien être Rogue, maintenant, souffla Remus, anéantit.
-Ici, répondit une voix dure et lasse.
Ils se retournèrent tous d'un même mouvement. Dans l'embrasure de la porte, les cheveux et la robe trempés, ruisselant de pluie, la silhouette de Rogue se découpa alors qu'un éclair illuminait rapidement le ciel, suivit par un gros coup de tonnerre.
Il y eu un instant de silence stupéfait. Rogue fit deux pas en avant et repoussa la porte derrière lui.
-Où est Harry ? demanda Tonks à mi-voix.
-A St-Mangouste, répondit Rogue.
Nouveau silence.
Enfin, Remus fit un léger mouvement de sa baguette et ils furent tous aussitôt séchés de la tête aux pieds.
-Je... Il faut que vous y alliez aussi, dit Remus, un peu sonné, en se tournant vers les cinq jeunes. Je vais vous y accompagner.
-Je reste là, dit Tonks. J'ai des choses à faire.
-Si vous n'avez plus besoin de moi, dit Rogue en les regardant l'un après l'autre, je vais remonter.
Ils s'écartèrent tous, dans un mélange d'incrédulité et presque de respect, le laissant passer sans faire de commentaire. Il paraissait si incroyable que Severus Rogue ait de lui-même choisit de revenir au Square Grimmaurd après avoir secouru Harry Potter qu'ils n'arrivaient pas à intégrer ce qui ce passait. Hermione, Ginny, Luna et Neville se dirigèrent vers la cheminée du salon. Ils n'étaient pas en état de transplanner. Remus, lui, emporta Ron – toujours inconscient sur sa civière – en transplannant. Après l'effort, le réconfort – si l'on pouvait appeler les soins des infirmières pressées le « réconfort ».
----------------------

Plusieurs heures s'étaient écoulées. Neville et les trois jeunes filles avaient prit diverses potions destinées à leur faire reprendre des forces, tandis que chaque petite blessure qu'ils pouvaient avoir était soigneusement désinfecté et refermée par magie. Ils allaient tous beaucoup mieux et n'avaient plus besoin que de repos. En revanche, Harry et Ron devaient rester deux ou trois jours à l'hôpital. Ils avaient tout les deux reprit connaissance, et, bien que la blessure de Harry ait été refermée rapidement et que la double fracture de la colonne vertébrale de Ron soit arrangée, ils restaient « fragiles et nécessitant du calme, du repos et des soins sous surveillance médicale pendant quelques heures encore », comme disait l'infirmière chargée de s'occuper de leur salle – ils étaient dans une chambre normalement faite pour quatre personnes, mais ils étaient seuls à l'intérieur.
-Bon, leur dit une infirmière un peu plus tard ce soir là, ils sont réveillés tous les deux. Vous pouvez aller les voir, mais pas de chahut, ils ont besoin de calme.
-Oui, madame, répondirent quelques voix.
D'un même mouvement, ils s'avancèrent tous les cinq vers la petite chambre et entrèrent doucement, un sourire rayonnant sur le visage, soulagés de les savoir en bonne santé.
-Salut ! lança Harry d'un ton fatigué mais joyeux.
Ginny ne répondit que par un sourire plus large encore. Elle avait eu très peur et se sentait encore secouée.
-Salut, répondit Hermione.
-Eh ! Je suis là aussi ! dit Ron, faussement jaloux.
Hermione s'assit au bord de son lit et il lui prit la main.
-Harry, commença Neville, je voulais te demander pardon. Je suis sincèrement désolé de... de ce qui c'est passé... Je...
-Bah, n'en parlons plus, dit Harry, de toute façon, je vais bien, tout le monde va bien, et nous serons sortit dans quelques jours. Et vous, alors ? Qu'est-ce qui c'est passé pour vous ? Je ne sais toujours pas. Je crois que j'ai dû tomber dans les pommes quand je suis arrivé au 12.
Ginny alla s'asseoir sur son lit et elle et les autres se relayèrent pour leur raconter ce qu'ils avaient raté.
-Alors, comme ça, Rogue avait l'opportunité de décamper, et il ne l'a pas fait, murmura Harry d'un ton songeur.
-Oui, répondit Remus. Alors que je faisais l'idiotie de te laisser seul avec lui sans avoir refermé la porte, non-seulement il ne s'est pas échappé, mais en plus, il t'a amené ici. Oh, je ne pense pas que tu serais mort s'il ne l'avait pas fait – tu étais gravement blessé, mais nous ne sommes parti que vingt minutes et j'avais tout de même pensé à te mettre une bande autour de ta blessure. Mais il aurait pu te tuer s'il le voulait.
Harry ne répondit pas. Il y avait un mystère la-dessous qu'il avait déjà eu l'impression d'approcher par le passé et qu'il n'arrivait pas à comprendre. Il avait la désagréable impression de se retrouver comme dans les rêves qu'il faisait en cinquième année : il s'approchait de quelque chose, il s'approchait de plus en plus, et, soudain, juste au moment ou il allait tout comprendre, son rêve éclatait comme une bulle de savon, le laissant seul, dans l'ignorance, désemparé, frustré, incapable de comprendre.
-Mais, reprit Ginny pour changer de sujet, en tout cas, nous, nous sommes de retour. ET, ajouta-t-elle en insistant sur le « et », nous ne sommes pas seuls... Luna ?
Elle se retourna vers la jeune fille qui n'avait pas ouvert la bouche depuis qu'ils étaient rentrés dans la salle.
Luna, sans parler d'avantage, glissa sa main dans sa poche et en sortit la magnifique broche de son aïeule, la montrant avec un sourire tranquille. Lupin fut le seul à ne pas comprendre pourquoi Harry et Ron poussaient un hurlement de joie et pourquoi les six jeunes se frappaient victorieusement dans les mains.

# Posté le jeudi 28 décembre 2006 18:52

Fan Fiction - Volume 7 - Le Triomphe du Coeur - Chapitre 18 .

Fan Fiction - Volume 7 - Le Triomphe du Coeur - Chapitre 18 .
Chapitre 18 - L'équipe s'agrandit

-Salut, tout le monde ! scanda joyeusement la voix de Tonks. Elle referma la porte derrière elle et cinq voix venant du salon où Remus terminait un rapport pour l'Ordre tandis que Neville, Ginny, Hermione et Luna jouaient à la bataille explosive lui répondirent. Deux jours s'étaient écoulés depuis l'attaque de la maison des Jedusort et Harry et Ron ne sortaient de l'hôpital qu'un peu plus tard dans l'après-midi.
-Salut, Tonks ! s'exclamèrent les quatre jeunes.
-Bonjour, Dora, ajouta Remus.
-Bonjou-jour ! couina une voix enfantine.
Tout le monde releva la tête, surpris, tandis que Tonks arrivait dans la pièce, un large sourire aux lèvres, portant sur son bras un petit garçon qui devait avoir deux ou trois ans. Le bébé avait des cheveux châtains clairs avec des yeux très bleus et souriait lui aussi de toutes ses dents.
-Les amis, lança Tonks d'un ton satisfait, je vous présente mon filleul, Timothy ! Caroline, sa maman – ma meilleure amie de l'école - et Douglas, son père, ont décidé de se prendre une petite après-midi en couple pour la première fois depuis deux ans... du coup, c'est à moi que revient le grand privilège de s'occuper de Timothy. Pas vrai, bout d'chou ? Ajouta-t-elle en se tournant vers le garçonnet.
Elle le posa par terre le temps de se débarrasser de sa cape et du sac de jouets qu'elle tenait dans l'autre main, et il en profita aussitôt pour partir à la découverte de son nouvel environnement, heureux comme un roi. Il ne lui fallu pas vingt secondes pour faire le tour de la table et pas dix de plus pour se retrouver sur les genoux d'Hermione, puis sur ceux de Luna, puis dans les bras de Ginny, avant d'étrangler à moitié Neville et enfin d'attraper la plume de Remus et commencer à jouer avec. Tout le monde se mit à rire, amusé par le manège de Timothy. La demi-heure suivante se passa à jouer à tour de rôle avec le bébé qui s'amusait de n'importe quel objet tandis que ses baby-sitters improvisés sortaient petit à tous les jouets du sac, transformant la pièce bien ordonnée et monotone en un vaste capharnaüm coloré et plein de peluches. Seul Remus ne jouait pas avec les autres. Déconcentré par les rires qui s'élevaient dans la pièce, il ne travaillait plus et regardait les courses-poursuites à travers la pièce, les yeux rieurs et l'air attendrit, mais sans partager les jeux du petit garçon.
-Bon, dit Hermione en soulevant Timothy du sol ou il s'était accroupit pour essayer de déloger Pattenrond de sous la commode, je crois qu'il est l'heure de partir pour St-Mangouste. Harry et Ron sortent ce soir et nous avons promit de les accompagner.
-Oh, c'est vrai, s'exclama Ginny, je n'avait pas vu le temps filer !
-D'accord, à ce soir, alors, lança joyeusement Tonks en essayant d'intéresser Timothy à deux marionnettes.
-A plus tard, dit Remus en faisant mine de travailler – sans succès.
Les quatre jeunes s'avancèrent en file indienne vers la cheminée, prirent une pincée de poudre dans leurs poches et disparurent l'un après l'autre dans un tourbillon de flammes vertes.
Ils n'étaient pas partis depuis trois minutes que la cheminée crachait, non pas des flammes vertes, mais un hiboux qui n'avait visiblement pas trouvé d'autre issue pour apporter son courrier. Il était couvert de cendres et dés que Tonks, par réflexe, eu empoigné la lettre, il s'empressa de repartir. Les sourcils froncés, Tonks décacheta l'enveloppe, déplia un parchemin et le lu, l'air de plus en plus renfrognée.
-Oh, flûte ! grogna-t-elle lorsqu'elle eu fini de lire la missive. J'avais justement demandée mon après-midi de libre !
-Qu'est-ce qui ce passe ?
-Robards veux me voir immédiatement dans son bureau !
Tonks jeta un coup d'½il ennuyé à Timothy qui jouait tranquillement avec des cubes alphabétiques, assit sur le sol.
-Comment je vais faire, maintenant ? marmonna-t-elle. J'avais promit à Caro de garder Tim jusqu'à ce soir... A moins que...
Elle se tourna vers Remus qui le regardait, toujours à la table.
-Oh, eh, attends, là, protesta Remus en saisissant brusquement ce qu'elle avait en tête. Je ne sais pas m'occuper d'un bébé, moi ! J-Je n'ai pas vraiment la fibre paternelle, je...
-Remus... Tu as été enseignant. Tous les gamins que tu as eu dans tes cours t'ont tout de suite adorés ; je ne connais personne qui attire autant la sympathie que toi !
-Il n'y avait pas d'enfant de deux ans dans ma classe ! riposta Remus en se levant et en s'approchant d'elle. Non, écoute Dora, je te rendrais ce service avec plaisir, mais je n'y connais rien, en matière de jeunes enfants ; je ne sais pas du tout comment m'y prendre, c'est impossible, je...
-Très bien, parfait, coupa joyeusement Tonks sans écouter un mot de ce que Remus lui racontait, alors, tous ses jouets sont –euh- dans le coin, son doudou est là, ici, il y a sa toupie – c'est son jouet préféré – Oh, et attention au lutin en peluche, il est presque aussi malicieux qu'un vrai ! Bon, je vous laisse, je suis de retour dans une heure au plus tard. Amusez-vous bien ! s'exclama-t-elle en ramassant sa cape et en la jetant sur ses épaules.
-Mais... bredouilla Remus.
-Au revoir, tout à l'heure ! conclu-t-elle.
-Tonks...
Mais elle était déjà partie dans un tourbillon de flammes vertes. Remus resta un instant immobile, bras ballants, puis il s'accroupit devant le bébé qui lui adressa un sourire angélique.
-Alors dis-moi, mon bonhomme, à quoi veux-tu qu'on joue ?

-----------------------

Tonks repoussa la porte du 12 avec un geste fatigué. Il était presque 19 heures.
-Excuse-moi, Remus, soupira-t-elle avec lassitude en entrant dans le salon. Je sais, j'ai une heure de retard, Robards est vraiment un...
Elle s'interrompit net. Lové contre Remus, le petit garçon était profondément endormi, la tête appuyée sur son épaule droite comme s'il s'agissait d'un oreiller confortable, son doudou dans les mains. Remus, allongé sur le dos devant le canapé, souriant d'un air amusé, posa lentement son doigt sur sa bouche pour faire signe à Tonks de ne pas faire de bruit et de laisser le bébé dormir, agrippé à son bras que Remus n'osait pas bouger de peur de réveiller Timothy.
-Il s'est endormi alors que je lui lisais une histoire, murmura Remus. Je crois qu'il n'a pas trouvé les aventures de Poupi-le-Puffskin très intéressantes...
Il désigna le livre d'enfant qu'il tenait toujours ouvert dans la main avant de se remettre le bras sous la tête.
-Alors, comme ça, tu n'as pas la fibre paternelle, n'est-ce pas ? ironisa Tonks, attendrie par la petite scène.
Remus eu un petit rire silencieux. Tonks quitta sa cape et, évitant adroitement les joujoux éparpillés, alla s'allonger de l'autre coté de Remus. Le rire de celui-ci redoubla.
-Dis donc, je ne savais pas que tu avais aussi deux ans, chuchota-t-il en lui passant lui enlaçant les épaules.
-Et bien quoi, tu as deux bras, non ? Et moi, j'ai tellement sommeil que je n'aurais même pas besoin d'une histoire pour tomber dans les bras de Morphée.
-D'autant que tu te jette de toi-même dans ceux du loup...
Ils rirent, mais Tonks ne répondit pas et ferma les yeux. Il y eu un temps de silence, bientôt rompu par Remus.
-C'est dingue ; il y a trois mois, j'étais un éternel célibataire, vieux garçon endurci et certain de le rester. Maintenant, je suis fiancé, je vais me marier et j'ai l'impression d'avoir une famille, murmura-t-il, émerveillé par un tel revirement de situation.
Tonks sourit dans son demi-sommeil et se serra un peu plus contre lui. Oui, pensa-t-elle, c'est dingue, la vie.

--------------------------

-Dites, je pense à un truc, lança Ginny en marchant d'un pas vif. Pourquoi Fumseck n'a-t-il pas amené Harry directement aux pieds de Lupin ? Il pouvait parfaitement rentrer dans la maison ; ce ne serait pas la première fois qu'il traverse les murs d'une bâtisse non-transplannable !
Ils avançaient tous les six d'un bon pas vers le 12. Harry et Ron venaient de sortir de l'hôpital après une énième recommandation de prudence par les infirmières et ils avaient tous transplanné dans le parc tout proche du quartier général, ne voulant pas s'attirer de problèmes en arrivant dans une zones potentiellement pleine de moldus.
-Ouais, c'est vrai, c'est bizarre, approuva Ron. Ça aurait été plus rapide.
-Il devait avoir ses raisons, assura Hermione.
Elle tenait la main de Ron et paraissait tellement rêveuse qu'il aurait été difficile de dire qui d'elle ou de Luna était la plus dans la Lune.
-Ses raisons ?! Hermione... C'est un oiseau !
-Et alors ? Les phénix sont très intelligents ! Il pourrait très bien avoir réussit à faire fonctionner la substance visqueuse qu'il a dans la tête et qu'on appelle communément « un cerveau ».
-Ouais... Bon... Ne vous disputez pas, de toute façon, nous ne le saurons sans doute jamais, alors... dit Harry en souriant à la vue de la porte du 12 qui apparaissait entre le 11 et le 13.
Il se fit la réflexion que sourire en s'apprêtant à rentrer dans une maison sinistre, celle-là même où Sirius avait dû rester cloîtré la dernière année de sa vie, celle qui était devenu le logement de deux des personnes qu'il aimait le moins sur cette terre, celle où il passait ses journées à se plonger dans des recherches ennuyeuses, était tout de même bien étrange. Pourtant, plus il y pensait et moins il arrivait à s'en empêcher. Il n'aimait pas cette maison, mais elle était devenu pour lui le symbole de l'espoir qu'un jour, plus personne n'aurait à rentrer dedans, parce que plus personne n'aurait à combattre Voldemort.
La petite troupe, joyeuse et bruyante, rentra d'un pas allègre dans le hall, heureux d'être de nouveau tous ensemble, réunis, au grand complet. Ginny, qui s'était glissée directement dans le salon, ressortit presque aussitôt à pas feutrés.
-Hermione ! souffla-t-elle. Hermione, tu as ton appareil photo ?
-Mon... Euh, oui, il est en haut, dans ma chambre, répondit Hermione avec surprise. Mais pourquoi...
-Parce que ! Ne faites pas de bruit en entrant dans le salon ! Je ne veux surtout pas les rater !
-Quoi ? Mais...
Ginny avait déjà disparu dans les étages. Ils l'entendirent fouiller rapidement dans la chambre d'Hermione avant de redescendre, toute essoufflée, un sourire malicieux sur le visage. Elle rentra de nouveau dans la pièce, suivit cette fois par tous ses amis. Ils s'approchèrent du cercle de fauteuils et comprirent cette fois ce que Ginny « ne voulait surtout pas rater ». Amusés, ils regardèrent Remus, Timothy et Tonks, endormis sur le tapis encombré de jouets en tous genres.
CHLIC ! Ginny photographia le trio de dormeurs et le léger bruit réveilla Remus en sursaut.
-Surprise ! sourit Ginny. Bien dormit ?
-A merveille, répondit-il, sans embarra.
-Mmmm... marmonna Tonks en se réveillant et en s'étirant de tout son long. Ben... Qu'est-ce que vous faites tous là ?
-Ils jouent les paparazzi, répondit Remus tandis que la demi-douzaine de jeunes s'éparpillaient dans la pièce pour préparer le repas, un rien moqueurs. Bon, c'est pas tout, mais il faut que je me lève, moi, soupira-t-il en regardant le petit bonhomme qui dormait toujours comme un bienheureux.
Tonks réveilla doucement Timothy ; de toute façon, ils allaient bientôt manger.
-A table, les tourtereaux ! s'écria Ginny en arrivant avec une pile d'assiettes que Neville disposa d'un geste de la baguette.
-Hum ! Je me demande à qui tu parles, ironisa Tonks en visant Harry qui venait de s'asseoir à coté d'elle et Hermione et Ron qui se chatouillaient en sortant de la cuisine, faisant dangereusement osciller la cruche à eau et la panière à pain qui arrivèrent pourtant à bon port sur la table. Ginny ne répondit pas, croisa le regard de Harry et se mordit le poing pour ne pas rire en regardant Lupin qui faisait maintenant sauter Timothy dans les airs, avant de l'assoire sur une chaise haute que Tonks venait de faire apparaître. Ils commencèrent à manger, tandis que Remus, assit juste à coté du bébé, déployait des trésors d'imagination pour lui faire avaler sa purée qu'il n'avait visiblement pas très envie de manger. Harry, Luna, Neville, Ginny, Ron, Tonks et Hermione s'efforcèrent quelques instants de ne pas rire, mais... deux minutes après, ils étaient tous écroulés sur la table alors que Remus et Timy relevaient tout deux la tête, l'air aussi surprit l'un que l'autre, Remus ayant toujours le bras levé avec une petite cuillère pleine de purée à qui il faisait faire une brillante imitation d'un balais volant.
-Riez autant que vous voulez. De toute façon, James était pire, assura Remus en les regardant s'esclaffer.
-Ah bon ? dit Harry en s'efforçant de reprendre son sérieux.
-Oh, oui ! Tu avais horreur des petits pois, je m'en souviens très bien. Du coup, James s'arrangeait toujours pour se rendre tellement ridicule que tu le regardais avec des yeux ronds en oubliant de protester sur ce que contenait ton assiette. Lorsque nous dînions avec vous, Sirius était toujours hilare ! Une fois, il riait tellement qu'il est tombé de sa chaise. Il s'est fait une entorse au poignet mais ça ne l'empêchait pas de continuer à hurler de rire, écroulé sur le tapis de la salle à manger !
Tout le monde se remit à rire à l'évocation de ce souvenir cocasse.
-Sirius n'arrêtait pas de se moquer de ton père, se rappela Remus, pensif et heureux d'évoquer ce temps hélas bien révolu. Il répétait sans cesse que James était devenu un tel imbécile qu'il fallait l'inscrire dans le grimoire des records. James se défendait en lui disant « Attends un peu que ça t'arrive ! ». Et Sirius ricanait, assurant que vu ce que le mariage et la paternité avait fait à James, lui – Sirius – n'était pas près d'essayer ! Mais une fois, alors que nous étions invités pour le week-end, James et moi sommes sortis quelques instants pour acheter je ne sais plus quoi. Lily était chez une amie. Lorsque nous sommes revenus tous les deux, Sirius avait un bonnet à oreilles de chats sur la tête et il te racontait une histoire visiblement passionnante en agitant une marionnette et un nounours devant toi. Je crois que je n'ai jamais vu James rire autant.
Harry faillit s'étouffer de rire en avalant sa bouchée de rosbif. Il imaginait très bien la tête de Sirius en se faisant surprendre aussi bêtement en train de faire de grands gestes ridicules devant un bébé – humiliation suprême ! Harry se sentit curieusement le c½ur léger à l'évocation de cette petite scène de tous les jours entre lui, ses parents et son parrain, du temps où ils étaient tous de ce monde.
-Et alors, demanda Ron avec intérêt, est-ce que Sirius s'en est remit ?
-Oh, oui ! Mais il lui a fallu un peu de temps. Il a quasiment supplié James de ne rien dire à Lily. Quand elle est rentré, Sirius était dans ses petits souliers, de crainte que James « oublie » leur marché et Lily n'a jamais comprit pourquoi il avait été si serviable, ce soir là.
Ils y eux de nouveaux rires ; la soirée n'aurait pu être plus agréable, songeait Harry. Il était là, entouré par les personnes qu'il aimait le plus, riant de souvenirs qui impliquait les autres qu'il avait aimé, avec bonne humeur, détente, amusement... Soulagement et bonheur d'être tous en vie, satisfaction d'avoir franchi un pas de plus vers la destruction du Mal... Oui, décidément, c'était une très bonne soirée.
Un peu plus tard ce soir là, alors que Remus et Tonks étaient tous deux parti ramener Timothy à ses parents et que Neville, Luna, Hermione, Ginny et Ron était tous montés à l'étage, Harry resta là, dans le salon, allongé sur le canapé, pensant à tout ce qu'ils avaient réussi, à tout ce qui les attendait... Il était inquiet, bien sûr, mais plus pour ses amis que pour lui-même. A propos de lui, il se sentait... Serein. Voilà. C'était ça. Il savait que, quoi qu'il arrive, cela ce produirait, point. S'il devait mourir, il mourrait. Mais il emmènerait Voldemort avec lui, ça il le savait mieux que quiconque. En attendant, il n'y avait pas lieu de s'inquiéter. Pas tout de suite. Pas maintenant...

Ginny rentra dans le salon d'un bon pas et fut surprise de ne pas voir Harry. Elle s'attendait à ce qu'il soit là ; sinon, où aurait-il bien pu être ?
-Harry ?...
Elle s'approcha de la cheminée et s'arrêta en souriant devant le canapé. Harry dormait profondément. Décidément, c'était la soirée ! Ginny s'assit sans bruit à coté de lui, se pencha et l'embrassa. Lorsqu'elle releva la tête, Harry s'était réveillé et la regardait aussi.
-D'ordinaire, murmura-t-il, c'est plutôt le prince charmant qui embrasse la belle endormie. Pas le contraire...
Ginny eut un sourire.
-Comme quoi, les temps changent, répondit-elle simplement.
Harry se redressa et s'assit à coté d'elle.
-Ginny, tu sais quel est mon point de vue sur... notre relation ...
-Oui, Harry, je sais. Je sais que tu ne veux pas qu'il m'arrive quelque chose, je sais que tu as peur que je sois en danger si je te suis. Je sais que tu te tracasses déjà beaucoup à propos de Ron et Hermione et que tu ne veux pas que je meure prématurément. Seulement, j'ai l'impression que tu oublies que, moi aussi, je suis inquiète pour toi. Et moi aussi, je ne veux pas qu'il t'arrive quelque chose. Je sais que tu ne souhaite que mon bonheur, mais voilà, mon bonheur ne peut et ne pourra jamais être complet sans toi. J'ai besoin de toi. Tu voudrais que je t'oublie, que je retourne à Poudlard et que je n'y pense plus ? Malheureusement, c'est impossible. Plus le temps passe et moins j'arrive à t'oublier. Alors, même si je ne suis pas majeur et tout le tintouin, je resterais avec toi, avec le seul de mes frère avec qui je peux rester, avec Hermione qui a toujours été une sorte de grande s½ur pour moi, avec Neville et Luna, mes vieux amis, ici, jusqu'à ce que tout soit terminé. Quoi qu'il ce passe, je trouverais un moyen de rester, que ça te plaise ou non.
-Ginny... Tu sais que je t'aime, je sais que tu le sais. Moi aussi, mon plus grand souhait est de te voir rester avec moi. Moi aussi, j'ai du mal rester sans toi, mais... Ce n'est pas qu'une question de périls plus ou moins grands. Voldemort sais manipuler les gens, et Sirius est déjà mort parce que je croyait qu'il était en danger... Il n'a aucun scrupule, il se servirait de toi pour me faire venir, s'il savait... Je ne peux pas me permettre de te faire prendre ce risque.
-Je comprends, Harry. Tu as peur que... que Voldemort se serve de moi comme un appât pour t'atteindre. C'est normal. Mais, sincèrement, tu crois qu'il ne sais pas que tu m'aimes ?
Harry resta un instant sonné par les paroles de Ginny.
-Mais...
-Harry ! Tu es la personne la plus célèbre de toute la Grande Bretagne sorcière ! Tout le monde à l'école connaissait le moindre de tes faits et gestes, la moitié des filles de Poudlard voulait sortir avec toi quand tu étais élève ! Et moi, je suis assez populaire. Tout le monde savait qu'on sortait ensemble. Si ça ce trouve, Malfoy savait. Rogue savait. Toute la bande des Serpentard/fils de Mangemorts savait. Tu es l'ennemi public n°1, pour eux. Tu penses vraiment que Voldemort n'en a jamais rien su ? Qu'ils ne lui ont pas dit ? Que ça n'a pas fini par atterrir dans son oreille ? Moi, je pense que si. Il y a forcément eu des rumeurs là-dessus. Et regarde, Harry : Quand nous sommes allés chercher Sirius au ministère, tu le croyais en danger parce que tu ne savais pas ce que cherchait Voldemort, parce que tu ne savais pas où était Sirius, parce que vous étiez séparés par des centaines de kilomètres. Imagine que Voldemort cherche à m'utiliser. Comment va-t-il faire pour te faire croire je-ne-sais-quoi, si je suis juste à coté de toi ? Alors qu'il lui sera plus facile de te faire croire que je suis en danger si tu n'as aucun moyen de me joindre.
Harry baissa la tête. C'était logique, tout ce qu'il y avait de plus logique.
-Crois moi, Harry, insista doucement Ginny. Il vaut bien mieux être ensemble, il vaut bien mieux savoir ce qui ce passe pour tout le monde, que d'être séparé, sans rien connaître des projets des uns et des autres. Ce n'est pas ce que répétait Dumbledore, McGonagall, le Choipeaux des fondateurs ? « Rester unis face à l'adversité » ?
-Si, soupira Harry, et je ne peux pas prétendre que je ne suis pas heureux de suivre leur conseil... Egoïstement, je serais ravi que tu reste, et Neville et Luna aussi. Ça me fait plaisir que vous soyez tous là. Mais... Tes parents ? Qu'est-ce que tu en fais ? Ils ne serons jamais d'accord ! Et puis, en dehors de Poudlard, tu n'as pas le droit de faire de magie.
-Oh, ça, c'est très théorique ! Entourée par une multitude de sorciers adultes, je peux me servir de la magie sans que personne ne puisse dire que c'est moi qui l'ai fait. Et puis, pour mes parents... Je compte sur toi pour m'épauler, dit-elle avec un petit sourire. De toute façon, même si nous n'en avons pas vraiment parlé, je crois que Ron et Hermione sont d'accord pour que nous restions avec vous, Neville, Luna et moi. D'ailleurs, Hermione viens de préparer une chambre à coté de la tienne et celle de Ron pour Neville, et une chambre double en face, là où elle et Tonks ont leurs chambres. Evidemment, ça fait moins de chambres d'amis – plus que deux au premier et trois au deuxième. Mais bon...
Harry eu un petit sourire.
-En d'autres termes, tu as tout arrangé ?
Ginny hocha vigoureusement la tête.
-Bon. Je n'ai plus qu'à m'incliner, alors !
Ils rirent, puis Harry la prit dans ses bras et l'embrassa, comme pour sceller leur accord.
-Eh, Hermione ! Brama la voix narquoise de Ron. Je crois qu'on va avoir besoin de l'appareil photo !
Ils se retournèrent, à la fois frustrés et amusés, pour voir que les quatre autres venaient de rentrer. Ron s'accouda sur le dos du canapé, entre eux deux.
-Alors, beau-frère, tout baigne ?
-Impec, fréro, rétorqua Harry, néanmoins touché par le « beau-frère » spontané de son vieil ami(et pourtant très symbolique quand on connaissait l'attachement de Ron pour sa s½ur et son irritation lorsqu'elle sortait avec quelqu'un).
Harry attrapa Ginny et l'assit sur ses genoux, appuyé contre l'accoudoir droit, tandis que Ron venait s'assoire de l'autre coté, un sourire goguenard aux coins des lèvres. Hermione se percha comme d'ordinaire sur l'autre accoudoir, tandis que Luna et Neville s'asseyaient chacun dans un fauteuil.
-Bon, alors, c'est pas le tout, reprit Ron, il faudrait peut-être qu'on se penche sur la façon dont on va s'y prendre pour convaincre les parents de vous laisser rester.
Hermione se retourna vivement vers lui.
-Ron, il n'est pas question que AAAARGH !
Ron venait de l'attraper par la taille et de la faire glisser sur ses genoux.
-Là ! dit-il avec satisfaction. Tu seras beaucoup mieux ici. Et pour en revenir à ce que nous disions, je pense, Hermione, que tu auras comprit en voyant nos voisins de droite – il fit un signe de tête vers Ginny et Harry qui riaient juste à coté – que ma charmante petite s½ur n'a... pas très envie de repartir, je pense...
-Pas vraiment, non... ironisa Ginny
-Et que Harry n'a pas l'air farouchement opposé...
-Bah... Eluda l'intéressé
-Et pour finir, que Neville et Luna sont majeur, et qui plus est dans le secret. Donc, déduction...
-... Il va falloir trouver de très bons arguments pour convaincre Mme Weasley. Oui, je vois, marmonna Hermione en poussant un grand soupir.
-Dites, intervint Harry, je me permet d'insister : vous avez pu constater que nous ne partons pas en promenades de santé ; C'est dangereux, et pour être franc, j'estime que nous avons été jusqu'ici plutôt chanceux. Vous pouvez mourir, dans cette histoire. Je tiens à ce que vous sachiez que personne ne vous tiendra rigueur si vous décidez, maintenant où à n'importe quel moment, de repartir à Poudlard. Que ce soit clair entre nous ; je ne suis pas en train de vous dire « choisissez maintenant et une bonne fois pour toute ». Au contraire. Vous êtes libres de faire demi-tour à n'importe quel moment, Ok ?
-Oui, Harry, répondit patiemment Ginny.
-D'accord, Harry, dit également Neville, hochant la tête d'un air grave.
-C'est Ok, conclu Luna.
-Pour vous aussi ? ajouta Harry en se tournant vers Ron et Hermione.
-Oui, c'est promit.
-Entendu, vieux.
-Bon.
Il y eux un instant de silence.
-Mais qu'est-ce qu'on va bien pouvoir dire pour que maman me laisse rester ? lâcha brusquement Ginny, exprimant tout haut ses pensées et celles de Harry, Ron et Hermione par la même occasion.
CHLIC !
-HAHA ! Vengeance ! s'exclama Remus en surgissant brusquement de derrière le canapé, armé d'un appareil photo.
Il y eu un grand éclat de rire.
-Oh, professeur, c'est grave, là. Vous venez de retomber à l'age mental d'un ado de 17 ans !
-Ah, vraiment ? Et bien, puisque je suis sensé avoir 17 ans et puisque c'est la mode, autant faire comme tout le monde, dit-il en attrapant brusquement Tonks – qui se mit à hurler – dans ses bras et en se laissant tomber dans un fauteuil libre, la jeune femme sur ses genoux. Tout le monde se remit à rugire de rire.
-Alors, dit Remus plus sérieusement. Je suppose que vous restez, tout les trois ?
-Ben...
-Justement, c'était de ça qu'on parlait...
-Et naturellement, vous êtes très décidés à rester coûte que coûte. Je vois.
Il poussa un grand soupir.
-Ça ne me plais pas.
-Quoi donc ? demanda Ron en ayant une idée très précise de la réponse.
-Que vous partiez en guerre. Tout ceci est dangereux, vous avez tous déjà manqué à plusieurs reprises d'être tués, et vous êtes encore tellement jeunes... 17 ans, 18 ans, voir même seulement 16... C'est trop tôt, beaucoup trop tôt, pour de pareilles idioties... Il y a tellement d'autres choses à faire que se battre...
-C'est justement pour ça, Remus, intervint doucement Harry. Nous n'avons pas envie d'attendre que la guerre s'éternise ou finisse sans nous pour commencer à vivre. Nous avons des comptes à rendre, Neville et moi, des comptes que nous voulons rendre le plus vite possible pour éviter qu'ils ne nous détruisent à force de haine, de rage. Nous voulons pouvoir vivre en paix, nous voulons que d'autres puisse vivre en paix, après nous, même s'il nous faut pour cela mourir. Nous sommes conscient de jouer gros, nous sommes conscient d'avoir beaucoup à perdre. Mais il y a des fois où il faut savoir faire des choix. Nous jouons le quitte ou double, c'est vrai, et nous misons notre vie et bien plus encore dans ce jeu. Mais nous ne sommes pas vraiment en vie, plutôt en survie. Et si nous gagnons, nous gagnerons bien plus que tout ce que nous pourrions avoir sans jouer. Qui ne tente rien n'a rien. Il faut savoir affronter sa peur pour la dépasser. Et ça, c'est vous qui me l'avez apprit.
Remus eu un sourire triste.
-J'aimerais pouvoir vous faire changer d'avis, même si je sais en mon fort intérieur que vous avez raison. Quand on regarde bien, j'ai eu beaucoup de chance, dans ma vie. Vous, votre vie commence à peine ; je ne vous considère pas comme trop jeunes car trop immatures ou inexpérimentés, non, bien au contraire, je vous trouve juste trop jeune parce que vous commencez à peine à entrevoir la vie et déjà, vous n'en voyez que le pire coté, et peut-être n'aurez vous pas le temps d'en voir autre chose.
-Nous faisons ce que nous pouvons pour qu'un jour, nous puissions tous le découvrir, murmura Hermione. Ou pour que d'autres n'aient pas à faire comme nous. C'est tout ce que nous pouvons faire.
-Et de toute façon, ajouta tristement Ginny, même si nous disions tous « je laisse tomber, débrouillez vous sans moi », nous ne serions pas sortit d'affaire. Tous les six, nous sommes déjà connu – et haït – par Voldemort et ses sous-fifres. On a pas vraiment le choix. Soit on laisse tomber la bataille, mais eux nous poursuivrons toujours – et vivre dans la hantise qu'un Mangemort surgisse derrière soi à chaque instant, c'est pire que la mort – soit c'est nous qui les pourchassons. Dans tous les cas, affrontement. Alors, autant être prêt. Autant faire partit du groupe des poursuivants.
-Oui, bien sûr... soupira Remus.
Un sanglot étouffé s'éleva derrière eux. D'un même mouvement, ils se retournèrent, se levèrent et regardèrent Mr et Mme Weasley qui, les larmes aux yeux, avaient tout entendu.
-Maman !... s'exclama Ginny sans trouver autre chose à dire, mal à l'aise.
-Oh, Ginny !... Ma petite chérie !...
Mme Weasley la serra dans ses bras, pleurant toutes les larmes de son corps tandis que Mr Weasley posait gravement une main sur l'épaule de son fils.
-Papa, je suis désolé... bredouilla Ron, inquiet de ce que son père allait dire. J'ai essayé de l'empêcher, mais... Tu la connais, elle est tellement têtue... Et puis dans le fond... Je crois qu'elle a raison. Autant être prêt.
-Ne t'inquiètes pas, mon garçon.
Il y eu un moment de silence gêné.
-Je... je crois qu'on va vous laisser, murmura Tonks en s'éclipsant discrètement avec Remus.
Mr Weasley hocha la tête avec reconnaissance. Dés que la porte fut refermée, le silence s'installa à nouveau, enflant comme une bulle baveuse, devenant affreusement lourd, gélatineux.
-Mr Weasley... Commença Harry, décidé à dire quelque chose pour excuser Ginny et la soutenir comme il lui avait promit.
-Toi non plus, ne t'inquiète pas, Harry, coupa le père de la jeune fille. Je sais que vous avez tout fait pour protéger Ginny – ainsi que Luna et Neville – de tout danger. Molly et moi, nous venons juste d'entrer, et nous avons entendu votre conversation. La raison pour laquelle nous n'avons pas pu venir plus tôt est que nous n'étions pas là, mais...
-Mission pour l'Ordre ? demanda Ginny.
-Oui, mission pour l'Ordre, acquiesça-t-il. Remus et Minerva nous ont tous les deux écrit une lettre d'explication pour nous prévenir de l'endroit où vous étiez.
-J'ai écrit à papa, sans lui donner de détails, mais pour qu'il soit au courant, dit Luna. Il n'est pas absolument enchanté que je quitte l'école pour faire quelque chose de dangereux, mais il dit que c'est moi qui décide.
-Et ma grand-mère n'est pas d'accord du tout avec ce que je veux faire, mais je suis majeur et je ne retournerais pas à Poudlard, décréta fermement Neville.
Mr Weasley les regarda avec un sourire à la fois réprobateur et chaleureux.
-A l'origine, bredouilla Mme Weasley en s'essuyant les yeux, nous étions décidés à venir chercher Ginny pour la faire rentrer à la maison en vitesse, mais...
-... Nous vous avons entendu parler en des termes si justes que...
-Papa, maman, dit Ginny, vous devez savoir une chose : je ne fais pas ça pour braver les interdits, me retrouver avec mes amis ou je ne sais quoi. Je veux juste... Faire ce que je peux. Je... Je suis désolée de vous dire ça, mais même si vous me forcez à revenir à Poudlard ou à la maison, je... Je partirais. Je sais que c'est ici que je dois être, désormais, j'ai l'intime conviction que nous serons tous plus en danger si nous persistons à rester loin les uns des autres, et... et je sais que je suis capable de tenir le coup. Ce sera dur, sans doute, et dangereux, mais à quoi bon se voiler la face ? Un jour ou l'autre, je serais confrontée à cette guerre et je préfère que cela ce fasse maintenant, alors que je suis bien entourée, que je m'y attends, plutôt que d'être prise par surprise, toute seule, loin de ma famille et de mes amis...
-Oui, je comprends. J'ai très peur pour vous tous, soupira Mr Weasley, mais je m'aperçois que je ne peux pas vraiment vous protéger, que ce soit en vous envoyant à Poudlard ou en vous gardant de force à la maison. C'est presque ici, au square Grimmaurd, que vous êtes le plus en sûreté.
Il se tourna vers son fils et le regarda avec un grand sérieux.
-Ron, dit-il à voix presque basse, je ne veux pas te céder des responsabilités que je suis plus en mesure de prendre, mais je te demande – et à toi aussi, Harry, si tu veux bien – de veiller sur ta s½ur autant que tu peux.
Il y eu un instant de silence grave.
-Tu peux compter sur moi, papa, promit Ron.
-Et sur moi aussi, Mr Weasley. Je vous le jure.
Ils se donnèrent une solennelle poignée de main. Ron inspira profondément. Une telle marque de confiance, de respect et d'estime venant de son père le touchait profondément. Pour la première fois, il eu le sentiment qu'il était désormais son égal, et plus seulement son fils. Quant à Harry, il était lui aussi très touché que Mr Weasley le considère, d'une certaine manière, comme l'un de ses enfants.
-Et toi, Ginny, je sais que tu es indépendante et que tu n'aimes pas être dirigée, mais je te demande de ne pas t'opposer à ce que te dirons ton frère et Harry, parce que je sais que s'il t'ordonnerons quelque chose, ce sera pour une bonne raison.
-Oui papa. C'est d'accord.
Ils se regardèrent tous. Dans les yeux de Mr Weasley, il y avait beaucoup de tendresse et de fierté de ses enfants.
-Oh, Ginny, promet moi d'être prudente ! Et vous aussi, Ron, Harry, Hermione, Luna et Neville ! implora Mme Weasley en les prenant dans ses bras.
Ils se serrèrent tous dans les bras les uns des autres, Mme Weasley s'efforçant de ne pas pleurer, Hermione, Luna et Neville émus de cette discussion poignante, Harry, Ron et Ginny très conscient d'avoir grandit dans leurs c½urs et dans leurs esprits.

Le lendemain matin, lorsqu'ils se retrouvèrent tous devant leur petit déjeuner, ils restèrent plongés dans un silence plein de sentiments contradictoires, heureux, triste, soulagé, inquiet, pensif, déterminé... Mr et Mme Weasley étaient repartis la veille au soir, après avoir parlés longtemps avec la demi-douzaine de jeunes. Il avait été très difficile de se séparer, car, tous, ne pouvaient s'empêcher de penser qu'un cap avait été franchit, et que c'était là un point de non-retour. Aussi, ce matin, étaient-ils encore très sérieux. Le calme ne fut rompu que lorsque Remus rentra dans la pièce, suivit par Malfoy, qui avaient tout les deux l'air aussi pensifs que les autres.
-Bonjour Remus. Vous n'auriez pas vu Luna ? demanda Hermione en regardant machinalement vers la porte. Je ne l'ai pas vu de toute la matinée, mais Ginny dit qu'elle n'est plus dans leur chambre.
-Mmm, je ne l'ai pas vu mais je crois qu'elle est avec Tonks, dans la salle de bain.
-Dans la salle de bain ? répéta Ron, ahurit. Ben... Pourquoi donc ?
-Je n'en ai pas la moindre idée, assura Remus en dépliant un exemplaire de La Gazette. Tout ce que je sais, c'est qu'il est vaguement question de fer à friser, mais ne me demandez pas pourquoi.
-Euh... d'accord, bredouilla Ron.
Il n'eu pas le temps d'aller plus loin.
La porte venait de s'ouvrir à la volée et Tonks entrait en houspillant Luna.
-Aller, viens ! Tu es superbe, comme ça, ne soit donc pas timide ! gronda-t-elle gentiment en la tirant de force à l'intérieur de la pièce.
Ce fut aussitôt un concert d'exclamations enthousiastes : Tonks avait complètement relooqué Luna, qui abordait désormais un style tout aussi insolite qu'avant, avec son T-shirt moulant à rayures multicolores, son jean baggy très large et couvert de rapiéçages décoratifs dans tous les tons de jean et son gilet vert vif, mais néanmoins beaucoup plus avantageux, faisant ressortir le bleu de ses yeux et soulignant sa taille. De plus, tout le monde comprit soudain pourquoi il était question de fer à friser : les cheveux de Luna n'était plus sales et emmêlés, mais au contraire brillants et lisses, proprement coupés. Du coté droit d'une raie en zigzag, Tonks lui avait fait deux petites tresses africaines chacune complétée de deux perles colorées. A gauche, un dégradé inversé se terminait par une longue mèche de cheveux bouclés. Luna était méconnaissable. Naturelle, originale et pourtant très jolie, elle eu un sourire timide devant les acclamations de ses amis. Harry donna un coup de coude à Ron et lui désigna Malfoy d'un discret signe de tête : La bouche entrouverte, les yeux écarquillés comme s'il était hypnotisé, lui aussi semblait beaucoup apprécier le nouveau look de Luna !
Quant à Remus, il les regardaient tous, les uns après les autres, un léger sourire en coin.
-Bon, dit-il, et bien, à ce que je vois, le trio d'inséparables double. Revoilà à la vieille équipe de casses-cous du ministère.
Harry et lui échangèrent un regard entendu. Oui, pensa Harry, c'était un excellent résumé de la situation. « L'AD de terrain », si l'on pouvait l'appeler ainsi, était de retour, prête à l'action – et il y en aurait à revendre, sans l'ombre d'un doute.

# Posté le jeudi 28 décembre 2006 18:53

Fan Fiction - Volume 7 - Le Triomphe du Coeur - Chapitre 19 .

Fan Fiction - Volume 7 - Le Triomphe du Coeur - Chapitre 19 .
Chapitre 19 - Le prince déchu

Le petit déjeuner se termina dans la bonne humeur et Ron, Harry et Hermione décidèrent d'un commun accord que puisque Neville, Luna et Ginny étaient dans le secret, il devenait préférable de les mettre au courant de tout ce qu'ils connaissaient sur Voldemort. Ils tinrent donc un conciliabule de plusieurs heures à voix basse dans la chambre de Harry. Au milieux de la matinée, Remus toqua à la porte pour leur annoncer que, Tonks étant au bureau, ils allaient rester seuls avec Malfoy et Rogue au 12 puisqu'il partait lui-même à Poudlard pour une réunion de l'Ordre. Un peu plus tard, Harry descendit discrètement pour sortir avec précaution les deux autres Horcruxes en leur possession, les montrant à leurs amis. Ginny eu un frémissement d'horreur lorsque Ron et Hermione lui expliquèrent exactement ce qu'était un Horcruxe et comment Jedusort avait pu l'envoûter lors de sa première année au collège. Lorsqu'ils eurent enfin fini de raconter plus d'un an de péripéties et de souvenirs divers, il était largement temps de déjeuner et c'est ce qu'ils firent après avoir soigneusement rangés les désormais trois Horcruxes. L'après-midi, Ron proposa une séance d'entraînement qui, dit-il, ne ferait de mal à personne ; Initiative chaudement approuvée par toute la petite troupe. Ils roulèrent les tapis, mirent à l'abris les objets fragiles et arrangèrent le salon de telle sorte qu'il devienne une véritable salle de combat dont les meubles ne gêneraient pas mais pourraient le cas échéant former des retraites pratiques pour les attaques par surprise. Harry ne tarda pas à voir que les réunions de l'AD continuaient d'avoir lieu régulièrement à Poudlard et qu'elles portaient leur fruits, étant donné l'adresse dont faisait preuve les trois « nouveaux ». Pendant presque deux heures, ils organisèrent de véritables duels, variant les équipes et se plaçant en situation de danger, tel que un contre deux, deux contre trois, ou trois ennemis qui devait donc combattre chacun leurs deux adversaires. Tous les coups étaient permis, sauf naturellement les trois sortilèges impardonnable et le « Sectumsempra ». Pour corser la difficulté, ils s'entraînèrent une ou deux fois dans le noir quasi-complet. Hermione avait trouvé par hasard au cour d'une de ses recherches un sortilège de protection très pratique quoique extrêmement difficile à invoquer : le double bouclier d'attache. C'était un dérivé du charme du bouclier, sauf qu'il créait deux bouclier et qu'il pouvait arrêter presque tous les sortilèges, même les plus puissants. En lançant une incantation délicate, s'il était correctement exécuté avec en même temps un délicat mouvement de baguette mais aussi de tout le reste du corps, on se retrouvait avec un bouclier magique fixé à chaque bras. Ces boucliers protégeaient complètement tout ce qu'il y avait derrière d'au moins un sortilège, parfois deux si le sortilège d'attaque n'était pas trop puissant et le créateur du sortilège assez habile. L'avantage était que, même s'il était difficile de les faire apparaître, on avait directement deux protections pour une seule formule, ce qui permettait de prendre de l'avance. Seule Hermione réussit à le maîtriser totalement. Luna, Ron et Ginny n'y parvinrent absolument pas et Neville et Harry réussirent seulement à faire apparaître un seul des deux bouclier – et encore, ils paraissaient bien faibles. Après une courte pause goûter, ils reprirent l'entraînement. Harry était en plein combat contre Ron et Luna qui venait d'en découdre avec Ginny – Ginny avait jouée de malchance, elle avait glissée sur un bouchon de liège de Pattenrond – lorsque la porte s'ouvrit et Malfoy évita de justesse un sortilège de furonculose initialement destiné à Luna.
-Eh ! Du calme ! s'exclama Malfoy en entrant prudemment dans la pièce et en vérifiant que personne d'autre ne s'apprêtait à lui envoyer un sortilège en plein visage.
-Qu'est-ce que tu fais là en plein milieu de l'après-midi ? demanda assez sèchement Ginny en s'approchant de lui, rejetant ses longs cheveux derrière elle.
-Du calme ! répéta-t-il. Je venais simplement voir ce qui ce passait, ça fait des heures que j'entant du bruit, ici. J'ai encore le droit de franchir le seuil de cette porte, non ? Au fait, qu'est-ce que vous fabriquez ?
Ils échangèrent un bref regard.
-On s'entraîne au combat, répondit enfin Hermione. C'est toujours utile. Surtout pour nous.
-Pourquoi « surtout pour vous » ? demanda Malfoy en fronçant les sourcils
Harry leva les yeux au ciel.
-Je ne sais pas si tu as remarqué, mais je ne suis pas très bien vu dans les rangs des Mangemorts. Ils ne te l'on pas dit, lors de ta formation ? ajouta-t-il ironiquement. En fait, mes amis ne sont pas non-plus très appréciés, là-bas. Donc, comme ils ont une nette tendance à vouloir nous descendre, mieux vaut avoir un peu de reflex. Et puis, si on s'entre-tue, ça leur fera du boulot en moins.
-Aha, répondit Malfoy avec le même air dégagé. Mais, dites-moi, si j'ai bien comprit, vous cherchez des adversaires... Je peux peut-être vous dépanner ?
-Pardon ?
-Tu as bien entendu, Potter. J'aimerai bien jouer avec vous. Surtout avec vous comme punching-ball.
-Oh. Je vois. Ça te manque, de te faire massacrer, ricana Ron.
-Je ne te parlais pas, Weasley. Je ne m'adresse pas à la racaille.
Ron et Ginny levèrent leurs baguettes en même temps.
-Non ! s'écrièrent Hermione et Harry.
Harry incendia Malfoy du regard et s'approcha de Ron, par prudence.
-C'est ce qu'il cherche, dit Hermione en s'avançant à son tour. Ne l'attaquez pas, il ne demande que ça.
-Attaquer sous la colère est le plus bête suicide, énonça tranquillement Luna. Et la provocation est le plus stupide orgueil.
A la grande surprise de toutes les personnes présentes, Malfoy ne répondit pas et rougit légèrement.
-D'accord ! décréta brusquement Harry pour éviter que Ginny ou Ron ne perdent leur sang froid. Tu vas « jouer » avec nous, puisque tu en as tellement envie !
Harry se tourna vers Ron.
-Où est sa baguette ? Tu te souviens où on les a mises ?
-Ouais, grinça Ron en quittant son ennemis des yeux avec effort. Attends, je vais les chercher.
Il fit tourner sa baguette au dessus de sa tête et l'instant d'après, les deux fins morceaux de bois appartenant à Rogue et Malfoy stoppèrent devant lui.
-J'espère que tu sais ce que tu fais en lui laissant une baguette en main, Harry, intervint Ginny, qui gardait les bras croisés dans une attitude de défi
-Bah ! Je ne m'inquiète pas, de toute façon, il ne veut pas sortir d'ici.
-C'est toi qui le dit !
-Et c'est lui qui le pense. Ne t'en fais pas, Ginny, dit Harry en glissant la baguette de Rogue contre sa jambe droite, la pointe dans sa chaussette pour avoir les mains libres.
Il se tourna vers Malfoy.
-Règle numéro une, pas de sortilèges impardonnables ni de « Sectumsempra » - au fait, je m'excuse de t'avoir amoché avec ce sort ; je ne connaissais pas ses effets – dit Harry en lui tendant sa baguette.
-Ben tiens ! Je vais te croire ! grinça Malfoy en refermant les doigts sur le manche souple de sa baguette qu'il n'avait pas tenu en main depuis plusieurs mois.
-C'est la vérité, assura Harry. Libre à toi de ne pas me croire, mais c'est vrai. Règle n° 2, ajouta-t-il pour clore le sujet et revenir à l'ordre du moment, je t'attaque, tu m'attaques, et personne d'autre ne se mêle au duel. Pas d'attaque surprise de ou sur quelqu'un d'autre dans cette pièce. Vu ?
-Enregistré.
-Parfait.
Ils s'écartèrent l'un de l'autre et prirent place chacun à un bout de la pièce tandis que les trois jeunes filles se mettaient hors d'atteinte avec Ron et Neville. Il y eu un instant de silence durant lequel ils s'observèrent droit dans les yeux, puis ce fut l'explosion.
-Expeliarmus !
-Flupulufo !
-Protego ! Impedimenta !
-Ricusempra !
-Locomotor Mortris !
-Incendio !
-Incarcerem !
-Tarentallegra !
-Stupéfix !
Harry cligna des yeux et para juste à temps un sortilège de migraine avant de repartir à l'attaque. Les maléfices volaient dans tous les sens, de plus en plus rapides, de plus en plus dangereux, de plus en plus puissants. Se courant après à travers toute la salle, les deux jeunes hommes firent s'effondrer la moitié du salon en continuant de combattre comme des forcenés.
-Eh ! Attention ! La Pensine ! s'écria Hermione alors que l'antique bassine de pierre manquait de tomber de l'étagère où elle était posée et que Harry venait de heurter par mégarde.
Rapidement, elle la posa sur une étagère plus élevée, espérant qu'elle serait ainsi plus à l'abri.
Enfin, après plusieurs minutes d'un duel acharné, Harry parvint à immobiliser Malfoy par un sortilège de saucisson.
-Vous vous y prenez comme un débutant, lança une voix froide et narquoise dans son dos.
Tout le monde – sauf Malfoy – se retourna un même mouvement. Rogue, bras croisés, nonchalamment appuyé contre l'encadrement de la porte, observait la scène d'un petit air railleur.
Il y eu un court silence.
-Cette remarque m'est destinée, je suppose ? s'enquit Harry sans se départir de son calme.
-A vrai dire, elle pouvait s'adresser à Drago également, assura Rogue en faisant un léger mouvement de tête en direction du garçon ficelé au sol. Mais vous êtes effectivement plus concerné, c'est exact.
Harry s'approcha de Malfoy, lui prit la baguette des mains et prononça l'anti-sort à mi-voix. Sitôt délivré, Malfoy se remit précipitamment debout et fit passer son regard de Harry à Rogue et de Rogue à Harry comme s'il ne savait quel parti prendre.
Harry ne quittait pas Rogue des yeux, faisant tourner machinalement la baguette de Malfoy entre ses doigts.
-Vous persistez à bavasser, criant vos sortilège bien fort pour être sûr que tout le monde ait entendu, sans chercher à faire le moindre effort pour fermer votre esprit, continua Rogue, toujours de cette voix méprisante et de ce petit sourire caustique. C'est proprement pitoyable. Votre père tout craché.
Harry sentit une bouffée de rage monter en lui mais s'efforça de la contenir. Il inspira fortement, profondément, pour faire redescendre le flux de haine et de colère presque palpable dans ses entrailles, sans se laisser submerger. D'accord. Attaquer sous la colère relève du suicide ; fermer son esprit ; se calmer ; D'accord. On allait voir ça. Harry se décida en une fraction de secondes. Ravalant sa hargne et son envie de hurler, il se força à garder un visage calme et à chantonner dans sa tête pendant qu'il se penchait et tirait la baguette de Rogue de sa chaussette.
Il y eu aussitôt un concert de cris et d'exclamations.
-Harry, non !
-Ne fais pas ça, Harry !
-Tu es cinglé ? Range ça tout de suite !
-Harry, arrête !
-Harry, c'est ça qu'il veut ! Tu joues son jeu !
-Non. Je joue le mien, dit calmement mais fermement Harry. Je veux vérifier quelque chose.
-Mais...
-Je sais ce que je fais, continua-t-il en tendant la baguette de Malfoy à Ron. Tu pourra la ranger, s'il te plais ?
-Harry...
-Je vous en pris, insista Harry en les regardant tous l'un après l'autre, l'air décidé. Je vous demande de nous laisser.
Indécis, ahuris, furieux, inquiets, ses cinq amis durent pourtant se résigner. Lentement, l'un après l'autre, Malfoy suivant Luna et Ginny la dernière, ils quittèrent la pièce, non sans lui jeter un dernier regard de mécontentement, d'inquiétude, de reproche, d'encouragement, aussi. Harry ne fit pas le moindre mouvement ; pas plus que Rogue, d'ailleurs, qui les regarda passer en file indienne à coté de lui pour sortir de la pièce. Dés que la porte fut refermée, Harry prit fermement sa baguette et lança celle de Rogue à son propriétaire. Rogue l'attrapa au vol d'un geste vif, se redressa lentement, le visage insondable, puis vint prendre la place qu'occupait Malfoy quelques minutes plus tôt.
-Bien, dit-il avec une certaine satisfaction.
Un mince sourire glissa sur son visage.
-Nous allons voir si vous avez fait des progrès...
Harry ne répondit pas.
« Ne te laisse pas avoir. Il va essayer de te chercher, il va tout faire pour que tu te foutes en rogne. Ne lui donne pas cette satisfaction, » se répétait-il en boucle dans son esprit. Et soudain, dans un éclair fulgurant, il se souvint qu'il avait déjà fait de l'occlumantie, bien avant que Dumbledore ne décide de lui faire prendre des cours. Et même si cela n'avait pas fonctionné à la perfection, sa propre méthode était beaucoup plus efficace que celle que Rogue avait essayé de lui apprendre. Durant six des sept jours qu'avaient duré le précédant séjour de la Tante Marge, ne s'était-il pas empêché de l'attaquer en se concentrant – non pas sur rien, c'était à se donner la migraine sans résultat – mais sur autre chose – le manuel d'entretien des balais – de façon à éviter toute prise à ce que disait cette affreuse bonne femme ? C'était cela, la solution. Harry saisit au vol la première chose qui lui passait par la tête (le nombre 39) et se focalisa de toute ses forces dessus, sans pour autant lâcher Rogue du regard. Il se concentrait autant qu'il le pouvait, le front plissé par l'effort, les yeux rivés sur Rogue.
« 39, 39, 39, 39.... »
-C'est fou ce que vous pouvez être aussi incompétent que votre père, Potter, commença Rogue d'une voix onctueuse.
« 39, 39, 39, 39, 39... »
Harry dirigeait toute la puissance mentale dont il était capable sur ce « 39 », le répétant sans cesse pour s'éviter de penser à autre chose, pour s'éviter de penser. Et petit à petit, il s'aperçu que cela fonctionnait. Il fixait Rogue sans ciller, prêt à l'attaquer ou à se défendre à tout moment, mais la musique du 39 occupait ses pensées, l'empêchant d'enregistrer exactement ce que disait Rogue, et empêchant ce dernier de pouvoir lire quoi que ce soit d'intéressant dans le cerveau de Harry. Harry eu un petit rire. Il y parvenait. Il se détachait de tout ce qui l'entourait, tout en restant très concentré. Et maintenant qu'il avait commencé, cela devenait de plus en plus facile ; presque drôle. Il sentait toute la haine qu'il éprouvait pour Rogue mais se focalisait uniquement sur ce chiffre idiot, qui ne voulait rien dire, mais qu'il enjolivait maintenant dans sa tête, le mettant en gras, puis en verts, puis avec des pois rouges, pour ne surtout, surtout pas entendre, pas comprendre, les piques que lui envoyait Rogue. Et sur le visage de celui-ci, le sourire disparaissait, faisant grandir celui de Harry. Tout d'un coup, Harry dévia toute sa concentration du chiffre 39 vers un sortilège de désarmement, à la vitesse de l'éclair, et un jet de lumière rouge jaillit de sa baguette. Rogue para le maléfice juste à temps avant de lancer à son tour un maléfice d'attaque. En quelques secondes, et sans qu'une parole n'ait été prononcée, une multitude d'éclairs de lumière se succédèrent, ne ratant leurs cibles mouvantes que de quelques centimètres. Il y eu une pause dans le combat.
-Pas mal, apprécia Rogue à voix basse. Il y a du mieux.
-On ravale ses sarcasmes, hein ? répliqua Harry sans se départir de son calme.
Il n'avait plus peur du tout. Maintenant qu'il parvenait à contrer l'esprit de Rogue et à lui fermer l'accès au sien, ils étaient quasiment à armes égales. Rogue vrilla son regard sur ses yeux et hurla
-Legilimens !
Le sort percuta Harry de plein fouet et la sensation bien connue de flottement le submergea soudain, avant que le décor ne change tout autour de lui. Mais cette fois, Harry était prêt. Sans laisser à Rogue le temps de fouiller sa mémoire, Harry se mit quasiment à hurler mentalement ce fameux 39, concentré de toutes ses forces, les dents serrées avec rage et... il vainquit le sortilège. Son cerveau grésillait, preuve que Rogue s'efforçait de percer ses défenses, mais Harry voyait son adversaire plus nettement que jamais. Il avait réussit ! Il l'avait repoussé ! Harry adressa un sourire rayonnant à Rogue qui paraissait désagréablement surprit de ne plus pouvoir dominer mentalement son adversaire.
-Si c'est vous qui régressez, vous feriez mieux de suivre un stage de remise à niveau, ironisa Harry. Vous perdez la main.
-Félicitations, siffla Rogue. Vous êtes en progrès... Peut-être que votre cas n'est pas aussi désespéré qu'il en a l'air, après tout ?
Il lui jeta un sortilège de réduction que Harry para de justesse avant d'être à nouveau attaqué mentalement. Harry se concentra tandis que le sortilège de legilimens le frappait une nouvelle fois. Puis, soudain, il l'entendit... tout au fond de sa tête, elle résonnait... Et il la reconnu aussitôt... La voix de sa mère. Quelques secondes avant qu'elle ne meure. Harry perdit pied, partagé entre son désir de vaincre et celui d'entendre nettement sa voix. Rester conscient ou replonger dans ses souvenirs, une épreuve à la fois terriblement éprouvante, et pourtant... Il avait si peu eu l'occasion de l'écouter... C'était plus fort que lui. Il voulait l'entendre. Il n'arrivait pas à s'en empêcher.

-Pas Harry, pas Harry, je vous en supplie, pas lui ! Je ferais ce que vous voudrez, mais ne tuez pas Harry...
-Pousse-toi, espèce d'idiote... allez, pousse-toi...
-Non, pas Harry, je vous en supplie, tuez-moi si vous voulez, tuez-moi à sa place...
Un rire démentiel... Une lumière verte éblouissante...

-NOOOOOOOOOOOOON !
Harry tituba ; les images revinrent, floues, indistinctes, mais au moins accommodé sur le présent.
-Maman, murmura-t-il, encore engourdi. Maman...
Il secoua la tête, le front ruisselant de sueur, pour essayer de revenir à la réalité. Il n'avait pas été le seul à hurler. Rogue avait poussé le même cri en même temps. Harry releva les yeux vers lui. Il avait lâché sa baguette. Les yeux baissés, ses cheveux noirs et gras dissimulant son visage, il tremblait de tous ses membres. Encore hébété, Harry ne parvint pas à comprendre ce qui n'allait pas. Puis, il réalisa que Rogue paraissait presque aussi bouleversé que lui. Pourquoi ? Pourquoi Rogue, si dédaigneux de la famille Potter, si méprisant face à « la petite sang-de-bourbe », réagissait-il de cette façon face à un simple souvenir ? Une fois de plus, Harry éprouva cette sensation d'approcher d'un mystère, sans pouvoir l'atteindre, sans pouvoir l'éclaircir... Cette sensation de courir derrière une forme étrange, et de rentrer dans le brouillard dés qu'il s'en approchait... Complètement réveillé, maintenant, Harry sentit s'infiltrer en lui une pensée absurde, ridicule... Pourtant... Derrière lui brillait une étrange clarté, mouvante, argentée, à laquelle il n'avait pas prêté attention jusqu'ici, mais qu'il identifiait désormais. Le brouillard... C'était la Pensine de Dumbledore. En un quart de seconde, Harry comprit où ce trouvait la réponse à ses questions. Cette fois, il en aurait le c½ur net. Il fallait qu'il sache. Il fallait qu'il comprenne, qu'il découvre ce que Rogue lui cachait depuis si longtemps et que Dumbledore ne lui avait jamais révélé. Il fit brusquement volte-face, s'avança résolument vers l'étagère et saisit la lourde bassine de pierre. Rogue releva la tête et le vit la poser sur la table.
-NON ! hurla-t-il en se précipitant pour attraper Harry et le tirer loin de la Pensine. NON ! LÂCHEZ-ÇA, LÂCHEZ-ÇA TOUT DE SUITE !
-FICHEZ LE CAMP ! FOUTEZ-MOI LA PAIX ! Rugit férocement Harry. LASHLABASK !
Rogue fut projeté à trois mètres de là en le lâchant brutalement. Déséquilibré, Harry glissa en arrière et tomba la tête la première dans les pensées ondulantes du récipient gravé de runes, en une longue, longue chute, entouré par l'obscurité glacée des souvenirs.

Harry s'étala de tout son long sur les dalles de pierres du hall d'entrée de Poudlard. Il se releva, tremblant légèrement, en se demandant ce qu'il fabriquait là lorsque apparurent les deux personnages clés de l'intrigue, les deux seuls détenteurs de la vérité. Dumbledore sortit d'un pas vif de la grande salle. Apparemment, il venait d'être interrompu dans un repas. Il eu à peine le temps de faire disparaître la serviette qu'il tenait encore en main d'un coup de baguette magique que la porte d'entrée s'ouvrit et que les professeurs McGonagall et Brulôpot – l'ancien professeur de soin aux créatures magiques – entraient, encadrant fermement un troisième personnage – Rogue. De toute évidence, il était beaucoup plus jeune. Il devait avoir dans les vingt ou vingt-cinq ans. Vu la façon dont il était escorté et tenu en joue, il n'était pas le bienvenu et Harry situa la date de cette scène aux alentours de sa naissance.
-Voilà, Mr le directeur, dit le professeur McGonagall en s'efforçant de maîtriser le tremblement de colère de sa voix. Voici l'individu qui souhaitait vous parler.
-Je vous remercie, Minerva, professeur Brulôpot. Vous pouvez disposer.
-Mr le directeur, si vous me permettez... commença la directrice adjointe.
-Ne vous inquiétez pas, Minerva. Je devrais me débrouiller.
Les deux professeurs disparurent dans la Grande Salle, non sans avoir jeté un regard méfiant à l'adresse de Rogue. Dés que la porte ce fut refermé, celui-ci s'inclina légèrement.
-Bonsoir, Severus, dit simplement Dumbledore de ce même ton courtois qu'on lui connaissait.
-Bonsoir, Mr le directeur, répondit Rogue.
Sans un mot, il tira sa baguette de sa poche et la tendit à Dumbledore, manche en avant, dans un geste de désarmement.
-Je vous remercie, Severus. Cela m'évite de formuler une demande peu convenable, dit le vieil homme en prenant la baguette.
-Je ne suis pas venu vous poser des problèmes supplémentaires, monsieur. Bien au contraire.
-Peut-être pourrions-nous en parler dans mon bureau ? Le hall d'entrée n'est en général pas très tranquille, surtout à cette heure.
Harry emboîta le pas aux deux hommes et les suivit jusqu'au le bureau circulaire qui avait si longtemps été celui de Dumbledore et les regarda s'assoire l'un en face de l'autre.
Naturellement, et au grand agacement de Harry, Dumbledore proposa un verre de vin à Rogue, que celui-ci accepta.
-Professeur, commença-t-il, si je suis ici aujourd'hui, c'est pour vous parler d'une affaire sérieuse.
-Je m'en doute.
-Il s'agit de... - Rogue prit une profonde inspiration comme s'il lui coûtait profondément de formuler le reste de sa phrase à haute voix – Enfin, disons que le Seigneur des Ténèbres ne sais pas que je suis là.
-Il est courageux de votre part d'être venu, dans ce cas.
-Je suis venu à propos de ce que je n'aurais pas dû entendre il y a près de dix-huit mois.
-En effet, il aurait été plus que préférable que vous ne l'entendiez pas. Mais ce qui est fait est fait.
-Je... Cela va vous sembler étonnant, mais... Je suis venu vous dire que je regrette ce que j'ai fait et... Que je suis prêt à faire tout ce que je peux pour éviter que les agissements du Seigneur des Ténèbres ne perdurent.
Pour la première fois, Dumbledore paru surprit.
-Excusez-moi, Severus, je crains de ne pas vous comprendre. Vous êtes en train de me dire que vous souhaitez changer de camp ? Vous voudriez me faire croire que vous voudriez tourner le dos au plus dangereux de tous les Mages noirs des temps modernes ?
-Exactement. Je sais, vous pensez qu'il s'agit d'une man½uvre quelconque pour qu'un espion du Seigneur des Ténèbres s'infiltre dans vos rangs, et ce serait justifié. Mais... Il se trouve que ce que j'ai entendu il y a plus d'un an derrière une porte, ce que j'ai répété à celui qui était, je l'avoue, mon maître, prend une tournure que je n'avais absolument pas prévu et que je ne souhaite voir se réaliser pour rien au monde.
-Laquelle ?
-Je... Et bien, voilà... J'ai apprit que... enfin que... l'enfant concerné par la prophétie était... Le fils Potter ?
-Il est en effet l'un des deux enfants qui peuvent être concernés par cette prophétie – qui, entre nous, pourrait s'avérer totalement fausse, comme cela c'est déjà vu.
-Naturellement. Cela pourrait être totalement faux. Toujours est-il que le Seigneur des Ténèbres n'a pas l'air disposé à le croire, et qu'il paraît plus assuré que jamais que Harry Potter est l'enfant qui pourrait, dans le futur, devenir son plus grand ennemis ; Evidemment, il sait que le fils Londubat – Neville, je crois – pourrait aussi être désigné par la prophétie, mais il ne semble pas vouloir le prendre en considération.
-Où voulez-vous en venir, Severus ?
-A ceci : Je ne souhaite pas voir mourir la famille Potter.
-Je vous demande pardon ?
-Je ne veux pas que le Seigneur des Ténèbres assassine les Potter, répéta résolument Rogue.
Il y eu un blanc dans la conversation.
-Severus, vous comprenez, j'en suis sûr, reprit Dumbledore avec un grand calme, qu'étant donné votre situation immédiate, étant donné les relations que vous avez pu avoir avec James Potter durant toute votre scolarité, étant donné que vous êtes un occlumen de talent, je ne puis me satisfaire de cette réponse.
Ainsi donc, Dumbledore n'avait pas accepter sans sourciller les excuses de Rogue, songea Harry.
-Je conçois parfaitement que vous ne le puissiez pas, et je m'y attendais, répondit celui-ci. Je ne m'attends pas à ce que vous me croyiez. Mais vous voir et vous parler était la seule chose que je pouvais faire. J'ignore tout des projets du Seigneur des Ténèbres. Tout ce que je sais, c'est qu'il veut tuer les trois Potter. Or, James Potter n'est pas le seul membre de cette famille, et je... Je ne veux pas voir mourir Lily Evans. Je veux dire, Lily Potter.

Tout ce remit à nouveau à tournoyer autour de Harry, mais il eu la nette impression que ses propres pensées s'embrouillaient beaucoup plus que celles qui se trouvaient dans la Pensine. Le brouillard opaque l'enveloppa une nouvelle fois, mais ce n'était pas de lui que provenait la sensation de froid qu'éprouvait Harry. Lorsque tout cessa enfin de tourbillonner, il était toujours dans le bureau des directeurs, entouré par les tableaux des précédant chefs de Poudlard.
Pour le moment, en tout cas, le bureau était toujours celui de Dumbledore. Le vieil homme était debout devant la fenêtre, regardant le parc avec les mains dans le dos, dans une attitude que Harry connaissait bien. Il ressentit un grand malaise à être ici, à le voir ainsi, bien vivant, dans une posture habituelle, tout en le sachant mort. Le Dumbledore de la Pensine poussa un profond soupir et lorsqu'il se retourna, Harry vit une larme rouler sur sa joue. D'un mouvement lent, Dumbledore alla s'assoire à son bureau, l'air accablé. Dehors, lorsque Harry s'approcha à son tour de la fenêtre, il vit que l'aube se levait à peine ; le parc était encore couvert de brume de rosée. De loin, Harry entrevit Hagrid, un hiboux sur le bras, qui partait hâtivement vers le portail d'entrée. Harry frissonna. Il se doutait désormais de la vérité mais refusait de l'admettre. Il se doutait également de ce que ce souvenir allait lui montrer. Au loin, derrière lui, il entendit des bruits de pas précipités et il retraversa la pièce, en face de la fenêtre dont la lumière qui la traversait s'éclaircissait. Il ne voulait pas être en contre-jour. Il voulait pouvoir voir – tout voir, sans perdre une image.
Trois légers coups furent frappés à la porte. Le professeur Dumbledore poussa un profond soupir et baissa la tête, visiblement résigné au pire, avant de répondre.
-Entrez.
Rogue ouvrit la porte et entra d'un pas vif dans le bureau.
-Ça y est, Mr le Directeur, dit-il en s'asseyant, j'ai les renseignements que vous cherchiez. Je viens de rentrer, et cette semaine de congé a été plus que fructueuse. J'ai voyagé toute cette nuit pour vous l'annoncer le plus vite possible, nous allons pouvoir agire, désormais.
Cette fois encore, il paraissait assez jeune. Pour Harry qui ne l'avait jamais vu autrement que parfaitement maître de lui-même ou fou de rage, il avait l'air de très bonne humeur. Son visage ne présentait qu'un mince sourire qui n'était pour une fois pas méprisant, et même s'il bougeait et parlait avec autant de retenue et de froideur que d'ordinaire, Harry sentait qu'il était réellement satisfait.
-Severus, le coupa tristement Dumbledore, je vous remercie de votre empressement et ne doute pas un seul instant que vos informations aient pu, en d'autres heures, nous être extrêmement utiles. Mais par malheur, elles arrivent après un autre événement qui déroute nos plans.
Rogue fronça les sourcils et scruta le visage ridé de Dumbledore.
-Quelque chose ne va pas, monsieur ? demanda-t-il a voix basse.
-Beaucoup de choses vont mieux pour tout le monde, répondit le vieil homme avec affliction, mais une autre va plus mal que je n'aurais jamais pu le craindre.
Rogue laissa passer un instant de silence en essayant de comprendre l'énigmatique réponse de Dumbledore.
-Que voulez-vous dire ? Il est arrivé quelque chose de grave ?
-Hélas, oui, Severus. J'ai une mauvaise, une très mauvaise nouvelle à vous apprendre.
Rogue ne répondit pas ; il attendait la suite, plus grave qu'inquiet. Il semblait à des kilomètres d'imaginer ce que Harry était sûr que Dumbledore allait dire. Dumbledore soupira une nouvelle fois avant de relever les yeux vers ceux de son interlocuteur.
-Severus, il c'est passé hier soir quelque chose que vous ne pouvez savoir, puisque vous avez voyagé toute cette nuit sans vous arrêter... Un peu avant minuit, Lord Voldemort a disparu.
Un temps.
-Disparu ? répéta lentement Rogue. Comment est-ce possible ? Vous voulez dire qu'il est mort ?
-Non ; Je ne crois pas qu'il soit mort. Il s'est volatilisé. Où est-il, ce qu'il est devenu, je l'ignore. Personne ne le sait. Mais, sans aucun doute, il n'est pas mort.
-Je suis désolé, Professeur, je ne comprends pas, dit Rogue, dérouté. En quoi la disparition du Seigneur des Ténèbres est-elle une mauvaise nouvelle ? Et comment peut-il avoir disparu s'il n'est pas mort ? Le connaissant comme nous le connaissons tout deux, nous savons qu'il est impossible qu'il se soit volatilisé volontairement, et la prophétie du professeur Trelawney affirme qu'il ne pourrait mourir que de la main d'un enfant né à la fin du mois de juillet dernier, dont les parents l'auraient par trois fois défié. En d'autres termes, Harry Potter. Or, ce garçon est en sécurité avec ses parents, protégé par de puissants maléfices.
-Plus maintenant, Severus. C'est justement là que réside tout le problème.
Dumbledore poussa un grand soupir avant de poursuivre. Cette fois, le regard de Rogue se remplit d'appréhension.
-Le gardien du secret des Potter les a trahis, raconta Dumbledore. Hier soir, Voldemort s'est rendu à leur domicile...
-Non, coupa Rogue d'un ton net, bref, catégorique, comme si ce simple mot avait le pouvoir de modifier la réalité. Non, c'est impossible. Non !
Ses mains s'étaient crispées sur les accoudoirs de son fauteuil. Il avait perdu tout son calme, toute sa morgue, et, très pale, il fixait Dumbledore presque avec terreur, la respiration précipité. Ses lèvres tremblaient.
- Malheureusement, si, Severus. Ce que nous craignons par dessus tout est arrivé. Voldemort s'est rendu hier chez les Potter et a essayé de s'en prendre à Harry. Chose incroyable, Voldemort a été détruit par son propre sortilège alors que Harry a survécu. Mais, hélas, James et Lily n'ont pas eu cette chance... Ils sont m...
-NON ! Hurla Rogue en se levant d'un bond. Ça n'a pas pu arriver ! C'est impossible ! Ils sont protégés par le Fidélitas ! Je vais aller là-bas, je vais y aller tout de suite, je...
-Severus, l'interrompit doucement Dumbledore en se levant à son tour pour lui poser une main sur l'épaule. Severus, c'est trop tard, maintenant. J'ai déjà envoyé Hagrid chercher Harry. Mais pour James et Lily, c'est trop tard. C'est fini. Ils sont morts.
-NOOOOOOOOOON ! NOOON ! PAS ELLE, PAS LILY ! Hurla
Rogue, comme un loup hurle à la mort.
Il se mit à se débattre comme un fou, furieusement, rageusement, si bien que Dumbledore dû lutter pour le retenir.
-ILS-NE-SONT-PAS-MORTS ! ILS NE PEUVENT PAS ÊTRE MORTS ! IL NE L'A PAS TUE ! NON !
-Je suis désolé, Severus, murmura Dumbledore avec douceur.
-N-Non-on-on-on... Pas Lily... Pas... Lily... sanglota Rogue en se laissant choir contre l'épaule du vieil homme, égaré, éperdu, anéanti.
Les yeux brouillés par les larmes, Harry contempla la scène, Rogue pleurant dans les bras de Dumbledore, Dumbledore le soutenant en fixant le mur en face de lui sans le voir, deux larmes glissant sur ses joues, sillonnant les rides de son visage, avant de disparaître, happées par sa barbe blanche...
Harry ferma les yeux, au bord du malaise. Sortir, sortir de là, maintenant, tout de suite... Il n'en pouvait plus, ne voulait plus entendre cela, ne pouvait pas en supporter d'avantage. Sa mère avec Rogue, non, ça, il ne pourrait jamais le supporter... Lentement, l'obscurité glacée le submergea, l'enveloppa, et le bureau circulaire disparu autour de lui. Le tourbillon le fit sortir de son état semi-comateux et il fut projeté sans ménagement dans le salon du 12. Il atterrit sur ses pieds, face à la table qui portait toujours la Pensine. Il haletait comme s'il avait couru une longue distance et son esprit voguait encore dans des nappes de brouillard. Un chose, cependant, apparaissait plus nettement que jamais. Il savait, désormais. Il savait pourquoi, durant toutes ces années, Dumbledore avait toujours fait confiance à Rogue. Harry pivota sur sa droite. Rogue était à deux mètres de lui, de profil, les mains au fond des poches de sa robe, la tête baissé, ses cheveux noirs voilant son visage. Il n'avait pas ramassé sa baguette. Il n'avait pas non plus cherché à rattraper Harry dans la Pensine. Il semblait savoir qu'une explication était désormais inévitable. Harry s'approcha de lui en s'efforçant de maîtriser le tremblement de sa voix.
-Vous étiez amoureux de ma mère, murmura-t-il d'un ton accusateur.
Rogue ferma lentement les yeux en étouffant un soupir, mais ne répondit pas.
-C'est ça, vous étiez amoureux de ma mère depuis de début, répéta Harry en faisant de gros efforts pour ne pas le frapper.
Rogue ne répondit toujours pas.
-MAIS VOUS ALLEZ ME REPONDRE ! Explosa brusquement Harry en l'attrapant par le col de sa robe et en le secouant comme un prunier.
Rogue ne fit pas le moindre mouvement pour se défendre. Harry le lâcha rageusement en le balançant en arrière et il tomba dans un fauteuil. Il semblait vidé de toute force, de toute combativité, ce qui énerva encore un peu plus Harry. Il aurait presque préféré que Rogue lui envoie un coup de poing en plein visage, qu'il l'attaque, qu'il s'énerve, pour que lui aussi puisse lui taper dessus un bon coup... Mais Rogue restait là, assit dans son fauteuil le front appuyé contre ses mains jointes, tremblant légèrement. Il ne l'avait toujours pas regardé dans les yeux.
-Oui, murmura-t-il enfin. Je l'aimais.
« Je l'aimais »...
Harry entendit ces mots résonner dans sa tête avec un frisson de colère, d'horreur, de dégoût, de haine.
Tremblant aussi, mais de rage, il se tourna vers la table pour ne plus avoir Rogue dans son champ de vision et se campa sur le meuble, les poings appuyés sur le buffet, les bras tellement tendus qu'ils semblaient ne plus avoir de coudes, la tête rentrée dans les épaules. Il se mordillait nerveusement l'intérieur de la joue, pour faire quelque chose, pour éviter de laisser cette nausée qui lui nouait l'estomac et lui oppressait la poitrine monter jusqu'à sa gorge. Tout cela lui paraissait tellement épouvantable, insupportable... Rogue, amoureux de sa mère, Rogue qu'il haïssait tellement, sa mère qu'il aimait tant ... Et son père, qu'il avait vu dégoûter sa mère, qu'il avait vu attaquer Rogue sans raison... L'ancienne question ressurgit : L'aimait-elle ? Ou l'avait-elle épousé sans amour, pour se marier ? James n'était donc que le dindon de la farce ? Qui disait vrai ? Lupin et Sirius ? Rogue et la Lily Evans qu'il avait vu quand elle avait 15 ans ? Harry ne savait plus quoi penser. D'ailleurs, il n'arrivait même plus à penser.
-Est-ce qu'elle savait ? murmura-t-il sans regarder Rogue.
Du coin de l'½il, il le vit secouer légèrement la tête avant de répondre.
-Non.
Harry sentit une bouffée de soulagement entrer dans sa poitrine. Il se sentit soudain plus léger.
-Vous ne le lui aviez jamais dit ?
Cette fois, Rogue redressa la tête et regarda droit devant lui. Le feu dans la cheminée faisait briller les sillons de larmes silencieuses sur ses joues.
-A quoi cela aurait-il servit ? répliqua-t-il avec fatalisme. A ce qu'elle me méprise encore d'avantage ? A ce qu'elle m'évite encore un peu plus ? Mieux valait que je me taise. C'était préférable pour tout le monde.
Harry remâcha cette réponse en silence.
-C'est pour ça que Dumbledore vous a cru.
-J'avoue que je n'ai jamais très bien comprit pourquoi il m'a introduit dans ses rangs aussi facilement, murmura Rogue avec une honnêteté étonnante. J'aurais pu... Disons... faire une rechute...
-Non, vous n'auriez pas pu, garantit Harry en déambulant dans la pièce. Dumbledore me l'avait expliqué. Oh, pas à propos de vous en particulier, ajouta-t-il en surprenant la fugitive expression de surprise qui passa sur le visage de Rogue. Au sens général. Il m'avait dit que le meilleur bouclier contre la magie noire, c'est l'amour. Comme vous aimiez quelqu'un du coté adverse de Voldemort, vous étiez d'avantage tenté de changer de camp. Et la peur de perdre la personne que l'on aime, ou la ranc½ur que ce soit déjà fait, empêche toute... Rechute, comme vous dites...
Rogue resta silencieux tandis que Harry continuait de faire les cent pas dans le salon.
-C'est pour ça que Dumbledore vous faisait tellement confiance, continua Harry, saisissant les raisons de Dumbledore au fur et à mesure que son cerveau repassait toutes les nouvelles informations dont il disposait et les mettait en connexion avec les autres. Parce qu'il savait que vous aviez une raison en acier trempé pour ne pas le trahir – pour ne pas trahir l'Ordre.
Nouveau silence. Nouveau tour du salon.
-Dans le fond, vous n'avez pas eu de bol, vous avez vendu à Voldemort la seule personne que vous vouliez épargner.
-JE NE SAVAIS PAS QUE C'ETAIT EUX ! éclata brusquement Rogue.
La pensée qu'il était responsable de la mort de Lily Evans Potter semblait le révulser au plus haut point.
-Je n'avais pas la moindre idée de qui j'allais mettre en danger ! Je n'avais aucune façon de le savoir !
-Quand on ne sais pas, on ne bouge pas ! gronda sèchement Harry.
-Je sais ! Je ne l'ai appris que bien plus tard ! Bien trop tard !
-Vous pouvez le dire !
-Vous ne comprenez pas ! Vous ne savez pas à quel point je regrette ! Vous êtes là, à jouer les donneurs de leçons alors que vous ne connaissait encore rien à la vie ! Vous n'êtes qu'un gosse, vous ne pouvez pas comprendre, vous êtes trop jeune !
-Trop jeune ? Trop jeune ? VOUS VOUS FICHEZ DE MOI ? JE COMPRENDS TELLEMENT BIEN QUE, SI VOUS AVEZ PERDU LA FEMME DONT VOUS AIMIEZ, MOI, J'AI PERDU MA MÈRE ET MON PÈRE ! Rugit Harry se retournant violemment vers Rogue.
Deux larmes perlèrent dans les yeux de l'ancien professeur quand deux autres roulèrent sur les joues de l'ancien élève. Harry attendit quelques instants d'avoir maîtrisé le tremblement de sa voix avant de reprendre ses accusations.
-J'ai perdu mes parents. J'ai perdu mon enfance chez des gens que je déteste et qui me détestent. J'ai perdu une décennie à me faire martyriser par mon imbécile de cousin, à me faire enfermer dans un placard, à être traité comme un chien par mon oncle et ma tante, comme vous le savez très bien depuis le temps que vous farfouillez dans ma mémoire. J'ai perdu des années à chercher à comprendre la vérité. J'ai perdu mon parrain alors que je l'avais à peine retrouvé, j'ai perdu des amis, j'ai perdu des personnes que je considérais comme ma seule famille. Alors, ne venez pas me dire que je ne sais pas de quoi je parle !
Harry se remit à arpenter la pièce en ruminant ses pensées.
-Vous-avez-bousillé-ma-vie ! scanda-t-il férocement. Et pas seulement la mienne. Une vie, encore... Si ce n'était que ça... Ce n'est pas le pire. Mais il n'y a pas que moi :
Il se mit à conter sur ses doigts en même temps qu'il récapitulait tout le palmarès de Rogue.
-Vous avez mené deux personnes à la mort – ou plus exactement, vous avez mené la mort à deux personnes. Vous en avez tué une autre de sang froid. Plus toutes les autres que je ne connais pas. Vous avez indirectement provoqué l'emprisonnement injuste d'une quatrième. Vous avez aussi eu la bonne idée d'empêcher l'arrestation du vrai coupable pour le simple plaisir de vous venger d'une mauvaise farce – stupide et dangereuse, j'en conviens, mais finalement sans conséquences. Vous avez vous même créé le pire ennemis de Voldemort, puisque s'il n'avait jamais eu connaissance de cette prophétie, il n'aurait jamais voulu me tuer, il n'aurait jamais tué mes parents – ou en tout cas pas de cette façon – et je ne le détesterais pas d'avantage que n'importe qui. Vous avez mis en danger toutes les personnes qui sont proches de moi étant donné que, désormais, Voldemort veut tellement me tuer que toute personne qui cherche à m'aider ou à être mon ami se trouve en danger. Et tout ceci, simplement parce que vous avez écouté à une porte et que vous avez eu la grande, la merveilleuse, l'incroyable intelligence d'aller cafarder à votre « maître » les racontars d'une timbrée ! Bravo, félicitation ! Voilà qui mérite au moins dix points pour Serpentard ! lança amèrement Harry.
Il se remit à sillonner le séjour en long, en large et en travers.
-Mais je suppose que vous n'en avez absolument rien à faire ? C'est... Un détail. Une formalité dans votre brillante carrière. D'ailleurs, vous devez même être plutôt content : vos deux pires ennemis de l'école sont mort. C'est sans conteste très positif !
Rogue tourna lentement la tête vers lui, partagé entre le mépris, l'agacement et l'abattement.
-Imaginez un instant, murmura-t-il d'une voix cassée, que Ginny Weasley soit amoureuse de Drago Malfoy. Qu'elle soit heureuse avec lui. Que ce soit réciproque. Et qu'elle ne sache même pas, ou presque, que vous existez. Qu'est-ce que vous feriez ?
Harry le regarda. Une chose était sûre, quelle que soit son aversion pour Malfoy, il ne s'arrangerait pas pour qu'il disparaisse dans des circonstances dramatiques, songea-t-il.
-Moi, reprit Rogue, je savais que je n'avais et n'aurais jamais la moindre chance avec votre mère. C'était une idée parfaitement ridicule. Alors, je me suis juré que, quoi qu'il arrive, je ferais tout ce que je pourrais pour qu'elle soit heureuse. Et si elle ne pouvait être heureuse qu'avec votre père, alors, je ferais mon possible pour qu'il reste en vie et en bonne santé lui aussi. Je ne pouvais pas faire grand chose pour eux ; mais je pouvais au moins ne rien faire contre eux. Etant donné ce que nous sommes devenu après notre sortie de l'école, c'était déjà beaucoup.
Harry s'assit contre la table. Il avait des millions de choses à dire, mais il en avait encore plus à écouter. Il croisa les bras et attendit, en silence, que Rogue reprenne la parole.
-J'ignorais tout de ce qu'ils devenaient. Je savais qu'ils étaient restés ensemble, je savais qu'ils faisaient partie de l'Ordre du Phénix, mais c'était tout. Et puis, un jour, plus de deux ans après la dernière fois ou j'avais vu Lily... Je veux dire, votre mère... j'ai croisé Dumbledore par hasard à Pré-au-Lard. Je l'ai suivit. Il était l'une des cibles numéro une des Mangemorts, comme toujours. Le Seigneur des Ténèbres l'a toujours craint, murmura Rogue.
Il parlait plus pour lui que pour Harry, pour dire enfin tout ce qu'il avait sur le c½ur depuis si longtemps et qu'il gardait tout au fond de lui-même, pour ne pas « porter son c½ur en bandoulière »...
-Dumbledore allait à la Tête du Sanglier. Un pub assez insolite qu'il a toujours bien aimé, pour une raison que je n'ai jamais comprit. Il est rentré dans une chambre, et... Vous connaissez la suite. Le professeur Trelawney a eu une vision à l'origine de la prophétie. Je me suis fait repérer juste à ce moment là. Lorsque je suis sortit, je n'avais aucune possibilité de savoir qui était le garçon désigné par les paroles de cette femme. Et quelques mois plus tard, le Seigneur des Ténèbres m'a reparlé de ce que je lui avais apprit. Il m'a dit qu'il savait qui était le potentiel danger qui le menaçait. Vous. Il m'a dit exactement « le fils Potter ».
Rogue eu un rire amère.
-« Le fils Potter ». Je ne savais même pas que vos parents s'étaient mariés ! Il fallait que cela tombe sur eux, bien sûr. Naturellement. J'ai cherché tout ce que j'ai pu sur eux. J'ai essayé de convaincre le Seigneur des Ténèbres qu'il y avait autant de chances pour que ce soit le fils des Londubat, Neville. Rien à faire. Alors, je me suis tourné vers la seule personne qui pouvait, à mes yeux, faire quelque chose.
-Dumbledore, murmura Harry.
-Oui.
Rogue s'interrompit un instant pour ravaler ses larmes.
-Quand il... Quand il a comprit quelles étaient mes motivations, poursuivit-il difficilement, la gorge nouée, il a tout de suite saisi les enjeux. Il a fait tout ce qu'il a pu pour qu'ils se protègent – c'est lui qui a eu l'idée du Fidelitas – et pour que je puisse faire tout ce que je pouvais pour rattraper mon... mon erreur... Je suis devenu agent double. Ça ne lui plaisait pas, il trouvait cela trop dangereux. Il voulait que je change ouvertement de camp. C'était risqué, bien sûr, mais à long termes, il y avait moins de dangers. Mais je ne voulais pas. Je savais que je pouvais être plus utile en tant qu'agent double. C'était là que je pouvais tenter quelque chose pour... Pour rattraper ce que j'avait fait, si cela était possible. De toute façon, je restais à Poudlard. Le Seigneur des Ténèbres à tout de suite pensé que j'espionnais pour son camp. Il ne fait jamais confiance à personne, mais il s'est pas méfié de moi autant qu'il aurait dut. Il faut dire que dans le passé, j'était... L'un de ses plus fidèles serviteurs, grinça Rogue, le visage marqué par un profond dégoût. Et puis, c'était moi qui lui avait révélé la prophétie. Il n'a fait aucune difficultés. J'ai prit ma place à Poudlard. Quand je n'étais pas à Poudlard, je jouais mon rôle d'espion. J'ai fait ce que je pouvais. Mais ça n'a pas suffit.
Rogue se passa une main sur le visage.
-Tout ce que je demandais au ciel, c'était qu'elle reste en vie !... s'étrangla-t-il. Même si c'était avec James Potter, je m'en fichais, pourvu qu'elle soit heureuse, avec ses amis, son mari et son gamin... Du moment qu'elle était heureuse et en bonne santé, rien n'avait d'importance... Et c'est moi qui l'ai conduit à la mort... C'est ma faute... C'est ma faute...
Rogue laissa échapper un sanglot que Harry n'entendit pas. Lui aussi pleurait, roulé en boule sur une chaise. Un long moment passa, dans un silence presque recueillit. Les deux hommes pleuraient tout les deux, chacun dans leur coin, sans un bruit, sans un mot, mais pour la même raison. Enfin, Harry se redressa, s'essuya les joues d'un revers de main et ramassa la baguette de Rogue que ni l'un ni l'autre n'avait pensé à prendre.
-Tenez, murmura-t-il en la posant à coté de Rogue.
Rogue le regarda avec surprise.
-Si vous voulez toujours faire ce que vous pouvez pour que d'autres personnes aient plus de chance, vous allez en avoir besoin, soupira Harry.
Il s'éloigna de quelques pas dans l'ombre de la pièce en lui tournant le dos, les mains au fond des poches.
-Je...
Il inspira profondément. Ce n'était pas facile à dire.
-Je vous fais confiance.
Il y eu un silence de mort. Rogue, qui n'était pourtant pas facile à désarçonner, resta médusé dans son fauteuil.
-Comment ? bredouilla-t-il, trop stupéfait pour dire autre chose.
-Ne m'obligez pas à le répéter ! Siffla Harry en se retournant d'un mouvement vif et sec. Et n'allez pas imaginer quoi que ce soit : Je vous déteste toujours autant qu'avant.
Rogue se leva et s'approcha.
-Mais... Mais... J'ai tué la dernière – et la seule – personne qui m'ai jamais fait confiance !
-Je sais, merci, je suis au courant ! s'énerva Harry. Et tant qu'on en parle, si vous choisissez le poison, prenez-en un à action rapide.
Il pointa un index menaçant sur Rogue.
-Maintenant, parlons sérieusement : Vous voulez continuez à lutter contre Voldemort, oui ou non ?
-Je... Oui, bien sûr...
-Très bien. Dans ce cas...
Harry se dirigea droit vers la porte et appela ses amis.
-Qu'est-ce qu'il y a, Harry ? demanda Ron en arrivant le premier.
-Tout va bien ? s'inquiéta Hermione.
-Rogue est de notre coté, dit Harry en guise de réponse.
Il y eu un cri unanime.
-QUOI ?
Harry fit un geste d'impatience.
-Vous êtes sourds ? Je ne parle pas fourchelangue, que je sache ! Rogue est de notre coté ; Il garde sa baguette, il reprend sa place parmi nous.
-Harry... TU ES FOU ? Explosa Ron. Ce type est dangereux ! Il a déjà prouvé qu'il était capable de tuer de sang froid, sans l'ombre d'un scrupule ! Si tu lui rends sa baguette, tu nous mets tous en danger !
-Non. Il ne nous attaquera pas. Il est de notre bord.
-Harry... Harry, regarde-moi, ordonna Hermione qui semblait très inquiète.
-Ne t'en fais pas, Hermione, sourit Harry en comprenant où elle voulait en venir, je ne suis pas sous l'effet de l'imperium. Je n'ai pas perdu la tête et il ne m'a pas empoisonné. Je sais ce que je dis. Dumbledore avait raison, Rogue est désormais contre Voldemort.
-Dumbledore est MORT ! Il est mort de la main de Rogue, cet homme dont il était persuadé qu'il était de son coté ! Et maintenant, tu fais comme lui ! Tu as envie de mourir prématurément, c'est ça ?
-Ron... Je sais tout ça. Je sais bien d'autres choses sur Rogue. Et, crois moi, je n'oublie pas, je n'excuse pas et je ne pardonne certainement pas. Mais tout à l'heure, je... J'ai découvert la raison pour laquelle Dumbledore croyait Rogue, et je sais qu'il est impossible que Rogue veuille retourner du coté Mangemort.
-Ah, vraiment ? Et qu'est-ce que c'est ? Qu'est-ce qu'il a bien pu te raconter pour que tu te laisses convaincre par un occlumen de ce niveau ?
-Il ne m'a rien dit du tout. En fait, il a plutôt fait tout ce qu'il pouvait pour que je ne découvre rien ! Quand à l'occlumancie, il faut être concentré pour la maintenir, et ce n'est certainement pas en pensant à tout cela qu'il pouvait la maintenir suffisamment pour mentir à Dumbledore !
-Mais penser à quoi, Harry ? demanda Ginny. C'est quoi, cette raison ? Quelle est cette chose qu'il ne voulait pas que tu découvres ? Dis-le-nous ! Peut-être qu'alors, nous comprendrions...
-Je suis désolé, je ne peux pas vous l'expliquer. Je... Un jour, peut-être, mais là, non, je ne peux pas. C'est quelque chose qui ne regarde que lui et moi. Quelque chose que je viens de découvrir, qui ne me plais pas du tout, mais qu'il est impossible d'éluder. Je sais que je dois – et que je peux – le croire, parce qu'il n'y a pas d'autre possibilité et parce que ce serait plus que stupide de ne pas prendre en considération les changements qui s'opèrent. Je vous demande de me faire confiance.
-Ce n'est pas à TOI qu'on ne fais pas confiance, c'est à LUI ! Nuance ! Et c'est pour ça que je persiste à croire que tu as perdu la boule ! D'abord, pourquoi Dumbledore ne t'aurait-il jamais parlé de cette mystérieuse raison, si elle te regarde autant que Rogue ? Pourquoi était-il au courant, et pas toi ?
-J'avais six mois quand Rogue l'a dit pour la première et dernière fois de sa vie ! Je suis la dernière personne que cela peut regarder. Et si Dumbledore ne m'a rien dit, ajouta Harry à mi-voix, c'est probablement parce qu'il pensait que je n'était pas prêt pour entendre une chose pareille. Et je dois dire qu'il avait raison : Je n'était certainement pas prêt à entendre ça, et je ne le suis pas d'avantage maintenant. Je vais avoir besoin d'un peu de temps pour remâcher toute cette histoire, comme il m'en a fallu avant de pouvoir parler de ce qui c'est passé dans le cimetière, le soir de son retour...
Il y eu un grand silence.
-Tu es sûr que ça va aller, Harry ? murmura Ginny en lui posant doucement une main sur le bras. Tu as l'air bizarre... Bouleversé...
-Je n'a pas entendu des choses qui m'ont fait plaisir, murmura Harry. Ecoutez... Si c'était possible – ce qui n'est pas certain – je dirais que je déteste Rogue encore un peu plus qu'avant. Et c'est pour ça que vous devez me croire : vous connaissez mon aversion pour lui, et pour que je dise qu'il est de notre coté, il faut vraiment que j'ai un solide argument pour me résoudre à le défendre contre vous, vous ne croyez pas ?
Les cinq jeunes échangèrent des regards gênés. Derrière lui, Harry sentait que Rogue attendait en quelque sorte que le verdict tombe.
-Bon, soupira Hermione. Je suppose que tu as raison. Tu ne dirais pas qu'il est notre allié si tu n'étais pas sûr à deux cent pour cent qu'il l'est vraiment.
-Oui, c'est vrai, grommela Ron de mauvaise grâce en jetant un regard féroce à Rogue. Après tout ce qu'il a fait – et à toi plus qu'à nous... Il est certain qu'il doit avoir un alibi béton.
Harry les regarda tour à tour et esquissa un pale sourire.
-Merci, les gars, murmura-t-il simplement. Je vais voir Lupin, je dois lui parler, ajouta-t-il.
Ils sortirent tous de la pièce sans adresser un seul regard à Rogue. Harry parla longtemps à Lupin. Lorsqu'il redescendit, l'heure du dîner était largement passé et il ne trouva que Ginny qui l'attendait dans le salon. Sans un mot, elle se leva et passa ses bras autours de son cou. Harry la serra de toutes ses forces contre lui. C'était cela qu'il aimait tant chez elle. Elle le comprenais toujours à la perfection – et des fois mieux que lui-même. Et en cet instant précis, elle avait sentit à quel point il se sentait seul.

# Posté le jeudi 28 décembre 2006 18:54

Fan Fiction - Volume 7 - Le Triomphe du Coeur - Chapitre 20/30 .

Fan Fiction - Volume 7 - Le Triomphe du Coeur - Chapitre 20/30 .
Chapitre 20 - Parcours du combattant

Tonks descendit les escaliers à pas feutrés en rajustant sa robe de chambre. Il était minuit largement passé et elle ne voulait pas réveiller quelqu'un. Elle entra dans la cuisine avec l'idée de se servir un chocolat bien chaud pour retrouver le sommeil, qu'un idiot de chat avait brisé en renversant une poubelle métallique dehors et que les paroles de Harry leur assurant que Rogue, malgré l'assassina de Dumbledore, était de leur coté, empêchait de revenir. Tonks étouffa un bâillement et commença à siroter le contenu de sa tasse. Malheureusement, la boisson chaude ne fit que la réveiller encore d'avantage et lui donner une furieuse envie de croissants chauds et de petits pains. Avec un soupir résignée, la jeune femme rangea la cuisine d'un coup de baguette et remonta se coucher, mais lorsqu'elle arriva près de sa porte de chambre, elle fronça les sourcils et changea de trajectoire. En haut de l'escalier, à l'étage supérieur, on devinait une lumière venant de la gauche. Tonks monta au deuxième et prit le couloir menant à la chambre de Remus. Oui ; la porte était ouverte et la lumière vacillante d'une bougie s'en échappait. Tonks entra et s'immobilisa à trois pas du seuil, un petit sourire au lèvres. Remus s'était endormit à son bureau, écroulé à coté d'une bouteille d'encre, la joue posée sur un rouleau de parchemin, harassé de fatigue. Une petite lampe à huile se consumait sur une étagère au dessus de lui, alors qu'une bougie presque entièrement fondue éclairait un peu la pièce depuis sa table de chevet. Tonks s'approcha de Remus et lui passa une main dans les cheveux pour le réveiller.
-Remus...
-Mmm... marmonna l'intéressé en s'éveillant progressivement.
Il inspira profondément, entrouvrit un ½il et s'étira comme un chat.
-Tonks ? Qu'est-ce qu'il y a ?...
-Il y a que je me suis réveillée, que je suis allée prendre quelque chose à la cuisine et que j'ai vu de la lumière venant de ta chambre. Je suis donc montée voir ce que faisait à presque une heure du matin, et je constate que tu as confondu ton lit et ton bureau, dit-elle en s'asseyant sur le secrétaire.
Remus esquissa un sourire.
-Merci de m'avoir réveillé. Je crois en effet que l'appel d'Hypnos a été plus fort que celui d'Hélios... Bon, soupira-t-il en se passant une main sur les yeux, je me remet tout de suite au travail, il faut que je termine ce rapport...
Il étouffa à son tour un bâillement qui en disait long sur le temps qu'il risquait de passer avant de reprendre son parchemin pour un oreiller. Il fit un geste pour prendre sa plume, mais Tonks l'attrapa avant lui et repoussa les papiers, encre et buvards d'un geste résolu.
-La seule chose que tu vas faire tout de suite, c'est aller te coucher, ordonna-t-elle fermement. Tu es épuisé et il est très tard. La santé, ça se cultive, et le régime « travail non-stop et sans sommeil » n'a jamais figuré en tête des listes de bonne forme. Aller, ouste, dodo ! Tu termineras ça demain.
Remus sourit et la laissa faire. De toute façon, il était trop fatigué pour discuter et sentait bien qu'elle avait raison.
-Bien, mon général, dit-il vaguement en se levant. A vos ordres.
-Aller, soldat. Repos, répondit Tonks du tac au tac en l'embrassant sur la joue.
Elle éteignit la lampe du bureau et la pièce se trouva soudain faite d'ombres frémissantes, furtives, dans les tons de couleurs chaudes. Elle s'apprêtait à sortir lorsque Remus la retint légèrement. Il l'enlaça par derrière et posa sa tête contre son épaule. Puis il l'embrassa dans le cou, descendit à son épaule qu'il dégagea de la robe de chambre en l'effleurant de bout des doigts... Tonks se retourna lentement sans essayer de se dégager de son étreinte ; elle appuya sa tête contre sa poitrine, cherchant son contact, et poussa un profond soupir. Il était là, son somnifère. Ils s'embrassèrent doucement. Presque sans s'en rendre compte, ils tombèrent sur le lit, soufflant la flamme de la bougie qui s'éteignit. Tonks regarda Remus dans les yeux.
-Qu'est-ce que nous sommes en train de faire, Remus ? chuchota-t-elle, le c½ur battant à tout rompre.
-Je ne sais pas, répondit-il sur le même ton, mais nous allons très vite le découvrir...
Derrière eux, sans qu'ils ne s'en aperçoivent, le courant d'air referma la porte...

----------------------

Le hiboux postal qui apportait l'édition quotidienne de la Gazette du sorcier tapait furieusement contre le carreau. Allait-on enfin se décider à lui ouvrir ? Voilà 5 bonnes minutes qu'il s'acharnait sur cette vitre ! Les conditions de travail étaient suffisamment pénible à cause de la brume sans rajouter en plus la fainéantise des clients !
-Mmmmmm... grogna Tonks, refusant de sortir d'un si agréable sommeil.
Remus poussa un soupir et se leva pour ouvrir la fenêtre. Le hiboux, courroucé d'une telle indifférence à son égard, se dépêcha de repartir après avoir l'avoir vu déposer ses cinq noises dans la bourse accrochée à sa patte. Sitôt l'oiseau disparu, Remus lança le journal sur le bureau et retourna s'allonger à coté de Tonks.
-Ce n'est vraiment pas la peine de se lever, de toutes façon, les nouvelles sont toujours tellement déprimantes... murmura-t-il en reposant sa main sur l'épaule de la jeune femme
-'l'est qu'elle heure ? baragouina-t-elle en émergeant péniblement des profondeurs des couvertures.
-Bientôt sept heures et demi.
Remus renonça à faire les somnambules et se tourna sur le coté, s'appuyant le coude sur l'oreiller et la tête contre sa main. Il se mit à jouer doucement avec une mèche de cheveux de Tonks, l'enroulant autour de son doigt, histoire d'avoir un prétexte pour la contempler. Elle ouvrit les yeux et le regarda en souriant d'un air toute endormie, heureuse.
-Il va falloir que je me lève. Je dois être au boulot dans une heure.
Remus poussa un soupir à fendre l'âme.
-Ça, c'est dommage...
-Il n'y a pas de mots plus justes, répondit Tonks, qui avait autant que envie Remus de terminer ces délicieux moments d'intimité avec lui. Mais Robards est un vieux grincheux qui ne connais rien d'autre que l'heure et le travail.
-Il a raison. D'ailleurs, moi, j'ai toujours un certain rapport à écrire... Ils rirent et se résolurent à se lever, sans cesser de se sourire mutuellement. Les mots n'étaient ni utiles, ni nécessaires. Ils étaient biens, tout simplement. Vingt minutes plus tard, lorsqu'ils eurent fini de se débarbouiller et de s'habiller – Tonks avait fait venir une tenue propre de sa chambre – ils n'avaient toujours pas prononcés un mot. Ce ne fut qu'en sortant de la chambre que Remus se rappela qu'il voulait lui parler d'une mission d'espionnage dont il avait entendu parler par Kingsley Shacklebolt.
-Dis-moi, Kingsley m'a dit que Scrimgeour envisageait de poster une petite division d'Aurors à Post-Land. Qu'est-ce qu'il y a donc là-bas de si intéressant ?
-Oh, oui, c'est vrai ! J'avait complètement oublié. En fait, certains Aurors ont remarqués qu'il y avait de fréquentes allées et venues de personnes soupçonnées d'être des Mangemorts dans les environs de la ville. Notamment près d'un hangar désaffecté. Robards voudrait garder ce hangar à l'½il et le ministre a donné l'ordre de faire suivre toute personne surprise à s'y rendre. Ce qui n'est pas très...
Tonks s'interrompit net. Alors qu'elle atteignait l'escalier, sa chemise de nuit sur le bras, elle se retrouva nez à nez avec Rogue qui arrivait symétriquement de l'autre coté du couloir. Remus, qui fermait sa porte de chambre quelques mètres en arrière, suspendit son geste en plein mouvement. Il y eu un silence de mort entre Remus, figé, Tonks, affreusement mal à l'aise, et Rogue, qui ne mit pas un quart de seconde pour faire les liens comme lui seul savait le faire. Il resta un instant stupéfait puis s'efforça de retenir un sourire narquois en regardant tour à tour son ancien camarade de classe et son ancienne élève. Les joues de la jeune femme étaient presque aussi roses vif que ses cheveux. Déjà à l'école, elle avait la manie de les faire passer par toutes les couleurs de l'arc-en-ciel et elle distrayait ses camarades dans leur travail en faisant changer la forme de son nez. Il l'avait sévèrement punit lorsqu'elle était arrivée dans sa classe en première année avec l'équivalant d'un buisson bleu électrique sur la tête. Il lui avait durement ordonné de garder une couleur de cheveux classique et sobre et de cesser ses pitreries. Rogue avait alors l'age qu'elle avait désormais, mais son autorité n'était pourtant pas moins grande à cette époque. Il se souvenait très bien que le jour même du début des vacances qui signait sa libération de l'autorité des professeurs à la fin de sa septième année, la jeune Nymphadora Tonks lui avait fait un charmant sourire alors qu'il se tenait en face du professeur McGonagall à la porte du château pour conter les élèves qui montaient dans les diligences. L'instant d'après, elle faisait prendre à ses cheveux une teinte vert vif qui n'avait rien de classique ni de sobre. Aujourd'hui, elle se tenait devant lui dans une situation proche de celle de la fillette prise en faute et usa de la même tactique : optant pour le dégagé, Tonks lui adressa un sourire rayonnant, passa devant lui et reprit sa conversation sans se troubler.
-Comme je te le disais, ce n'est pas très malin, parce qu'en fait, Voldemort fait déjà surveiller ce poste. Donc, nous ne risquons pas de faire une bonne pêche en restant en planque là-bas. Enfin, heureusement, je crois que cette surveillance va-être déférée à la brigade de police magique, c'est déjà du temps que nous ne perdrons pas, soupira Tonks en descendant posément les escaliers.
Elle arriva sans hâte sur le palier et entra dans sa chambre pour poser ses affaires. Remus s'avança à son tour vers Rogue, s'éclaircit la gorge et le toisa impassiblement.
-Objections ? jeta-t-il froidement.
-Sans commentaires, répliqua Rogue en le regardant avec un petit air moqueur.
-Eh bien tant mieux, conclu Remus en suivant Tonks dans l'escalier.
Le sourire de Rogue s'étira, plus ironique que jamais, et il leur emboîta le pas. Ils entrèrent à quelques secondes d'écart dans la salle à manger, mais Rogue alla s'asseoir dans son fauteuil pour prendre un livre qu'il avait laissé sur la table basse la veille.
Remus et Tonks s'assirent l'un en face de l'autre et continuèrent à bavarder d'un ton léger. Harry, Neville, Hermione et Luna étaient déjà en train de déjeuner.
-Bonjour, Remus, salut, Tonks, lancèrent-ils comme d'habitude. Bien dormit ?
-Très bien, répondirent-ils en c½ur sans croiser leurs regards.
-Je vous crois ! rétorqua Rogue de l'autre bout de la pièce en dissimulant un ricanement dans une subite quinte de toux.
Neville et Hermione se tournèrent vers lui.
-Qu'est-ce qu'il a voulu dire ? demanda Hermione en regardant Remus et Tonks.
-Aucune idée, assurèrent-ils dans un ensemble parfait, Remus occupé à beurrer un toast d'un air afféré et Tonks très absorbé par l'épluchage d'une mandarine.
La quinte de toux de Rogue s'accentua avant qu'il ne reprenne sa lecture, un rictus au coin des lèvres. Hermione paru déconcerté mais n'insista pas. Ron venait d'apparaître, l'air complètement ensommeillé, suivit par sa petite s½ur qui n'était pas dans un meilleur état.
-Oooh, dites, les Weasley ! Vous êtes du matin ! sourit Harry passant une main dans les cheveux de Ginny qui venait de se laisser tomber sur une chaise à coté de lui.
Il l'embrassa sur la joue en lui souhaitant bonjour. Hermione, rayonnante comme à chaque fois que Ron apparaissait dans son champ de vision – même s'il n'avait pas l'air suffisamment réveillé pour s'en rendre compte – fit venir une théière devant eux et poussa le panier de croissants dans leur direction. Ron avala d'un trait une tasse entière et la boisson chaude le fit un peu sortire du brouillard. Ils échangèrent un sourire complice et tendre, affichant une bonne humeur que Harry ne parvint pas à imiter. Il restait trop perturbé par tout ce qu'il avait vu la veille. Préoccupé, le c½ur lourd, il n'avait pas faim et avait du se forcer pour avaler quelque chose. Il n'était pas très sûr d'avoir dormit, même si des cauchemars faisant intervenir James dansant avec Lily avant de se transformer en Rogue, ou Rogue tuant Dumbledore qui se changeait brusquement en Lily tandis qu'un rire aigu et démentiel s'élevait dans l'air lui prouvait qu'il avait quelques fois sombré dans l'inconscience. Harry sirota son thé, les yeux dans le vague.
-Eh, Harry... Tout va bien ? demanda Ginny en lui passant les doigts dans les cheveux pour chasser une mèche rebelle.
-Mmm ? Oh, pardon Ginny. Oui, oui, ça va. Je pensait à autre chose.
-Tu as l'air à des années lumière d'ici...
Harry se força à lui sourire.
-Excuses-moi, je n'ai pas très faim. Je remonte dans ma chambre.
Il se leva et sortit. Une fois allongé sur son lit, les yeux fixés sur le plafond, les mains croisées sous la tête, il essaya de ne penser à rien de précis, mais ses pensées revenaient toujours invariablement à ce qu'il voulait éviter de voir. Au moins, isolé dans sa chambre, il pouvait éviter les regards inquisiteurs et soucieux de ses amis. N'y tenant plus, Harry se redressa brusquement et prit dans le tiroir de sa table de chevet l'album photo que Hagrid lui avait fabriqué. Il se mit à feuilleter le livre à reliure de cuir, regardant douloureusement ses parents lui faire des signes de la main, ainsi que Sirius, de temps à autres... Il arriva sur la page où il avait ajouté la photo qu'il avait trouvé à Godric's Hollow. Tout autour de l'heureuse scène de vie quotidienne, il avait mit des photos de ses parents en individuel. Il y avait son père, en haut à gauche, filant sur un balai. Sirius, au dessous, qui se tenait dos à dos avec Remus. Son père et sa mère, jouant à se pousser dans une piscine. James, barbouillé de purée, s'efforçant de faire avaler quelque chose à son fils qui semblait considérer l'usage qu'il faisait des pommes de terre écrasées comme préférable. Lily, toute seule à deux reprises, une fois avec un gros bouquet de fleurs dans les mains et une autre fois, marchant simplement dans un grand parc... Harry ferma l'album. Il aurait pu y avoir tant d'autre photos... Tant d'autres petites scènes... Mais s'il y en avait eu d'avantage... S'il avait pu les regarder en compagnie de ses parents, s'ils lui avaient raconté l'anecdote liée à chacune d'elles... Y aurait-il fait attention ? Les aurait-il contemplées avec autant d'émotion ? Harry ne voulait plus se poser toutes ces questions. Il aurait voulu dormir, dormir des heures, sans faire de rêves... comme à la fin de sa quatrième année...
Il était tard. Il n'avait pas vu le temps passer. Il était déjà près de dix heures du matin. Tonks avait dû partir au travail depuis longtemps. Hermione était sûrement allée à la bibliothèque avec Neville et Luna. Quant à Ron et Ginny, ils devaient être à la boutique de leurs frères. Remus était probablement ici, sinon quelqu'un serait venu lui dire qu'il était seul avec Rogue et Malfoy, mais il devait comme d'habitude travailler dans sa chambre. Harry aurait voulu pouvoir lui parler de tout ce qu'il avait vu. Peut-être que Remus aurait comprit sa détresse ? Peut-être qu'il aurait pu le rassurer ? Mais Harry ne pouvait rien dire à personne, et c'était cela qui le minait de l'intérieur. En désespoir de cause, il redescendit, s'allongea dans le canapé et ferma les yeux, un bras sous sa tête. Moins de dix minutes plus tard, Rogue rentra dans la pièce pour retourner vers son fauteuil caché dans l'ombre, mais il s'immobilisa en voyant Harry endormit sur le sofa. Il s'apprêtait à faire demi-tour quand une voix s'éleva dans son dos.
-V'pouvez rester, marmonna Harry sans ouvrir les yeux. De toute façon, j'allais partir.
Rogue se retourna et alla lentement s'assoire.
-Je croyais que vous dormiez.
-D'un ½il. « Vigilance constante », comme dirait Maugrey Fol-¼il, bailla Harry. Même si c'est pas vraiment lui qui me l'a apprit.
Il se redressa d'un geste, se retrouvant assit devant le feu sans regarder Rogue.
-Il était tout de même bon acteur, ce Croupton jr, se rappela Harry. Pour tromper Dumbledore aussi longtemps, il était très fort. Fou, mais pas bête. Et puis d'une autorité naturelle !... La tête que vous faisiez, le soir où il vous a envoyé vous coucher ! pouffa-t-il, perdu dans ses souvenirs.
-Ainsi, vous étiez donc bien là, murmura Rogue, dans un mélange de satisfaction et d'irritation.
-Comme si vous l'ignoriez, répliqua Harry. J'étais sorti pour résoudre l'énigme de l'½uf. Sur le conseil de...
Il s'interrompit. Même sans le vouloir, il avait fini par retourner à un souvenir très douloureux.
-Le conseil de qui ?
-Cédric Diggory, termina Harry.
-Diggory aussi fouillait dans mon bureau ? Tiens donc... grinça Rogue.
Harry eu un geste d'impatience. Trop fatigué pour s'énerver, il se contenta de répondre avec lassitude et agacement.
-Pour la dernière fois, ce n'était pas moi. C'était Croupton. Il voulait des ingrédients pour faire du polynectar. Je ne suis rentré dans votre bureau qu'en cinquième année et au début de ma deuxième, aussi, après l'histoire de la voiture volante.
-Ce n'était pas vous... répéta Rogue d'un ton dubitatif.
-Non. Et la branchiflore non plus. C'était Dobby, l'elfe de maison, ajouta Harry. Moi, le moins je m'approche de votre bureau, le mieux je me porte.
Rogue ne pu s'empêcher de sourire.
-Sincèrement, c'est une chose réciproque.
-C'est ce que j'avais cru comprendre, ironisa Harry. A croire que nous avons au moins un point commun.
-Nous en aurons deux.
-Oui, acquiesça Harry. Voldemort.
-En effet.
Harry eu un petit rire.
-Je rêve, ou nous sommes en train d'avoir une conversation ? lança-t-il presque malicieusement en regardant les flammes orangées.
Ils se mirent à rire tout les deux.
-Nous sommes en progrès, il y a du mieux, continua Harry en fixant toujours le feu de cheminée.
-Nous ne sommes peut-être pas aussi irrécupérable que ça, après tout, lâcha Rogue.
Il avait un rire rocailleux, comme s'il n'avait plus l'habitude de s'esclaffer de bon c½ur.
-Pour vous, je ne sais pas, mais moi, je dirais que mon cas est complètement désespéré ! pouffa Harry en pensant à son futur.
-Si vous le dites vous-même, je n'ai rien à rajouter, répliqua Rogue en riant de plus belle.
Harry décida de ne pas se vexer et rit à son tour jusqu'à en avoir mal au ventre.
-Je ne pensais pas qu'un jour, je rirais de bon c½ur avec un Potter, avoua subitement Rogue en tâchant de se calmer.
Être solidaire du fils de James Potter lui paraissait extravagant.
-Vous allez sans doute avoir du mal à l'admettre, mais le fait qu'il y ait marqué « Potter » sur un acte de naissance ne suffit pas à rendre quelqu'un imbuvable, dit Harry qui hésitait entre irritation et amusement.
Rogue laissa échapper une toux sceptique. Il y eu un instant de silence.
-Où avez vous trouvé tous ces trucs de potions ? Comment les avez-vous découverts ? Demanda brusquement Harry.
Rogue, les doigts joins sur son fauteuil, ne répondit pas.
-C'est votre mère qui vous les apprit ? insista Harry.
-Je n'ai pas l'habitude de parler de moi, grinça Rogue, toute trace de détachement ayant disparu de son expression.
-Vous avez tord, quand on se referme sur soi-même, les problèmes sont encore plus difficiles à supporter, assura Harry. J'en ai souvent fait l'expérience.
-Vous êtes bien placé pour parler, vous qui refusez de répondre aux questions de vos amis. Et pourtant, vous, vous avez des amis.
-C'est vrai. Mais, un, je ne pensais pas que vous aviez plus envie que moi que je dévoile un secret que vous gardez pour vous depuis plus de vingt ans.
Rogue ne répondit pas.
-Et deux, je discute tout de même d'autres choses avec eux.
-Si ça vous fait plaisir, rétorqua froidement Rogue. Et si vous y tenez, oui, c'est ma mère qui m'a initié à l'art des potions. Ce qui m'a permit de pouvoir employer mon temps d'étude de cette matière à chercher d'autres façons de procéder.
-Pourquoi avez-vous tué Dumbledore ? demanda brutalement Harry en se tournant enfin vers Rogue pour le regarder dans les yeux.
Rogue pâlit et se figea. Il détourna le regard. Cette fois, il n'était pas en position de force et le savait.
-Hagrid m'a dit que vous vous étiez disputés en milieu d'année. C'est vrai ?
Silence.
-Ohé ! Coucou, je suis là !
-C'est bien ça le problème ! rétorqua sèchement Rogue.
-Ah ! Il s'est débouché ! lança Harry en s'adossant dans son canapé. Bon, alors. On reprend : A quel sujet Dumbledore s'est-il fâché avec vous en février de l'an dernier ?
-Au sujet de Drago.
-Malfoy ? Pourquoi donc ?
-Il m'avait reproché de lui avoir parlé à Noël, commença Rogue de mauvaise grâce. Il ne voulait pas que Drago soit mentalement attaquable par le Seigneur des Ténèbres. Dumbledore savait qu'il préparait quelque chose, mais ne voulait pas que Drago se sente soupçonné, sinon, il aurait été tué. C'est pour ça que Dumbledore m'a reproché mon enquête.
-Ah.
Harry ne parvint pas à dire quelque chose d'autre. Encore une fois, il avait eu tout faux. Dumbledore reprochait à Rogue son empressement, pas sa mauvaise volonté. Enfin, si toutefois Rogue disait la vérité...
-Donc, il préférait laisser Malfoy attaquer des gens à l'aveuglette, pour lui éviter d'être tué. Etrange raisonnement.
-Dumbledore faisait surveiller toute l'école ! Tout le monde avait des consignes de vigilance, il avait prévu des barrières pour toutes les situations de danger, gronda sèchement Rogue. Ce n'est pas un blanc-bec comme vous qui allez le critiquer, que je sache !
-Le blanc-bec que je suis cherche à comprendre, parce que l'ignorance est pire que tout. Et je cherche à comprendre pourquoi vous, un homme en qui il avait confiance, l'avez tué, alors que vous avez toujours paru éprouver du respect pour lui.
-Je n'avais pas l'air, j'éprouvais du respect pour lui. Du respect, de l'admiration et de... de...
-De l'affection.
-Oui... capitula Rogue, comme si reconnaître qu'il avait un c½ur était dégradant. Je... Je ne voulait pas... Je veux dire, lorsque Bellatrix m'a mit au pied du mur, avant le début de l'année... je n'avais pas le choix, j'aurais été discrédité aux yeux des Mangemorts si j'avais refusé... Mais je ne pensais pas que... que je devrais le faire réellement. En cours d'année, j'ai sentit que Drago s'approchait du but. Mais je savais qu'il n'y parviendrait pas directement, aussi en ai-je parlé à Dumbledore. J'avais déjà essayé de demander à Drago ce qu'il préparait, ce que m'a reproché Dumbledore. Je lui ai alors dit que tout cela devenait trop dangereux, et que je refuserais d'obéir au Serment s'il le fallait. Il... Il s'est mit très en colère. Il m'a dit que je n'avait pas le choix, que si le moment se présentait, il faudrait que je sauve deux vie, sans regarder en arrière.
-Deux ?
-Oui. Dumbledore m'a dit « Si vous ne me tuez pas en temps voulu, d'autres le ferons, alors que vous, vous serez tué comme traître et Drago comme lâche. Vous ne me sauverez pas la vie, vous en condamnerez deux. »
Rogue s'interrompit. Il avala sa salive et regarda résolument le plafond en se mordant les lèvres pour les empêcher de trembler. Ses yeux brillaient.
-Et c'est ainsi, poursuivit-il difficilement, que je suis devenu l'assassin des deux seules personnes qui comptaient pour moi. Sans réfléchir et sans le vouloir. Mais cela ne change rien au résultat.
Harry ne répondit pas. Non, cela ne changeait rien au résultat. Mais cela changeait certaines conséquences. Il se leva soudainement et quitta la pièce sans un mot de plus. Rogue resta dans le salon, la tête dans ses mains, des flashs de souvenirs passant sans cesse devant ses yeux.
-Eh...
Harry venait de redescendre. Debout près de Rogue, il lui tendait quelque chose. Rogue releva lentement la tête et regarda la photo de Lily Evans Potter, seule dans un parc, que Harry tenait à la main. Rogue regarda la photo, puis le jeune homme, sans comprendre.
-Tenez, murmura Harry. Je vous la donne.
Rogue prit doucement la photo, avant de relever les yeux vers Harry.
-J'en ai d'autres, expliqua ce dernier. Et puis, dans le fond, c'est pas mes oignons. Est-ce que je me suis mêlé du mariage de mes parents ? Non. Alors pourquoi irais-je me mêler d'interdire à ceux qui aimaient ma mère en secret d'aimer un souvenir ?...
Il soupira, un peu désabusé.
-Je... Pourquoi ?... bredouilla Rogue, ébranlé, en contemplant la jeune femme sur la photo.
Harry haussa les épaules.
-Je ne vous aime pas, dit-il sans détours et sans se formaliser. Ce n'est pas une raison pour vous empêcher d'aimer. « Ne fais pas aux autres ce que tu n'aimerais pas qu'on te fasse ».
Il y eu un profond silence.
Harry s'éloigna à pas lents. Il n'y avait rien à rajouter. Pourtant, il avait énormément de mal à admettre que quelqu'un d'autre garde l'image de sa mère dans sa poche – et dans ses pensées...
-Potter !...
Harry se retourna sur le seuil de la pièce.
-Oui ?
Rogue le regarda sans répondre. Mais pour la première de toutes les fois où ils s'étaient regardés dans les yeux depuis qu'ils se connaissaient, il n'y avait pas de méprit dans ses yeux. Juste un regard franc, sincère. Un remerciement silencieux. Harry hocha la tête, comme un « De rien » sans paroles. Puis, il passa la porte.

-----------------------

Harry avait passé les deux semaines suivantes à ressasser tout ce qui c'était passé dans les derniers temps. Dans l'ordre, ils avaient risqués leurs vies, trouvé un Horcruxe, Ron et Hermione étaient – enfin – ensembles, lui et Ginny également, Neville, Luna et elle restaient au 12, Rogue était amoureux de Lily, il était du coté de l'Ordre du Phénix, avait tué Dumbledore par « obligation »... Et c'était déjà bien assez. Dans ces deux semaines, il s'était efforcé de paraître enthousiaste, de participer activement aux recherches sur la destruction des Horcruxes, de s'entraîner d'arrache pied lors de leurs exercices de combats... Tout en s'efforçant de rationaliser, d'intégrer, d'accepter toutes les choses qui se bousculaient dans sa tête. Il lui était toujours résolument impossible d'excuser, de pardonner Rogue, mais il parvenait plus à le comprendre. Le problème majeur était désormais la destruction des Horcruxes. Ils ne parvenaient pas à trouver de renseignements sur la manière de les détruire – en fait, ils n'avaient aucune informations du tout. Le mot Horcruxe semblaient être totalement bannis de toute bibliothèque. Une après-midi, ils se réunirent tous les six dans la chambre de Luna et Ginny, décidés à faire le point. Ils étaient tous passablement découragés. Depuis des mois que Harry, Ron et Hermione cherchaient sans trouver, ils n'avaient pas beaucoup d'espoir que doubler l'effectif de recherche change quelque chose. Ils fermèrent et impassibilisèrent la porte avant de s'éparpiller dans la pièce ; Ron et Hermione s'appuyèrent cotes à cotes sur l'un des lit ; Luna s'assit sur le dossier d'une chaise dans un équilibre inquiétant, les pieds sur le siège ; Ginny s'installa en tailleur sur le bureau ; Neville s'assit sur de le bord du lit en face de Ron et Hermione, un bras passé autour du montant, et Harry s'adossa contre la tête de lit, les jambes allongées sur le matelas.
-Bon, alors, commença résolument Ginny. Ne tournons pas autour du pot. Inutile de se voiler la face, nous sommes au niveau zéro en matière de destruction des Horcruxes.
-C'est vrai, soupira Neville. Nous avons épluché presque tous les livres de la bibliothèque du chemin de Traverse, sans résultat. Et vous trois, vous cherchez depuis bien plus longtemps que nous et vous n'avez rien trouvé non plus.
-Je ne sais pas quoi faire, avoua Hermione comme s'il s'agissait d'une défaite personnelle. Toutes les informations dont nous disposons sont celles que Slughorn à expliqué dans le souvenir que nous avons vu. C'est à se demander comment lui-même à pu obtenir toutes ces indications !
-A mon avis, intervint Ron, seul les sorciers maléfiques connaissent ce genre de pratiques. Ils doivent seulement en parler entre eux. Du moins, je suppose qu'il doit y avoir des choses comme des « apprentis » qui entendent parler de ça de la bouche de leur maître de magie noire. Lorsque Jedusort a quitté Londres, il a voyagé très loin, et Dumbledore dit qu'il s'est plongé profondément dans la magie noire en fréquentant des sorciers de la pire espèce.
-Oui, c'est probable, approuva Luna. C'est comme ça que Slughorn a trouvé tout ce qu'il savait. Il du fréquenter quelques mages noirs parmi ses nombreuses relations, d'ou ses connaissances d'ordre général.
-Oui, mais dans ce cas, comment faire pour avancer ? Poursuivit Ron. Nous ne pouvons pas en parler à qui que ce soit. Alors, où trouver ce qui nous intéresse ? Nous ne pouvons quand même pas suivre le même parcours que lui ! D'abords, parce que nous sommes connus dans le milieu et qu'on se ferait descendre illico presto, et ensuite, parce qu'il n'est pas question qu'on entre dans ce monde.
-Bien sûr que non ! approuva vivement Hermione.
-Certainement pas ! renchérit Ginny. Et étant donné que nous ne pouvons pas suivre cette voie, même si nous en discutions avec quelqu'un d'autre, qui interroger ? Qui parmi les gens que nous connaissons pourrait nous parler des Horcruxes ?
-Slughorn, peut-être ? risqua Neville.
-Ah, non ! Protesta Ron, indigné. On ne va pas se farcir ce tonneau à pattes ! Si l'hippopotame ramène ses fesses, ne comptez pas sur moi !
-Sans compter qu'il n'a pas l'air d'en savoir d'avantage sur le sujet, ajouta Ginny.
-Et qu'il est très réfractaire à l'idée d'en parler, rappela Hermione.
-Je ne sais pas si mon père pourrait nous aider, s'interrogea rêveusement Luna. Je ne l'ai jamais entendu parler des Horcruxes dans son journal.
Comme à chaque fois que Luna parlait du Chicaneur, Hermione paru agacée mais ne fit pas de commentaire.
-Harry ? demanda Ginny en se tournant vers le jeune homme qui écoutait en silence la discussion de ses amis. Tu n'as pas dit un mot. Qu'est-ce que tu en penses ?
Harry inspira profondément et les regarda tour à tour.
-Je n'ai pas grand chose à dire. Vous avez tous raison. A mon avis, la destruction des Horcruxes est quelque chose qui... euh... s'improvise selon des règles, vous voyez ce que je veux dire ? Nous n'avons pas les connaissances de base pour trouver la façon de les neutraliser maintenant. Et ces connaissances sont des choses que nous n'apprendrons que de la bouche de quelqu'un qui en a entendu parlé. Les auteurs de livres ont bannis les Horcruxes de leurs plumes, afin d'éviter de donner des idées aux gens.
-Alors, qu'est-ce que tu proposes ? demanda Neville.
-La même chose que vous. En parler avec quelqu'un qui sait.
-Oui, mais qui ? Retour à la case départ, soupira Hermione.
-Peut-être pas. Nous avons à portée de main quelques personnes susceptibles de savoir ce que nous voulons savoir.
-Qui ça ? Tu penses à Lupin ? lança Ron, les sourcils froncés.
-Non, coupa Hermione, Lupin est un homme formidable, très instruit, qui connaît des tas de choses sur la défense contre les forces du Mal et sans doute en connaît-il plus que la plupart des membres de l'Ordre, mais justement, il veut apprendre aux gens à se défendre, pas à créer des horreurs. Je ne pense pas que ses recherches en tant que professeur l'ai amené à apprendre ce genre de sujets. Sans compter qu'en restant objectif, il est très adroit lors des duels, mais son domaine de prédilection reste la défense contre les créatures maléfiques.
-Ouais, marmonna Ron, il doit avoir en quelque sorte un compte à régler avec Greyback, et apprendre aux enfants à ne pas faire les mêmes erreurs que lui, leur apprendre à lutter contre les sales bêtes du monde entier doit un peu être sa vengeance.
-Sa vengeance, peut-être pas, il n'est pas rancunier, objecta Harry, mais son seul moyen d'action et de prévention, sans doute. Et pour revenir au sujet, Hermione a raison, je ne pense pas qu'il s'y connaisse à ce point en magie noire. Ce n'est pas... vraiment son rôle, je dirais.
-Alors qui ? Un Auror ? Puisque la plupart font partie d'une ligue de magie noire... commença Luna.
-Non, ce n'est pas vrai, Luna, coupa sèchement Hermione. On connais des tas d'Aurors qui ne font parti d'aucune secte bizarre ! Et puis, Scrimgeour, le ministre, est un ancien Auror, et il ne pactise pas avec le diable pour tuer toutes ces fripouilles de gouvernants comme Ombrage ! Ce qui serait pourtant bien utile et ne l'empêche pas d'être un sale type...
-Peut-être, mais il a tout de même profité de la chute de Fudge pour prendre le pouvoir ! riposta Luna en faisant dangereusement osciller sa chaise. Et puis, lui, il y a de fortes chances pour que ce soit un vampire, alors peut-être a-t-il eu du mal à entrer dans la ligue...
-Toujours est-il, coupa Ginny d'une voix forte, que Luna n'a pas tort dans le sens ou un Auror pourrait peut-être connaître. Après tout, ils ont trois ans de formation anti-magie noire poussée en sortant de Poudlard, et ils doivent apprendre toutes les facettes du monde des Ténèbres pour pouvoir le combattre. On pourrait demander à Tonks ?
-Non, protesta Harry. Tonks est trop jeune, elle n'a pas encore énormément d'expérience. Et puis, elle ne pourrait pas s'empêcher d'en parler à Remus, ce que je comprends, mais n'oublions pas que moins de personnes saurons, mieux ce sera pour tout le monde.
-Kingsley, alors, proposa Ron. Ou même, pourquoi pas Fol-¼il ?
-Bonne idée ! s'enthousiasma Hermione. Fol-¼il pourrait sûrement nous aider.
-Non, pas d'avantage, coupa Harry. D'abord, parce qu'il s'empresserait de tout raconter à McGonagall, ce qui signifie qu'on va nous traiter comme des gamins incapables et nous laisser dans notre coin, et ensuite, parce que les Aurors ne sont pas tellement mieux placés que Remus pour nous parler des Horcruxes. Leurs trois années de formation ne leur apprennent pas à faire comme les mages noirs. Ils doivent les combattre, or, les Horcruxes sont une pratique quasi-inconnue, et relativement peu dangereuse à court terme. Je ne crois pas qu'on trouvera quelque chose par ce biais.
-Toi, tu as quelque chose en tête, devina Ginny. A quoi tu penses ?
-Je pense, dit Harry en lui souriant, heureux de la voir une fois encore percer son esprit à jour, que les seules personnes qui ont entendu parlé des Horcruxes sont probablement les mages noirs de haut niveau. Et c'est auprès de Voldemort qu'on les trouve, pas vrai ?
-Oui... Mais je nous vois mal mettre une petite annonce à la gare King'Cross, avec marqué quelque chose du style « XYZ, cherchons à parler à Mme Bellatrix Lestrange pour cours privé sur les Horcruxes », ironisa Ron. C'est assez risible...
-C'est surtout parfaitement inutile. Ceux qui sont toujours du coté de Voldemort ne risque pas de nous en parler, c'est sûr. Mais les autres...
-Attends... commença Hermione en écarquillant les yeux.
-Harry... dit Luna.
-Ne me dis pas que... poursuivit Ron.
-Tu penses à... bredouilla Neville.
-Rogue ? gronda Ginny.
-Oui. Je pense à Rogue. S'il y a bien une personne qui explore la magie noire depuis longtemps, s'il y a quelqu'un qui a été chercher aussi loin dans le Mal de grande envergure, si quelqu'un peut nous renseigner, c'est lui.
-Harry... Harry, écoute, cette fois, ça va trop loin. Tu préfèrerais mettre Rogue au courant plutôt que tes amis ?
-Absolument pas ! Vous savez très bien que je préfèrerais des dizaines de fois plus en parler à Remus qu'à Rogue. Le problème n'est pas là : le problème, c'est que nous devons être sûr de tomber directement sur la bonne personne, celle qui pourra nous renseigner. N'oublions pas que nous six, si nous sommes prit, nous risquons beaucoup plus que d'autres qui ne savent pas. Imaginez que l'un d'entre nous soit capturé et qu'on lui fasse absorber du Véritasérum... Vous comprenez ce que je veux dire ? Si beaucoup de personnes sont au courant des secrets de Voldemort, un, on aura l'air suspects, et deux, il y aura autant de chances en plus que Voldemort se doute de quelque chose à propos de ses « Marges de sécurités », comme il dit. Si par malheur, il apprend que deux de ses Horcruxes sont détruits – alors qu'il ne croit en avoir perdu qu'un – et que nous sommes en possession de trois autres, il va en recréer. Et cette fois, nous serons complètement impuissants !
-Mais qui te dis qu'il n'a pas déjà refait un Horcruxe pour remplacer le journal ?
-Dumbledore ne le croyait pas. Voldemort avait prévu que le journal soit utilisé – et potentiellement détruit. Par conséquent, il pensait qu'il avait assez de Horcruxes pour se protéger, et ne projetait pas d'en refaire à moins d'être vraiment menacé – comme c'est le cas actuellement. Son objectif, rappelez vous, est d'arriver à une âme séparée en sept morceaux. Si l'un de ses Horcruxe est détruit, il perd une partie de cette âme, mais créer un autre Horcruxe l'amènerait à avoir coupé son âme en huit, au total. Donc, il perd le bénéfice du chiffre sept, essentiel à ses yeux. Ce qui explique ses réticences à refaire tout de suite un Horcruxe supplémentaire. Mais par contre, il n'hésiterait pas un instant s'il savait qu'il n'a en fait plus qu'un Horcruxe réellement hors de danger – et encore, Nagini est vivante, donc mortelle à long terme. Vous comprenez ? Il est primordial que le moins de gens possible connaisse la vérité.
-Oui... Je vois ce que tu veux dire, grommela Ginny de mauvaise grâce. Mais franchement... Rogue est idéalement placé pour le lui dire, tout de même... Qu'est-ce qui te dit que, maintenant qu'il a sa baguette, il ne va pas tout déballer à Jedusort ?
- Il ne dira rien. Il veut autant que nous que Voldemort débarrasse le plancher. Il souhaite sa mort autant que moi.
-Qu'est-ce que tu en sais ? Ne pu s'empêcher de demander Ron.
-Je le sais, c'est tout. On en a déjà parlé. Je vous en parlerais sans doute plus tard, quand je serais prêt... Mais pas tout de suite.
Ron se renfrogna et se mit à jouer avec une mèche de cheveux d'Hermione. Celle-ci se mordillait les lèvres, tendue. Neville paraissait gêné et anxieux comme chaque fois que Rogue – son pire cauchemar – était mentionné dans une conversation. Luna semblait aussi concernée qu'à son habitude et Ginny, à la fois ennuyée par les paroles de Harry et sensible à ce qu'il avait pu vivre, glissa de son bureau pour aller se pelotonner dans ses bras. Harry l'enlaça sans mot dire. Il n'avait pas plus envie que les autres de s'associer à Rogue, et surtout pas pour un sujet aussi important, mais il savait, comme eux, qu'il avait raison et que c'était la seule solution possible. Deux semaines plus tôt, il se serait violemment révolté contre une telle proposition, mais les choses avaient bien changées depuis.
-Bon, soupira Neville, alors, s'il faut parler à Rogue, autant le faire tout de suite, non ? Plus vite on se sera débarrassé des Horcruxes, plus vite on pourra agire pour... faire autre chose...
-Oui. Tu as raison, Neville, approuva Harry sans pour autant faire le moindre mouvement pour se lever.
-Tu as l'air très emballé, remarqua Ron en éclatant de rire.
-Toi aussi, répliqua Harry en souriant à son tour et en regardant ses vieux amis, enlacés avec une expression de parfait contentement sur le visage.
Il y eu quelques instants de silence. La tâche qui les attendait était certainement plus pénible et plus dangereuse que tout ce qu'ils avaient pu faire jusque là. Harry n'était pas près d'oublier sa rencontre avec le Jedusort du journal, en deuxième année. Il avait certes conservé l'aspect d'un garçon de 16 ou 17 ans, mais avait cependant tous les pouvoirs, toute la mémoire, qu'il avait lors de sa tentative de vol de la pierre philosophale. D'autre part, Ginny était passée très près de la mort, et seule la chance ainsi que la présence de Fumseck lui avait permit de s'en sortir et de détruire le Horcruxe.
-En fait, murmura Ron en brisant le silence des cinq dernières minutes, si tout fonctionne, on va vraiment se retrouver face à Tu-Sais-Qui...
-Probablement, répondit Harry. Je ne sais pas si Voldemort est sortit de la bague des Gaunt, mais en tout cas, le Voldemort du journal était bien réel.
-C'est le moins qu'on puisse dire, marmonna Ginny en frissonnant.
-Aller, debout, dit brusquement Hermione en se dégageant de l'étreinte de Ron et en sautant sur ses pieds. Il faudra bien y aller un jour.
Ils se levèrent tous plus ou moins en ronchonnant, sortirent de la chambre et gravirent l'escalier dans un cortège assez sinistre. Instinctivement, Harry sentit que les autres attendaient qu'il prenne la tête du comité de discussion et il passa devant en arrivant vers la porte de chambre de Rogue, endroit de la maison qu'il n'avait pas approché depuis le 1er octobre dernier – soit presque six mois. Il se retourna vers ses amis groupés derrière lui, avala sa salive et frappa deux légers coups à la porte.
-Oui ? répondit la voix froide de Rogue.
Harry ouvrit la porte mais resta sur le seuil. Rogue lisait, assit dans un fauteuil au milieu de la pièce. Ils se regardèrent quelques instants avec dans les yeux l'habituel mépris dégoûté réciproque qui caractérisait leurs conversations.
-Oui ? répéta Rogue, sans refermer le livre qu'il avait sur les genoux.
-J'ai besoin de votre aide, annonça Harry sans détours.
Rogue le regarda d'un air plus supérieur que jamais, mais cependant perplexe.
-Vous ne ressemblez pas autant à votre père que je ne le pensais, dit-il. Admettre qu'il avait besoin d'aide était hors de question pour lui. Quant à reconnaître qu'il s'était trompé sur le compte de quelqu'un, c'était proprement impensable.
Harry fit un mouvement d'impatience.
-Je ne vous demande pas vos passionnants commentaires ! gronda-t-il sèchement. Je veux seulement savoir si vous accepter de nous aider. Point.
Rogue ne répondit pas. Il considéra une nouvelle fois Harry qui le regardait avec autant d'aversion que lui, puis il ferma son livre d'un geste sec, le posa sur une table et se leva.
-Je vous suis.
-Très bien. Alors, venez. Nous vous emmenons au c½ur du problème.

# Posté le jeudi 28 décembre 2006 18:55