*Le Forum Du Blog*Chapitre 15 - La Belle et la Bête
Malgré la présence d'un autre de leurs pires ennemis de l'école (« Manque plus que Rusard, McLaggen et quelques autres et on est au complet » grinçait Ron) l'ambiance resta étonnement détendue au square Grimmaurd. Rogue continuait de les ignorer superbement les rares fois où il venait lire dans le salon(ce qui les arrangeaient bien) et Malfoy passait le plus clair de son temps dans sa chambre. Les jours s'écoulaient, venteux et humides. Des bourrasques de neige fondue venaient s'écraser contre les carreaux des fenêtres, obscurcissant un peu plus le 12 dont les habitants semblaient petit à petit sombrer dans une morosité contagieuse. Harry, Ron et Hermione avaient quasiment découvert une maison qui pouvait correspondre à la maison des Jedusort et ils transplannaient régulièrement dans les environs pour la chercher. De temps à autre, Harry ressentait des picotements désagréables et à sa cicatrice, accompagnés le plus souvent d'un sursaut de colère qui n'avait rien à voir avec ce qui ce passait à cet instant. Sans faire de commentaires, il laissait Ron et Hermione lever la tête vers le plafond avec inquiétude en entendant Malfoy hurler de douleur, deux étages plus haut.
Le mois de février avançait doucement ; le temps devint plus chaud, la neige fondit quelque peu, rendant leurs traversées champêtres moins froides mais plus boueuses. Le résulta ne variait pas pour autant et tous les trois, après des débuts prometteurs, commençaient à se décourager sérieusement. Harry particulièrement avait du mal à se remettre du départ de Ginny. Sa présence lui manquait chaque jour un peu plus et il avait de plus en plus de mal à éviter de penser à elle. Son esprit vagabondait vers les alentours de Poudlard, sans rencontrer de vielle maison ayant appartenue à un quelconque Jedusort sur son chemin. Il n'était d'ailleurs pas le seul à être ainsi préoccupé par les environs de Poudlard : avec les vacances de février, s'annonçait le départ de Tonks pour Pré-au-Lard et Lupin semblait se refermer doucement sur lui-même. Tonks avait clairement vu ce changement. Il la fuyait presque, et même s'il ne lui refusait jamais les longues soirées qu'ils passaient ensemble à parler à demi-voix devant la cheminée, il était visiblement attristé, soucieux, même s'il s'efforçait de le cacher. La veille du jour où Tonks devait repartir pour deux mois entiers tombait – comble de malchance – un soir de pleine Lune. Lupin était donc d'autant plus chagriné que Tonks parte qu'il ne pourrait pas lui dire au revoir lorsqu'elle transplannerait tôt le lendemain matin ; Dans une dernière tentative pour leur remonter un peu le moral à tout les deux, Tonks décida Lupin à venir à un salon de thé cette après-midi là. Lupin avait naturellement protesté (« Dora, je te rappelle que sortir un soir de pleine lune n'est pas exactement le genre de choses sensées que je peux me permettre, tu sais ? »), mais Tonks avait finement préparée et argumenté la riposte (« La nuit ne tombe pas avant 17 heures et la Lune ne se lève qu'une demie-heure après. Je te promets que nous serons de retour vers 16 heures 30. En attendant, tu as bien le droit de sortir un peu pour t'amuser, non ? ») et avait finalement remporté la victoire (« Alleeeerr ! S'il te plais, Remus, ça me ferait tellement plaisir... » « Oh, bon, après tout, pourquoi pas... Et maintenant, Tonks, fais moi plaisir et arrête de me regarder avec cet air de chien battu !... »).
En début d'après-midi, Harry, Ron et Hermione leur dirent rapidement au revoir en leur souhaitant une bonne après midi et Hermione eut un sourire rayonnant en voyant Lupin prendre furtivement la main de Tonks lorsqu'elle referma la porte derrière eux. Pour une raison obscure, Hermione semblait toujours enchantée de voir des personnes qu'elle connaissait se rapprocher ; Harry l'avait déjà remarqué à plus d'une reprise, notamment quand il était sortit avec Ginny ainsi qu'avant que Lupin et Tonks ne soient officiellement ensembles, et les raisons d'un tel comportement lui échappaient totalement. Laissant de coté ces mystères féminins, il passa sa propre après midi à s'entraîner au combat avec Ron, tandis qu'Hermione vérifiait pour la énième fois les éditions vieilles de cinquante ans du « Times ».
Pendant ce temps, il apparu aux yeux de Lupin et de Tonks que cette dernière avait réellement eu une excellente idée. Le salon de thé était charmant et le sympathique goûter se transforma en un véritable petit dîner en tête à tête. Vers 16 h 30, cependant, Lupin rappela à regret à Tonks qu'il était plus que temps de rentrer. Tonks poussa un gros soupir que Lupin fit disparaître en lui assurant qu'il avait encore le temps de la raccompagner au square Grimmaurd avant de rentrer chez lui – il avait une petite maison qu'il avait occupé dés sa sortie de l'école et où il y avait une cave verrouillable de l'intérieur, où il revenait une nuit chaque mois. Ils se levèrent de table, s'emmitouflèrent à nouveau dans leurs capes et sortirent dans les bourrasques de vent et de neige. Soudain, au détour d'une rue, Lupin stoppa brutalement et arrêta Tonks d'un geste du bras.
-Remus ? Qu'est-ce qu'il y a ?
Lupin ne répondit pas, mais malgré la pénombre ambiante, Tonks vit qu'il avait pâlit. Elle s'avança un peu plus et vit à son tour se dessiner les silhouettes d'une demi-douzaine d'hommes qui formaient une ligne, barrant la route.
-Qu'est-ce que... murmura Tonks en sortant discrètement sa baguette de sa poche. A coté d'elle, la respiration de Lupin s'était brusquement accélérée et il avait les yeux écarquillés. En face d'eux, l'un des hommes s'avança lentement, brisant la ligne ; la lumière d'un lampadaire l'éclaira petit à petit et laissa voir des cheveux et des favoris gris en bataille, un corps massif, tandis qu'une odeur de terre et de sueur répugnante se faisait sentir à son approche.
-Salut, Remus, lança-t-il d'une voix narquoise qui ressemblait à un aboiement rauque. Alors, on se promène ?
-Greyback, murmura Lupin d'une voix à peine audible.
Tonks eu un mouvement d'effroi. Elle ne l'avait pas immédiatement reconnu, ne l'ayant que rapidement croisé quelques mois auparavant, mais il était inutile de demander qui étaient ceux qui l'accompagnait. Le loup-garou eut un rire sordide.
-Tu as trouvé quelqu'un qui voulait bien t'accompagner, à ce que je vois, Lupin ? dit-il en désignant d'un signe de tête la jeune femme à coté de Lui. C'est bien, ça, c'est gentil, de chiper leurs femmes à des sorciers... Mais ce n'est pas prudent... Ce n'est pas bien de sortir le soir, on ne te l'a jamais dit, bébé ? lança-t-il d'une voix doucereuse en se tournant vers Tonks.
-Il se trouve, Greyback, que je suis un sorcier, comme elle, et contrairement à toi, siffla sèchement Lupin en se décalant légèrement pour se placer à moitié devant elle.
-Ohooo, s'exclama Greyback avec un nouveau rire appréciateur, mais c'est qu'il commence à répondre, celui-là ! Perdrais-tu ton légendaire sang-froid, Lupin ?
-Tu as donc finit par mettre ton projet à exécution, lança Lupin en éludant la question.
-Tiens, tu étais au courant ? Je me demandais si tu avais trouvé le code.
-Bien sûr, que j'ai trouvé le code. Et tous ceux de l'Ordre l'ont aussi, j'y ai fait très attention.
-Ah... Ce n'est pas gentil pour tes semblables, Lupin...
-Je ne suis pas comme toi ! Explosa Lupin. Tu es un monstre à plein temps, pas moi ! Et tu ne me fais pas peur ! Tu m'as déjà fait la pire chose que tu pouvais me faire, je n'ai plus rien à craindre de toi !
-Mais elle, je ne lui ai encore rien fait, Lupin, et tu le sais bien... C'est pour ça que tu te places un peu devant elle... Finalement, nous avons de la chance de t'avoir croisé ce soir avec ta fiancée... Je préfère les enfants, mais les jeunes filles ne sont pas à dédaigner, surtout quand il s'agit de leur souhaiter la bienvenue parmis nous...
-Cours, murmura Lupin à voix très basse sans quitter Greyback des yeux. COURS ! MAINTENANT !
Il fit brusquement volte-face et entraîna Tonks avec lui.
-CAPTUREZ-LE ! MORDEZ-LA ! Rugit le chef des six loup-garous.
-Stupéfix ! cria Tonks en pointant à l'aveuglette sa baguette derrière elle mais Lupin lui attrapa le bras et la tira en avant.
-Non ! Ça ne sert à rien ! Ils vont bientôt se transformer, ils ne craignent pas les sorts, viens, cours !
Ils coururent à toutes jambes sans ce soucier de la direction où ils allaient.
-Par ici, vite ! S'exclama Remus en s'engouffrant dans une ruelle, tirant toujours Tonks par le bras. Après de longues minutes d'angoisse, ils réussirent à les semer et s'arrêtèrent, pantelants, dans une autre petite rue étroite et sombre qui leur était complètement inconnue. Sous le choc, Tonks restait silencieuse en essayant de reprendre ses esprits pendant que Remus cherchait son souffle.
-Viens, murmura-t-il enfin, partons d'ici, il ne vaut mieux pas traîner dans les environs.
Tonks hocha la tête et ils tournèrent l'angle de la rue... pour se retrouver dans un cul-de-sac. Inquiets, ils levèrent les yeux au ciel pour chercher une sortie quelconque, et soudain, ils la virent. Splendide, magnifiquement brillante, d'un éclat presque irréel, la Lune ronde comme une boule de Noël apparu derrière un nuage qui se dissipait. Il y eu un instant d'intense horreur silencieuse, d'épouvantable compréhension mutuelle, puis Remus tira sa baguette de sa poche et la pointa directement sur Tonks. Il y eu une détonation et la jeune femme fut projetée à l'autre bout de la rue, vingt mètres derrière Lupin.
-VAS-T'EN ! COURS ! LAISSE MOI, VITE, VAS-T'EN ! Hurla-t-il en se mettant à trembler de tous ses membres sous les paisibles rayons de la pleine Lune. Tonks, paralysée de terreur, mit deux bonnes secondes avant d'avoir le réflexe de se lever et de se mettre à courir à toute vitesse en sens inverse, fuyant l'impasse. L'espace d'un instant, elle se retourna pour faire venir à elle la baguette de Remus qu'il avait lâché, et elle le vit. Il était tombé à genoux et de toute évidence, il luttait de toutes ses forces contre la métamorphose, replié sur lui même, dans un hurlement de révolte et de rage, les dents serrées sous l'effort qu'il faisait pour se battre contre le maléfice, agité non plus de tremblements mais de véritables spasmes. Durant cet affreux moment d'effroi et de douleur, Tonks dut se forcer à se détourner de lui pour ne pas céder à cette irrésistible, irrépressible envie de courir vers lui pour l'aider plutôt que de le fuir et de l'abandonner à son destin. Le laisser ainsi était insupportable, mais son instinct et le respect qu'elle vouait à Remus lui firent poursuivre sa course folle. Au loin, derrière elle, un long, un terriblement beau et triste hurlement de loup raisonna dans la nuit et elle sentit sa poitrine se serrer. Les poumons en feu et le c½ur en morceau, Tonks accéléra un peu plus le pas, laissant des larmes brûlantes ruisseler sur ses joues. Elle courrait, courrait, courrait à perdre haleine, mais ne savait plus ce qu'elle fuyait : l'homme qu'elle aimait et qui n'en était plus un, ou son chagrin, sa détresse qui lui coupait son souffle déjà brisé. Devant elle, elle aperçu le bout du dédale de rues étroites du quartier mal éclairé dans lequel ils s'étaient engouffrés quelques instants plus tôt pour fuir Greyback et ses acolytes. Elle n'avait plus qu'une rue à traverser et elle serait de nouveau au milieu de la grande avenue baignée d'une lumière rassurante. Là, elle pourrait ralentir un peu. Là, peut-être qu'elle arriverait à se reprendre suffisamment pour transplanner devant le 12. Et tant pis pour l'article 16 qui interdisait de transplanner dans un endroit susceptible d'abriter des moldus ! Encore quelques mètres et elle serait sauvée... Encore quelques pas... Tonks s'arrêta net. Devant elle, bien visible dans la lumière des lampadaires, six ombres de ce qui ressemblait à de grands chiens nordiques venait de surgir sur le sol, et l'instant d'après, leurs six propriétaires stoppèrent devant Tonks, à l'entrée de la rue. Finalement, ils les avaient retrouvé. Et ils bloquaient le passage.
Coincée. Elle était prise au piège. Un piège à rat. A trois mètres d'elle, six loup-garous s'apprêtaient à l'attaquer avec la visible intention, non de mordre, mais d'en découdre. Derrière elle, un autre loup-garou qui n'avait d'autre sortie que cette rue allait bientôt débouler droit sur elle. Il n'y avait aucune issue. Tout s'arrêterait là, dans cette ruelle sombre, à moins d'un kilomètre du quartier général de l'Ordre du Phénix. Tonks sentit une peur sourde et résignée monter en elle tandis qu'elle restait là sans bouger dans une attente stoïque de l'inéluctable. « Il va s'en vouloir », pensa-t-elle dans un éclair fugitif, dans une pensée pour lui, dangereusement proche et épouvantablement loin tout à la fois. Tonks savait très bien que jeter des sort de servirait à rien – les loup-garous métamorphosés ne craignaient aucune attaque, ils devenaient plus résistants que des géants. Lentement, avec un grognement sourd, le plus gros de tous les loups (Greyback, sans doute) s'avança, rassembla ses pattes sous lui puis bondit sur elle. Tonks hurla et se couvrit le visage de ses bras, mais soudain, dans un glapissement sauvage, un autre loup-garou jaillit de derrière Tonks et frappa Greyback de plein fouet, cassant son élan. Remus et Greyback roulèrent au sol, le premier refermant sa mâchoire sur le cou de son adversaire qui se débattait férocement en poussant de petits cris ; les cinq autres loups se jetèrent à leur tour sur Remus. Tonks, ahurie, baissa les bras, regarda et réalisa ce qui se passait en une fraction de seconde, puis partit en courant, passant devant les sept loup-garous sans qu'aucun de lui prête attention. Elle chancela, se redressa, entrevit Remus qui partait en courant en direction du parc, dans l'autre direction, avec les six autres à ses trousses, et elle comprit. Il les attirait loin d'ici, loin d'elle, et par chance dans l'endroit où ils étaient le moins susceptibles de croiser des humains à cette heure-ci. Tonks rassembla ses dernière forces et transplanna.
Une seconde après, elle arriva à trois rues de là où elle voulait aller mais ne se laissa pas distraire et se précipita vers le square Grimmaurd. Arrivé au 12, elle tambourina furieusement à la porte. Presque aussitôt, Harry lui ouvrit avec une expression de profonde surprise.
-Tonks ? Qu'est-ce que tu fais là si tard ? On te croyait rentré chez toi depuis longtemps ! Il est presque dix-huit heure ! Pourquoi n'es-tu pas rentrée comme prévue avec Lupin ?
C'en fut trop pour Tonks. Il s'était passé trop de choses épouvantables – et c'était sa faute, entièrement ça faute, c'était elle qui l'avait persuadé de venir avec elle ! Sans répondre, elle fondit en larmes en entrant dans la maison.
-Ils... Ils vont le tuer ! Il faut... Aller le chercher, ils l-le tueront !
-Quoi ? Qu'est-ce que tu veux dire ? Qui va tuer qui ? Attends, viens, entre... dit Harry en la soutenant jusqu'au salon.
Ron et Hermione s'avancèrent rapidement tandis que Tonks commençait à raconter la joyeuse puis horrible après-midi qu'elle venait de passer. Hermione étouffa un cri de terreur et se plaqua les mains sur la bouche quand Tonks raconta comment la Lune était apparue au dessus d'eux.
-Remus m'a jeté un sort qui m'a projeté à au moins vingt mètres de lui, poursuivit Tonks en se mettant à trembler à nouveau, il m'a hurler de courir... De le laisser et de partir... J'ai ramassé sa baguette qu'il avait lâché et je l'ai vu résister de toutes ses forces contre la transformation. C'était effrayant de le voir se battre comme ça, se combattre lui-même... J'ai fait demi tour et je suis partit en courant. J'était incapable de transplanner. Et puis, je suis arrivé presque au bout de la rue, et Greyback et les autres sont arrivés. Transformés. Ils bloquaient la rue, j'étais prise au piège, j'ai cru que j'étais fichue, mais juste au moment où Greyback bondissais sur moi, Remus est arrivé par derrière et l'a percuté en plein vol... les autres se sont tous jetés sur lui, et je l'ai vu les entraîner vers le grand parc...
-Il a attaqué Greyback ? Alors qu'il était transformé ? Mais... commença Ron, stupéfait.
-Les loups-garous à l'état métamorphosé n'attaquent jamais les leurs, termina Hermione en fronçant les sourcils, leur instinct les pousse au contraire à s'entourer d'une meute d'autres loups ou loups-garous et à attaquer un maximum d'humains... Il aurait violé ces deux instincts ?
-Je sais, ça paraît fou, mais il l'a fait. Sinon, je ne serais pas là pour vous le dire, murmura Tonks. Il l'a fait pour me sauver la vie. Même transformé, il a essayé de me protéger jusqu'au bout... Et maintenant, ils vont le tuer par ma faute !
Tonks éclata en sanglots.
-Il faut aller à son secours, il n'a aucune chance, ils sont à six contre un !
-Tonks, coupa fermement Harry en la prenant par les épaules, Tonks, écoute-moi. Nous ne pouvons pas aller le chercher, tu le sais, c'est beaucoup trop dangereux. En plus, c'est parfaitement inutile : Nous ne pourrons rien faire contre eux, même si nous les retrouvons. Aucun sortilège ne les atteindra et ce serait du suicide de s'approcher d'eux.
-J-je sais, sanglota Tonks en laissant Harry la secouer légèrement par les épaules, mais je... c'est à cause de moi qu'il est sortit ce soir... Et c'est pour moi qu'il les a attaqué... C'est ma faute, tout est ma faute !
-Non, ce n'est pas ta faute ! Tu ne pouvais pas savoir, tu avais tout très bien prévu pour qu'il n'y ai pas de problème, c'est à cause de Greyback que tout est arrivé, et ça, tu ne pouvais pas le savoir. Personne ne pouvait le savoir. Tu n'as absolument rien à te reprocher, d'accord ? Maintenant, nous allons attendre que le jour se lève, et dés que la Lune aura disparu, nous partirons à sa recherche. Et nous allons demander de l'aide. On va appeler Fred et Georges, Mme Weasley, Fleur, Bill, tout le monde. Et d'ailleurs, on va tout de suite prévenir le professeur McGonagall.
Harry se leva d'un bond, prit une plume et un morceau de parchemin parmi les affaires éparpillées sur la table, griffonna rapidement une lettre d'explications sommaires et d'appel au secours, roula et cacheta le parchemin et appela Hedwige. Il lui accrocha rapidement le rouleau à la patte droite et la fit sortir par la fenêtre.
-Voilà. McGonagall aura sûrement cette lettre dans la nuit.
Tonks hocha la tête en silence, des larmes continuant de rouler sur ses joues, et Hermione la prit doucement dans ses bras pour la réconforter. Ron et Harry échangèrent un regard au dessus des deux jeunes femmes. Ils savaient tout les deux sans avoir besoin de se parler que Lupin, seul contre six loups-garous, n'avait pas beaucoup de chance de s'en sortir vivant. Il ne restait qu'à prier le ciel qu'il réussisse à s'échapper et qu'aucun d'entre eux ne croise le chemin d'un passant tardif.
La nuit se passa avec la longueur d'une nuit arctique. Aux alentours de six heures du matin, alors que la noirceur extérieure commençait à peine à s'éclaircir, ils virent la haute silhouette de leur professeur de métamorphose s'avancer d'un pas vif dans la rue et Harry ouvrit la porte avant même qu'elle n'ait eu le temps de frapper.
-Bonjour, professeur. Vous avez bien reçu Hedwige ?
-Bonjour, Potter. Oui, j'ai reçu votre hibou. J'ai laissé le professeur Maugrey en charge à l'école et je suis partie immédiatement. Que ce passe-t-il au juste ? demanda-t-elle d'un ton anxieux en retirant sa cape vert émeraude et en l'accrochant à une chaise du salon.
Hermione lui raconta en quelques mots ce que Tonks leur avait déjà dit et le professeur McGonagall se laissa tomber sur une chaise avec horreur.
-Seigneur, murmura-t-elle, six loups-garous métamorphosés aux trousses d'un septième, le tout dans les rues de Londres... On ne pouvait imaginer pire scénario...
Tonks se remit à sangloter doucement. La directrice s'approcha d'elle et lui tapota l'épaule avec compassion.
-Ne pleurer pas, Nymphadora, ne vous inquiétez pas, cela ne vaut rien pour la santé et ne changera rien au problème. Dés que le jour sera levé, nous partirons à sa recherche et nous le retrouverons, je vous le jure.
-Je ne doute pas que nous le retrouvions, murmura Tonks en s'essuyant les yeux, je m'inquiète seulement de savoir dans quel état il sera lorsque nous le trouverons... Il a fait cela pour moi, pour me sauver, et j'enrage de ne pas pouvoir intervenir...
-Il est évidant qu'un loup-garou qui tourne ainsi le dos à toutes les lois de la nature, c'est très inhabituel... je n'avais jamais entendu parler d'une chose pareille... Et je comprends votre sentiment d'impuissance, ajouta doucement le professeur McGonagall.
-Professeur, murmura Ron, peut-on prévenir tous les membres de l'Ordre qui peuvent se libérer aujourd'hui ? Je vais demander à mes frères Fred et Georges de venir, mais ne serait-il pas utile de demander à tous ceux qui le peuvent de nous rejoindre ? Nous ne pourrons pas partir avant plus d'une heure, mais nous pouvons déjà nous regrouper.
-C'est une excellente idée, Mr Weasley. Je vais immédiatement alerter Hestia Jones et Sturgis Podmore. Peut-être pourriez-vous prévenir votre famille ?
-J'y vais tout de suite, je vais sur le Chemin de Traverse, répondit Ron. Harry, tu peux aller réveiller mes parents, s'il te plais ?
Sans attendre de réponse, il prit une pincée de poudre de cheminette dans sa poche et partit dans un tourbillon de flamme verte. Moins de vingt minutes après, ils étaient déjà tous au 12. Une nouvelle fois, ils racontèrent ce qui c'était passé et commencèrent à s'organiser. Ils décidèrent de patrouiller par deux. Hestia, quant à elle, resterait ici pour surveiller Rogue et Malfoy. Après une attente interminable, l'aube chassa lentement la nuit, la Lune se replia derrière la lumière et ils purent enfin partir. Ils transplannèrent tous à l'endroit où Tonks leur avait dit qu'elle avaient perdu Remus de vue et ils se séparèrent en cinq groupes de recherche à travers tout le parc. C'était un très grand parc qui devenait une véritable forêt. Il y avait des dizaines d'hectares de petit bois à fouiller, sans compter qu'une rivière serpentait à travers tout le bosquet. Harry et Ron partirent dans un coin sombre du bois.
-Tu ne crois pas qu'on aurait plus de chance de le trouver si on cherchaient chacun de notre coté, demanda Ron en écartant une branche.
-Je ne sais pas, marmonna Harry. Greyback et les autres peuvent être toujours dans le coin, ce n'est pas prudent de rester seul.
-Mais ils n'ont pas de baguettes, et on peut les attaquer, maintenant que le jour s'est levé ! Et puis, sincèrement, ils n'ont plus rien à faire ici. Il est presque huit heures, ils ont sûrement déguerpit depuis longtemps !
Harry resta silencieux. Lui aussi voulait retrouver Lupin – et vite ! C'était le dernier ami de son père. Il fallait qu'il le retrouve. Et les arguments de Ron tenaient la route : Ils pouvaient se défendre contre cinq personnes sans baguettes magiques – ils avaient déjà réussi à combattre trois ou quatre Mangemorts armées, alors des quasi-moldus... Et il était vrai qu'ils étaient certainement partis à l'heure qu'il était...
-Bon... d'accord, accepta Harry, on va chacun de notre coté. Mais si tu as un problème, appelle-moi en m'envoyant ton patronus, Ok ?
-Ok, vieux. Alors, à plus tard, dit Ron en partant à gauche.
-A plus tard, répondit Harry.
Il continua à s'enfoncer tout droit dans l'enchevêtrement de branches.
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En s'engouffrant dans le parc, des heures plus tôt, Lupin n'était pas vraiment en état de savoir où il allait. Dans son esprit de loup, il était poursuivit par six adversaires, ce n'était donc pas le moment de visiter le voisinage. Toutefois, il n'en demeurait pas moins un loup décidé coûte que coûte à éloigner ses six poursuivants de cette rue derrière eux, et de surcroît, un loup très intelligent qui savait pertinemment que courir quelques centaines de mètres à toute vitesse puis s'arrêter à bout de forces n'était pas une chose à faire ; par contre, il savait également qu'il était capable de tenir une poursuite des heures durant s'il s'économisait, et il agit en conséquence. Il prit un galop souple et rapide, mais pas trop, gardant une distance de sécurité suffisamment grande pour se laisser un peu de marge, et suffisamment courte pour que ses poursuivants aient constamment l'impression qu'ils allaient le rattraper ; De telle sorte qu'ils ne le lâchaient pas d'une foulée mais ne l'attrapaient jamais, galopant eux aussi en économie. De temps à autre, l'un des autres loups accélérait brusquement l'allure et se rapprochait dangereusement de lui, mais ce faisant, il s'épuisait et laissait les autres derrière lui, ce qui permettait à Lupin d'avoir le temps de faire brutalement demi-tour, de l'attaquer inopinément et de se remettre à courir avant d'avoir reçu le moindre coup de dents, laissant l'autre avec une oreille déchiquetée ou une épaule en sang. Des heures durant, ils se poursuivirent ainsi dans le parc miraculeusement désert. Mais au milieu de la nuit, la malchance fit marcher Lupin sur un long clou qui lui transperça le coussinet de but en blanc avant de se retirer de sa patte. Lupin poussa un couinement de douleur et boitilla sur trois pattes pendant quelques foulées. Oh, il se reprit très vite, mais cela avait été suffisant pour dissiper toute l'avance qu'il avait, le plaçant à quelques centimètre seulement de la gueule de ses poursuivants. Et c'était assez pour Greyback. Il bondit brusquement et renversa Lupin. Celui-ci se redressa aussitôt et fit volte-face, prêt à l'affrontement. Les loups l'encerclèrent. L'un après l'autre, ils tentèrent une attaque perfide et esseulée, et l'un après l'autre, il les rembarra férocement. Il n'avait encore aucune blessure autre que cette déchirure à la patte, alors que tous ses agresseurs saignaient déjà à un ou deux endroits, là où il les avaient prit par surprise en pleine poursuite. Ils tournèrent autour de lui en grondant, puis, sans prévenir, l'un d'eux bondit, et tous l'imitèrent. Un combat à mort s'engagea, une lutte sans merci qu'il faudrait tenir. Pendant près d'une demi-heure, les coups de griffes, de cros, d'épaule se succédèrent, mais Lupin fut le plus impitoyable de tous. Il n'avait pas le droit à l'erreur et dans sa tête d'animal, il le savait mieux que n'importe qui. Pas une faille, pas une faute ne fut pardonnée à ses adversaires. Dans la sauvage mêlée qui s'en suivit, il fit pleuvoir un déluge de morsures et une grêle de coups de pattes, indifférent aux blessures qui s'abattaient sur lui. Et, aussi surprenant que cela puisse paraître, il en mit un en déroute en lui brisant deux côtes, en fit fuir un autre en lui broyant une patte alors qu'il était lui-même à terre, un troisième déguerpit, le poitrail à moitié déchiqueté et enfin, ce fut une débandade honteuse de cinq des six loups. Restait Greyback. Plus lourd, plus massif, mieux entraîné, moins blessé, mais certainement pas aussi déterminé que Lupin. Et surtout, Lupin avait l'avantage de la finesse d'intelligence que n'avait pas et n'avait jamais eu Greyback. Greyback était ivre de rage et de sang, alors que Lupin restait maître de ses sens même transformé, même en plein combat de loup. Alors qu'on entendait vaguement au loin les cris plaintifs des cinq pauvres éclopés, Lupin et Greyback se livrèrent une bataille d'une incroyable rapidité d'action et d'une épouvantable lenteur de résistance. Puis, au bout d'une bonne vingtaine de minutes, le duel tourna court. Greyback et Lupin s'étaient écarté pour s'observer un instant avant de repartir à l'attaque, mais Greyback, tout d'un coup, lui jeta un regard mauvais et décampa sans demander son reste, boitillant sur trois pattes, vaincu, pour rejoindre ses compagnons d'infortune dans leur penaude débâcle.
Sitôt que Greyback eu disparu dans les buissons, Lupin chancela et se laissa tomber à terre, épuisé, le museau en lambeau, l'épaule avant gauche ruisselante de sang, le flanc droit lacéré, en piteux état. Il resta ainsi affalé près d'une heure, sans reprendre ses forces qui semblaient au contraire s'échapper un peu plus à chaque instant, au fur et à mesure qu'il perdait son sang. Rassemblant le peu d'énergie qui lui restait, il se redressa lentement, pointa son nez vers cette Lune qu'il détestait tellement sous sa forme humaine et qui devenait sa confidente chaque fois qu'elle était pleine, et pour la deuxième fois de la soirée, il hurla, hurla sa douleur, sa peine de loup, de bête blessée. Il hurla longtemps. Puis, un peu apaisé, il trouva la force de se relever et se mit à errer dans la végétation, clopinant tant bien que mal. Il finit par se retrouver au petit matin près d'une rivière ; il escalada le gros rocher incliné qui empêchait d'accéder à l'eau par derrière mais qui descendait ensuite en pente douce vers le courant, comme une plage. Les pattes flageolantes, il s'approcha de l'eau rafraîchissante, bienfaisante, et se mit à boire à grande gorgées. Puis, avec des mouvements patauds, le loup-garou encra ses pattes un peu dans l'eau, en avant sur le rocher glissant à cause des algues, pour plonger toute la tête dans le courant frais tandis qu'un rayon de soleil venait lui réchauffer le dos ; lorsqu'il ressortit la tête de l'eau, Remus Lupin regarda son reflet dans l'onde courante, les yeux vitreux, les mains appuyées sur le rocher, le visage barré d'une triple griffure dut à l'un de ses attaquants. Une terrible, une irrépressible envie de dormir le submergea, une envie de fermer les yeux et de sombrer dans un sommeil où il pourrait enfin tout oublier, les blessures, le combat, la douleur, tout, pour ne plus jamais se réveiller... Sirius, mon vieux copain, et Lily et James, mes chers amis, vous avez une sacrée drôle de chance, songea-t-il en dodelinant de la tête. L'eau froide sur ses mains le poussa à se traîner en haut du rocher où il s'effondra, enfin.
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Il y avait plus de trois heures que Harry cherchait désespérément dans le moindre bosquet, le moindre fourré, ne serait-ce qu'une trace de Lupin. Il faisait grand jour, désormais, il était presque dix heures du matin et personne n'avait rien trouvé, sinon, il aurait déjà été averti par le patronus de quelqu'un. Il aurait pu dire qu'il commençait à s'inquiéter si son appréhension n'avait pas déjà atteint et conservé son paroxysme depuis le milieu de la nuit. Harry marcha sur un clou et poussa un cri de douleur suivit d'un juron furieux. Il écarta une branche de sapin, continua une progression pénible et fatigante dans un coin particulièrement sombre de la forêt puis, soudain, arriva au sommet d'une petite butte, dans une sorte de clairière. Il entendit le grondement de la rivière, à gauche, et scruta du regard toute la petite vallée, deux ou trois mètres en contre bas. Il n'y avait que très peu d'arbres, mais le soleil ne perçait pourtant pas, sauf là bas, à gauche, près d'un gros rocher incliné. Les yeux de Harry se portèrent instinctivement vers la lumière et là, soudain, il vit quelque chose sur le rocher. Son c½ur fit un bond en reconnaissant la robe grise et miteuses de Lupin, ses cheveux châtains largement sillonnés de gris, mais presque en même temps, Harry sentit ses poumons se vider en voyant le corps inerte.
Il dévala la pente en courant et en glissant sur les feuilles mortes et se rua en avant, paniqué. Lupin mort, non, c'était impossible... Pas lui... Pas lui en plus... Le dernier ami de son père... C'était impensable... Et Tonks, il n'arriverait jamais à le lui annoncer... Harry escalada le rocher en deux en trois mouvements et se précipita sur Lupin.
-Professeur Lupin ! Professeur Lupin ! Répondez-moi, professeur !
Lupin était dans un état épouvantable. Il y avait du sang sur toute sa robe déchirée en plusieurs endroits. Il était étendu sur le rocher et ne bougeait pas. Harry se jeta à genoux à coté de lui et le retourna sur dos. Il ne put s'empêcher de sursauter en voyant son visage griffé sur toute sa longueur. Les mains tremblantes, Harry posa l'index et le majeur sur le coup de Lupin, à l'endroit de sa jugulaire, et poussa un soupire de soulagement. Il vivait. Mais à la réflexion, Harry ne se sentait pas tellement rassuré. Lupin vivait, certes, mais pour combien de temps encore ? Il était évidant qu'il avait livré un rude combat et qu'il avait perdu beaucoup de sang. Harry leva sa baguette et murmura « Spéro Partronum » en pensant de toutes ses forces que Lupin allait très bientôt être sur pied. Son cerf argenté jaillit de sa baguette et trotta silencieusement sur le rocher, avant de s'immobiliser devant Harry.
-Va, murmura Harry en le regardant dans les yeux, va les prévenir. Dit-leur de venir ici.
Le cerf inclina sa ramure et partit au galop. En moins d'une seconde, il avait disparu du champ de vision de Harry. Il se retourna à nouveau vers Lupin et décida que de l'eau fraîche sur son visage tuméfié ne pourrait pas lui faire de mal. Il fit couler de l'eau de sa baguette et l'essuya doucement avec la manche de sa robe.
-Professeur, murmura Harry, réveillez-vous... S'il vous plais, professeur, revenez à vous... C'est fini, maintenant, la pleine Lune est passée, Greyback est partit... Et Tonks, vous ne pouvez pas la laisser toute seule, elle a besoin de vous, vous savez... Professeur...
Harry soupira et se passa main sur le visage. Il ne savait pas du tout quoi faire. Mais soudain, un léger gémissement s'éleva : Lupin revenait à lui. Harry se pencha avec inquiétude sur lui. Lupin entrouvrit les yeux et les cligna, gêné par la lumière trop agressive. Il avait les yeux vitreux comme s'il avait quarante de fièvre. Dans le mélange flou d'images et de sons incompréhensibles, il distingua vaguement une silhouette familière penchée sur lui.
-James ?... marmonna-t-il. C'est toi ?
-Non, murmura Harry, prit au dépourvu. Moi, c'est Harry, vous vous souvenez, professeur ? Son fils.
-Harry, répéta Lupin en cherchant dans sa mémoire confuse. Il cilla et reconnu cette fois le jeune garçon aux yeux tellement verts. Il ne savait plus ce qu'il faisait là. Il avait mal partout, d'une douleur sourde, lancinante. Mais était-ce bien lui qui avait mal ? Tout cela semblait si irréel...
-Harry... C'est vrai... Bon sang, Harry, tu ressembles tellement à James... Mais tu as les yeux de Lily...
-J-je sais, tout le monde me le dit, bredouilla Harry, mais vous ne devriez pas parler, professeur, ça va vous fatiguer, vous devez rester calme. Les secours vont arriver, j'ai envoyé un message. Reposez-vous, tout le monde va bientôt arriver.
Les secours... Pourquoi les secours ? Que ce passait-il ? Lupin fouilla furieusement dans sa mémoire, à la recherche d'une image claire parmi ses souvenirs embrouillés, et soudain, il se rappela une chose horrible, épouvantable, et il retrouva complètement ses esprits. Par la même occasion, la douleur revint aussi avec beaucoup plus de réalité et il éprouva une telle souffrance qu'il en eu la nausée, mais il n'avait pas le temps de s'attarder là-dessus. Il ouvrit grand les yeux et empoigna brutalement Harry d'une main par le col de sa robe, avec une rapidité et une vigueur qui contrastait avec l'instant précédent.
-Harry, où est Dora ? Demanda-t-il d'une voix anxieuse mais à nouveau maîtresse d'elle-même. Où sont Greyback et les autres ? Est-ce qu'il l'on eu ? Harry, qu'est-ce qui c'est passé pour Dora ?
-Que... Quoi ? bredouilla Harry, stupéfait par la force de Lupin. Ah, oui, Tonks !
Il avait oublié comment Lupin l'appelait de temps à autres.
-Ne vous inquiétez pas, tout va bien. Elle a pu rentrer sans se faire mordre, elle va parfaitement bien, elle est juste très inquiète pour vous... Professeur, si vous pouviez me lâcher... dit-il en essayant de se dégager.
Lupin paru incroyablement soulagé.
-Elle va bien ? Tu es sûr ? Ils ne l'on pas mordu ?
-Non non, tout va très bien, assura Harry. Elle est revenue hier soir et elle nous a raconté ce qui c'était passé – l'attaque de Greyback, votre fuite tout les deux dans les ruelles, votre métamorphose, comment vous lui avez sauvé la vie en attaquant Greyback et en partant dans le parc pour tous les attirer derrière vous... Vous n'avez pas de souci à vous faire pour elle, elle va bien. Maintenant, calmez-vous et arrêtez de parler. Si vous voulez vraiment lui faire plaisir, il faut que vous guérissiez, et pour ça, il faut que vous vous reposiez, alors arrêtez de gigoter comme ça, gronda Harry en desserrant les doigts de Lupin crispés sur le col de sa robe et en le forçant à rester allongé.
-Tonks, murmura Lupin en se forçant à garder les yeux ouverts. Harry... Harry, écoute-moi...
Il paraissait de nouveau prés à s'évanouir.
-Harry, il faut que tu le lui donnes...
-Lui donner quoi ? A qui ? A Tonks ?
-Oui... Dans ma poche... à droite, marmonna-t-il d'un ton vaseux. Donne-le lui, d'accord ? Il faut qu'elle l'ai, c'est important... Peut-être que... que je ne pourrais pas le lui donner moi... alors tu le feras pour moi... Tu n'oublieras pas ?
-Non, assura Harry, je le lui donnerais, je vous le promet. Professeur... Professeur !... Ohé, Professeur !...
Lupin n'écoutait plus. Rassuré par la promesse de Harry, il cligna à nouveau des yeux et se laissa partir dans l'inconscience. Harry le regarda avec angoisse et se retourna pour chercher n'importe quoi qui pourrait l'aider... Une idée... Quelque chose...
Machinalement, il fouilla dans la poche droite de la robe de Lupin et trouva un petit cube en velours sombre. Il le regarda avec une vague curiosité, mais soudain, il entendit des cris et des bruits de course. Il se redressa vivement en empochant le cube et vit son cerf argenté galoper sans bruit dans sa direction. Derrière lui, Ron courrait à perdre haleine, précédant Hermione et le professeur McGonagall.
-OHE ! Hurla Harry en se mettant à faire de grands signes. OHE, PAR ICI !
Ron bondit sur le rocher et Harry aida le professeur McGonagall à monter. Hermione grimpa elle aussi et poussa un gémissement à la vue de l'état de Lupin.
-Oh mon dieu, murmura le professeur McGonagall en poussant un gémissement à son tour.
-Il est vivant, s'exclama Harry. Il s'est réveillé quand je l'ai trouvé, il m'a parlé, et il vient de retomber dans les vapps. Il a perdu beaucoup de sang, je crois. Il faut l'emmener tout de suite à St-Mangouste ! Je vous ai appelé dés que je l'ai trouvé, je ne savais pas quoi faire...
-A-attendez, Potter, pas si vite, ânonna le professeur McGonagall en avalant sa salive et en brandissant sa baguette.
Elle la pointa sur Lupin et murmura quelque chose. Aussitôt, une civière sortit directement du sol, juste en dessous de lui, épousant la forme de son corps. Des sangles jaillirent à dix ou quinze centimètres les unes des autres et le ceinturèrent fermement pour l'empêcher de bouger.
-Je l'emmène à St-Mangouste, décréta la directrice qui reprenait visiblement un peu son sang-froid. Potter, Weasley, Miss Granger, rassembler tout le monde et rejoignez-moi à l'hôpital. Je compte sur vous trois.
Harry hocha la tête. Ils virent le professeur McGonagall saisir la civière qui flottait désormais dans les airs, faire un pas sur le coté et disparaître avec le blessé. Il se passèrent quelques secondes avant qu'ils ne réagissent. Enfin, Harry reprit ses esprits et envoya à nouveau son cerf dans la forêt, à la recherche de Tonks et de Mme Weasley. Hermione et Ron firent de même, et la loutre et le Terrier Jack Russel partirent à toute vitesse dans les bois pour alerter Fred, Georges, Fleur et Sturgis. Harry les regarda disparaître au loin puis se tourna vers ses amis, haletant.
-Alors, qu'est-ce qui c'est passé pour vous ?
-Bon sang, Harry ! J'étais en train de chercher un peu partout, et puis j'ai vu ton cerf débouler à toute vitesse. Sur le coup, je ne l'ai pas reconnu, j'ai faillit l'attaquer – ce qui n'aurait servit à rien, note bien – et puis là, je m'en suis souvenu et j'ai comprit que tu voulais que je le suive. J'étais inquiet, je pensais que tu avais des problèmes – peut-être que tu étais tombé sur un loup-garou – et je pensais qu'il allait faire demi tour, mais au contraire, il est partit tout droit, juste en s'arrêtant devant moi pour s'agiter et me faire comprendre que je devais le suivre. C'est ce que j'ai fais et il m'a conduit vers Hermione et McGonagall ; Elle se sont arrêtées, je leur ai crié de venir et on a tous fait volte-face. On avait beaucoup de mal à le suivre, il allait très vite, et puis, il a disparu, et là on t'a vu faire des signes, au loin, en criant.
Ron se tourna vers Hermione qui confirma d'un signe de tête. Harry hocha la tête à son tour et raconta en deux mots comment il avait trouvé Lupin, mais il n'eu pas le temps de leur relater ce qu'il avait dit car, guidé par les trois patronus, la demi-douzaine de personne courait à leur rencontre. Tonks se jeta presque sur Harry.
-Où est-il ? Vous l'avez trouvé ? Il est vivant ? Il va bien ?
-Oui, haleta Harry, il est vivant, McGonagall l'a emmené à St-Mangouste, il est gravement blessé. Je crois qu'il a perdu beaucoup de sang. Mais il est vivant, il m'a parlé tout à l'heure.
-Il... Il t'a parlé ? Qu'est-ce qu'il a dit ?
-Il était très inquiet pour toi. Il n'a pas arrêter de me demander si tu allais bien. Cela avait l'air d'être la seule chose qui lui importait parce que, quand je lui ai dit que tu étais en bonne santé mais juste inquiète pour lui, il a eu l'air très soulagé et il s'est évanouit à nouveau.
Tonks chancela.
-Il... il est gravement blessé ? Répéta-t-elle d'une voix blanche.
-Oui... il est dans un sale état, je préfère te prévenir. Mais il est entre de bonnes mains, maintenant, il est à St-Mangouste. D'ailleurs, le professeur McGonagall veut que nous y allions tous.
La petite dizaine de personnes tourbillonna rapidement et arriva en groupe devant la sorcière d'accueil de l'hôpital pour blessures, maladies et accidents magiques. Tonks se précipita vers elle.
-Bonjour, nous cherchons le blessé que vous devez avoir vu il y a quelques instants...
-Ah, oui, s'exclama l'infirmière de service, oui, oui, oui, bien sûr. La femme qui l'a amené nous a dit que d'autres personnes viendraient la rejoindre... Voyons, marmonna-t-elle en fouillant dans ses notes ; Mmm, il a été transféré au premier étage, dans une salle personnelle. Il est en piteux état. La femme m'a dit que c'était un loup-garou qui avait livré un combat à un contre six, c'est ça ?
-Oui, dit Tonks d'une voix pressante.
-Oui... répéta la sorcière, un cas étrange... Très étonnant, vraiment, qu'il ait survécu... Ah, voilà, il est dans la salle Wencelas Dirfen, couloir de gauche, premier étage, secteur 2 : Morsures graves.
-Je vous remercie, dit rapidement Tonks.
Elle s'engouffra dans les escaliers, suivit par tous les autres, et ils arrivèrent quelques secondes après devant une petite chambre privée, dont le mur qui donnait sur le couloir était constitué d'une porte et d'une grande paroi de verre derrière laquelle ils virent Lupin étendu dans un lit, toujours inconscient, entouré d'un guérisseur et de deux infirmières. Tonks étouffa un cri et se précipita à la fenêtre, blême. Le professeur McGonagall qui était assise sur une chaise à l'extérieur de la salle se leva en les voyant arriver.
-Des nouvelles ? murmura Sturgis à voix basse.
-Aucune, répondit McGonagall en secouant la tête. Ils l'ont tout de suite prit en charge, mais ils n'ont rien dit sur son état.
Elle baissa encore un peu la voix en jetant un coup d'½il à Tonks et ajouta :
-Ils avaient l'air très soucieux... apparemment, il a perdu énormément de sang et cela les préoccupe beaucoup.
La porte s'ouvrit brusquement et le guérisseur sortit dans le couloir, suivit par les deux infirmières qui se dépêchèrent de passer devant eux et de partir voir d'autres malades. Le guérisseur, en revanche, s'arrêta avec la visible intention de leur parler. Les dix personnes entourèrent vivement le professionnel en blouse verte.
-Bon, alors : pas de fractures, mais c'est bien la seule bonne nouvelle, soupira-t-il d'un air un peu découragé. Il a une profonde blessure sur le flan, du coté droit ; son épaule gauche est devenue une vraie charpie et il a aussi une vilaine morsure qui lui a déchiré le même bras sur toute sa longueur. Sinon, il est couvert d'écorchures, de griffures et d'ecchymoses un peu partout, mais sans gravité. Il a la main droite transpercée – on dirait qu'il a marché sur un clou – mais ce n'est pas très grave, la pointe a traversé la main à un endroit où il n'y avait aucun organe, seulement du muscle. Le plus ennuyeux est sans doute l'incroyable quantité de sang qu'il a perdu. Sincèrement, je suis surpris qu'il soit encore en vie. Je ne vous cache pas qu'il est dans un état critique. Pour l'instant, il est dans le coma. S'il se réveille, il est sauvé ; Sinon...
Il laissa sa phrase en suspend.
-Enfin, ajouta-t-il en lui jetant un regard à travers la vitre, il est coriace, le gaillard. Il a ses chances. D'après ce qu'on m'a dit, il s'est battu à lui tout seul contre six autres loups-garous transformés, n'est-ce pas ? Et il les a mit en fuite, puisqu'il est vivant. Un miracle qu'il ai survécu... C'est un dur à cuire, je n'aimerais pas tomber sur lui un soir de pleine Lune ! Heureusement, comme c'est déjà un loup-garou, les plaies se refermerons normalement, sans faire plus de cicatrices que des blessures normales chez des gens normaux, c'est une bonne chose. Toujours est-il qu'elles restent des blessures magiques dont on ne peut quasiment pas accélérer la guérison. Je vous le répète, il a ses chances. Il n'en a pas beaucoup, mais s'il a tenu le coup contre six loups-garous déchaînés, il devrait être capable de s'en remettre !
Sans plus de mots, le guérisseur salua d'un mouvement de tête et partit dans la direction qu'avaient prit les infirmières, laissant tout le petit monde regarder par la vitre le corps inerte allongé près d'eux.
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Plusieurs heures s'étaient écoulées. Le professeur McGonagall avait dut rentrer à Poudlard ; Mme Weasley était partie au ministère raconter tout ce qui s'était passé à son mari – et en avait profité pour aller déposer une demande de report de mission pour Tonks au bureau des Aurors – ; Fleur avait fait de même avec Bill à Gringott ; Sturgis avait reprit son poste et Fred et Georges étaient partis de mauvaise grâce à leur magasin. Il ne restait plus que Harry, Ron, Hermione et Tonks. Tonks était restée devant la vitre sans quitter Remus des yeux. Ron et Hermione étaient assit l'un à coté de l'autre, sans parler, sur des chaises en face de la chambre. Harry était à quelques mètres d'eux, également assit sur une chaise. Il tapotait nerveusement le sol du pied. Machinalement, il glissa sa main dans sa poche et effleura quelque chose de doux. Intrigué, il sortit l'objet de sa poche et se souvint de la promesse qu'il avait fait à Lupin en regardant ce qui ressemblait à une petite boite cubique couverte de velours bleu, fermée par un ruban doré qui en faisait le tour. Harry se leva et s'approcha de Tonks.
-Tonks ? appela-t-il à voix basse.
Tonks tourna la tête vers lui mais ses yeux restèrent fixés sur la vitre avant de suivre le mouvement de sa tête, comme si elle avait du mal détacher son regard de Lupin. Ses joues étaient brillantes de larmes silencieuses.
-Oui ?
-Tonks, tout à l'heure, Lupin m'a fait promettre de te donner quelque chose qu'il avait dans la poche. Il voulait absolument que tu l'ais. C'était très important pour lui. Je viens seulement de me souvenir que je l'avais dans la poche – désolé – alors, voilà, je te le donne.
Il lui tendit le petit cube de velours. Tonks le prit doucement en fronçant les sourcils, surprise. Elle jeta un regard à Lupin à travers la paroi transparente, comme pour lui demander ce que c'était, puis regarda à nouveau le petit objet.
-Merci, Harry, murmura-t-elle.
-De rien. C'est lui qui te l'offre, répondit Harry d'une voix douce.
Deux larmes coulèrent alors des yeux de la jeune femme. Harry lui posa une main sur l'épaule. Il n'avait jamais très bien su quoi dire ou quoi faire pour réconforter les gens, mais là, il était lui aussi tellement inquiet à l'idée que Lupin puisse ne pas se réveiller qu'il exprima simplement la seule possibilité qu'il était capable d'imaginer.
-Il va s'en sortir. Il sait que tu es là, que tu as besoin de lui et il s'en sortira. Et tu pourras le remercier toi-même à ce moment là. Tu as entendu le guérisseur, il a la tête dure, il s'en remettra, c'est sûr. Les médecins sont toujours pessimistes pour être sûr de ne pas donner de faux espoirs aux gens, c'est connu. S'il n'avait pas de bonnes chances de s'en sortir, il n'aurait jamais dit ça. Tu vas voir, ça va aller, il va se réveiller.
Tonks essuya ses larmes avec détermination et se força à sourire. Harry lui sourit également puis retourna s'assoire. Exprimer son espoir féroce de voir Lupin reprendre le dessus le rendait plus solide, plus assuré, et à force de s'obliger à y croire, Harry le transformait en l'annonce d'une vérité indestructible. De loin, il vit Tonks s'éloigner un peu et enlever le ruban de la boite. Elle l'ouvrit, paru très surprise et la referma, avant de la remettre dans sa poche.
Une heure de plus passa. Il était désormais treize heure trente, et Ron, Harry et Hermione décidèrent d'un commun accord d'aller grignoter quelque chose et de ramener un plateau-repas à Tonks. Ils se levèrent et partirent en silence, croisant au passage une infirmière qui se hâtait vers la chambre Wencelas Difent. Tonks la vit rentrer en vitesse dans la pièce, changer un ou deux petits pansements et ressortir presque aussi vite. Tonks voulu l'aborder, mais l'infirmière s'était déjà éclipsée. Agacée, Tonks jeta un coup d'½il autour d'elle. Le couloir était vide. Subitement décidée, elle posa sa main sur la poignée de la porte, prit une grande inspiration et entra. Il faisait plus chaud, ici. Peut-être deux ou trois degrés de plus que dans le couloir, ce qui était logique, puisque le blessé était torse nu, seulement couvert d'une fine couverture jusqu'au bassin. Tonks s'approcha de lui et s'assit sur une chaise juste à coté du lit d'hôpital. Il avait l'air perdu dans l'étendue de ses draps blancs. Les yeux clos et la bouche entrouverte, il respirait par saccades, le visage fermé en une expression de souffrance d'enfant malade. Son épaule gauche était pansée jusqu'à l'avant-bras, et tout le bras gauche, du coude au poignet, était aussi embobiné dans de la gaze. Des bandes étaient enroulées sur tout autour de son ventre, comme une large ceinture d'étoffe. Sa main droite avait aussi un petit pansement, juste une compresse posée au milieu de la main et maintenue par un tour de bande. Même s'il avait l'air moins gravement blessé que quand Harry l'avait trouvé couvert de sang dans les bois, maintenant que ses blessures étaient soignées, il restait vraiment en mauvais état. Tonks le regarda avec tristesse, ainsi allongé, sans bouger, inconscient. Elle posa doucement sa main sur la sienne, le c½ur battant à tout rompre. Elle ne savait pas quoi lui dire. Pouvait-elle seulement lui parler ? Pourrait-il seulement l'entendre ?
-Remus, murmura-t-elle doucement. Je ne sais pas si tu m'entends ; c'est peut-être un peu bête de parler à quelqu'un qui n'est même pas conscient, mais je vais tenter le coup... Alors, voilà ; Tu connais la blague des trois vampires ? Non, d'accord, ce n'est pas la meilleure chose à dire, pas vrai ? dit-elle avec un petit rire.
Elle le regarda à nouveau et sentit les larmes monter dans ses yeux.
-Oh, Remus, réveilles-toi, je t'en pris... S'il te plais... Tu ne peux pas me laisser toute seule, j'ai besoin de toi... Je sais, c'est monstrueux de dire ça, tu as fait tout ça pour moi, c'est pour me sauver la vie que tu es dans cet état, et moi, je fais encore des caprices comme une sale petite égoïste... Mais je ne pourrais pas supporter que tu... Que tu...
Elle s'interrompit. Il était impossible de prononcer ça à haute voix.
-S'il te plais, Remus, reviens vite, murmura-t-elle. Où que tu sois, reviens me le dire, et si tu ne reviens pas, c'est moi qui te rejoindrais.
Tonks glissa sa main dans la sienne et posa le front dessus, comme pour une prière silencieuse, laissant ses larmes tomber sur le lit immaculé. Il n'en fallait pas d'avantage pour Remus Lupin. Cet homme calme et posé capable d'engager un combat à six contre un et de le gagner – Pour elle – capable de transgresser toutes les lois de la nature et de l'instinct d'un loup-garou – Pour elle – était également capable de revenir à la vie – juste parce qu'elle le lui demandait... L'Amour, disait-on, était une force à la fois plus terrible et plus merveilleuse que la mort, que l'intelligence, que toutes les forces de la nature...
Remus remua légèrement, et sa main se détacha de celle de Tonks pour venir lui caresser doucement la tête.
-Remus ! Remus, tu es réveillé ! Oh, Remus ! S'exclama Tonks en se remettant à pleurer, mais de joie cette fois-ci. Tu es là !...
-Tonks ?... Pourquoi pleures-tu ? marmonna Remus en cillant pour essayer d'affiner les contours des images qui se dédoublaient et tournaient autour de lui.
Tonks éclata de rire et sanglota plus violemment que jamais.
-Pourquoi je pleure ? Remus, tu t'es fait mordre par six loups dans une bataille mortelle, tu es couvert de blessures, tu as perdu presque deux litres de sang, tu as faillit mourir au moins cent fois, et tu me demandes pourquoi je pleure ? Oh, Remus... Je suis si heureuse, tu es vivant, tu vas t'en sortir, maintenant.
-Bien sûr, que je suis vivant, murmura Remus en esquissant un sourire amusé. Tu croyais donc que tu allais te débarrasser de moi si facilement ?
Tonks éclata de rire à travers ses larmes et il lui serra la main doucement, souriant d'un air fatigué mais heureux.
-Au juste, qu'est-ce qui c'est passé ? murmura-t-il. Je ne me souviens pas très bien... C'est un peu confus...
-Ce n'est pas étonnant, après tout ce qui t'est arrivé, répondit Tonks en s'essuyant les joues.
Elle lui raconta exactement tout ce qu'elle savait et s'interrompit un instant.
-Ce qui c'est passé une fois que vous vous êtes trouvé dans le parc, personne ne le sais – sauf toi – mais il est évident qu'il y a eu une sacrée bagarre. Et tu as réussit à les vaincre tous les six, sinon, tu ne serais pas là pour que je te le raconte, murmura-t-elle.
-Oui... Je me souviens vaguement... Il y a eu une course poursuite... nous avons couru longtemps, je ne sais plus combien de temps, je perds cette notion quand je me transforme... Et puis, j'ai marché sur une pointe – Il leva légèrement sa main pansée – et j'ai perdu mon avance. Ils m'ont rattrapé et nous nous sommes battu. Je les ai bien déglingué, ajouta-t-il avec un petit rire.
Tonks rit également.
-Toi qui es toujours si calme, si paisible ! Pouffa-t-elle.
Elle s'interrompit et le regarda.
-Merci, Remus, dit-elle doucement. Tu m'as sauvé la vie, hier soir. Tu faisait déjà partit de ma vie, maintenant tu en es le protecteur – et d'une certaine façon, le détenteur.
Remus secoua légèrement la tête.
-Si tu n'avais pas été là – dans mes pensées, je veux dire, et dans mon c½ur – je n'aurais jamais réussit à les vaincre. Jamais je n'aurais pu m'en sortir sans toi.
Tonks sourit et baissa les yeux, intimidée. Remus la regarda avec douceur et écarta lentement sa main.
-Viens là, murmura-t-il en lui passant le bras autour des épaules et elle posa sa tête sur la sienne, rêveuse.
Un peu plus loin, Ron, Harry et Hermione revenait du restaurant avec un grand plateau dans les mains d'Hermione. Ils ne parlaient pas et avaient l'air lugubres. Soudain, ils s'immobilisèrent net en plein milieu du couloir. A quelques mètres devant eux, derrière la vitre, Tonks et Lupin étaient enlacés et se parlaient, parfaitement heureux et réveillés. Ils ne les avaient pas vu.
-Tout compte fait, assura Hermione d'un ton très calme, je crois que nous avons le temps d'aller boire un thé.
-Oui, tu as raison, approuva Ron avec le même dégagement en faisant demi-tour.
Ils partirent en sens inverse, sans parler d'avantage, mais avec cette fois-ci un immense sourire aux lèvres.
-Au fait, disait Remus, tu n'es pas partie travailler ?
-Non. J'ai demandé à Molly de déposer un report de mission pour moi au bureau des Aurors. Williamson à dit qu'il me remplacerait à Pré-au-Lard. Je ne partirait donc que dans un mois, mi-mars, jusqu'à fin avril.
Remus eu un sourire.
-J'en viendrais presque à remercier Greyback, dis donc, murmura-t-il avec humour.
Tonks se mit à rire et se redressa.
-Il faut que je te laisse dormir, maintenant, tu as besoin de repos, chuchota-t-elle.
Remus reposa son bras le long de son corps et la regarda se relever. Il se sentait fatigué, c'était vrai. Tonks se pencha, l'embrassa sur la joue gauche – la droite était barrée de trois griffures – et sortit de la pièce. En passant devant la vitre, elle s'attarda, le regarda et lui fit un timide geste de la main. Remus leva aussi faiblement la main pour lui dire au revoir. L'instant d'après, il dormait profondément.
Tonks se dirigea vers le bar-restaurant pour rejoindre Harry, Ron et Hermione, mais s'arrêta dans l'escalier. Elle fouilla dans sa poche, sortit la petite boite que Harry lui avait donné et la serra de toutes ses forces contre son c½ur, le visage rayonnant.
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