Harry Potter et l'ordre du phoenix

Harry Potter et l'ordre du phoenix
Une petite photo reunissant une bonne partie de l'Armée de Dumbledore (AD).
Comment trouver vous cette armée ?

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# Posté le mardi 26 décembre 2006 09:28

Modifié le mercredi 27 décembre 2006 07:28

Fan Fiction - Volume 7 - Le Triomphe du Coeur - Chapitre 10 .

Fan Fiction - Volume 7 - Le Triomphe du Coeur - Chapitre 10 .
Chapitre 10 - Coups de crocs et coup au c½ur

Lentement, Les trois amis remirent un peu d'ordre dans la petite chambre puis ressortirent de l'orphelinat, refermant soigneusement toutes les portes derrière eux. Ils repartirent dans la nuit noire et glaciale et reprirent le métro. Dans l'habitacle chaud et lumineux, ils contrastaient étrangement avec les autres passagers engourdis par le froid et la fatigue. Le visage grave, conscient d'avoir réussit mais marqué par ce qu'il avaient vu, ils restaient silencieux, Ron et Harry assis en face de leur amie. Hermione paraissait particulièrement bouleversée. Très pâle, les yeux rouges, le regard fixe, les mains tremblantes, triturant nerveusement sa robe, elle semblait réellement à bout de nerf. Inquiets, Ron et Harry se regardèrent. Le wagon se vida de quelques passagers à la station suivante et ils en profitèrent pour s'asseoir chacun d'un coté de la jeune fille.
-Hermione... ça va ?
Elle sursauta.
-Hein, euh, oui-oui bien sûr, je vais très bien, répondit-elle d'une petite voix aiguë, la même voix que Harry se souvenait d'avoir entendu le soir de la victoire de Griffondor contre Serpentard, l'an dernier, juste avant qu'elle ne lance une attaque d'oiseau sur Ron.
-Tu n'en as pas l'air...
-Si si, je t'assure, tout va très bien, bredouilla elle, contredite par les larmes apparues dans ses yeux.
Incapable de se contenir plus longtemps, elle se mit à pleurer violemment, secouée de sanglots incontrôlables.
-Hermione !...
-Je... je suis désolée... Je craque, c'était trop épouvantable...
-Hermione, calme toi...
-Pourtant, continua-elle, tu nous avais prévenu, Harry, et je pensais m'être préparée, mais je... je...
-Personne n'est jamais prêt pour un tel spectacle, Hermione. Moi aussi, je pensais être prêt, le jour où nous sommes allés voir la maison de mes parents, mais ça m'a quand même secoué... Il est impossible de se préparer à un truc pareil. On a vraiment pas eu de chance : quand je suis parti avec Dumbledore, les Inferi étaient dans l'eau, on les voyait beaucoup moins...
-Il... Il y en avait t-tellement...s'étrangla-elle. Et Ron qui a faillit mourir... Je-Je n'avait j-jamais eu aussi peur de t-toute ma vie. Même en troisième année, contre l'é-l'épouvantard, même au ministère l'an dernier, même contre les Mangemorts il y a six mois, je n'ai jamais eu aussi peur...
-Je suis désolé, Hermione... je m'en veux terriblement...
-Il ne faut pas ! Ce n'est pas ta faute. C'est moi qui ai décidée de venir avec toi et Ron, tu n'y es pour rien. Mais... c'était tellement épouvantable... Tous ces morts qui approchaient...
-Hermione, intervint fermement Ron, cesse d'y penser. Il est inutile de repasser en boucle les images que tu as dans la tête, c'était déjà assez pénible de le voir une fois. Tu es bouleversée, tu as faim et tu as besoin de dormir. Nous en avons tous besoin. Il est près de minuit et nous n'avons pas mangés depuis le déjeuner. Dés que nous serons rentrés, nous irons manger un morceau avant d'aller nous coucher et demain, tu te sentira déjà mieux, tu verras.
-On est déjà presque demain...
-Ron a raison, renchérit Harry, sans tenir compte de son intervention. Tu es épuisée, c'est normal que ce soit le moral qui flanche. Tu as besoin de repos.
-Oui, vous avez raison, murmura Hermione, un peu rassérénée.
Elle séchât ses larmes, se força à leur sourire tour à tour et ils lui passèrent tout deux un bras sur les épaules. Ils ressortirent du métro un peu plus tard et rentrèrent au Square Grimmaurd ; Lorsque le numéro 12 apparut devant eux, ils rentrèrent rapidement et refermèrent la porte d'un coup de baguette, avant de se diriger vers le salon. Fred, Georges et Rogue étaient tous les trois assis dans des fauteuils ; Fred et Georges, une chope de bièraubeurre d'une main, la baguette de l'autre, dormaient profondément, tandis que Rogue, de l'autre coté de la cheminée, les regardaient d'un air légèrement amusé, les deux mains confortablement posées sur les accoudoirs de son fauteuil, un verre de vin rouge posé à sa gauche sur la petite table. Il paraissait bien difficile de croire que les deux jeunes hommes endormis surveillaient l'homme d'age mûr qui les observait en souriant de leur sommeil. Harry, Ron et Hermione ne purent s'empêcher de sourire à leur tour en voyant le tableau. Harry et Ron s'approchèrent des jumeaux et les secouèrent doucement pour les réveiller.
-Vous devriez les laisser dormir, dit Rogue, un peu moqueur, il n'y a qu'une heure qu'ils se sont endormis. Jusque là, ils ont passés leur temps imaginer ce que vous pouviez être entrain de faire.
-Et alors, c'était intéressant ? demanda Harry en poussant l'épaule de Georges.
-Oh... Celui-là se demandait s'il y avait une chance pour que vous reveniez avec la tête du Seigneur des Ténèbres brandie au bout d'une pique, révéla Rogue avant de boire une gorgée de vin.
Harry eu un petit rire en parvenant enfin à réveiller Georges. Lui et son jumeau s'étirèrent en clignant des yeux et se redressèrent.
-Harry ?... marmonna Georges, les yeux plissés ;
-Ron ! Et Harry et Hermione ! Vous êtes rentrés il y a longtemps ? bailla Fred en manquant de renverser sa chope.
-Non, on vient juste d'arriver. Tout s'est bien passé, ici ?
-Ouais, bien sûr ! Et pour vous ? Vous êtes partis vachement longtemps !
-Il y avait une heure de trajet à chaque voyage, dit Harry en guise d'explications. Est-ce qu'il reste quelque chose à manger ? Nous n'avons rien avalé depuis presque douze heures.
-Oui, il reste des spaghettis et du rosbif, mais n'essaye pas de changer de sujet, répliqua Fred. Qu'est ce que vous avez fait ?
-Peux pas vous le dire, désolé, soupira Ron en faisant sortir des assiettes et des couverts du placard. Vous mangez un morceau avec nous ?
-Oui, d'accord, acquiesça Georges. Mais ça a marché, au moins ?
Ils se regardèrent tout les trois. Hermione, qui était restée silencieuse depuis leur sortie du métro, renifla et partit dans la cuisine en prenant la précaution d'allumer les bougies d'un coup de baguette avant de quitter le salon. Harry haussa les épaules.
-Disons qu'on est vivants, physiquement en bonne santé tout les trois et qu'on a trouvé ce qu'on cherchait. Mais bon, les blessures physiques sont souvent plus supportables que les autres...
Ron, les yeux dans le vague, vida un verre de bièraubeurre. Ce fut au tour de Fred et Georges de se regarder. Visiblement, ils ne s'attendaient pas à cela.
-Pour des gens qui ont réussit à progresser dans la lutte contre Vous-Savez-Qui, vous avez l'air bien joyeux...
Ron regarda ses frères avec agacement.
-Fred, Georges, nous ne sommes pas partis dans une cure thermale, ce n'était pas une partie de plaisir ! Comme dit Harry, il y a des choses qui font beaucoup plus mal qu'un sortilège, et je crois qu'aujourd'hui, nous en avons récolté quelques unes en même temps que d'autres, dit-il énigmatiquement en faisant un geste d'impatience avec sa baguette qui éteignit malencontreusement l'un des chandelier. Hermione rentra au même moment dans le salon, deux plats devant sa baguette pointée, essuyant furtivement ses yeux avec un mouchoir. Elle sursauta quand le chandelier s'éteignit et posa les plats sur la table avec violence.
-C'est impossible de garder une pièce éclairée, dans cette maison ? La lumière est interdite ou quoi ? gronda elle en rallument le chandelier et toutes les autres bougies de la pièce.
-Désolé, Hermione. Tiens, viens manger, dit Ron en lui tendant une assiette de viande et de pâtes.
-Merci, répondit-elle.
Ils se mirent à manger tout les trois en silence. Fred et Georges les rejoignirent à la table et grignotèrent un peu.
-Vous allez bien, au moins ? On dirait que vous avez vu la mort.
Hermione lâcha sa fourchette qui retomba dans l'assiette avec un tintement sonore. Blêmissant encore un peu plus, elle reprit ses couverts d'une main tremblante en s'efforçant de maîtriser ses gestes. Ron jeta un regard assassin à Fred.
-Ferme là, Fred ! Inutile d'en rajouter, c'était assez pénible comme ça pour elle ! Et pour nous aussi, d'ailleurs !
-Vous dormez ici, ce soir ? proposa Harry pour détourner la conversation. Il y a une grande chambre d'amis vide, au premier, vous pourriez rester.
-Euh... Ouais... C'est une bonne idée, je n'ai pas très envie de décoller encore ce soir.
-Entendu, alors.
Harry chercha autre chose à dire, mais il lui semblait que son cerveau était noyé dans la brume, une brume bleuâtre, faite de volutes de fumée d'un autre temps... Il secoua vigoureusement la tête. De l'autre coté de Ron, Hermione se leva brusquement et écarta sa chaise.
-Je crois que je vais aller me coucher, je suis complètement crevée, dit-elle.
-Quoi ?! protesta Ron, Mais... Tu n'as presque rien avalé !
-Aucune importance, je n'ai pas très faim... j'ai juste sommeil. Bonne nuit.
-Euh... Oui... Bonne nuit, répondirent Ron et Harry avec l'air de douter que la nuit puisse être vraiment bonne. Hermione pointa sa baguette sur la porte qui s'ouvrit sur le couloir puis donna un autre petit coup dans la même direction, allumant les bougies du Hall. Rogue la regarda passer devant lui en la scrutant d'un air inquisiteur, presque soucieux.
En sortant, elle saisit un grand chandelier bien lumineux et ils la virent allumer toutes les bougies qu'il y avait sur son chemin.
-Soyez sympa, les gars... murmura Harry à l'adresse des jumeaux. Ne lui parlez pas de ce qui c'est passé ce soir. Où plutôt hier soir. Elle a été très secouée, alors n'en remettez pas une couche, ok ?
-Pas de problème, Harry ;
-Ouais, botus et mouche cousue.
Harry hocha la tête en signe de remerciement et continua de manger. Moins d'une demi-heure après, ils montèrent tout les cinq se coucher à leur tour après avoir débarrassé la table.

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Harry se réveilla aux alentour de 11 heures du matin, mais malgré presque dix heures de sommeil, il se sentait vidé de toute énergie. Il lui semblait que chaque partie de son corps s'était transformée en une successions de courbatures particulièrement douloureuses et il eu toutes les peines du monde à se lever et s'habiller. En enfilant sa robe de sorcier, il sentit quelque chose de dur dans sa poche et se rappela qu'il avait oublié de sortir le Horcruxe. Décidant qu'il valait mieux le garder avec lui jusqu'au moment où il pourrait décider avec Ron et Hermione de l'endroit où le cacher, il descendit l'escalier d'un pas lourd et rentra dans le salon. Ron et Hermione s'y trouvaient déjà, en compagnie de Fred et Georges.
-Harry ! Salut, mon vieux, je ne m'attendais plus à te voir émerger avant le déjeuner !
-Salut, Fred, salut, tout le monde. Vous êtes levés depuis longtemps ?
-Bof... Fred et moi depuis deux heures, répondit Georges, et Ron depuis un peu moins d'une heure. Hermione était levée avant nous.
Harry lui jeta un coup d'½il sévère.
-Tu as dormis, au moins ? lui demanda il d'un ton réprobateur.
-Oui, bien sûr. Mais mon horloge interne m'a sortit du lit à 7 heures et je n'ai pas réussit à me rendormir.
Harry secoua la tête ; Fred lui flanqua une tape sur l'épaule.
-Aller, Harry, ce n'est pas sa faute ! Viens donc manger un morceau en attendant le déjeuner.
-Fred et moi avons décidé de fermer boutique aujourd'hui pour pouvoir rester un peu avec vous, expliqua Georges avec satisfaction. Quoiqu'il se soit passé hier, vous avez mérité un peu de repos, alors, l'espace de quelques heures, nous allons jouer les gentils grands frères attentionnés.
-Mais ne vous y habituez pas trop... tempera Fred.
-Votre famille vas s'inquiéter, si vous n'ouvrez pas la boutique, prévint Harry en avalant des ½ufs brouillés.
-Bah... On a bien le droit de s'offrir un petit week-end prolongé, non ? On est vendredi, on peut bien se taper trois jours de fermeture au lieu de deux. Nous enverrons un hiboux aux parents. Au fait, on a le droit de leur dire que vous êtes partis en mission spéciale, hier ?
Harry se tourna vers Ron et Hermione qui jouaient aux échecs devant la cheminée, Ron étendu à plat ventre sur le tapis et Hermione assise dans un gros pouf qu'ils avaient récemment trouvés au grenier. Ils se concertèrent du regard.
-Je pense que oui. De toute façon, vous ne savez presque rien et notre travail est complémentaire de celui de l'Ordre, donc rien de ce que nous faisons n'est important pour la suite de leurs actions.
-Ah bon ? Comment ça ? demanda innocemment Fred.
Harry et Hermione se mirent à rire.
-Disons simplement que l'Ordre cherche à voir ce que font Voldemort et ses Mangemorts et comment leur mettre des bâtons dans les roues, tandis que nous, nous cherchons à mettre Voldemort hors circuit. C'est à peu près pareil en gros, mais c'est le détail qui diffère. Et nous ne pouvons pas vous dire ce détail, ajouta rapidement Harry en voyant Fred ouvrir la bouche.
Harry se leva de table et s'assit dans le canapé pour regarder Ron et Hermione jouer.
-Au fait, leur dit-il, où va-t-on le mettre ?
-Quoi donc ? bondit Georges.
Ron et Hermione se regardèrent.
-Avec l'autre, non ? répondit Ron, saisissant parfaitement de quoi parlait Harry.
-Je ne pense pas que ça rentrerait, objecta Hermione. Il est plus gros que le premier.
-Le premier quoi ?
-Mouais, tu as raison...
-On verra ça plus tard, proposa Ron. J'ai peut-être une idée, mais je vous en parlerais cette après-midi.
-Faux jetons, va ! Pendant toute notre septième année, on leur file des coups de mains pour leurs mauvais coups, et voilà comment ils nous remercient ! Quelle jeunesse ! Il n'y a plus aucun respect des aînés !
Harry hocha la tête sans prêter attention aux jumeaux ; Il savait qu'il ne pourrait s'en sortir s'il leur répondait. Il regarda ses amis terminer leur partie qui se solda par la défaite d'Hermione suite à un coup particulièrement habile de Ron, ce dernier ayant fait un splendide Mat du cavalier.
Malgré cette apparence détendue, Harry sentait bien que l'atmosphère avait changée autour de lui. Hermione restait fragilisée par les visions de terreur qu'ils avaient dût affronter, alors que Ron semblait plus sérieux, plus mature, comme s'il avait brusquement grandit en l'espace de quelques heures. Harry lui-même se sentait changé dans la mesure où, soudain, il avait prit conscience qu'il avait beaucoup plus d'expérience que ses amis et qu'il se sentait désormais un peu plus responsable d'eux. Certes, Ron et Hermione avaient toujours été au courant de tout se qui lui arrivait, que ce soit auprès des autres élèves, professeurs ou autres, de tout ce qu'il voyait dans ses rêves avec Voldemort, de tout ce qu'il avait apprit de Dumbledore... Il leur avait raconté la prophétie, les Horcruxes, la vie de Voldemort, l'occlumantie, et durant toute sa vie, il avait considéré qu'ils en savait autant que lui dans tous les domaines ; Bien sûr, il se souvenait des cours de défense qu'il leur avait donné durant l'AD, mais il n'avait jamais vraiment pensé qu'il puisse leur être supérieur. A présent, il s'apercevait que si Hermione et Ron connaissaient tout de sa vie, et même plus que les autres – il n'avait jamais parlé des cours particuliers de Dumbledore ou Rogue avec Ginny, même elle, par exemple – ils ne l'avait pas vécut au point de vue qu'ils n'avaient pas entendus les mots exacts de la prophétie, qu'ils n'avaient pas plongés avec lui dans la pensine, qu'ils n'avaient jamais reçu le sortilège de légilimentie en pleine tête... Jamais ils ne saurait aussi parfaitement que lui ce qui s'était passé, et jamais il n'en auraient donc l'expérience qu'il avait. De ce fait, Harry se sentait tout aussi à leur égal que la veille, pas plus « chef » qu'avant, mais cependant un peu plus soucieux des épreuves qu'ils auraient à traverser par sa faute. Bien sûr, ils avaient librement choisit de l'accompagner, Harry ne leur avait même pas proposé, c'était même plutôt le contraire puisqu'il n'avait d'abord pas accepté leur choix de venir avec lui, mais il ne pouvait s'empêcher de penser qu'ils pouvaient trouver la mort, le désespoir, la blessure grave ou bien d'autres choses encore au cour de ce périlleux voyage – et qu'ils étaient un peu moins bien préparés à tout cela que lui. D'ailleurs, normalement, ils n'auraient pas dût être aussi bien préparés que lui pour la simple et bonne raison qu'ils n'avaient pas le poids d'une prophétie sur le dos, ils n'avaient aucune raison autre que la pure amitié qu'ils lui témoignaient pour s'exposer à de pareils risques ! Harry soupira ; tout cela était bien dur à porter, tout de même. Du coin de l'½il, il vit Ron et Hermione commencer à mettre la table et s'occuper du déjeuner. Là encore, il s'était produit un changement d'importance, même s'il n'était que très peu visible de l'extérieur. Cette fois-ci, cependant, c'était un changement qui fit sourire Harry et le réjouit au plus haut degré. Ron et Hermione se parlaient différemment. Oh, à peine, bien sûr, et ce n'était pas la première fois qu'ils se montraient un peu plus courtois l'un envers l'autre, mais on sentait que quelque chose avait changé... Dans cette chambre secrète, ils avaient tout deux montré une facette de leur personnalité que l'on ne leur connaissait pas. Hermione avait, comme cela lui était déjà arrivée – quoique très rarement –prouvé que son apparente autorité, ses connaissances très étendues et surtout son assurance visiblement naturelle cachait en fait une grande sensibilité, un profond manque de confiance en elle et une vraie terreur de l'échec, la peur de décevoir. Contrairement à l'image qu'elle donnait d'elle, Hermione était timide et délicate, même si elle avait beaucoup de mal à l'admettre. Elle s'était en quelque sorte construit une carapace bien solide pour que personne – pas même elle – ne puisse voir la jeune fille douce et inquiète qu'elle dissimulait au fond d'elle-même. Parfois, cette carapace s'était fissurée au cour des années qu'ils avaient passés ensemble. En troisième année, par exemple, tout en donnant l'impression d'être tout à fait à l'aise dans ses études, elle avait plus d'une fois craqué et révélé son vrai visage, en allant parfois pleurer en cachette chez Hagrid, ou la fois ou elle avait sauté au coup de Ron en lui demandant pardon pour la mort de Croutard. Il avait suffit qu'il change un peu de ton avec elle pour que la coquille se brise. Plus récemment, elle avait témoignée de sa susceptibilité en réagissant très mal lorsque Ron l'avait superbement ignorée l'an passé avant de sortir avec Lavande. Aujourd'hui, la carapace assurée et parfois désagréable avait complètement éclaté suite à ce qui s'était passé la veille et Hermione était un peu perdue ; Elle avait besoin de soutien et de réconfort.
Ron, lui, avait toujours montré un coté gamin et un peu immature ; Toute sa vie coincé entre cinq frères aînés brillants et/ou drôles et une petite s½ur adorée de tous car seule fille de la fratrie, il avait eu du mal à s'imposer et à trouver sa place. Harry avait souvent eu l'impression qu'il se conduisait avec une grande insouciance parce qu'il était persuadé de ne pas vraiment valoir ou être capable de mieux. Mal placé dans une famille merveilleuse mais étouffante, ami d'une quasi-surdouée et d'un garçon extrêmement populaire, Ron avait fini par se prendre tout seul pour la cinquième roue du carrosse, sans voir qu'il était tout aussi doué que les autres. Il n'avait jamais cherché à contredire Hermione pour la simple et bonne raison qu'il n'imaginait même pas être capable de savoir quelque chose qu'elle ignorait. La veille, pourtant, il s'était aperçut qu'Hermione n'était pas qu'une miss je-sais-tout supérieure à tout et à tout les gens, il s'était aperçut qu'elle avait ses faiblesse comme tout le monde et qu'il était capable de l'aider en cas de besoin, comme elle l'avait souvent fait pour eux. D'autre part, il avait aussi pris conscience du fait qu'il arrivait de même que Harry ou Hermione à trouver la solution d'un problème, seul, avant eux. C'était lui qui avait surprit la conversation de la nièce de la directrice de l'orphelinat, lui qui était passé devant eux dans le tunnel, lui qui avait instantanément comprit ce qu'il fallait faire lorsque Hermione avait accidentellement faillit les précipiter tout les deux dans le vide, lui qui l'avait rassurée et consolée au retour. Il avait instinctivement prit le comportement adulte et responsable qu'il ne pensait pas avoir en lui et s'était aperçut qu'il était parfaitement capable de faire face. De ce fait, il ne ressortait pas fier et arrogant de cette aventure, mais au contraire plus âgé et plus mature. En quelques heures, il était passé du jeune garçon courageux, fidèle et sympathique au jeune homme posé, responsable et capable de tenir bon dans la tempête, et il en avait conscience. Maintenant qu'Hermione avait besoin d'être épaulée pour apprendre à s'accepter comme une jeune femme, il arrivait comme un appui à la fois sûr et discret. Il suffisait pour s'en convaincre de l'avoir vu prendre la défense d'Hermione en remettant ses frères à leur place – chose que, même à l'école avec le badge de préfet épinglé sur sa poitrine, il n'avait jamais osé faire – ou de l'avoir entendu lui parler doucement mais fermement dans le métro en revenant au Square Grimmaurd. Harry en était enchanté. Il ne s'inquiétait plus comme l'an dernier de savoir s'il serait évincé du trio qu'ils formaient pour les laisser en couple ; il savait désormais, après tous les témoignages de loyauté, d'amitié et toutes les péripéties qu'ils avaient vécut ensemble, qu'ils resteraient toujours très soudés et que rien, même la mort, ne les séparerait. Harry sentait que ses deux amis devenaient de plus en plus complémentaires et avaient besoin l'un de l'autre pour avancer dans la vie, et peu importait qu'ils aient besoin de la présence de l'autre comme un ami ou comme un conjoint (bien que Harry était prêt à parier le contenu de sa chambre forte à Gringott sur la deuxième solution...). Il les regarda attentivement, Hermione plus douce et plus discrète que d'habitude, Ron plus attentif et plus protecteur qu'à l'ordinaire. Il se leva à son tour pour les aider et ils passèrent rapidement à table tout les cinq. Rogue n'avait pas pointé le bout de son nez crochu de toute la journée mais ils eurent une double bonne surprise quelques instants plus tard : Alors que Fred en était à sa quatrième part de tourte au jambon (une spécialité de Mme Weasley qu'elle avait apprise à Hermione l'été précédent), ils entendirent la porte cliqueter, s'ouvrir en grinçant puis se refermer dans un claquement sec. Quelques secondes plus tard, Lupin, son cartable râpé à la main, l'air exténué mais souriant, ouvrit la porte de la pièce où cinq jeunes gens déjeunaient en bavardant jovialement ; Aussitôt, un concert d'exclamations joyeuses et enthousiastes de ses anciens élèves l'accueillit à sa grande surprise, lui qui pensait arriver dans une maison quasiment vide.
-Remus !
- Hé ! Bonjour, professeur Lupin !
- Professeur, quelle bonne surprise !
-Eeeet voilà un revenant ! Salut, prof, on ne vous attendait pas !
-Lupin, ça alors ! Content de vous revoir !
Lupin les regardât tour à tour, agréablement surpris.
-Bonjour ! Que faites vous tous ici ? Moi qui me croyais en retard pour le déjeuner ! Fred, Georges, je pensais que vous mangiez chez vous ! Que ce passe-t-il pour que vous soyez tout les cinq ici et de si bonne humeur ?
-Admettez qu'on pourrait vous retourner la question ! Fred et Georges se sont octroyés un vendredi de congé et nous mangeons si tard parce que nous nous sommes levés très tard se matin. Mais asseyez vous donc ! s'exclamât Harry en faisant atterrir un couvert complet en face de lui à coté des jumeaux.
-Merci, Harry, dit-il en s'asseyant – Ron et Georges firent glisser les plats devant lui – Et pourquoi donc se lever si tard ?
-Parce qu'on s'est couché tard ! Rétorqua Fred du tac au tac.
La bouche de Lupin se fendit en un sourire amusé tandis qu'il se servait une grosse part de lasagnes.
-Je vois. Et naturellement, si je demande pourquoi vous vous êtes couchés tard et pourquoi Fred et Georges étaient déjà présent hier soir, je me verrais répondre par une autre imparable logique ?...
-Non ! Fred et Georges vous répondrons très gentiment qu'ils sont venus faire du baby-sitting, ou plutôt du Mangemort-sitting tandis que ces trois-là disparaissaient de la circulation, répondit Georges en désignant sont frère et Harry et Hermione de la tête.
-Comment ça ? demanda Lupin en fronçant un sourcil.
-Ils sont partit en mission spéciale, dit Fred en baissant la voix d'un air de conspirateur.
Lupin jeta un regard perplexe et plein de sous entendus à Harry. Celui-ci, la bouche pleine, baragouina quelque chose d'incompréhensible en faisant un geste d'élude. Lupin le détailla attentivement avant de commencer à manger sans faire de commentaires. Fred et Georges se regardèrent avec stupéfaction puis se tournèrent vers Lupin de lui jetant un regard chargé d'incrédulité à la limite de l'indignation.
-Vous n'essayez même pas de savoir ce qu'ils ont fait ?! s'étonna Fred.
-A quoi bon ? répondit Lupin à sa grande stupéfaction. De toute façon, ils ne répondront pas. Et s'ils ne répondent pas, c'est que ce sont leurs affaires, je n'ai donc pas à m'en mêler. Je leur fait confiance et je crois que c'est réciproque...
-Ça l'est ! assurèrent Harry, Ron et Hermione en c½ur.
-... Je ne vois donc pas l'utilité de briser cette confiance en étant sûr de ne pas obtenir de résultats.
Fred et Georges restèrent bouche bées. Soudain, un grand tourbillon de flammes vertes les fit sursauter et ils se retournèrent juste à temps pour voir Tonks arriver en glissade sur les fesses devant la cheminée.
-Tonks ! s'exclamèrent-ils tous en même temps. Lupin se leva et alla l'aider à se relever.
-Tiens, bonjour ! Il y a bien beaucoup de monde, par ici ! lança-elle joyeusement en attrapant la main que lui tendait Lupin.
-Salut, Tonks ! Qu'est ce que tu fais là ? demanda Hermione.
-Il y a un problème à Poudlard ? renchérit vivement Lupin.
-Non, non, ne vous inquiétez pas, je suis seulement revenue pour quelques jours. Je dois faire un rapport à Robards, le directeur du bureau des Aurors. C'est toujours moi qui m'y colle. Ils m'ont donnés le week-end de congé par la même occasion, pour que je puisse passer chez moi. Mais je n'ai rien à faire là-bas, j'ai rendez vous dans une heure avec Robards et demain matin, Scrimegeour demandera peut-être à me voir, ce n'est pas sûr. Si c'est pour passer une vingtaine d'heures seule dans un appartement pas chauffé depuis un mois, non merci ! Je dois rentrer aux Trois Balais lundi après midi. Il n'y a pas de problème si je passe trois nuits ici ? demanda-elle en se laissant tomber sur une chaise à coté de Lupin
-Bien sûr que non ! assura chaleureusement Harry. Il y a assez de chambres d'amis ici pour abriter tout l'Ordre, ou presque ! Tu es la bienvenue aussi longtemps que tu veux ! Tu as mangée ?
-Non, je n'ai pas eu le temps, répondit-elle en retenant un bâillement.
Hermione se retourna mais Lupin avait déjà fait voler un couvert devant elle.
-Merci. Tu n'as pas mangé non plus ?
-Je viens d'arriver, répondit Lupin.
-Tu as l'air bien fatigué...
-Pas plus que toi, sourit-il. Tu as de grosses journées, là-bas ?
-Ouais, pas mal (elle ne put cette fois pas retenir un long bâillement). Il n'y a pas vraiment de problèmes, mais on est toujours sur le qui-vive et on a constamment de fausses alertes. De quoi devenir fou ! Et vous, pourquoi êtes vous tous là ?
-Harry, Ron et Hermione nous on appelés en renfort pour surveiller Rogue, hier soir.
-Vous avez trouvé quelque chose ?
Ron hocha la tête.
-Ah, très bien dit-elle simplement avant d'avaler une grosse part de tarte (Fred et Georges paraissaient outrés d'un tel manque de curiosité). Au fait, où est-il, l'ami Rogue ?
-Aucune idée. Dans sa chambre, sans doute ; on ne l'a pas vu depuis hier.
-Il est ici, intervint une voix glacée. Rogue traversa la pièce d'un pas vif en lançant rapidement :
-Ne vous inquiétez pas, je ne vais pas importuner longtemps cette sympathique petite réunion. Je vais juste prendre quelque chose à déjeuner et je disparais.
Il attrapa rapidement quelques affaires dans la cuisine et ressortit presque aussi rapidement, portant un plateau sur une main. Il s'arrêta juste pour saluer Tonks et Lupin d'un bref signe de tête.
-Nimphadora...
-Rogue... répondit-elle d'un ton froid.
Il s'éclipsa. Après quelques instants de silence, la conversation reprit parmi les sept convives et ils terminèrent de manger. Un peu avant quinze heures, Tonks se leva en s'étirant.
-Bon ! Et bien, c'était délicieux, mais je dois partir. On ne fait pas attendre un patron du ministère ! Je vous retrouve se soir, OK ?
-OK, Tonks, à ce soir.
Il y eu un nouveau tourbillon de flammes vertes et Tonks disparut. Lupin monta dans sa chambre en certifiant qu'il avait du travail et Ron, Harry et Hermione, peu enclins à autre chose que du repos et de la distraction, proposèrent des parties de bataille explosive et d'échecs. L'après midi se déroula dans cette agréable atmosphère de détente et d'insouciance jusque vers 18 heures ce soit là quand Tonks vint rapporter d'un air agacée que Scrimegeour avait demandé à la voir le lendemain à 10 heures. Une soirée sympathique paracheva la journée ; un peu après dîner, Hermione monta au premier avec Tonks pour préparer sa chambre et ils terminèrent agréablement la soirée en chantant de vielles chansons que jouaient Tonks et Lupin au violon et à la clarinette. Fatigués, ils ne restèrent pas longtemps debout et Fred et Georges rentrèrent bientôt chez eux, les laissant tous aller se coucher. Le lendemain, ils se levèrent d'assez bonne heure pour souhaiter une bonne journée à Tonks qui partait pour son rendez-vous avec le ministre et qui devait ensuite passer l'après midi au bureau pour régler différentes petites choses avec des collègues. La bibliothèque du Chemin de Traverse fermant le dimanche, Ron, Harry et Hermione décidèrent d'y passer la journée. Maintenant qu'ils avaient la coupe, ils leur fallait se concentrer plus que jamais sur la recherche du village où se trouvait la maison des Jedusort ainsi que sur la descendance de Rowena Serdaigle. Ils n'étaient pas très motivés pour se remettre au travail, mais c'était tout de même impératif. Ils ne rentrèrent donc que le soir à la fermeture, emportant de quoi largement s'occuper pour le lendemain.
-Oooouuf ! soupira Hermione en dégrafant sa cape dans le salon. Je ne suis pas mécontente d'arriver dans une maison chauffée ! Cette bibliothèque est une véritable glacière !
-C'est sans doute pour conserver les antiquités qu'ils emploient en guise de bibliothécaires ! Vous avez vu celle qui nous a dit de partir ? Elle paraissait encore plus vielle et plus fripée que madame Pince ! ricana Ron,
-Ouais ! pouffa Harry, c'est vrai ! Je ne pensais pas ça possible, mais elle est encore plus revêche que celle de Poudlard !
-Bonsoir, dit une voix paisible à la table de la pièce.
-Oh, bonsoir professeur Lupin ! Désolé, on ne vous avez pas vu. Vous avez passé une bonne journée ?
-Oui, merci ; et vous ? J'ai crut comprendre que vous êtes allés à la bibliothèque ?... dit-il malicieusement.
-Euh... Oui... En effet... bredouilla Ron, gêné.
Il fut sauvé par les hurlements du tableau de la mère de Sirius dans le couloir, réveillée par un coup de sonnette de la porte d'entrée.
Ils se précipitèrent tout les quatre dans le couloir ; Lupin et Ron se hâtèrent de fermer les rideaux sur la toile animée, Hermione ensorcela précipitamment les autres tentures pour éviter que les différents tableaux ne se réveillent également et Harry se dépêcha de faire rentrer Tonks à l'intérieur.
-Désolée, murmura-t-elle, j'avais oublié.
-Pas grave, haleta Ron, épuisé par sa lutte contre l'horrible portrait.
-Alors, demanda Lupin, que voulait Scrimegeour ?
-Oh, répondit-elle en retirant sa cape et en entrant dans le salon, Rien de spécial, il voulait juste me poser des questions détaillées sur ce qui se passe à Poudlard. Le seul problème, c'est qu'aucun Auror n'est à Poudlard même. Du coup, il avait l'air d'être de très mauvaise humeur quand je suis partie, mais que voulais-tu que je lui raconte ? je n'allais pas lui inventé des lettre de la directrice pour lui faire plaisir !
-Non, bien sûr.
Ils se mirent tout les cinq à fustiger le ministre en sortant tous les griefs qu'ils pouvaient trouver contre lui. Une nouvelle fois, Rogue se contenta d'apparaître rapidement pour attraper de quoi dîner avant de remonter dans sa chambre (pour leur plus grand bonheur) et la soirée se passa presque aussi plaisamment que la précédente. Tonks ne participa pas beaucoup à la conversation ; sans doute fatiguée, elle paraissait un peu ailleurs, ses cheveux roses vif ressortant sur son visage plus pale que d'ordinaire. Sitôt qu'elle eut fini de manger, elle se laissa tomber sur un fauteuil, une tasse de thé à la main, tournant le dos à la table ou Ron, Harry, Lupin et Hermione continuaient de bavarder avec animation. Une heure passa. Tonks se sentait engourdie, un peu fiévreuse. « Je ferais mieux d'aller me coucher » songea-t-elle en sentant le sommeil la gagner. Elle se leva péniblement, tenant sa tasse d'une main vacillante, fit quelques pas, puis... un brouillard opaque l'envahit ; Une sorte d'immense ombre noire obscurcit sa vue et elle lâcha sa tasse qui se brisa sur le sol avec un bruit sonore. Dans un épouvantable vertige, elle chancela, perdit connaissance et s'effondra.
-Tonks !
Lupin la rattrapa juste avant qu'elle ne tombe sur le sol, évanouie.
-Tonks ! Ohé !
Pas de réponse. Complètement inconsciente, Tonks ne l'entendait même pas, sans d'avantage réaliser qu'ils étaient tous penchés au dessus d'elle, terriblement anxieux. Encore plus pale qu'une heure plus tôt, elle frissonnait, ruisselante de sueur dans les bras de Lupin qui la maintenait par les épaules, un genou posé au sol. Il posa le dos de la main sur son front.
-Elle est brûlante.... Allez me chercher la trousse de secours dans la
boite à pharmacie, ordonna-t-il à la cantonade.
Il la souleva délicatement et l'allongea doucement sur le canapé, alors qu'Hermione revenait déjà en courant avec la trousse à pharmacie qu'elle posa à coté de lui.
-Personne n'a rien remarqué, ce matin ? Il ne s'est rien passé d'anormal ? demanda-t-il en examinant Tonks. Ses gestes étaient rapides, précis, sa voix très calme, mais son regard trahissait une immense inquiétude.
Ron et Harry se regardèrent, cherchant mutuellement quelque chose qui aurait pu se produire, mais Hermione poussa un petit cri et plaqua sa main devant sa bouche. Ils se tournèrent vers elle.
-C-ce matin... Je l'ai vu grimacer alors qu'elle s'apprêtait à partir... je lui ai demandé ce qui n'allait pas et elle m'a répondu qu'elle s'était fait une petite égratignure sur la jambe gauche... Elle m'a dit que ce n'était rien du tout, mais...
Elle laissa sa phrase en suspend ; Lupin la regarda un instant en ayant l'air de réfléchir à toute vitesse à qu'est ce qui aurait pu se passer pour qu'une simple plaie s'infecte aussi vite et assez gravement pour mettre quelqu'un dans cet état, puis sortit sa baguette, écarta la robe de Tonks et murmura « diffindo » en passant la baguette sur sa jambe gauche jusqu'au genou. Il souleva précautionneusement le jean coupé net dans le sens de la longueur et ils étouffèrent tous une exclamation horrifiée : sur sa jambe, il y avait une affreuse blessure, enflée et violacée, qui
ressemblait à une succession de petits trous.
-Morsure de doxy, diagnostiqua Lupin. La blessure n'est pas infectée – un miracle ! – mais le venin de cette sale bête à eu tout le temps de faire effet depuis ce matin. Il doit y avoir un antidote là-dedans... Ah, le voilà. Vite, maintenant, il n'y a plus de temps à perdre...
Il attrapa une fiole, la décapsula et versa une petite quantité d'un liquide violet dans un gobelet. Il inclina la tête de la jeune femme et lui fit boire doucement le contre poison. Cela fait, il désinfecta soigneusement la plaie, étala un onguent dessus, posa une gaze et enfin enroula soigneusement une bande tout autour selon un protocole sophistiqué.
-Là. Il n'y a plus qu'à attendre, murmura-t-il en rangeant tout dans la trousse d'un coup de baguette.
-Elle va s'en sortir, n'est-ce pas ? demanda Hermione d'une voix blanche.
Lupin haussa les épaules sans quitter des yeux la jeune femme inconsciente agitée de frissons.
-Normalement, il ne devrait pas y avoir de problèmes. Il faut juste que l'antidote fasse son effet. Mais chacun réagit différemment aux poisons, et il peut toujours y avoir des complications, d'autant plus que le venin a eu une bonne douzaine d'heures de tranquillité pour agire – au moins ! Pour l'instant, on ne peut rien faire de plus, il ne s'agit plus que d'attendre en essayant de faire tomber la fièvre.
Il se leva, se pencha et la souleva délicatement dans ses bras.
-Il lui faut du repos ; Je vais l'emmener dans sa chambre. Si l'un d'entre vous pouvait préparer une bassine d'eau fraîche avec deux linges doux, ce serait gentil.
-Oui, bien sûr, bredouilla Hermione en se précipitant dans la cuisine.
Lupin monta au premier étage, entra dans la chambre de Tonks, l'allongea confortablement sur son lit et lui retira ses chaussures. Il tira vers lui un vieux fauteuil, la couvrit tendrement et soupira, désolé ; Hermione toqua puis entra dans la pièce, une bassine dans les mains et les deux linges demandés sur le bras.
-Ah, merci, Hermione.
-De rien. Je peux faire quelque chose d'autre ?
-Non, ça ira. Mis à part attendre, il n'y a pas grand chose à faire.
-Bon. Alors bonsoir, professeur.
-Bonsoir.
Lupin mouilla l'une des étoffe et essuya le visage de Tonks avec, avant de le poser sur son front ; Quelques minutes plus tard, il fit de même avec l'autre étoffe, résolu à faire tout son possible pour faire disparaître l'expression de souffrance et les frissons glacés qui agitaient la jeune femme.

-------------------------

Le gazouillis d'une petit oiseau ; Quelque chose de frais et d'humide sur le front ; une agréable chaleur sur la joue ;
Tonks ouvrit les yeux. La morsure du soleil la fit cligner de l'½il quelques secondes durant lesquelles elle ne comprit pas ou elle était. Elle essaya de se retourner de l'autre coté et un linge mouillé lui tomba devant les yeux. Surprise, elle tâtonna pour l'enlever et ses mouvements entravés par le tissu lui firent comprendre qu'elle était toute habillée. « Où est-ce que je suis ? pensa-t-elle. Oh ! c'est vrai ! Le ministre... Le square Grimmaurd...! Je suis au quartier général. Mais qu'est ce que je fabrique toute habillée dans mon lit ? ». Elle réussit enfin à garder les yeux plissés mais ouverts tournée vers la fenêtre, se tortilla sous les couvertures pour se retourner et... Tomba presque nez à nez avec Remus Lupin. Tonks fut si surprise qu'elle ne pu s'empêcher de sursauter et de cligner une nouvelle fois des yeux pour s'assurer qu'elle ne rêvait pas : Mais non, c'était bien lui, profondément endormit dans un fauteuil juste à coté de sa table de chevet, sur laquelle était d'ailleurs posé une bassine pleine d'eau avec un autre bout de tissu mouillé accroché à l'une des poignées.
-Remus ?
Remus remua légèrement dans son fauteuil, plissa brièvement le visage puis ouvrit les yeux à son tour.
-Tonks ! Tu es réveillée ! Comment te sens tu ? demanda-t-il en se penchant à l'extrême bord du siège pour se rapprocher.
-Bien. Qu'est ce qui c'est passé ? Je suis tombée malade ? Je ne me souviens de rien...
Il lui posa la main sur le front.
-Vraiment ? – Non, tu n'as plus l'air d'avoir de fièvre – Oh, il ne c'est pas passé grand chose : Hier matin, tu t'es fait mordre par un doxy, tu ne t'en es pas occupée et hier soir, naturellement, le venin t'a donné une poussée de fièvre magistrale et tu t'es évanouie. On t'a fait avaler un antidote et je t'ai monté dans ta chambre pour que tu puisse te reposer.
-Et tu as passé toute la nuit à mon chevet ?... Tu es gentil...
Lupin eu un petit rire gêné.
-Oh, j'ai plus vraisemblablement passé une petite partie de la nuit à ton chevet et la majorité du temps à dormir comme un bienheureux...
-Tu n'aurais même pas dut rester... Tu passes déjà bien assez de nuits blanches comme ça !
-De toute façon, je n'aurais pas réussit à dormir, tu sais, lui dit-il d'un ton un peu fatigué. Plus sérieusement, il ajouta :
-Tu m'a fait une de ces peurs... J'ai cru que...
Il laissa sa phrase en suspend, comme s'il préférait ne pas la finir. Il la regarda d'un air grave en laissant courir son doigt sur son visage. Tonks lui sourit tendrement. Lupin se redressa brusquement.
-Bon ! Tu as faim ?
-Mmm, oui, maintenant que tu le dis, c'est vrai, j'ai faim.
-Très bien, alors, ne bouge pas, je reviens tout de suite.
Il sortit de la pièce et dévala silencieusement les escaliers. Il était encore très tôt ; il se glissa dans la cuisine et prépara en quelques instants un plateau garnit d'une grande tasse de café au lait accompagnée d'une panière de petits pains et de croissants, d'une pile de toasts et d'un grand verre de jus de citrouille auquel il rajouta une assiette d'½ufs brouillés au bacon.
Tonks se cala confortablement contre ses oreillers et regarda par la fenêtre le magnifique soleil qui annonçait une splendide journée. C'était d'autant plus agréable qu'avec les détraqueurs qui proliféraient, de telles journées devenaient très rares. Il y eu quelques légers grincements de parquet puis la porte se rouvrit et Remus arriva en portant un plateau gigantesque. Tonks ne put s'empêcher de sourire.
-Merci, Remus. Il y a de quoi nourrir un régiment, dis donc !
-Bah... comme ça, tu pourras choisir, répondit-il refermant la porte (avec quelques difficultés, étant donnée l'envergure du plateau) derrière lui. Tonks se redressa et il lui posa le plateau sur les genoux.
-Voilà, voilà, Majesté, lui dit-il d'un ton joyeux en s'asseyant à nouveau à coté d'elle.
-Merci, Edgar, vous pouvez disposer, lui répliqua-t-elle d'un ton hautin, jouant le jeu.
Ils rirent tout deux ; Tonks attrapa un petit pain tandis qu'il commençait à lui beurrer un toast, aux anges. Pouvoir s'occuper d'elle semblait l'enchanter au plus haut point.
-Alors, quoi de neuf pour l'Ordre ? demanda Tonks plus sérieusement. On a pas pu en parler depuis que je suis là, autant en profiter puisque c'est impossible par hiboux.
-Ah... La question que je redoutais. Et bien, pour l'Ordre, j'ai réussit à rassembler pas mal de choses sur Rookwood – j'ai peut-être trouvé l'endroit où il se cache, d'ailleurs – mais malheureusement, j'ai aussi d'autres nouvelles beaucoup moins bonnes.
-Ah oui ? Quoi donc ?
Il poussa un profond soupir ;
-J'ai intercepté des messages de Greyback. J'ai passé suffisamment de temps en sa compagnie pour savoir quel style de pistes il privilégie pour communiquer avec les... les autres... bredouilla-t-il, un peu mal à l'aise, mais Tonks se contenta de hocher la tête et de l'écouter attentivement en attaquant ses ½ufs au bacon.
-Le problème, c'est qu'il a l'air décidé à passer à la vitesse supérieure. Non seulement il ne se contente plus d'attaquer des cibles particulières à la pleine Lune et de dresser ses – nos – semblables à en faire de même, mais en plus, il paraît résolu à organiser une sorte de raid en plein c½ur de Londres un de ces mois.
-Un raid au c½ur de Londres ?... Attends... Tu veux dire qu'il... Euh... Qu'est ce que tu veux dire, exactement ?
-Tu as saisi. D'après ce que j'ai compris – le message était codé, ils sont toujours codés et je ne connais pas tous les cryptages – il voudrait qu'une dizaine ou une douzaine de Loup-garous aillent sillonner à découvert les rues de la capitale. Ce qui serait une catastrophe. Les moldus ne pourraient pas faire la différence entre loup normaux et loup-garous, mais il y aurait des dizaines, peut-être des centaines, de mordus. Ce serait un véritable carnage. On se retrouverait avec une multitude de moldus lycanthropes, peut-être des morts, d'incroyables quantités de gens à rendre amnésiques, et surtout, surtout, des ennuis épouvantables à long termes. Actuellement, on doit avoir une quarantaine de loup-garous moldus dans le pays, et on a déjà beaucoup de mal à les faire passer sous silence dans le reste de la population. Il y a des oubliators qui sont déférés chaque mois pour tenir en respect puis rendre amnésique les trois quarts d'entre eux, mais que faire pour les autres qui échappent encore à tout contrôle ? C'est un danger énorme pour leurs proches mais aussi pour toutes les personnes qu'ils pourraient croiser en sortant d'un restaurant un soir de pleine lune ; Et puis aussi, c'est une menace pour toute la société sorcière qui risque chaque mois d'être découverte. Tu imagines les ravages que causeraient six cent loup-garous moldus au lieu de quarante ?
Il poussa un autre profond soupir et se passa la main dans les cheveux, l'air complètement découragé. Tonks s'arrêta de manger son croissant et le regarda avec compassion. Doucement, elle lui posa une main sur le bras sans rien dire. Il redressa la tête, un peu réconforté et la regarda à son tour.
-Pour l'instant, ce n'est qu'une idée en l'air. Mais comme elle pourrait faire énormément de dégâts et qu'elle pourrait condamner des dizaines de personnes à la lycanthropie – un éclair de haine passa dans son regard –, et connaissant Greyback, il y a de fortes chances pour qu'il la mette à exécution, gronda-t-il sourdement.
Il se mit à mâchonner sa lèvre inférieure pour éviter de s'énerver.
-Et je n'ose même pas imaginer ce qui se passerait si un seul loup-garous était lâché dans une grande ville en pleine transformation, ajouta-t-il avec tristesse en détournant le regard.
Nouveau mâchonnement.
-Donc, tu vois, dit-il en s'adressant à la poignée de la bassine, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.
Tonks ne put s'empêcher de sourire ; Remus fixait toujours la table de chevet comme si elle était soudain devenue fascinante.
-Remus...
Au prix d'un immense effort, il se força à la regarder dans les yeux en se mordillant l'intérieur de la joue pour rester calme. Il détestait aborder le sujet des ravages causés par les loup-garous. Il en avait depuis longtemps prit l'habitude, et avec certaines personnes cela ne le gênait plus ou presque, mais avec Tonks, c'était plus difficile qu'avec n'importe qui.
-Remus, pour l'instant, ce n'est qu'un projet. Et comme tu l'as intercepté, l'Ordre va pouvoir agire en conséquence. Ne t'inquiète pas, va. Fol ¼il trouvera bien un moyen pour empêcher ça...
Un long silence. Remus inspira profondément et parla d'une voix très différente de celle qu'on lui connaissait.
-Ce qui me désespère, chez Greyback, c'est son excitation, sa joie, à l'idée de rendre d'autres personnes comme... comme... comme nous... s'étrangla-t-il. Pour lui, c'est... un bonheur, de détruire la vie de pauvres gosses innocents, de les priver de tout avenir, de toute vie décente...
Il s'interrompit. Sa lèvre tremblait de plus en plus et il préféra ne pas continuer. Tonks se mordit la lèvre à son tour, désolée et sans savoir que faire pour le réconforter. Il y eu un autre silence. En désespoir de cause, elle lui effleura le bout du nez d'un air taquin. Remus refit surface et la regarda exactement de la même manière que le soir où elle était restée des heures sans bouger à coté de lui, lui apportant à la fois le réconfort et le soutien dont il avait besoin et le silence réparateur qui ne l'avait pas obligé à parler avant de se sentir un peu mieux. Elle était la seule personne qu'il ait rencontré au cour de sa vie à paraître le comprendre aussi parfaitement. Même James et Sirius n'avaient jamais été aussi proches, eux qui le voyaient – sans mauvaises arrières pensées ! – comme un animagus « forcé » plutôt que comme un vrai « malade potentiellement dangereux ». Même Lily, qui pourtant l'avait toujours considéré différemment, ni comme une créature inquiétante, ni comme un type normal avec juste un petit problème – ce qui avait quelque chose de très réconfortant, c'était vrai, mais donnait aussi l'impression qu'il ne pouvait pas vraiment se confier à ses amis sur ce qu'il ressentait à chaque transformation – n'avait jamais paru comprendre à ce point ce qu'il éprouvait. Tout en étant gêné d'aborder le sujet de la lycanthropie avec Tonks, il se sentait en confiance car il savait qu'elle comprendrait ce qu'il ne fallait surtout pas dire, ou faire, et qu'elle le réconforterait d'une manière ou d'une autre. Remus lui sourit et lui effleura le bout du nez de la même façon.
-Dora Dear, murmura-t-il simplement, se laissant un tout petit peu aller pour une fois.
-Tiens, c'est mignon, ça, comme surnom ! Ok, va pour « Dora Dear », dit-elle d'un ton espiègle. Ils rirent tout les deux et l'atmosphère se trouva soudain allégée. Remus attrapa un croissant, le trempa dans la tasse de café et se mit à manger avec appétit.
-Oh ! Remus, excuse-moi ! Je n'avait même pas réalisé que tu n'avais pas mangé non plus ! Tiens, mange, dit-elle en poussant vivement les croissants et les toasts vers lui.
-Bah, ne t'inquiète pas, je n'ai pas si faim que ça...
Ils se mirent à bavarder de sujets nettement moins désolants et étaient à nouveau en train de rire de bon c½ur quand deux légers coups retentirent à la porte.
-Entrez ! s'exclama Tonks.
Harry ouvrit la porte et tomba sur Tonks, en parfaite santé, assise dans son lit avec un plateau petit-déjeuner sur les genoux, Lupin assit tout près d'elle en mangeant sur le même plateau. Il leur adressa un sourire rayonnant.
-Bonjour ! Je venais voir comment allait Tonks...
-Impeccable, je te remercie. Et toi ?
-Moi ? Pareil, mais ce n'est pas moi qui a été mordu par un doxy venimeux hier ! Bon, et bien, je vous laisse. Non, non, professeur, ne bougez pas... A plus tard !...
Et Harry referma la porte et descendit, laissant Lupin et Tonks échanger un regard de coté avant d'éclater de rire.
Harry retourna dans la salle à manger qu'il venait de quitter.
-Alors, lui demanda Ron, comment va-t-elle ?
-Très bien. Elle a l'air complètement remise.
-Parfait, assura Hermione, soulagée.
-Lupin a passé la nuit avec elle, apparemment.
-Quoi ?! s'étrangla Ron en avalant son toast de travers.
-Oui, enfin, il est resté à son chevet, quoi.
-Ah, bon...
-Encore mieux, décréta Hermione, avec un sourire de femme d'agence matrimoniale machiavélique.
Rogue rentra tout d'un coup dans la pièce qui paru soudain perdre quelques degrés.
-Bonjour, siffla-t-il froidement en traversant la pièce d'un pas vif en direction de la cuisine comme il en avait prit l'habitude aux heures des repas. Soudain, il s'arrêta net, saisit convulsivement son bras gauche de la main droite et tomba à genoux en plein milieu de la pièce en étouffant un plainte de souffrance. Une sorte de rafale de vent qui ne créa pas le moindre mouvement d'air passa dans la pièce et Harry frissonna de la tête aux pieds, se souvenant brusquement de cette sensation horrible qu'il avait déjà rencontré dans un cimetière, une nuit. Rogue, sa main crispé sur sa manche, serra les dents mais ne put contenir un hurlement de douleur, prostré à terre. Puis, aussi soudainement qu'il était tombé, son corps se détendit et il respira plus librement, haletant comme s'il venait de courir un cent mètres. La marque des ténèbres venait de se réveiller.

Ps : Pour avoir la suite plus rapidement, il faut le mériter, donc j'imagine que vous devinez se qu'il vous reste à faire.

*Le Forum Du Blog*

# Posté le mardi 26 décembre 2006 14:31

Modifié le mercredi 27 décembre 2006 07:28

Fan Fiction - Volume 7 - Le Triomphe du Coeur - Chapitre 11 .

Fan Fiction - Volume 7 - Le Triomphe du Coeur - Chapitre 11 .
Bien que vous soyez peu nombreux à passer sur mon blog, je met quand même quelques chapitre en plus.


Chapitre 11 - Le réveil de la marque

Harry, prit de court, mit quelques temps à réagir. Enfin, il s'approcha de Rogue, le saisit par le bras droit et l'aida à se relever. Rogue se redressa en chancelant, grimaçant de douleur.
-C'était lui ? La marque des Ténèbres ?
-Oui, marmonna-t-il, la respiration toujours à moitié coupée.
Il se redressa plus fermement et s'écarta de Harry.
-Il va falloir que j'y aille très vite, dit-il d'une voix qui avait retrouvée son ton froid habituel. Il est à Londres, je le sens. Près du grand parc, c'est là-bas qu'il veut m'envoyer.
Ron, Harry et Hermione se regardèrent avec inquiétude. Que convenait-il de faire ? L'empêcher de sortir, ce qui reviendrait à le retenir prisonnier ici sans raison depuis seize jours ? Le laisser partir, en étant presque sûr qu'il ne reviendrait pas ? L'esprit de Harry se mit à bouillonner à toute vitesse.
-Ne bougez pas ! ordonna-t-il brusquement en se précipitant dans les escaliers. Il venait d'avoir une idée ; personne d'autre que lui ne connaissant l'existence de cet objet, il était donc sûr d'être le seul à y avoir pensé. C'était risqué, bien sûr, mais jouable... Harry se rua dans sa chambre, fit jaillir tous les objets de sa valise à travers la pièce d'un seul sortilège et se jeta devant la malle ouverte. Normalement, tout devait être là... il ne l'avait jamais ressortit... sa valise n'était jamais complètement vidée, donc logiquement... Il trouva enfin ce qu'il cherchait : les morceaux d'une glace brisée qu'il répara d'un geste. Rapidement, Harry attrapa le miroir à double sens que Sirius lui avait un jour donné et redescendit à la même allure.
-Voilà, pantela-t-il en se hâtant dans le salon.
Il s'approcha de Rogue.
-Tendez le bras, ordonna-t-il.
A sa grande surprise, Rogue obéit, l'air un peu surprit. Harry jeta un sortilège de transparence à la manche de la robe de Rogue et fixa le miroir à l'intérieur, de façon à ce que personne ne puisse le voir, mais que le sortilège de transparence permette de pouvoir distinguer à peu prés convenablement les alentours.
-Très bien, maintenant, Hermione, jette lui un sortilège d'anti-transplannage, s'il te plais, dit-il en cherchant du regard quelque chose qui pourrait convenir à ce qu'il avait en tête.
-Mais... protesta Hermione
-Aller, Hermione, vite !
Hermione obtempéra à contre c½ur, tandis que Harry attrapait un petit cendrier qui tenait dans la main.
-« Portus », murmura-t-il en posant sa baguette dessus. Là ! décréta-t-il d'un ton satisfait, et maintenant, à nous deux ! Ou plutôt, à nous cinq ! s'exclama-t-il joyeusement en glissant le cendrier dans la poche de Rogue.
La petite scène n'avait en réalité durée que deux ou trois minutes.
-Bien, alors : je vous ai fixé un miroir à double sens sur le bras, de sorte que, lorsque je vous appellerais avec l'autre, je pourrais à peu prés voir et entendre ce qui se passera près de vous. Vous n'avez pas de baguette, vous ne pouvez plus transplanner et vous avez un portôloin dans la poche qui ne marchera que deux fois : une fois pour vous conduire auprès de Voldemort, dit-il sans faire attention aux légères grimaces de Ron et de Rogue, et l'autre pour vous ramener ici. Vous allez donc le rejoindre comme il le souhaite sans rien changer à vos habitudes, et quand il vous renverra, vous ne pourrez pas partir ailleurs qu'ici ; Bien sûr, vous pourriez tout lui dire, mais entre nous, il vous faudrait leur avouer que vous lui avez mentit à propos de l'endroit où vous vous cachez, donc, je doute que ce soit très bien pour vous. Vous y êtes ? demanda-t-il en le regardant dans les yeux.
Rogue le regarda également. Il y avait le traditionnel dégoût méprisant dans son regard, mais aussi, chose nouvelle, un peu de la surprise du professeur étonné par la performance d'un cancre.
-En effet, j'y suis, répondit-il d'un ton posé.
-Alors, à plus tard, dit Harry lui ouvrant la porte d'entrée. Rogue sortit lentement, se retourna, glissa la main dans sa poche et disparu, happé par le portôloin.
Harry referma la porte et couru dans la chambre de Sirius, coté gauche du dernier étage, pour chercher l'autre miroir dont il n'avait pas la moindre idée d'où il pouvait être. Ron et Hermione le rejoignirent rapidement et se mirent eux aussi à farfouiller dans la pièce.
-Harry, c'est super, comme idée ! s'émerveilla Ron en soulevant des pulls dans l'armoire.
-Ron a raison, c'est brillant ! Mais d'où tiens-tu ce miroir ?
-De Sirius. Mon père et lui s'en servait pour bavarder entre eux quand ils n'étaient pas dans la même salle. C'est lui qui me l'avait dit.
-Ah... Ah, bon... bredouilla Hermione, un peu désappointée.
Ron poussa un cri de joie en sortant un petit miroir complètement semblable à celui que Harry avait montré quelques minutes plus tôt.
-Ron ! Super ! Vite, voyons ça...
Harry tint le miroir à quelques centimètres de son visage et murmura « Severus Rogue ». Aussitôt, ils virent distinctement dans la petite glace une partie du visage de Rogue, agenouillé par terre. Dans le plus grand silence, ils se penchèrent sur l'objet pour ne surtout pas perdre un mot de ce qui se passait. Ron s'éloigna sur la pointe des pieds. Sitôt sortit de la pièce, il dévala les escaliers et entra comme un ouragan dans la chambre de Tonks. Lupin et elle sursautèrent, mais il avait d'autres chats à fouetter que de frapper avant d'entrer.
-Venez vite, Rogue est allé rejoindre Vous-Savez-Qui ! lança-t-il avant même de s'arrêter complètement.
-QUOI ?! Rugit Lupin en se levant aussitôt alors que Tonks se débarrassait du plateau d'un coup de baguette et rabattait les couvertures d'un mouvement brusque.
-Harry a bricoler un système pour que Rogue puisse seulement aller le voir et revenir et qu'on puisse savoir ce qui ce passe, expliqua rapidement Ron en se re-précipitant dans les escaliers. Tonks jaillit hors de son lit, étouffa un couinement de douleur en posant sa jambe sur le sol, Lupin la soutint vivement et ils se jetèrent à la suite de Ron. Harry et Hermione étaient penchés sur le miroir lorsque Ron, Lupin et Tonks, cette dernière en chaussette, entrèrent en silence dans la pièce sombre.
-Tu as mit du temps, Rogue...
-J'implore votre pardon, maître, répondit ce dernier d'une voix plus basse que d'ordinaire, et surtout, où l'on sentait poindre de la crainte.
-Je n'étais pas sûr que tu viendrais, sais-tu ?...
-Où que je soit, j'accourrais toujours à votre appel, Maître...
-C'est ce que je pensais ; aussi ai-je voulu vérifier. Mais tu es là, je ne me suis donc pas trompé... Nous avons eu peur, Severus, de te voir déserter les rangs quand tu as disparu sans prévenir... Heureusement pour toi, nous avons pu vérifié que ta demeure avait bel et bien été découverte par des Aurors.
-Je n'avait aucun moyen de vous prévenir, Maître, moi qui, comme tous vos humbles fidèles, ne connaît l'endroit où vous êtes que quand vous nous appelez...
-Naturellement, répondit Voldemort de sa voix glaciale et sans timbre en continuant de faire les cents pas autour de Rogue toujours recroquevillé.
-Mais revenons en aux faits. Je ne t'ai pas appelé pour savoir si oui ou non je devais déferrer certains des nôtres pour les lancer à ta poursuite.
-Jamais, Maître, jamais cela n'arrivera !
-Je te le souhaite, Rogue... En attendant, je pensais, mais ce n'est plus possible puisque te voilà en cavale, que tu pourrais peut-être former un peu plus le jeune Drago. Il est encore bien novice.
Rogue ne répondit pas, attendant la suite.
-Je ne lui en veux pas trop, continua Voldemort. Après tout, il a tout de même réussit à faire rentrer des Mangemorts à Poudlard, et ce n'est pas rien. Je conçois qu'un pareil gamin, choyé et couvé toute son enfance par sa poule de mère, et avec un tel incapable en guise de père – décidément, avoir un père devrait être interdit, n'est ce pas, mon cher Severus – puisse avoir la candeur de ne pas parvenir à prononcer les deux petits mots qui auraient réellement fait de lui l'un de mes fidèles.
Rogue ne répondit toujours pas.
-Je le conçois, poursuivit le mage noir, mais je ne le tolère pas pour autant. Drago a fait du bon travail dans l'ensemble, c'est pourquoi je n'ai pas encore sévit avec lui. Mais j'attends de lui des progrès. C'est pour cela que je pensais te le confier, pour que tu le forme un peu. Mais cela n'est plus possible. Aaah, décidément, l'Ordre du Phénix et le ministère ont toujours essayé de m'agacer. Mais patience, murmura-t-il en parlant plus pour lui-même que pour Rogue, un jour viendra où il ne restera plus aucun Auror, et où les Ténèbres – Mes Ténèbres ! – éclipseront à jamais la lumière... Je ne suis pas pressé... J'ai tout mon temps...
Voldemort eu un petit rire et resta quelques instants plongé dans ses pensées.
-Donc, Rogue, reprit-il en faisant volte face et en se dirigeant vers lui pour le contourner et s'asseoir dans le fauteuil juste en face, mes plans sont contrecarrés, encore et toujours, mais c'est bien nécessaire, sinon, la victoire serait bien trop facile. Je m'interroge donc sur ce que je vais faire de ce gamin. A ton avis, que pourrait-on faire de lui ? Je pourrais facilement tuer sa chère maman, ce qui lui donnerait certainement un coup de fouet, mais je préfère garder la menace sur lui ; il est assez couard pour que cela fasse son effet aussi.
-Maître, pourquoi ne lui conféreriez-lui pas de petites tâches inutiles, des plans que vous avez déjà parachevé ? Ce serait sans risques, ni pour lui qui pourrait se former sans danger et sans le savoir, ni pour vous...
Voldemort eu un sourire.
-Lui préparer de petits jeu de piste version Mangemorts ? Perdre du temps et de l'énergie pour que cet avorton s'entraîne sans danger ? Voyons, Rogue, ne te laisse pas emballer par l'attachement ridicule du professeur. Je sais que tu as pris ce rejeton en affection, mais il n'en est pas question. Ou il tient le rang, ou il ne le tient pas, et je n'ai pas de temps à perdre à m'arranger pour le préserver comme une nounou. Non, je pense que je vais plutôt le confier à Bella. Elle est sa tante, il la suivra. Et il rentrera dans toutes les missions. S'il n'est pas assez vif, il y restera et ce ne sera pas une grosse perte ; s'il s'en sort, il deviendra peut être plus intéressant de le préserver.
-Oui, Maître.
Rogue ne discuta pas. Il ne fallait pas discuter avec le Seigneur des Ténèbres.
-Maintenant, parlons de toi. Je le regrette sincèrement, mais je n'ai pas d'ordres particuliers à te donner ; ta belle couverture du repentit meilleur partisan de ce cher Dumbledore étant... disons... atténuée... – Voldemort eu un petit rire – nous allons avoir quelques difficultés à t'envoyer en mission, Rogue. D'autant plus que tu n'es même plus très joignable. Mais nous pouvons peut-être prévoir quelque chose : vois tu, je me disait que je pourrais peut-être donner un coup de main à Greyback. Tu ne connais pas son nouveau projet ? Il a dans l'idée de lâcher certains de ses semblables à Londres une nuit de pleine lune. Amusant, non ? Je pensais qu'après tout, je pourrais profiter d'une pareille occasion pour attaquer le ministère au même moment. Si Greyback sème suffisamment la zizanie chez ces pourceaux de moldus, nous pouvons parier que leur défenseurs du genre des Weasley quitterons le ministère en majorité. Pratique... Mais il faudrait avoir une bonne raison, et pour l'instant, mis à par semer une belle pagaille, je n'en ai pas. La prophétie étant désormais détruite, je n'ai aucune nécessité de faire une petite visite à tous les caniches du Ministre.
Voldemort se releva lentement, ennuyé par le souvenir de cet échec.
-D'autre part, je pensais faire un petit tour chez moi, un de ses jours... Maintenant que Dumbledore à rejoint tous mes ennemis, j'ai un peu plus de liberté. J'ai des choses à voir... Mais tu ne peux comprendre de quoi je parle, c'est normal... Je vais t'expliquer : Tu me connais ; Tu sais que mon objectif est de vaincre la mort ; C'est pourquoi je me suis aménagé quelques marges de man½uvre. Utiles, comme tu le sais, puisque me voilà, seize ans après avoir reçu un sortilège mortel en pleine poitrine. Avant cela, je n'avait pas pris la précaution de toutes les protéger comme il se doit. Lucius m'a montré que j'avait fait une erreur.
Voldemort plissa ses yeux rouges dont les pupilles étaient en fentes comme celles des serpents.
-Imbécile de Lucius, dit-il dans un sifflement rauque, crissant, que Harry n'identifia pas immédiatement, Tu me payera ça.
-Donc, reprit-il d'une voix normale, j'ai décidé de remédier à cela. Je vais préparer confortablement ma demeure pour la dernière de mes petites précaution...
Il se mit à rire.
-Ce pauvre Grindelwald, quand j'y pense, ricana-t-il.
Il paru songer à quelque chose de particulièrement amusant, tandis que Rogue risquait un regard dans sa direction. Voldemort se retourna vers lui.
-Très bien, Severus, tu peux partir. J'ai à convoquer Bellatrix et Drago, ainsi peut-être que Narcissa... Une manière de faire pression sur Drago tout en ayant l'air compréhensif de cette idiote. Je vais aussi certainement convoquer Alecto et son frère. Je suis assez mécontent d'eux ; Je crois qu'un petit rappel à l'ordre s'impose.
Rogue frissonna.
-Bien, Maître, dit-il en se relevant à demi. Il s'inclina profondément - Harry ne put s'empêcher de penser à Kreattur – et s'apprêta à sortir de la pièce sombre.
-Rogue, attends un peu, le rappela Voldemort de son ton froid.
Il s'avança lentement vers lui et s'arrêta à une vingtaine de centimètres de l'homme au visage cireux encadré par deux rideaux de cheveux noirs et graisseux qui, contrairement à tout ce que Harry, Ron, Hermione, Tonks et Lupin avaient toujours pu voir de lui, n'avait plus la posture droite et méprisante, le regard dédaigneux, inspirant respect et crainte, mais tout au contraire reléguait cette attitude à l'homme en face de lui.
-Dis-moi, Rogue, dit Voldemort à voix basse, menaçante, Tu n'as rien de spécial à me dire ?
Dans la chambre du square Grimmaurd, cinq personnes frissonnèrent.
-Non, Maître.
-Es-tu certain de cela ? demanda Voldemort en passant un de ses longs doigts fins et blanchâtres sous le menton de Rogue pour le forcer à le regarder dans les yeux.
Rogue ne répondit pas mais soutint le regard, sans ciller. Au bout d'un temps qui paru incroyablement long à six personnes, Voldemort retira son index et fit demi-tour en congédiant Rogue d'un geste de la main. Rogue s'inclina une nouvelle fois et franchit la porte qu'il referma silencieusement derrière lui.
Harry lâcha le miroir et descendit lentement les escaliers. Il ouvrit la porte d'entrée juste à temps pour manquer de percuter Rogue qui atterrissait au même moment. Rogue entra en titubant, passa devant Harry et tous les autres qui arrivaient de l'étage, un peu sonnés, et alla droit au salon pour se laisser tomber dans un fauteuil. Il resta là, les coudes sur les accoudoirs, les mains croisées, le menton appuyé sur ses mains, le regard fixe devant lui, martelant nerveusement le sol du pied. Brusquement, il parla.
-Il va la tuer, dit-il, faisant sursauter ses cinq spectateurs.
-Qui ça ? demanda Hermione d'une voix tremblante.
-Narcissa.
Rogue cessa de tambouriner du pied et leva la tête avec effort pour les regarder.
-Il va tuer Narcissa Malfoy. Lucius a fait trop d'erreurs. Et Drago n'a pas achevé la tâche dont il l'avait chargé. Ils ont perturbés ses plans. Il va vouloir les punir l'un et l'autre. Il va tuer Narcissa.
Un long silence.
-Est-ce qu'il sait que vous le savez ? demanda enfin Harry.
-Je ne crois pas. Je l'ai tellement empêcher d'accéder à une partie de mon esprit que je n'ai pas mit beaucoup de limites aux autres, mais il ne cherchait pas cela.
-Qu'est-ce qu'il cherchait ?
-Vous. Il se doute que l'Ordre est lié à ma disparition. Il voulait savoir si j'avait repris contacts avec vous. Il voulait savoir s'il devait tuer un traître ou faire confiance à un fidèle.
Rogue avala sa salive et appuya plus fortement ses mains jointes contre sa bouche comme s'il se retenait de vomir.
-Vous avez eu une bonne idée, dit-il soudain à Harry en regardant à nouveau droit devant lui.
-Ah.
-Mais ce n'était pas nécessaire. Je ne pouvais pas lui dire la vérité. Et à partir de maintenant, certainement plus.
-Prudence est mère de sûreté, murmura Hermione.
-Que fait-on pour Narcissa ? demanda Rogue.
-On pourrait la mettre sous protection ; la cacher quelque part.
-Non.
Rogue parlait toujours de ce ton nerveux, inhabituel.
-Il n'a dit cela qu'à moi. Si Narcissa disparaît suite à notre entretient, il saura à quoi s'en tenir.
-Alors on peut la faire suivre sans qu'elle le sache, dit Tonks. On peut mettre deux Aurors en faction discrète pour qu'ils puissent intervenir en cas de besoin.
-Non, le ministère ne doit pas être au courant qu'on se méfie d'elle.
-Le ministère à le droit de se méfier d'une femme dont le mari, le fils, la s½ur, le beau-frère et la quasi-totalité de ses connaissances sont des Mangemorts, répliqua Tonks, un peu agacé.
-Mais le ministère ne la cachera pas suffisamment bien pour que des Mangemorts ne la retrouvent pas, dit Rogue, catégorique.
-Vous avez l'air bien préoccupé de son sort, grinça Ron.
Rogue fit un geste d'impatience de la main et fronça les sourcils.
-Ce n'est pas à Narcissa que je pense. C'est à Drago. Il ne tiendra jamais le coup si sa mère est tuée. Il y passera presque aussitôt. Et il ne le mérite pas. Cet idiot de gosse n'a jamais comprit ce que s'engager dans les Mangemorts signifiait.
-Ce « gosse » était presque majeur quand il a accepté de remplacer son père dans les rangs. Et il a suffisamment bien comprit ce que cela signifiait puisqu'il a réussit faire débarquer toute une bande de Mangemorts à Poudlard et qu'il à quasiment tué trois personnes, dont m... Dumbledore, rappela sèchement Ron.
-Il ne l'aurait pas fait, dirent Rogue et Harry en même temps. L'espace d'une seconde, ils se dévisagèrent, puis Rogue détourna le regard.
-C'est aussi à Lucius que je pense, ajouta-t-il à voix plus basse.
Un temps. Plus pour lui-même que pour quelqu'un d'autre, il reprit.
-Je sais ce que cela fait de perdre la femme qu'on aime, murmura-t-il en baissant encore la voix. Ses mains tremblaient légèrement, désormais. Lupin se rapprocha imperceptiblement de Tonks.
-Et moi, je sais ce que ça fait de perdre une mère, murmura Harry en regardant le mur devant lui sans le voir. Rogue se mit à marteler le sol plus nerveusement que jamais.
-Alors, reprit Lupin, l'Ordre pourrait se charger de tours de garde à la place des Aurors dont parlait Tonks. On l'a déjà fait.
-Oui, pour moi, sourit Harry en revenant sur terre.
-C'est faisable, approuva Tonks.
-Et pour Greyback ? demanda Hermione.
-Je m'en occupe, assura Lupin. Je m'en occupe... Répéta-t-il dans un murmure en contemplant le plancher sans le voir.
-Dites... commença Tonks d'une voix lente. C'était quoi, ce sifflement bizarre qu'on a entendu à un moment donné dans le miroir ?
-Demande à Harry, répondit Ron, laconique.
Tonks le regarda, puis se tourna vers Harry avec perplexité.
-C'était du Fourchelang, répondit ce dernier. Il a dit « Imbécile de Lucius, tu me payera ça ».
Les yeux de Tonks doublèrent de volume et même Rogue et Lupin se retournèrent. Pourtant, le premier se souvenait sans doute très bien d'une certaine après-midi où Harry avait ordonné à un serpent de rester tranquille et le second avait certainement lu les journaux à l'époque du tournois des trois sorciers, se dit Harry.
-Tu comprends le Fourchelang ? s'étrangla Tonks.
Harry la regarda. Depuis la dernière fois où il avait dut utiliser cette langue, il la maîtrisait mieux. Il imagina qu'il y avait Nagini, le serpent de Voldemort – et son dernier Horcruxe – à la place de Tonks.
-Ssshiisssaashsss. Cssisshssashiss ffssssiicsacssss, siffla-t-il.
Tonks le regarda avec effarement.
-Oui, répéta Harry plus intelligiblement. Je le comprends et je le parle, mais je ne sais pas comment.
-Tu... commença Tonks, mais Hermione la coupa.
-Harry, Ron, est-ce que vous pensez à la même chose que moi à propos de ce qu'il disait sur... euh... les marges de précaution ?
-Oui, dit Ron. Il n'a pas encore caché le dernier.
-Et il va falloir s'occuper de trouver ce qu'il considère comme sa demeure et vite, ajouta Harry.
-Qu'est ce que vous mijotez, vous trois ? interrogea Lupin en fronçant les sourcils. Si vous avez une idée de ce qu'il a voulu dire, il faut nous le révéler !
-Non. Désolé, c'est impossible. De toute façon, cela ne vous aiderait pas. De même que ça ne nous aiderait pas si vous nous disiez ce que vous alliez faire contre Greyback.
-Mais...
-Désolé, professeur, je ne peux pas vous le dire.
Lupin le regarda avec contrariété puis haussa les épaules.
-Je crois que je vais remonter me coucher, ânonna Tonks, de plus en plus désorientée. Je tiens à être en forme pour revenir à Poudlard, demain.
-En parlant de Poudlard, intervint Hermione, je ne sais pas ce que vous en pensez, Ron et Harry, mais je crois qu'une petite visite s'impose. Il y a des choses que je voudrais voir sur Grindelwald et nous avons d'autres choses à vérifier.
-Oui, répondirent les deux garçons d'une même voix, tu as raison.

# Posté le mercredi 27 décembre 2006 17:18

Fan Fiction - Volume 7 - Le Triomphe du Coeur - Chapitre 12 .

Fan Fiction - Volume 7 - Le Triomphe du Coeur - Chapitre 12 .
Chapitre 12 - Retour à Poudlard

Le lendemain en début d'après midi, Tonks, Harry, Ron et Hermione, ces trois derniers chargés chacun d'une grosse valise, d'un balai et de cage à hiboux ou panier à chat, vêtus d'épaisses capes et enroulés dans des écharpes, descendirent les escaliers du Square Grimmauld et s'immobilisèrent devant la porte d'entrée, Lupin derrière eux.
-Bon, alors, bon voyage, leur dit-il, un peu attristé.
-Merci, Professeur, répondirent les trois amis.
-Au revoir, Remus, ajouta Tonks, elle aussi un peu chagrine.
-Oh, j'ai oublié de vous dire, s'exclama Ron, vous aurez de la visite : J'ai demandé à Fred et Georges de venir au moins un soir sur deux pour que vous n'ayez pas toujours l'autre sur le dos. Ils le ferons volontiers, j'en suis sûr.
-Ron a raison, il y aura d'autres membres de l'Ordre, comme Sturgis ou Kingsley, qui vous relèverons à la garde de Rogue, renchérit Hermione.
Lupin eu un sourire plus franc.
-Ne vous inquiétez pas pour moi, tout ira bien, ici. La seule chose qui peut me rendre soucieux, c'est qu'il vous arrive quelque chose. Promettez moi d'être prudent, d'accord ?
-Bah, vous savez, nous trois, nous ne risquerons pas grand chose, assura Harry, nous serons à Poudlard. Maintenant que l'armoire à disparaître a été détruite, il n'y a pas beaucoup de chance pour que des Mangemorts réussissent à entrer dans l'enceinte du château.
-Et moi, je te promet de rester trrrréééés prudente, affirma Tonks, amusée. De toute façon, nous sommes le vingt novembre, nous serons donc là dans moins d'un mois, puisque la fin du trimestre, c'est le dix-huit décembre. Nous serons tous là le dix-neuf au soir.
-Ne te fatigue pas trop, surtout, recommanda Lupin en lui boutonnant soigneusement sa cape, tu es encore fragile à cause de cette sale bestiole... Et ta blessure n'est pas encore guérie...
Tonks se mordit les lèvres pour ne pas rire et ouvrit la porte d'entrée.
-Au revoir, Remus, répéta-t-elle en se penchant rapidement pour l'embrasser sur la joue. Lupin tressaillit, rougit, recula d'un pas et la regarda sortir sans se retourner puis transplanner dehors, troublé. Harry lui donna une tape sur l'épaule sans faire de commentaire, Hermione risqua un vague signe de la main et Ron se jeta presque dehors pour transplanner avant d'exploser de rire. Un instant plus tard, Lupin faillit oublier de refermer la porte en remontant à l'étage.

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Harry, Ron, Hermione et Tonks arrivèrent d'un même mouvement devant l'auberge des trois balais. Mme Rosmerta, dont l'innocence avait rapidement été établie quant à sa responsabilité dans les évènements du mois de juin, continuait à héberger les Aurors chargé de la protection de l'école, et c'était là que Tonks reprenait son poste.
-Je vous accompagne à l'école, décida-t-elle, je ne vous laisse pas partir seul.
-Mais...
-Je sais, vous pouvez vous débrouiller. Mais de toute façon, j'ai de l'avance et je dois voir la directrice, alors en route, dit-elle en faisant jaillir son patronus loup-garou de sa baguette. Voilà, comme ça, elle viendra elle même nous ouvrir.
Ils partirent tous les quatre en silence en direction du château. Harry ressentait une joie secrète à l'idée de retourner dans cette bâtisse qu'il considérait bien plus volontiers comme sa maison que le Square Grimmaurd, de même qu'à retrouver ses anciens camarades de classe, l'ambiance de la salle commune de Griffondor, et, bien sûr, même s'il refusait de se l'avouer, Ginny. Malgré tout, il se sentait aussi un peu inquiet. Quel accueil lui ferait-on ? Les professeurs seraient-ils tous aussi heureux de le revoir, lui, en quelque sorte déserteur, qui connaissait plus de chose sur Dumbledore qu'eux ? Il se doutait que les élèves seraient aussi agaçant que l'an dernier, à le regarder bêtement avec des yeux ronds partout où il allait, mais il restait inquiet de possibles changements ; il était clair pour lui et pour Ron et Hermione que les quatre semaines qu'ils allaient passer à Poudlard serait destinées à exploiter au maximum le potentiel « bibliothèque » de l'école, de même qu'à chercher tous les indices qu'ils pourraient sur Jedusort durant ses années d'études, mais Harry n'était pas sûr que McGonagall ou quelques autres seraient enchantés de ne pas le revoir une seule fois à leurs cours.
Ils arrivèrent au portail ; au loin, ils virent la directrice et Maugrey Fol ¼il, qui avaient accepté de « reprendre » le cours de défense contre les forces du mal, accourir vers eux, le grand patronus de Tonks à leurs coté.
-Nymphadora ! Que faite vous ici ? Et Potter, Weasley, Miss Granger ! Que ce passe-t-il ?
-Bonjour, Professeur. Harry, Ron et Hermione souhaiteraient passer les dernières semaines avant Noël ici, à Poudlard ; Et moi, je dois vous parler de toute urgence et de vive voix, ainsi qu'à... Salut, Fol ¼il !
Maugrey venait d'arriver, un peu en retard à cause de sa jambe de bois.
-Passer la fin du trimestre ici, mais... Comment... bredouilla McGonagall, prise de court.
-Nous vous expliquerons tout à l'intérieur, Minerva. Si vous pouviez nous ouvrir...
-Ah, euh, oui, oui, bien sûr, balbutia-t-elle en donnant un coup sec sur les chaînes du portail qui s'ouvrit aussitôt. Ils entrèrent rapidement au château. Par chance, il n'y avait aucun élève dans les couloirs, étant donnés qu'ils étaient tous en cours, et ils purent passer tous les six au bureau de la directrice. Harry, Ron, Tonks et Hermione se relayèrent alors pour raconter tout ce qui s'était passé la veille et une bonne demi-heure plus tard, Tonks repartit pour Pré-au-Lard, accompagné par Fol ¼il qui devait ouvrir le portail, tandis que le professeur de métamorphose accompagnait ses trois élèves à la tour de Griffondor.
-Je doit vous prévenir que vous ne serez plus très nombreux, dit-elle d'une voix nerveuse. En fait, il n'y a plus que trois cents cinquante élèves à l'école, ajouta-t-elle encore plus nerveusement.
Sachant que l'école comptait d'ordinaire plus de huit cents jeunes sorciers, c'était impressionnant.
-Vous devez être environ quatre vingt à Griffondor. Cette années, nous avons eu sept nouveaux élèves – en tout - j'ai donc prit la décision de regrouper ces étudiants dans la classe des deuxième année, avec un traitement spécial. Les cinquième année de l'an passé suivent un programme de combinaison de la cinquième et de la sixième pour éviter de prendre trop de retard tout en étant prêt pour les BUSEs. Quant aux élèves de septième année, comme vous, nous n'en avons plus qu'une quarantaine dans toute l'école.
-Est-ce que Luna Lovegood et Neville sont retournés en classe ?
-Longdubat et Miss Lovegood ? Oui ; Augusta à catégoriquement refusée de laisser son petit-fils revenir ici, mais étant désormais majeur, il est revenu par lui même. Je crois que s'apercevoir que son petit-fils n'était plus sous sa coupe à été un rude coup pour Augusta. La pauvre à fait une dépression nerveuse. En revanche, Miss Lovegood est revenue sans ennuis.
-La grand mère de Neville ne voulait pas qu'il revienne ? Pourquoi donc ? Elle qui voulait tellement qu'il soit comme son père !
-Et oui, je sais, mais que voulez vous... Peut-être qu'en fait, elle a très peur qu'il n'arrive à Neville la même chose qu'il n'est arrivé à Franck, soupira McGonagall en s'arrêtant devant le portrait de la grosse dame. Le mot de passe est : Phénix.
-Tiens donc, murmura Ron en passant dans le trou du mur.
-N'oubliez pas de vous changer. Au fait, je suppose que vous n'avez pas l'intention de reprendre les cours ?
-Euh...Voyez vous, Professeur, commença Hermione, un peu gênée, tout en sachant que cela nous serais certainement très utile, nous n'avons que quelques semaines pour effectuer les recherches que nous souhaitons, et, naturellement, reprendre les cours signifierait passer beaucoup de temps à être en cours ou à faire nos devoirs...
La directrice se mordilla les lèvres en les considérant avec gravité.
-Cela peut s'arranger, dit-elle. Vous pourriez reprendre les cours normalement sans avoir de devoirs. Ainsi, vous ne passeriez que quatre à six heures en salle de classe ; et le week-end, nous pourrions, les professeurs Flitwick, Maugrey et moi-même, vous donner quelques heures de cours particulier pour vous donner les sortilèges les plus intéressants de l'année, afin que vous soyez le mieux préparés possible. Si vous passiez ne serait-ce qu'une heure ou une heure et demi chaque samedi et dimanche avec chacun d'entre nous trois, vous ne perdriez que trois ou quatre heures, ce qui n'est pas énorme, et vous gagneriez en puissance et en maîtrise de la magie. Qu'en pensez-vous ?
Ils se regardèrent.
-C'est une bonne idée, risqua Hermione, visiblement enchanté de pouvoir reprendre le chemin des salles de classes. Mais, euh... je pourrais peut-être interrompre mes cours d'étude des runes et d'arithmancie, du moins, pour l'instant...
-Bien sûr, Miss, le principal étant que vous puissiez mettre un maximum de chances de réussite de votre coté, quelque soit votre but. Bien, alors, nous sommes d'accord ? En semaine vous reprenez les cours des cinq matières usuelles avec dispense de devoirs, et le week-end, cours particuliers de sortilèges, métamorphose et DCFM ;
-D'accord, Professeur, accepta Harry alors que Ron étouffait un grommellement.
-Bien, dit-elle en sortant trois parchemins vierges de sa poche, voilà les emplois du temps. Elle tapota chaque parchemin de sa baguette et les leur tendit, couverts de cases colorées.
-Merci, Professeur.
-De rien. Vous n'aurez qu'à commencer demain, j'informerait les professeur dans la soirée. Bon, et bien... bienvenue parmi nous, dit-elle ; Oh, et, au fait, je n'ai pas nommé un nouveau capitaine pour l'équipe de Griffondor. Les matchs sont suspendu, mais j'imagine que Mr Potter sera heureux de pouvoir organiser quelques séances d'entraînement pour le plaisir... Question préfets, étant donné le peu d'élèves présents j'ai simplement donné un badge à votre s½ur, Mr. Wesley, puisque Griffondor devenait la seule maison à ne pas avoir un seul préfet. Si vous êtes d'accord, vous reprenez l'autre poste vacant. Et vous, Miss Granger, je pense que vous accepterez de devenir la Préfète en Chef qui manque actuellement à l'école ?
Hermione rougit jusqu'à la racine des cheveux.
-Oh, euh, oui, d'accord, bredouilla-t-elle, intimidée et ravie à la fois.
La directrice lui adressa un sourire radieux et agita une nouvelle fois sa baguette. Un instant plus tard, Hermione se retrouvait avec un badge argenté au contour rouge et or entre les mains. Harry et Ron se jetèrent un regard entendus et la félicitèrent chaleureusement avant de monter dans leur dortoir. Ils enfilèrent rapidement leurs uniformes – sans oublier d'épingler leurs propre badges sur leurs poitrine – et rangèrent leurs affaires, puis redescendirent dans la salle commune. Hermione les rejoignit quelques instants plus tard, elle aussi en uniforme, son nouvel emblème accroché sur sa robe, les joues encore très roses. Harry et Ron étaient en train de voir et de noter sur un parchemin toutes les choses qu'il fallait faire durant le mois qu'ils passeraient ici.
-Ah, Hermione ! Bon, écoute, voilà tout ce que l'on pense faire tant qu'on est à Poudlard. Dis-nous si tu vois autre chose : Nous devons faire des recherches sur Grindelwald, sur Serdaigle et ses descendants, nous devons aussi essayer de voir comment on peut détruire les Horcruxes et d'autre part, j'aimerai bien récupérer le livre du P... De Rogue.
Ron et Hermione le regardèrent avec effarement.
-Le livre de Rogue ? Tu veux dire son manuel de potions ? Harry, tu ne vas pas faire ça ! Après tout ce qui t'es arrivé avec, après tout ce que le l'on sait de Rogue, ce serait de la folie pure ! Protesta Hermione, choquée.
-Si je le fais quand même, tu me donneras une retenue ? ironisa Harry en désignant d'un signe de tête l'insigne étincelant sur sa poitrine.
-Harry... Sur ce coup-ci, elle a raison, c'est très risqué...
-Comment ça, « sur ce coup-ci » ? releva Hermione, outrée, mais Ron n'y fit pas attention.
-Tu ne devrais pas... N'oublies pas que tu le considérait comme un ami, un guide, et regarde qui il était vraiment, en fait. Ce n'est pas prudent...
-Je sais que c'est risqué ! Mais justement, je sais à maintenant à quoi m'en tenir avec ce bouquin. Il m'a quand même été utile, non ? Je n'ai qu'à être prudent quand je trouve une nouvelle formule dedans. Ne vous faites pas de bile, je ne ferais pas d'imprudences avec. En tout cas, je ne crois pas avoir omit quelque chose dans cette liste ; Qu'est ce que vous en pensez ?
-Non... Je ne crois pas qu'il y manque quoi que se soit, marmonna Hermione, visiblement décidée à faire tout ce qu'elle pourrait pour l'empêcher par la suite de récupérer le Manuel de potions avancées.
-Moi non plus, je ne crois pas, assura Ron en hochant la tête. Bon, et maintenant que nous sommes redevenus des élèves en temps de pause, que diriez vous d'une petite partie d'échecs ?
-Voyons, Ron ! Avec la montagne de recherches qu'on vient de définir, et avec si peu de temps pour les faire, on n'a pas le temps de s'amuser !
-Oh, ça va Hermione, ne commence pas ! Tu as un joli truc brillant sur ta robe de sorcier, c'est très bien, mais ça ne t'autorise pas à jouer les Percy !
-Je commence ? JE commence ? Non mais, tu as du culot, de dire un truc pareil ! C'est toi qui recommence à te conduire comme un gamin irresponsable ! Et je...
Harry poussa un profond soupir et quitta la salle commune, décidé à laisser ses deux incorrigibles amis dans leur reprise de bonnes vieilles habitudes de chamailleries. Dix minutes après, attablé dans la bibliothèque, il vit sans surprise Ron et Hermione se laisser tomber chacun d'un coté de lui et commencer à compulser livres et archives sans s'adresser la parole. Décidément, songea Harry, il devait y avoir une atmosphère spécial à Poudlard pour que Ron et Hermione passe leur temps à se disputer. Toujours était-il qu'ils ne s'adressèrent plus qu'indirectement la parole par l'intermédiaire de Harry durant toute la soirée. Ils ne revinrent à la salle commune qu'après le dîner – où ils étaient d'ailleurs très en retard – leurs sacs chargés de livres. Lorsqu'ils passèrent par le trou derrière le portrait, une véritable ovation d'élèves à la fois enchantés et stupéfaits de les revoir les accueillit. Ginny – que Harry eu toutes les peines du monde à ne pas serrer dans ses bras – se précipita vers eux, accompagnée par Neville et Dean ; Elle portait bel et bien un insigne de préfet, ce qui paraissait rendre Ron à la fois satisfait, fière de sa s½ur et un peu rembrunit en même temps. Il se contenta de lui grimacer un sourire et de lui tapoter l'épaule.
En fait, comme Ginny (dont les BUSES s'étaient terminée le jeudi précédent) et Neville, assis avec eux devant le feu, le leur avait raconté, presque tous les élèves trouvaient les cours de Fol-¼il intéressants, mais nettement moins que l'ancienne AD. Le lendemain, un groupe d'une dizaine de Pouffsoufle, mené par Hanna Habot et Ernie McMillian, et autant de Serdaigle dans lesquels on retrouvait Luna, Susan Bones, Terry Boot et Anthony Godolstin, vinrent saluer les trois amis en leurs laissant comprendre par des sous entendus appuyés qu'eux aussi regrettait ou aurait aimé se joindre à l'AD, deux ans auparavant. Ron et Hermione, qui eux aussi approuvaient l'idée de reconstituer un groupe de défense – même s'ils s'interdisaient toujours de se parler – finirent par convaincre Harry de reprendre du service en tant que professeur. Il ne fallu pas trois jours à Harry, Ron, Hermione et Ginny pour organiser des séances de l'AD deux fois par semaine (Hermione avait reprit le mécanisme des faux galions, mais, ayant gagnée en puissance magique, ils étaient désormais capable d'afficher des phrases entières et pouvaient s'adresser au choix à telle ou telle personne ou au contraire à tout le groupe, ce qui s'avérait très pratique pour communiquer) et pour reconstituer l'équipe de Quiddich, la même qui avait jouée l'an passé contre Serpentard (même s'il n'y avait plus de matchs entre les maisons, cela restait un agréable moment de détente une fois par semaine). Le jeudi, tous les élèves mis dans le secret se tenaient rassemblés devant la tapisserie des trolls en tutu du septième étage, impatients de commencer. Après la traditionnelle séance de signatures au bas d'un parchemin d'Hermione, la nouvelle AD – où on constatait l'absence remarquée de Michael Corner, Cho Chang, son amie Marietta, Lavande, les s½urs Patil et Zacharias Smith – entra dans la salle sur demande, la même que pour les anciens regroupement de défense, mais un peu plus grande puisque l'AD (ils avaient gardé le nom avec la plus grande fierté) se composait désormais d'une petite quarantaine de personnes ; Petit à petit, les différents élèves du groupe rattrapèrent et dépassèrent le niveau atteint la dernière fois par les « vieux brisquards de l'année Ombrageuse » comme l'appelait Ernie. Les recherches du trio progressaient elles aussi : Si Hermione rageait de ne pas trouver d'informations sur les Horcruxes, ils avaient tous acquit la certitude que Voldemort parlait de la maison des Jedusort comme « sa » maison. Harry cherchait désespérément à se rappeler des détails qui auraient pu les mettre sur la piste de la localisation du village, mais il savait très bien qu'il était impossible de retrouver ce patelin perdu dont les noms des pancartes était à moitié effacées. Il s'était arrangé pour prétexter un oubli dans la salle sur demande un soir ou Hermione paraissait particulièrement fatiguée et avait de cette façon pu retourner discrètement dans la cathédrale/cachette où il avait sans trop de mal retrouvé le buste de sorcier très laid coiffé d'une perruque et d'un diadème qui marquait l'emplacement du livre. Les cours, comme prévu, ne les dérangeaient que modérément dans leurs actions ; Leur pire poison restait cependant McLaggen. Redoublant puisqu'il ne pouvait pas passer les ASPICs, il était désormais dans la même classe qu'eux, bien qu'il ne soit heureusement pas dans le secret de l'AD. Il ne cessait de tourner autour de Harry, Ron et surtout d'Hermione qui avait les plus grandes difficultés à l'envoyer promener, sans compter qu'à chaque fois que Ron se trouvait dans le coin, étant toujours brouillée avec lui, elle s'arrangeait pour rester aimable avec « Cormac », ce qui avait le don de le persuader qu'il avait ses chances avec elle. Les oreilles de Ron viraient au rouge vif chaque fois qu'il entendait Hermione répondre à McLaggen en minaudant et il serrait dents et poings en s'éloignant à grands pas furieux. Sitôt qu'il avait disparu, Hermione parlait à McLaggen d'un ton beaucoup plus froid, mais il ne paraissait pas s'en rendre compte.
Dix jours avant la fin du trimestre, Hermione fit cependant une découverte qui relégua très loin au fond de l'esprit de Harry les incessantes disputes de ses amis. Complètement par hasard, Hermione avait découvert dans le chapitre qui était dédié à Grindelwald dans le livre « les mages noirs à travers le temps » les toutes dernières paroles de Grindelwald à Dumbledore : « Espèce de petit salopiot, tu ne vaut pas mieux que ce Lord de pacotille qui m'a volé mon trésor ! ».
La légende sous la citation disait que le trésor en question était un objet de grande valeur qui aurait appartenue à une illustre ancêtre.
-Et qui crois-tu qu'était l'ancêtre ? demanda triomphalement Hermione à Harry.
-Euh...
-Serdaigle ! Rowena Serdaigle ! Tu entend, Harry ? J'ai découvert ça il y a une heure mais je n'était pas sûre de moi. Mais maintenant, je crois qu'on vient d'obtenir la preuve de ta théorie ! Voldemort a bien fait un Horcruxe avec un objet de Rowenda Serdaigle ! Il ne reste plus qu'à trouver le village de la maison des Jeudusort et si possible ce qu'est exactement le Horcruxe ! Oh, c'est formidable !
-Mais comment trouver ce stupide village ? Grogna Ron sans regarder Hermione. Les seules indications qu'on ait viennent de Harry, et elles ne sont pas très précises ! – Excuses-moi, vieux, ajouta-t-il rapidement, je sais bien que ce n'est pas de ta faute, tu ne pouvait pas rester plus longtemps dans la pensine alors que Dumbledore te tirait par le bras pour te faire sortir.
-La pensine ! Répéta Harry d'une voix forte. Mais oui ! Bien sûr ! Que je suis bête ! J'aurais dû y penser plus tôt !
-Pourquoi ? Qu'est ce qu'il y a ?
-Voyons, c'est simple comme tout : Il nous suffit d'aller dans le bureau de Dumbledore – Je veux dire, dans celui de McGonagall – et de prendre la pensine ! Tous les souvenirs qu'il m'a montré sont dedans ! Il nous sera très facile de les revoirs, y comprit ceux où l'on peut voir le village des Gaunt, et donc des Jedusort ! Quoi de plus simple que de se promener un peu dans les alentours et de farfouiller un peu ? Ce sera certainement plus facile de découvrir ainsi la maison.
Ron et Hermione se regardèrent avant de se souvenir qu'ils étaient sensés s'ignorer superbement.
-Harry... C'est une idée formidable !
-Super, vieux ! Allons y tout de suite !
Ron referma d'un geste de baguette tous les livres étalés devant lui puis les rangea d'un autre coup de baguette avant de partir d'un bon pas vers la porte de la bibliothèque. Harry lui emboîta le pas, mais Hermione resta en arrière pour remettre toutes ses affaires dans son sac.
-Dis donc, Harry, dit Ron, est-ce que tu sauras ressortir de la pensine ? Après tout, tu as toujours dit que c'était Dumbledore qui t'avait fait sort...
Ron s'arrêta net et ses oreilles virèrent à l'écarlate. Dix mètres derrière eux, la voix d'Hermione, un peu plus aiguë que la normale, venait de s'élever de l'autre coté d'une étagère de livres.
-Ah, Cormac ! Euh... Quelle... euh... surprise ! Qu'est ce que tu fais là ? je te croyais en classe ?
-Hello, Herminnie ! Et oui, je devrait être entrain de me barber à écouter Chourave parler de ces adorables tentaculas vénéneuses, mais il se trouve qu'elle est indisposée pour l'après midi. Résulta, deux heures de cours en moins et deux heures de plus à passer avec toi ; Le rêve, non ?
-Cormac, je t'ai déjà dit que mon nom était Hermione, et ensuite, c'est sûrement une bonne nouvelle pour toi, mais moi, j'ai beaucoup de travail, alors désolé, mais je ne peux pas rester.
-Oh, allons, Hermi-chou ! Tu n'as pas de devoirs à rendre, je me demande bien qu'est-ce que tu peux avoir à faire ! Allez... Viens te promener...
-Non, désolé, c'est impossible, répéta sèchement Hermione.
Harry se mordit les lèvres en se demandant s'il fallait se montrer pour la tirer des griffes de McLaggen ou s'il pouvait éviter de se retrouver lui-même ennuyé par cet imbécile. Il se tourna vers Ron, mais comme c'était à prévoir, ce dernier avait disparu ; irrité contre eux trois, Harry resta un instant encore indécis, mais au moment où il résolu d'intervenir inopinément pour éloigner McLaggen d'Hermione, il l'entendit se mettre à crier.
-Lâche moi ! Je te dis de me LÂCHER, espèce de troll des cavernes !
Cette fois, Harry n'hésita pas un seul instant et fit précipitamment demi-tour, tirant sa baguette de sa poche. En trois secondes, il passa de l'autre coté du mur de livres pour voir Hermione se débattre furieusement contre McLaggen qui essayait apparemment de lui voler un baiser. Harry leva sa baguette mais il suspendit brusquement son geste. De l'autre coté, Ron venait d'apparaître en courant, fonçant au pas de charge sur son ennemi. Malgré les quinze centimètres (et au moins autant de kilos) que McLaggen faisait de plus que lui, Ron l'attrapa par l'arrière des épaules, le balança comme un sac de pommes de terres loin de la jeune fille et d'un retour de geste lui flanqua un crochet du droit en pleine figure à faire pâlir Dudley de jalousie. McLaggen perdit l'équilibre et s'écroula contre l'étagère, recevant sur la tête une pluie de gros grimoires particulièrement lourds.
-TU T'APPROCHES ENCORE UNE FOIS D'ELLE DANS UN RAYON DE VINGT METRES ET JE TE JURE QUE CE SERA LA DERNIERE CHOSE QUE TU AURAS FAITE AVANT DE TE RETROUVER EN SALLE LONG SEJOUR A ST-MANGOUSTE ! Rugit Ron, fou de rage, en s'adressant au tas de livres sous lequel on distinguait un bras.
-Ron... commença Hermione, encore secouée, mais il ne lui laissa pas le temps de terminer.
-ET TOI, NE VIENT PAS ME DIRE QUE JE ME MÈLE DE CE QUI NE ME REGARDE PAS, HEIN ! Hurla-t-il en se tournant brusquement vers elle.
-Mais...
Ron tourna les talons et passa rageusement devant eux.
-Ron ! Attends ! Protesta Hermione d'une petite voix, mais il avait déjà disparu, claquant la porte derrière lui.
-Viens, murmura Harry, il ne vaut mieux pas attendre Mme Pince.
Ils s'empressèrent de s'éclipser, sans un regard pour McLaggen qui émergeait lentement du tas de livres, sonné, un splendide coquard en formation sur l'½il gauche. En sortant discrètement, Harry et Hermione entendirent les cris perçants de la bibliothécaire qui venait certainement de découvrir le désastre. Dix minutes plus tard, ils retrouvèrent Ron, assit dans l'embrasure d'une fenêtre, les bras passé autour des genoux et la tête appuyé dessus, regardant férocement les pierres du mur d'en face comme si chacune d'elle comptaient parmi ses ennemis jurés. Ils s'arrêtèrent à deux mètres de lui et Harry toussota légèrement pour annoncer leur présence. Hermione s'approcha de lui.
-Ron...
-Quoi ? Aboya-t-il sans tourner la tête.
Hermione se pencha sur lui et l'embrassa sur les deux joues. Ron, sidéré, redressa la tête et ses oreilles virèrent à nouveau au rouge, mais Harry avait la nette impression que ce n'était pas pour la même raison que précédemment.
-Merci ! Sans toi, je n'aurais pas réussit à le faire décamper, dit-elle simplement.
-Je... bredouilla-t-il
-Je te demande pardon d'avoir été désagréable avec toi, ces jours-ci, ajouta Hermione.
Ron la regarda avec un air de profonde stupéfaction – Hermione n'avait pour habitude de s'excuser – puis il lui rendit son sourire.
-Moi aussi, je n'ai pas été très sympa avec toi, dit-il en guise d'excuses.
-Bah, n'en parlons plus, répondit-elle.
-Oui, intervint vivement Harry, n'en parlons plus et parlons d'autre chose, maintenant que vous... Enfin, parlons d'autre chose : Par exemple, de la façon dont on va procéder pour pouvoir prendre la pensine du bureau des directeurs.
-Ah, oui, c'est vrai, se rappela Hermione en fronçant les sourcils.
-Bah, ce n'est pas si difficile, bailla Ron en se levant, comme Harry sait où elle est et que tu as le don d'accaparer l'attention des profs, Hermione, tu n'auras qu'à dire quelque chose à McGonagall qui la fasse sortire de son bureau – comme par exemple qu'il y a eu du vandalisme à la bibliothèque – pendant qu'on ira chiper la pensine. Harry, tu as ta cape ?
-Oui...
-Alors c'est parfait, on aura qu'à disparaître dessous avec la pensine ; il suffira de faire attention à ne pas la renverser, et le tour sera joué.
Un profond silence fit place à ces paroles d'un bon sens extraordinaire.
Il ne leur fallu pas une demi-heure pour les mettre à exécution. Comme Harry s'en doutait, le professeur McGonagall n'avait pas touché à la bassine de pierre (au vu du centimètre et demi de poussière qui la recouvrait au fond de l'armoire) et comme Ron l'avait prévu, le plan se déroula à merveille. Après avoir pris le soin de s'enfermer dans la salle sur demande transformée pour l'occasion en sombre cachette, ils décidèrent de plonger immédiatement dans les profondeurs de la maison des Gaunt. Mais malheureusement, cela ne leur servit strictement à rien. Ron et Hermione s'intéressèrent naturellement à ce que disaient Marvolo à Morfin et Méropée, mais même en cherchant dans toutes les directions pendant plus d'une heure de visionnage et re-visionnage du souvenir de Bob Ogden, ils ne découvrirent pas le moindre indice de l'emplacement du village qui avait vu grandire les parents de Voldemort. Frustrés, ils ressortirent pour la cinquième fois de la pensine et Hermione l'ensorcela de manière à ce que les souvenirs restent soigneusement présents dedans, même si on la mettait à l'envers. Ils retournèrent à Griffondor ; Harry se dépêcha de ranger la pensine dans sa valise puis redescendit dans la salle commune quasiment vide à l'exception de ses amis.
-Bon, alors, qu'est ce qu'on fait, maintenant ? soupira Ron, passablement découragé.
-N'exagérons rien, on a tout de même pas mal progressé, affirma Hermione. Maintenant, on sait que tout ce que l'on pensait est parfaitement juste, c'est quand même important ! On est sûre d'aller dans la bonne direction. Et nous n'avons plus besoin de chercher des choses sur Grindelwald et Rowena Serdaigle ; deux points de gagnés.
-Ouais... Enfin bon, il ne faut pas lâcher l'affaire pour autant. Il reste à trouver le plus important : comment détruire un Horcruxe, où se trouve la maison de Jeudusort et ce qu'est exactement l'objet de Serdaigle. Nous n'aurons aucun moyen de savoir si c'est un vrai ou un faux Horcruxe si nous ne savons même pas à quoi il ressemble, tempéra Harry.
Ron et Hermione poussèrent un profond soupir qu'il n'entendit pas. Il regardait le feu dans l'âtre ; Il se souvenait de toutes les fois où Sirius avait sortit la tête dans les flammes juste au moment où lui, Harry, avait le plus besoin de lui... Il se souvenait de toute les fois où il l'avait aidé... Sirius lui manquait chaque jour d'avantage.
-Dites... On a terminé nos recherches, n'est-ce pas ? demanda Ron à voix basse. Je veux dire, celles qu'on voulait faire à Poudlard ?
-Grosso modo, oui, approuva Hermione, un peu désenchantée. Pourquoi ?
-Ben... Je me disais simplement... Ce n'est plus très utile qu'on reste ici, alors... On pourrait retourner au 12.
-Rogue te manque tant que cela, marmonna Harry en songeant amèrement à l'homme qui était toujours en vie après avoir été responsable de la mort de quatre des personnes que Harry aimait le plus au monde.
-Pas vraiment, répondit Ron avec calme, mais je me dis qu'on a plus grand chose à faire ici, et qu'on pourrait avancer tout aussi bien dans un endroit où on a tout de même beaucoup moins de curieux qui nous tournent autour.
-On a promis à McGonagall, Ginny, et presque tous les membres de l'AD qu'on resterait jusqu'à la fin du trimestre, intervint Hermione.
-Ouais... je disais ça comme ça...
-Et tu avais parfaitement raison, assura Harry, on serait presque mieux à Londres, mais Hermione aussi à raison. Une promesse est une promesse. Nous prendrons le train dans dix jours.
-Et on ira où ?
-Comment ça ?
-Ben, on rentrera au Terrier, ou au Square Grimmaurd ?
-Au Square Grimmaurd, bien sûr !
-Ah...
Harry regarda son ami. Ron paraissait un peu déçu.
-Tu aurais voulu passer les fêtes en famille, n'est-ce pas ?
Ron haussa vaguement les épaules, essayant sans succès de faire croire qu'il s'agissait d'une question très superflu. Harry se sentit mal à l'aise. Il allait priver ses deux meilleurs amis d'une réunion de famille, alors qu'ils savait pas ce que la vie leur réserverait par la suite. Qui pouvait affirmer qu'il y aurait beaucoup d'autres Noël et Nouvel An dans leur futur ? Qui pouvait leur assurer que tous leurs proches seraient présents pour leur prochain anniversaire ? Harry songea à nouveau à Sirius, puis à la photo de l'Ordre première version que Fol-¼il lui avait un jour montré.
-Et si on faisait une grande fête au 12 ?
-Quoi ?
-Ouais... pourquoi on inviterait pas tout l'Ordre au 12 pour le soir de Noël, comme ta mère l'a fait l'an dernier au Terrier ? Proposa Harry.
-Hé ! Bonne idée, Harry ! Ce serait super !
Harry eu un large sourire.
-Bon, alors c'est d'accord. Allons prévenir McGonagall et Fol-¼il qu'ils sont invités ! Vous venez ? Ça nous changera les idées !
Ils se levèrent d'un bond, revigorés par la perspective réjouissante d'une fête de Noël. Ils étaient si enjoués qu'il manquèrent de percuter quelqu'un, deux couloirs avant le bureau de la directrice.
-Tonks ! Que fait-tu ici ? s'exclama Ron en l'évitant de justesse.
-Oh, salut, vous trois ! J'allait voir Minerva, je devait lui parler. Et vous ?
Harry ouvrit la bouche pour répondre mais un hurlement lui coupa la parole.
-TONKS !
Ils se retournèrent tous les quatre juste à temps pour voir Remus Lupin jaillir en haut de l'escalier et courir vers eux à toute vitesse, l'air complètement paniqué, sa robe miteuse voltigeant derrière lui.
-Tonks ! Dora ! Tonks !
Lupin se précipita vers elle et la serra de toutes ses forces dans ses bras sous les regards ahuris de Harry, Ron et Hermione.
-Mais... Re... Qu'est ce que... Remus... bredouilla Tonks.
Lupin relâcha son étreinte et posa ses mains sur les joues, puis sur les épaules de Tonks, comme s'il voulait s'assurer qu'elle était bien entière.
-Tu n'as rien ? Tout va bien ?
-Oui, bien sûr, tout va très bien, répondit Tonks, stupéfaite. Regarde, ajouta-t-elle en sortant sa baguette pour faire apparaître son patronus loup-garou, tu vois, c'est bien moi et je vais très bien.
Lupin laissa retomber ses bras le long de son corps et s'adossa contre le mur en fermant les yeux.
-Oh, Seigneur, par tous les Dieux du ciel, merci, lâcha-t-il dans un souffle en appuyant sa tête en arrière.
Pale comme un linge, les mains tremblantes, il semblait avoir eu la peur de sa vie.
-Remus, qu'est ce qui ce passe ? Demanda Tonks, soucieuse.
Lentement, il rouvrit les yeux, avala sa salive, serra les points pour les empêcher de trembler et se retourna vers elle.
-Minerva m'a appelé il y a une demie heure. Elle m'a dit que tu n'était pas venu à Poudlard, alors qu'elle t'attendait en début d'après-midi. Elle pensait que j'avais peut-être eu de tes nouvelles... Elle m'a dit que tes collègues de Pré-au-Lard t'avaient vu partir de bonne heure ; Personne ne savait où tu était depuis deux heures... Et Kingsley venait de m'avertir qu'il y avait des Mangemorts dans les parages... J'étais fou d'inquiétude ! Oh, bon sang...
Lupin croisa les mains derrière sa nuque en respirant profondément pour essayer de se calmer.
-Oh, Remus ! Je suis désolée, j'ai rencontré Hagrid en chemin, il allait voir son frère. Il voulait absolument que je l'accompagne... De toute façon, il aurait fallu que j'aille le voir pour lui parler, et je n'avait aucun moyen de vous joindre, je préférait garder mon patronus avec moi, il y a tellement de détraqueurs... Je suis vraiment désolée, je ne voulais pas vous affoler, mais je ne pouvais pas faire autrement...
-Ce n'est pas ta faute... murmura Lupin en reprenant quelques couleurs. Il lui passa une main dans les cheveux et la regarda gravement. Tonks se sentit brusquement toute petite. Elle lui adressa un sourire timide ; il y avait dans la réaction de Remus quelque chose qui lui faisait à la fois très plaisir et la rendait un peu intimidée. Certes, ils avait déjà dansé ensemble, s'étaient pris par la main et avaient joué de la musique en duo, certes, il avait déjà passé la nuit à son chevet alors qu'elle était malade et s'était plusieurs fois inquiété de la voir retourner à un poste risqué, mais là, c'était autre chose. Remus Lupin, si calme, si posé d'habitude, avait complètement perdu son sang-froid en la croyant possiblement en danger et s'était précipité tête baissé à Poudlard pour venir à son secours. De quoi être troublée ! L'espace d'un instant, Tonks se demanda s'il était possible qu'il soit vraiment amoureux d'elle. Cela paraissait si improbable... Si incroyable... Et pourtant... Molly le lui avait si souvent répété...
Tonks toussota bruyamment pour reprendre ses esprit.
-Bon, euh... Il... Il faut que j'aille voir Minerva, bredouilla-t-elle.
-Ah oui, se rappela Lupin, c'est vrai. Et moi, je vais devoir rentrer. Kingsley est resté là-bas ; je ne lui ait pas laissé le choix, dés qu'il m'a dit qu'on avait repéré des Mangemorts près de Pré-au-Lard, je l'ai planté là et je suis sortit en trombe ! Le pauvre, ajouta-t-il en se mettant à rire, il n'a même pas comprit ce qui me prenait !
Ils rirent tous, imaginant très bien Kingsley parler de sa voix lente avant d'ouvrir de grands yeux en voyant Lupin partir en courant.
-Bon, ben, on va vous laisser, alors, décréta Ron d'un ton dégagé. Finalement, je crois qu'il vaut mieux qu'on retourne en classe, le cour de sortilège commence dans dix minutes.
-D'accord. Alors, au revoir, dit Tonks en leur adressant un petit signe de la main. Elle hésita un instant, jeta un coup d'½il incertain à Lupin puis s'éclipsa en direction du bureau de McGonagall. Lupin la suivit un instant du regard avant de se retourner vers le trio qu'il n'avait même pas salué ; Harry, Ron et Hermione lui adressèrent un magnifique sourire puis partirent dans l'autre direction en lâchant en c½ur un « Au revoir, Professeur » bourré de sous-entendu.
-A bientôt, répondit brièvement Lupin en esquissant un sourire. Il se gratta un instant le menton en regardant le sol, puis repartit, mains dans les poches ; en sortant du château, il inspira une grande bouffée d'air glacial et se dirigea vers le portail en sifflotant guillerettement, le nez au vent.

# Posté le mercredi 27 décembre 2006 17:19

Fan Fiction - Volume 7 - Le Triomphe du Coeur - Chapitre 13 .

Fan Fiction - Volume 7 - Le Triomphe du Coeur - Chapitre 13 .
Chapitre 13 - Joyeux Noël et Bonne Lunannée !

Ron, Harry et Hermione étaient rentrés à la salle commune ; cette journée un peu spéciale et surtout fort mouvementé laissait un agréable sentiment du devoir accomplit. Naturellement, il restait du travail, mais plus aucun d'entre eux n'avaient la moindre envie de se replonger dans l'étude fastidieuse de grimoires vieux d'un siècle.
-Et si on se prenait plutôt les neuf jours qui restent en journées détentes ? Proposa joyeusement Hermione. Pendant toutes les vacances de Noël, on sera obligé de travailler, alors autant en profiter un peu maintenant.
Ron et Harry échangèrent un regard.
-Tu sais, Hermione dit Ron, je crois que je te préfère comme ça.
Hermione pouffa de rire mais Harry nota qu'elle avait rougit.
Ce soir là, plus aucun d'entre eux ne parla ni de Voldemort, ni de Horcruxe, ni de quoi que se soit d'autre mis à part d'échecs et de baguettes réglisses. Le sur-lendemain, ils se rendirent à la salle sur demande pour l'avant dernière réunion de l'AD, et deux jours après, Harry et Ron rentrèrent avec nostalgie de la dernière séance d'entraînement de Quidditch. Enfin, le vendredi, ils partirent tous pour la toute dernière réunion de l'AD. Harry avait envoyé des messages à l'aide des faux galions et avait dit à tous les membres de l'AD de venir un peu plus tôt, aussi passèrent-ils deux heures et quart dans la salle du septième étage, contre une heure d'ordinaire. Harry leur fit réviser tout ce qu'ils avaient apprit durant le mois et fut extrêmement satisfait de leur travail : ils avaient tous beaucoup progressé. Lorsque quelqu'un s'aperçut qu'il était déjà 21 h 35 et qu'il était largement temps de rentrer, Harry les arrêta un instant.
-Ecoutez moi, avant de partir. Voilà... Comme vous le savez, Ron, Hermione et moi, nous ne reviendrons pas après les vacances. Alors, d'abord, je voulais vous dire que je vous remercie de m'avoir fait confiance en temps que professeur ; ensuite, je dois aussi dire que je suis très fière de vous, parce que vous avez tous beaucoup progressé.
Harry fit une pause durant laquelle tout le monde lui adressa un large sourire.
-Mais surtout, je voulais vous parler de l'AD. S'entraîner à se défendre et se préparer au combat reste très utile ces temps-ci ; Il y a deux ans, quand nous avons crée l'AD, c'était parce qu'en défense contre les forces du mal, nous n'apprenions absolument rien. Maintenant, même si nous avons un prof qui sait de quoi il parle, l'AD reste importante parce que plus vous vous exercerait au combat, plus vous aurez de chances de survivre. Alors, voilà ce que je voulais vous dire : Vous n'avez pas besoin d'un chef qui vous apprend de nouveau maléfices pour pratiquer les autres. Vous connaissez beaucoup de sortilèges de duel, et vous aurez tout le temps que vous passerez encore à Poudlard pour revenir dans cette salle chaque mardi et chaque vendredi pour les jeter. Pour certain d'entre vous, il y a quelques sorts à revoir, alors n'hésitez pas. L'AD doit continuer même si je ne suis pas là. Vous pourrez toujours affiner votre technique sur ce que vous savez déjà et gagner du réflexe.
Harry les regarda gravement. Les sourires avaient disparu et ses amis l'écoutait avec encore plus d'attention qu'avant.
-J'ai préparé une liste de tous les sorts qu'on a apprit ici, dit-il en sortant un rouleau de parchemin de sa poche. Et Ginny a toujours la carte qui permet de partir en étant sûr de ne croiser personne d'indésirable. Je vais laisser ça là, ajouta-t-il en posant le rouleau sur le bureau. Alors, au revoir, maintenant. Passez de bonnes vacances.
Ils se regardèrent tous, puis Ernie sortit du groupe pour dire à Harry avec sérieux.
-Tu peux compter sur nous, Harry, on continuera de venir et de pratiquer tout ce que tu nous as apprit, et on gardera toujours nos galions ensorcelés sur nous.
Il se tourna vers les autres.
-N'est-ce pas ?
Une grande clameur s'éleva alors et tout le monde hocha vigoureusement la tête.
-Bien dit, Ernie !
-Ouais, bravo !
-Compte sur nous, Harry !
-On sera fidèle au poste !
Harry leur sourit, un peu ému, tandis que tous, même Ron et Hermione, sifflaient et acclamaient vigoureusement leur ami.
Lorsque tout le monde fut parti, sauf Luna et eux trois, Harry et Hermione mirent un peu d'ordre dans la pièce, plus par nostalgie que par souci de rangement.
-Tu es vraiment un bon prof, Harry, assura la voix rêveuse de Luna.
-Merci, Luna.
-Je me demande si les fondateurs des maisons de Poudlard enseignaient aussi à leurs élèves des choses comme ça.
-Euh... Bredouilla Harry, prit de cours.
-C'est dommage que ma mère soit morte, j'aurais pu lui demander.
Harry fronça les sourcils, intrigué.
-Pourquoi ? Ta mère connaissait des choses sur les fondateurs ?
-Oh, oui, assura sereinement Luna, elle avait fait beaucoup de recherches sur son ancêtre, Rowena Serdaigle.
-QUOI ?!? Luna... Tu veux dire que tu es la descendante de Serdaigle ? s'exclama Harry en bondissant vers elle, Hermione et Ron eux aussi abasourdit.
-Oui, pourquoi ? demanda Luna, vaguement étonnée par leur réaction.
Harry regarda ses amis avec effarement.
-Luna, écoutes moi, c'est très important : Est-ce que ta mère t'avait parlé d'un objet très important pour Rowena Serdaigle ? Un objet petit, mais qui ait vraiment beaucoup de valeur sentimentale à ses yeux ? Un truc dont elle ne se séparait jamais, et qu'elle aurait légué à sa descendance ?
Luna les regarda quelques instants de ses grands yeux nébuleux.
-Oui, Maman m'avait parlé de la broche en forme d'aigle qu'elle avait toujours... Maman disait que c'était une autre branche de la famille qui l'avait, mais comme elle m'avait dit qu'elle était –que nous étions – les toutes dernières de la famille Serdaigle, j'avait trouvé ça bizarre...
Hermione étouffa une exclamation et plaqua ses mains sur sa bouche, stupéfaite.
-Luna, demanda Ron d'une voix pressante en s'approchant à son tour, elle ressemblait à quoi, cette broche ?
-Elle était en argent et lapis-lazuli, répondit Luna. En forme d'aigle, les ailes écartées et les pattes en avant, comme s'il chassait. Mais vous pourriez peut-être la voir sur les cartes de chocogrenouille, je crois qu'elle est dessinée dessus.
Ron ouvrit grand la bouche et oublia de la refermer. Hermione se laissa tomber sur un pouf. Harry cru que ses yeux allaient tomber sur ses lunettes tant il les écarquillaient.
-Pourquoi ? Demanda Luna, surprise par leur attitude.
-Euh... pour rien. Enfin, si, c'est très important, mais je ne peux pas te dire pourquoi, bredouilla Harry, un peu désorienté.
-Ah.
-Oui, euh... désolé. Mais merci beaucoup, en tout cas, tu nous as beaucoup aidé, ajouta-t-il.
-D'accord. Alors de rien, dit Luna sans s'étonner d'avantage. Joyeux Noël.
-A toi aussi, Luna, répondit Hermione d'une voix faible. Ron et Harry lui firent un petit signe de la main.
Dix minutes plus tard, ils étaient dans la salle commune de Griffondor, tachant de digérer l'incroyable nouvelle. Ron et Harry allèrent chercher toutes les cartes de Chocogrenouille qu'ils possédaient et au bout de quelques minutes d'observation attentive, ils finirent à eux trois par retrouver la carte de Rowena Serdaigle. En effet, on apercevait une petite broche en forme d'aigle argentée et bleue. En rangeant les autres cartes dans la petite boite en fer où les mettait Ron, Hermione tomba accidentellement sur la carte de Grindelwald, et ils purent tous voir avec la plus grande stupeur que lui aussi portait la broche de Serdaigle. Estomaqués, ils passèrent la plus grande partie de la nuit à parler de cet incroyable coup du hasard et à observer minutieusement les deux cartes l'une après l'autre. Ce ne fut que vers trois heures du matin qu'ils s'aperçurent qu'il était largement temps d'aller se coucher, et qu'ils étaient sensés partir un peu plus tard dans la matinée. Après quelques heures de sommeil, ils firent leurs bagages et se dirigèrent vers la porte du château. Une fois encore, ils passèrent le temps que dura le voyage en Poudlard Expresse à discuter de ce que leur avait dit Luna, et Ginny les rejoignit dans l'après midi en compagnie de Tonks. Ils passèrent ainsi quelques heures très agréables, et lorsqu'ils arrivèrent à la gare, ils eurent la joie de revoir presque tous les Weasley et celle plus agréable encore de constater que Mr Weasley avait à nouveau obtenu des voitures du ministère qui les conduisirent à quelques centaines de mètres de la rue du Square Grimmaurd. Harry, Ron et Hermione descendirent discrètement après avoir dit à Mr et Mme Weasley, Fred, Georges, Ginny, Bill, Fleur, et Tonks qu'ils étaient invités pour une grande fête de Noël le 24 et le 25 (ils leurs demandèrent également de faire suivre le message à quelques autres membres de l'Ordre qu'ils connaissaient, à savoir Kingsley, Sturgis Podmore et peut-être Hestia Jones) et regagnèrent rapidement le 12, accompagnée par Tonks qui devait rester à Londres et trouvait préférable d'être plus proche du ministère. Les cinq jours qui suivirent furent particulièrement bien remplis, mais aucun d'entre eux ne se passa à faire de quelconques recherches. Harry, Ron et Hermione passèrent presque tout leur temps à décorer la maison de font en comble. Maintenant qu'ils pouvaient se servir de leurs baguettes en dehors de l'école, ils en faisait si bon usage qu'ils emballèrent quasiment toute la maison de guirlandes et de branches de sapin. Harry fit aussi d'importantes provisions de Bièraubeurre et d'hydromel et Fred et Georges, qui continuaient de passer un jour sur deux, promirent d'apporter quelques gadgets sans dangers. Mme Weasley arriva le 24 au matin en compagnie de Ginny pour commencer à préparer le repas du soir, tandis que Ginny s'extasiait sur le nombre de lucioles qu'ils avaient réussit à accrocher. Le soir du 24, vers dix-neuf heures, tout était prêt pour recevoir une foultitude d'invités, qui commencèrent à arriver une demi-heure après avec Fred, Georges, Bill et Fleur. Vers vingt heures, Mr Weasley, Kingsley et Tonks les rejoignirent, bientôt suivit par Hestia Jones. Lupin, qu'on avait très peu vu durant ces quelques jours, descendit se joindre au joyeux tumulte, fatigué par la pleine lune qui avait eu lieu l'avant-veille, mais visiblement heureux de se retrouvé en plein tapage. Tout le monde devait rester au 12 pour la nuit. Le dîner de Mme Weasley fut particulièrement succulent, et ne se termina qu'aux alentour de 22 heures 30, lorsque Ginny alluma le tourne disque et qu'une musique endiablée commença à retentir dans le salon, faisant fuir Pattenrond qui se cacha sous une armoire en feulant. Fleur et Mme Weasley – qui semblaient s'entendre beaucoup mieux que l'an passé – débarrassèrent la table de quelques coups de baguette avant de rejoindre leurs maris respectif et de commencer à danser en plein milieu de la pièce. Harry, Georges et Lupin écartèrent table et chaises, repoussant les sièges contre le mur de façon à transformer le salon en une véritable piste de danse. Ce qui ne rata pas : une demi-heure après, les généreuses quantités d'hydromel et de Bièraubeurre avalées au dîner aidant, une foultitude de couples saugrenus dansait en hurlant de rire sur la piste dont le tapis avait été roulé. Kingsley valsait avec Ginny, Lupin avec Mme Weasley, Fleur avec son beau-père, Bill avec Hestia, Fred et Ron riaient à gorges déployées en regardant Georges virevolter avec une Hermione un peu dépassé par le rythme de son cavalier, et Harry s'efforçait de ne pas écraser les pieds de Tonks qui essayait de lui apprendre les pas de rock. Harry sentit brusquement quelqu'un lui tapoter l'épaule. Il se retourna pour se trouver face à Lupin.
-Oui ?
-Tu me prêtes ta cavalière ? demanda-t-il sans regarder Tonks.
Cette dernière claqua de la langue et Lupin se tourna vers elle.
-Mon pauvre Remus, dit-elle d'un ton faussement compatissant, pour quelqu'un qui passe la moitié de son temps à ronchonner qu'il se fait vieux, je ne pense pas que danser toute la nuit soit bon pour toi. Tu ne tiendras jamais le rythme.
-Voyez vous ça ! répondit Lupin en souriant ironiquement.
Il se tourna vers Mr Weasley.
-Oh ! Arthur !
-Quoi ? demanda-t-il en s'approchant avec Fleur ; tout le monde avait cessé de danser, maintenant.
-Tu sais que ta chère collègue ne me crois pas capable de tenir une danse ?
-Aha, dit Mr Weasley en souriant malicieusement.
-Oui, continua Lupin d'un ton dégagé, il semblerait que je sois trop vieux pour ça.
-Tiens, voilà qui est curieux, dit Mr Weasley, jouant le jeu.
Tout le monde s'était rapproché du petit groupe, suivant avidement les répliques des uns et des autres.
Lupin se retourna à nouveau vers Tonks, abordant l'assurance tranquille et amusée de quelqu'un qui s'apprête à jouer un bon tour qui ne peut pas rater.
-Alors, c'est ce que nous allons voir, ma chère, dit-il d'un ton cérémonieux. Je te propose un défi.
-Oh, vraiment ? Répliqua Tonks en croisant les bras avec l'air du « j'aimerais bien voir ça »
-Ouaip. Je te parie tout ce que tu voudras que tu ne tiendras pas une musique sans te tromper dans les pas.
Tonks arqua un sourcil.
-Tenu ! C'est quand tu veux.
Lupin lui adressa un sourire rayonnant qui laissait deviner qu'il avait plus d'un tour dans son sac et que Tonks devait s'inquiéter.
-Bien. Ginny ?
-Oui ?
Il claqua des doigts et un gros disque 45 tours arriva dans sa main. Il le tendit à la DJ improvisée sans quitter Tonks du regard. Ginny changea le disque qui continuait de tourner et tout le monde s'écarta pour les laisser danser. Une musique assez lente, jolie et répétitive s'égrena dans la pièce.
-Je pense que ce sera assez lent pour commencer, dit-il avant de lui tourner le dos. Tout le monde derrière moi ! Ordonna-t-il, et tout le monde lui obéit aussitôt, perplexe et curieux en même temps.
-Prête à perdre ? demanda-t-il narquoisement à Tonks qui était juste à coté de lui.
-Je te retourne la question, lui renvoya-t-elle froidement.
Lupin se mit à rire doucement et commença à enchaîner... Un Madison. Personne d'autre que lui et les parents Weasley ne connaissaient cette danse un peu ancienne pour les plus jeunes. Bon joueur, Lupin expliquait les pas en même temps qu'il les exécutait.
-Deux pas à gauche, lancer la jambe droite sur le coté en claquant des mains, pareil à droite, puis un pas en arrière, eeeeettt... On tourne ! (il fit un quart de tour à droite et tout le monde se retrouva l'un derrière l'autre) Et on recommence !
-C'est ça, ta super danse ? ricana Tonks (tout en gardant les yeux fixés sur ses pieds).
-Oui ; mais je te préviens, la musique dure dix minutes, et elle accélère petit à petit... lâcha-t-il innocemment en exécutant avec élégance un pas chassé avant de faire un petit tour apparemment pas prévu au programme. Tonks étouffa un grondement. Moins de deux minutes plus tard, toutes les personnes qui n'étaient pas liées par un défi s'étaient trompées au moins deux fois dans la chorégraphie et avait dût quitter la course, sauf Mr et Mme Weasley, qui durent néanmoins lâcher prise au bout de cinq minutes de petits pas gracieux mais de plus en plus rapides et, surtout, épouvantables à refaire à l'infini. Tonks, concentrée, ne quittait pas le plancher des yeux, comme s'il allait lui dire ce qu'elle devait faire ensuite. Lupin, quant à lui, semblait parfaitement à l'aise et malgré la désormais grande rapidité de la musique, il rajoutait de petites touches personnelles, tel que claquettes, petits bonds, tourbillons ou chassé-croisés, qui avaient le don d'énerver Tonks au plus haut point. A la sixième minute, des encouragements commencèrent à se faire entendre, et à la septième, c'était un vrai concert :
-Vas-y, Tonks ! clamèrent Fred et Georges.
-Aller Remus, montre à tout ces blancs-becs de quoi un vieux est capable ! s'écria Mr Weasley.
-Fais honneur aux Aurors ! lança Kingsley.
-Allez-y, professeur ! s'écria Ginny.
-Traîtresse ! gronda Tonks alors que Lupin pouffait de rire.
A la huitième minute, alors que tout le monde commençait à croire que Tonks allait gagner, cette dernière fit un pas-chassé impeccable, un pas en arrière parfaitement en rythme et... Tourna dans le mauvais sens. Tout le monde cria en même temps. Tonks poussa un rugissement de rage, donna un grand coup de pied par terre et Lupin éclata de rire, termina de danser avec légèreté sur la dernière minute du Madison et salua avec majesté sur les dernières notes. Rieur, il se tourna vers elle.
-Tss tss tss, dit-il en secouant la tête. Quelle jeunesse...
Tout le monde se mit à rire, même Tonks, bonne joueuse. Ginny mit un autre disque et tout le monde se remit à se trémousser sur une musique très moderne. Tonks alla vers la table se servir un grand verre de jus de citrouille. Lupin la rejoignit.
-Alors, cette danse ?... insista-t-il doucement en lui effleurant l'épaule ; Si tu n'es pas trop fatiguée, bien sûr, ajouta-t-il, taquin.
Tonks rougit et faillit s'étrangler avec son jus de citrouille.
-Oh, euh... Oui, d'accord...
Elle posa son verre et glissa sa main sous le bras qu'il lui offrait.

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Ron était en train d'avaler d'un trait un fond de Bièraubeurre lorsque Harry lui flanqua une grande tape dans le dos qui faillit tout lui faire recracher par le nez.
-Hé ! T'es malade ! Qu'es-ce qui te prends ? Protesta-t-il en se retournant vers Harry.
-Désolé, vieux, mais Hermione te cherche.
-Ah bon ? Et pourquoi ça ? Je ne suis pas très dur à trouver !
-Sais pas, va le lui demander par toi-même, elle est là bas, prés de la porte, dit Harry en attrapant un verre d'hydromel.
Ron le regarda, perplexe, puis se dirigea vers Hermione.
-Il paraît que tu me cherches ? Lui demanda-t-il aimablement.
-Moi ? sursauta Hermione qui ne l'avait pas vu venir. Pas du tout ! Qui t'a dit ça ?
-Ben... Harry, bredouilla Ron, Il est...
Il se retourna vers la table où se tenait Harry moins de dix secondes avant. Personne.
-Où est-il passé ?
Machinalement, Ron et Hermione se regardèrent, puis levèrent les yeux au plafond, dans un geste d'impatience, mais leurs regards accrochèrent soudain la raison pour laquelle Harry voulait que Ron aille près d'Hermione à coté de la porte : Juste au dessus d'eux, il y avait une belle branche de houx. Pendant un instant, ils restèrent là à fixer le houx accroché sur l'encadrement de porte, puis croisèrent là nouveau leurs regards. L'espace d'une seconde, ils se regardèrent sans un mot, puis, timidement, ils se firent une bise avant de détourner rapidement la tête et de partir chacun dans une autre direction, troublés.

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Tout au fond de la salle, perdu dans un coin d'ombre, Harry eu un large sourire en voyant son plan marcher à merveille. Un énorme coup de canon retentit dans le salon, faisant sursauter tout le monde. Fred et Georges venait de lancer une de leur nouvelle fusée de Noël : une sorte d'étoile filante qui laissait un sillage d'étincelles avant d'exploser en créant un énorme nuage de fausse neige.
-Attention, Noël dans cinq secondes ! proclama Fred.
-Quatre... Trois... Deux... Un... JOYEUX NOËL ! scanda Georges. Aussitôt, ce fut un concert de sortilèges d'attraction (Ginny partit en courant dans l'escalier pour revenir quelques instants plus tard) et tout le monde se mit à échanger des paquets, déchirer des papiers cadeaux et pousser des cris de joie en découvrant les présents qui lui était destinés. Harry n'avait jamais donné ni reçu autant de cadeaux de toute sa vie. Dans la bousculade, il se cogna contre Ginny.
-Oh, pardon ! s'exclama-t-il
-Pas de problème, dit-elle joyeusement. Au fait, j'ai quelque chose pour toi.
-Ah ? Euh... Merci !
Harry prit le paquet qu'elle lui tendait et l'ouvrit en lui jetant un regard interrogateur.
-Oh... murmura-t-il en regardant la petite plaque dorée, grande comme une demie paume, qu'il contenait. Une gravure d'un ½il ouvragé était ciselé sur l'un des coté rectangulaires avec les coins arrondis. L'autre coté, légèrement en relief, représentait comme il le remarqua immédiatement les pyramides de Gizeh.
-C'est magnifique... Merci beaucoup, Ginny !
-C'est l'½il d'Horus, expliqua-t-elle, les yeux étrangement brillants. Un porte bonheur assez rare. Les Egyptiens du temps des pharaons se sentaient protégés de toute atteinte lorsqu'ils en avait un sur eux. Bill me l'avait dit lors de notre voyage là-bas. Alors, même si mon père passe ses journées à faire la chasse aux vendeurs d'amulettes de pacotilles, ajouta-t-elle en se forçant à prendre un ton amusé, je t'en offre une.
Elle renifla et essuya furtivement une larme.
-Je ne peux pas m'empêcher de penser que tu en auras besoin, même si j'espère de toutes mes forces me tromper, murmura-t-elle sans le regarder.
Harry resta silencieux, touché. Lentement, il glissa la plaque dans la poche intérieur de sa robe, contre sa poitrine.
-Moi aussi, j'ai quelque chose pour toi, dit-il doucement en sortant un paquet plat et long de sa poche.
-Désolé, je n'ai jamais été très bon pour les papiers cadeaux...
Ginny prit à son tour le paquet avec curiosité.
-Qu'est-ce que c'est ?...
-Ouvres-le, tu verras bien !
Elle enleva le papier rouge à étoiles dorées et tomba sur une longue boite de joaillerie.
-Mais qu'est ce que c'est que ce truc... murmura-t-elle à mi-voix en cherchant le bouton d'ouverture de la boite(Harry se retenait de rire). Tac ! Le couvercle se souleva de quelques millimètres. Ginny l'ouvrit un peu plus et étouffa un cri d'émerveillement, manquant de lâcher la boite.
-Vas-y, sort le, dit Harry avec une excitation impatiente. Les mains tremblantes, Ginny prit le magnifique collier, fait d'une très fine chaîne d'or et d'un pendentif en forme de Vif d'or délicatement taillé, les ailes en cristal scintillant.
-Harry, c'est beaucoup trop beau, je ne peux pas accepter... Protesta-t-elle, mais Harry lui laissa pas le temps de finir et lui prit délicatement le collier des mains pour l'attacher autour du cou de la jeune fille. Ginny redressa doucement la tête, tremblant de tous ses membres. Il lui posa les mains sur les épaules et plongea son regard dans le sien, sans un mot.
-Harry, je...
-Ne dit rien, murmura-t-il. Je veux que tu le garde. Ce n'est qu'un simple objet, et tu as bien plus de valeur à mes yeux qu'un simple objet. Je tenais à ce que tu le saches.
Ginny refoula bravement ses larmes et se força à lui sourire. Il la lâcha et lui sourit également. Un nouveau coup de canon de Fred et Georges détourna leur attention : Ils se mirent touts à crier et à rire lorsque les jumeaux commencèrent à jeter un peu partout des fusées explosives à neige.
BAM ! La porte s'ouvrit à la volée.
Tout le monde se retourna. Cris, rires et musique s'étouffèrent brusquement ; Même les fusées à neige parurent soudain faire moins de bruit. Sur le pas de la porte, Rogue abaissa lentement le chandelier qu'il tenait à l'envers comme une matraque. Apparemment, le bruit des cris et des explosions lui avait fait croire que le 12 était attaqué.
-Qu'est ce qui se passe ? demanda-t-il à voix basse en observant la scène figée comme si les personnes qui en faisaient partie jouaient à « un, deux, trois, Soleil »
Il y eu un grand silence durant lequel tout le monde le regarda. Enfin, Harry s'approcha de lui et retrouva l'usage de la parole.
-Il se passe que ce soir, c'est Noël, dit-il simplement. Et à Noël, tout le monde fait la fête.
-Noël... répéta Rogue entre ses dents, comme s'il avait oublié le sens de ce mot.
Il hocha imperceptiblement la tête.
-Très bien ; alors continuez à faire la fête, grinça-t-il avant de tourner les talons.
D'une façon totalement inattendue, Harry se remémora l'incroyable nombre de fois où il aussi avait ainsi été évincé d'une fête, où les Dursley l'avaient rejeté, où il avait pleuré en silence dans son placard, avec les rires des amis de Dudley comme bruit de fond... Il se rappela aussi soudain qu'il n'était pas le seul à garder de mauvais souvenirs de son enfance.
-Hé !... s'exclama-t-il brusquement.
Rogue se retourna.
-Ce soir, c'est Noël, répéta Harry presque doucement. Vous avez le droit de faire partie du tout le monde.
Il se retourna pour interroger du regard tous ces gens, derrière lui, qui comptaient parmi ses amis. Personne ne broncha ; Harry regarda à nouveau Rogue : Blanc comme un mort, il paraissait abasourdit. Harry le vit tâtonner de la main puis agripper de toutes ses forces la rampe de l'escalier, comme s'il avait peur de tomber.
-C'est à vous de voir. Vous avez le choix entre retourner dans votre chambre ou faire partie de cette fête ; Entre vous refermer un peu plus sur vous-même ou vous ouvrir sur le monde.
Harry ne put s'empêcher de sourire en se souvenant d'une chose que lui avait un jour apprit Dumbledore, des années auparavant.
-Ce sont nos choix qui montrent ce que nous sommes vraiment, beaucoup plus que nos aptitudes, dit-il à voix basse.
En face de lui, Rogue semblait pétrifié. Ils se regardèrent pendant un long moment ; Enfin, lentement, très lentement, le visage insondable, Rogue traversa le couloir sombre et se dirigea vers la porte de la pièce éclairée alors que Harry s'écartait pour le laisser passer. Il passa le seuil pour se mêler aux convives, sa silhouette noire contrastant avec la pièce colorée et lumineuse. Il y eu un silence poignant. Et puis, soudain, Ginny s'écria « Et la fête continue ! » avant de souffler dans une langue de belle-mère, et ce fut l'annonce du dégel. Les cris et rires reprirent en un éclair, Fred et Georges recommencèrent à envoyer des pétards et des fusées à neiges un peu partout et la musique s'éleva à nouveau, plus forte et plus entraînante que jamais. Sans très bien savoir comment, Rogue se retrouva assit près de la cheminer, un verre d'hydromel à la main, regardant avec une désapprobation teintée d'amusement le chahut ambiant. Une ombre stoppa au dessus de lui et il releva les yeux. Hermione, l'air hésitante mais résolue, le regardait.
-J'ai... Quelque chose pour vous, dit-elle courageusement.
Rogue la regarda avec surprise.
-Pardon ?
-Joyeux Noël, répondit-elle simplement en lui tendant un paquet.
Rogue le prit lentement sans la quitter des yeux, stupéfait.
-Merci... marmonna-t-il avec méfiance.
Il déplia le papier et eu un petit rire.
-« Les Misérables », de Victor Hugo, lut-il en prenant le gros livre.
Il jeta un coup d'½il à Hermione.
-Je me suis dit qu'il y avait moins de chance pour que vous l'aillez plutôt que « le livre des plantes rares pour potions compliquées » de Charles Newtweek, expliqua-t-elle. En plus, ça devrait vous intéresser, c'est l'histoire d'un homme qui change de camp au cour de sa vie.
Rogue la détailla attentivement et elle soutint son regard sans ciller.
-Vous pensez que j'ai changé de camp ? demanda-t-il d'une voix neutre.
Le regard d'Hermione se fit plus dur.
-Je n'en ai pas la moindre idée. En revanche, je pense que Dumbledore avait raison lorsqu'il disait qu'il fallait traiter Kreature avec respect et gentillesse.
Rogue ne répondit pas immédiatement.
-Vous avez raison, dit-il au bout d'un certain temps, j'avait déjà le livre de Charles Newtweek.
Elle étouffa un petit rire.
-Alors, j'espère avoir également raison en disant qu'il vous plaira.
Sans un mot de plus, elle se leva et rejoignit les autres danseurs au centre de la pièce. Rogue, quant à lui, la regarda un instant en haussant les sourcils, puis examina la couverture du livre et l'ouvrit au chapitre un.

# Posté le mercredi 27 décembre 2006 17:20