Chapitre 10 - Coups de crocs et coup au c½ur
Lentement, Les trois amis remirent un peu d'ordre dans la petite chambre puis ressortirent de l'orphelinat, refermant soigneusement toutes les portes derrière eux. Ils repartirent dans la nuit noire et glaciale et reprirent le métro. Dans l'habitacle chaud et lumineux, ils contrastaient étrangement avec les autres passagers engourdis par le froid et la fatigue. Le visage grave, conscient d'avoir réussit mais marqué par ce qu'il avaient vu, ils restaient silencieux, Ron et Harry assis en face de leur amie. Hermione paraissait particulièrement bouleversée. Très pâle, les yeux rouges, le regard fixe, les mains tremblantes, triturant nerveusement sa robe, elle semblait réellement à bout de nerf. Inquiets, Ron et Harry se regardèrent. Le wagon se vida de quelques passagers à la station suivante et ils en profitèrent pour s'asseoir chacun d'un coté de la jeune fille.
-Hermione... ça va ?
Elle sursauta.
-Hein, euh, oui-oui bien sûr, je vais très bien, répondit-elle d'une petite voix aiguë, la même voix que Harry se souvenait d'avoir entendu le soir de la victoire de Griffondor contre Serpentard, l'an dernier, juste avant qu'elle ne lance une attaque d'oiseau sur Ron.
-Tu n'en as pas l'air...
-Si si, je t'assure, tout va très bien, bredouilla elle, contredite par les larmes apparues dans ses yeux.
Incapable de se contenir plus longtemps, elle se mit à pleurer violemment, secouée de sanglots incontrôlables.
-Hermione !...
-Je... je suis désolée... Je craque, c'était trop épouvantable...
-Hermione, calme toi...
-Pourtant, continua-elle, tu nous avais prévenu, Harry, et je pensais m'être préparée, mais je... je...
-Personne n'est jamais prêt pour un tel spectacle, Hermione. Moi aussi, je pensais être prêt, le jour où nous sommes allés voir la maison de mes parents, mais ça m'a quand même secoué... Il est impossible de se préparer à un truc pareil. On a vraiment pas eu de chance : quand je suis parti avec Dumbledore, les Inferi étaient dans l'eau, on les voyait beaucoup moins...
-Il... Il y en avait t-tellement...s'étrangla-elle. Et Ron qui a faillit mourir... Je-Je n'avait j-jamais eu aussi peur de t-toute ma vie. Même en troisième année, contre l'é-l'épouvantard, même au ministère l'an dernier, même contre les Mangemorts il y a six mois, je n'ai jamais eu aussi peur...
-Je suis désolé, Hermione... je m'en veux terriblement...
-Il ne faut pas ! Ce n'est pas ta faute. C'est moi qui ai décidée de venir avec toi et Ron, tu n'y es pour rien. Mais... c'était tellement épouvantable... Tous ces morts qui approchaient...
-Hermione, intervint fermement Ron, cesse d'y penser. Il est inutile de repasser en boucle les images que tu as dans la tête, c'était déjà assez pénible de le voir une fois. Tu es bouleversée, tu as faim et tu as besoin de dormir. Nous en avons tous besoin. Il est près de minuit et nous n'avons pas mangés depuis le déjeuner. Dés que nous serons rentrés, nous irons manger un morceau avant d'aller nous coucher et demain, tu te sentira déjà mieux, tu verras.
-On est déjà presque demain...
-Ron a raison, renchérit Harry, sans tenir compte de son intervention. Tu es épuisée, c'est normal que ce soit le moral qui flanche. Tu as besoin de repos.
-Oui, vous avez raison, murmura Hermione, un peu rassérénée.
Elle séchât ses larmes, se força à leur sourire tour à tour et ils lui passèrent tout deux un bras sur les épaules. Ils ressortirent du métro un peu plus tard et rentrèrent au Square Grimmaurd ; Lorsque le numéro 12 apparut devant eux, ils rentrèrent rapidement et refermèrent la porte d'un coup de baguette, avant de se diriger vers le salon. Fred, Georges et Rogue étaient tous les trois assis dans des fauteuils ; Fred et Georges, une chope de bièraubeurre d'une main, la baguette de l'autre, dormaient profondément, tandis que Rogue, de l'autre coté de la cheminée, les regardaient d'un air légèrement amusé, les deux mains confortablement posées sur les accoudoirs de son fauteuil, un verre de vin rouge posé à sa gauche sur la petite table. Il paraissait bien difficile de croire que les deux jeunes hommes endormis surveillaient l'homme d'age mûr qui les observait en souriant de leur sommeil. Harry, Ron et Hermione ne purent s'empêcher de sourire à leur tour en voyant le tableau. Harry et Ron s'approchèrent des jumeaux et les secouèrent doucement pour les réveiller.
-Vous devriez les laisser dormir, dit Rogue, un peu moqueur, il n'y a qu'une heure qu'ils se sont endormis. Jusque là, ils ont passés leur temps imaginer ce que vous pouviez être entrain de faire.
-Et alors, c'était intéressant ? demanda Harry en poussant l'épaule de Georges.
-Oh... Celui-là se demandait s'il y avait une chance pour que vous reveniez avec la tête du Seigneur des Ténèbres brandie au bout d'une pique, révéla Rogue avant de boire une gorgée de vin.
Harry eu un petit rire en parvenant enfin à réveiller Georges. Lui et son jumeau s'étirèrent en clignant des yeux et se redressèrent.
-Harry ?... marmonna Georges, les yeux plissés ;
-Ron ! Et Harry et Hermione ! Vous êtes rentrés il y a longtemps ? bailla Fred en manquant de renverser sa chope.
-Non, on vient juste d'arriver. Tout s'est bien passé, ici ?
-Ouais, bien sûr ! Et pour vous ? Vous êtes partis vachement longtemps !
-Il y avait une heure de trajet à chaque voyage, dit Harry en guise d'explications. Est-ce qu'il reste quelque chose à manger ? Nous n'avons rien avalé depuis presque douze heures.
-Oui, il reste des spaghettis et du rosbif, mais n'essaye pas de changer de sujet, répliqua Fred. Qu'est ce que vous avez fait ?
-Peux pas vous le dire, désolé, soupira Ron en faisant sortir des assiettes et des couverts du placard. Vous mangez un morceau avec nous ?
-Oui, d'accord, acquiesça Georges. Mais ça a marché, au moins ?
Ils se regardèrent tout les trois. Hermione, qui était restée silencieuse depuis leur sortie du métro, renifla et partit dans la cuisine en prenant la précaution d'allumer les bougies d'un coup de baguette avant de quitter le salon. Harry haussa les épaules.
-Disons qu'on est vivants, physiquement en bonne santé tout les trois et qu'on a trouvé ce qu'on cherchait. Mais bon, les blessures physiques sont souvent plus supportables que les autres...
Ron, les yeux dans le vague, vida un verre de bièraubeurre. Ce fut au tour de Fred et Georges de se regarder. Visiblement, ils ne s'attendaient pas à cela.
-Pour des gens qui ont réussit à progresser dans la lutte contre Vous-Savez-Qui, vous avez l'air bien joyeux...
Ron regarda ses frères avec agacement.
-Fred, Georges, nous ne sommes pas partis dans une cure thermale, ce n'était pas une partie de plaisir ! Comme dit Harry, il y a des choses qui font beaucoup plus mal qu'un sortilège, et je crois qu'aujourd'hui, nous en avons récolté quelques unes en même temps que d'autres, dit-il énigmatiquement en faisant un geste d'impatience avec sa baguette qui éteignit malencontreusement l'un des chandelier. Hermione rentra au même moment dans le salon, deux plats devant sa baguette pointée, essuyant furtivement ses yeux avec un mouchoir. Elle sursauta quand le chandelier s'éteignit et posa les plats sur la table avec violence.
-C'est impossible de garder une pièce éclairée, dans cette maison ? La lumière est interdite ou quoi ? gronda elle en rallument le chandelier et toutes les autres bougies de la pièce.
-Désolé, Hermione. Tiens, viens manger, dit Ron en lui tendant une assiette de viande et de pâtes.
-Merci, répondit-elle.
Ils se mirent à manger tout les trois en silence. Fred et Georges les rejoignirent à la table et grignotèrent un peu.
-Vous allez bien, au moins ? On dirait que vous avez vu la mort.
Hermione lâcha sa fourchette qui retomba dans l'assiette avec un tintement sonore. Blêmissant encore un peu plus, elle reprit ses couverts d'une main tremblante en s'efforçant de maîtriser ses gestes. Ron jeta un regard assassin à Fred.
-Ferme là, Fred ! Inutile d'en rajouter, c'était assez pénible comme ça pour elle ! Et pour nous aussi, d'ailleurs !
-Vous dormez ici, ce soir ? proposa Harry pour détourner la conversation. Il y a une grande chambre d'amis vide, au premier, vous pourriez rester.
-Euh... Ouais... C'est une bonne idée, je n'ai pas très envie de décoller encore ce soir.
-Entendu, alors.
Harry chercha autre chose à dire, mais il lui semblait que son cerveau était noyé dans la brume, une brume bleuâtre, faite de volutes de fumée d'un autre temps... Il secoua vigoureusement la tête. De l'autre coté de Ron, Hermione se leva brusquement et écarta sa chaise.
-Je crois que je vais aller me coucher, je suis complètement crevée, dit-elle.
-Quoi ?! protesta Ron, Mais... Tu n'as presque rien avalé !
-Aucune importance, je n'ai pas très faim... j'ai juste sommeil. Bonne nuit.
-Euh... Oui... Bonne nuit, répondirent Ron et Harry avec l'air de douter que la nuit puisse être vraiment bonne. Hermione pointa sa baguette sur la porte qui s'ouvrit sur le couloir puis donna un autre petit coup dans la même direction, allumant les bougies du Hall. Rogue la regarda passer devant lui en la scrutant d'un air inquisiteur, presque soucieux.
En sortant, elle saisit un grand chandelier bien lumineux et ils la virent allumer toutes les bougies qu'il y avait sur son chemin.
-Soyez sympa, les gars... murmura Harry à l'adresse des jumeaux. Ne lui parlez pas de ce qui c'est passé ce soir. Où plutôt hier soir. Elle a été très secouée, alors n'en remettez pas une couche, ok ?
-Pas de problème, Harry ;
-Ouais, botus et mouche cousue.
Harry hocha la tête en signe de remerciement et continua de manger. Moins d'une demi-heure après, ils montèrent tout les cinq se coucher à leur tour après avoir débarrassé la table.
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Harry se réveilla aux alentour de 11 heures du matin, mais malgré presque dix heures de sommeil, il se sentait vidé de toute énergie. Il lui semblait que chaque partie de son corps s'était transformée en une successions de courbatures particulièrement douloureuses et il eu toutes les peines du monde à se lever et s'habiller. En enfilant sa robe de sorcier, il sentit quelque chose de dur dans sa poche et se rappela qu'il avait oublié de sortir le Horcruxe. Décidant qu'il valait mieux le garder avec lui jusqu'au moment où il pourrait décider avec Ron et Hermione de l'endroit où le cacher, il descendit l'escalier d'un pas lourd et rentra dans le salon. Ron et Hermione s'y trouvaient déjà, en compagnie de Fred et Georges.
-Harry ! Salut, mon vieux, je ne m'attendais plus à te voir émerger avant le déjeuner !
-Salut, Fred, salut, tout le monde. Vous êtes levés depuis longtemps ?
-Bof... Fred et moi depuis deux heures, répondit Georges, et Ron depuis un peu moins d'une heure. Hermione était levée avant nous.
Harry lui jeta un coup d'½il sévère.
-Tu as dormis, au moins ? lui demanda il d'un ton réprobateur.
-Oui, bien sûr. Mais mon horloge interne m'a sortit du lit à 7 heures et je n'ai pas réussit à me rendormir.
Harry secoua la tête ; Fred lui flanqua une tape sur l'épaule.
-Aller, Harry, ce n'est pas sa faute ! Viens donc manger un morceau en attendant le déjeuner.
-Fred et moi avons décidé de fermer boutique aujourd'hui pour pouvoir rester un peu avec vous, expliqua Georges avec satisfaction. Quoiqu'il se soit passé hier, vous avez mérité un peu de repos, alors, l'espace de quelques heures, nous allons jouer les gentils grands frères attentionnés.
-Mais ne vous y habituez pas trop... tempera Fred.
-Votre famille vas s'inquiéter, si vous n'ouvrez pas la boutique, prévint Harry en avalant des ½ufs brouillés.
-Bah... On a bien le droit de s'offrir un petit week-end prolongé, non ? On est vendredi, on peut bien se taper trois jours de fermeture au lieu de deux. Nous enverrons un hiboux aux parents. Au fait, on a le droit de leur dire que vous êtes partis en mission spéciale, hier ?
Harry se tourna vers Ron et Hermione qui jouaient aux échecs devant la cheminée, Ron étendu à plat ventre sur le tapis et Hermione assise dans un gros pouf qu'ils avaient récemment trouvés au grenier. Ils se concertèrent du regard.
-Je pense que oui. De toute façon, vous ne savez presque rien et notre travail est complémentaire de celui de l'Ordre, donc rien de ce que nous faisons n'est important pour la suite de leurs actions.
-Ah bon ? Comment ça ? demanda innocemment Fred.
Harry et Hermione se mirent à rire.
-Disons simplement que l'Ordre cherche à voir ce que font Voldemort et ses Mangemorts et comment leur mettre des bâtons dans les roues, tandis que nous, nous cherchons à mettre Voldemort hors circuit. C'est à peu près pareil en gros, mais c'est le détail qui diffère. Et nous ne pouvons pas vous dire ce détail, ajouta rapidement Harry en voyant Fred ouvrir la bouche.
Harry se leva de table et s'assit dans le canapé pour regarder Ron et Hermione jouer.
-Au fait, leur dit-il, où va-t-on le mettre ?
-Quoi donc ? bondit Georges.
Ron et Hermione se regardèrent.
-Avec l'autre, non ? répondit Ron, saisissant parfaitement de quoi parlait Harry.
-Je ne pense pas que ça rentrerait, objecta Hermione. Il est plus gros que le premier.
-Le premier quoi ?
-Mouais, tu as raison...
-On verra ça plus tard, proposa Ron. J'ai peut-être une idée, mais je vous en parlerais cette après-midi.
-Faux jetons, va ! Pendant toute notre septième année, on leur file des coups de mains pour leurs mauvais coups, et voilà comment ils nous remercient ! Quelle jeunesse ! Il n'y a plus aucun respect des aînés !
Harry hocha la tête sans prêter attention aux jumeaux ; Il savait qu'il ne pourrait s'en sortir s'il leur répondait. Il regarda ses amis terminer leur partie qui se solda par la défaite d'Hermione suite à un coup particulièrement habile de Ron, ce dernier ayant fait un splendide Mat du cavalier.
Malgré cette apparence détendue, Harry sentait bien que l'atmosphère avait changée autour de lui. Hermione restait fragilisée par les visions de terreur qu'ils avaient dût affronter, alors que Ron semblait plus sérieux, plus mature, comme s'il avait brusquement grandit en l'espace de quelques heures. Harry lui-même se sentait changé dans la mesure où, soudain, il avait prit conscience qu'il avait beaucoup plus d'expérience que ses amis et qu'il se sentait désormais un peu plus responsable d'eux. Certes, Ron et Hermione avaient toujours été au courant de tout se qui lui arrivait, que ce soit auprès des autres élèves, professeurs ou autres, de tout ce qu'il voyait dans ses rêves avec Voldemort, de tout ce qu'il avait apprit de Dumbledore... Il leur avait raconté la prophétie, les Horcruxes, la vie de Voldemort, l'occlumantie, et durant toute sa vie, il avait considéré qu'ils en savait autant que lui dans tous les domaines ; Bien sûr, il se souvenait des cours de défense qu'il leur avait donné durant l'AD, mais il n'avait jamais vraiment pensé qu'il puisse leur être supérieur. A présent, il s'apercevait que si Hermione et Ron connaissaient tout de sa vie, et même plus que les autres – il n'avait jamais parlé des cours particuliers de Dumbledore ou Rogue avec Ginny, même elle, par exemple – ils ne l'avait pas vécut au point de vue qu'ils n'avaient pas entendus les mots exacts de la prophétie, qu'ils n'avaient pas plongés avec lui dans la pensine, qu'ils n'avaient jamais reçu le sortilège de légilimentie en pleine tête... Jamais ils ne saurait aussi parfaitement que lui ce qui s'était passé, et jamais il n'en auraient donc l'expérience qu'il avait. De ce fait, Harry se sentait tout aussi à leur égal que la veille, pas plus « chef » qu'avant, mais cependant un peu plus soucieux des épreuves qu'ils auraient à traverser par sa faute. Bien sûr, ils avaient librement choisit de l'accompagner, Harry ne leur avait même pas proposé, c'était même plutôt le contraire puisqu'il n'avait d'abord pas accepté leur choix de venir avec lui, mais il ne pouvait s'empêcher de penser qu'ils pouvaient trouver la mort, le désespoir, la blessure grave ou bien d'autres choses encore au cour de ce périlleux voyage – et qu'ils étaient un peu moins bien préparés à tout cela que lui. D'ailleurs, normalement, ils n'auraient pas dût être aussi bien préparés que lui pour la simple et bonne raison qu'ils n'avaient pas le poids d'une prophétie sur le dos, ils n'avaient aucune raison autre que la pure amitié qu'ils lui témoignaient pour s'exposer à de pareils risques ! Harry soupira ; tout cela était bien dur à porter, tout de même. Du coin de l'½il, il vit Ron et Hermione commencer à mettre la table et s'occuper du déjeuner. Là encore, il s'était produit un changement d'importance, même s'il n'était que très peu visible de l'extérieur. Cette fois-ci, cependant, c'était un changement qui fit sourire Harry et le réjouit au plus haut degré. Ron et Hermione se parlaient différemment. Oh, à peine, bien sûr, et ce n'était pas la première fois qu'ils se montraient un peu plus courtois l'un envers l'autre, mais on sentait que quelque chose avait changé... Dans cette chambre secrète, ils avaient tout deux montré une facette de leur personnalité que l'on ne leur connaissait pas. Hermione avait, comme cela lui était déjà arrivée – quoique très rarement –prouvé que son apparente autorité, ses connaissances très étendues et surtout son assurance visiblement naturelle cachait en fait une grande sensibilité, un profond manque de confiance en elle et une vraie terreur de l'échec, la peur de décevoir. Contrairement à l'image qu'elle donnait d'elle, Hermione était timide et délicate, même si elle avait beaucoup de mal à l'admettre. Elle s'était en quelque sorte construit une carapace bien solide pour que personne – pas même elle – ne puisse voir la jeune fille douce et inquiète qu'elle dissimulait au fond d'elle-même. Parfois, cette carapace s'était fissurée au cour des années qu'ils avaient passés ensemble. En troisième année, par exemple, tout en donnant l'impression d'être tout à fait à l'aise dans ses études, elle avait plus d'une fois craqué et révélé son vrai visage, en allant parfois pleurer en cachette chez Hagrid, ou la fois ou elle avait sauté au coup de Ron en lui demandant pardon pour la mort de Croutard. Il avait suffit qu'il change un peu de ton avec elle pour que la coquille se brise. Plus récemment, elle avait témoignée de sa susceptibilité en réagissant très mal lorsque Ron l'avait superbement ignorée l'an passé avant de sortir avec Lavande. Aujourd'hui, la carapace assurée et parfois désagréable avait complètement éclaté suite à ce qui s'était passé la veille et Hermione était un peu perdue ; Elle avait besoin de soutien et de réconfort.
Ron, lui, avait toujours montré un coté gamin et un peu immature ; Toute sa vie coincé entre cinq frères aînés brillants et/ou drôles et une petite s½ur adorée de tous car seule fille de la fratrie, il avait eu du mal à s'imposer et à trouver sa place. Harry avait souvent eu l'impression qu'il se conduisait avec une grande insouciance parce qu'il était persuadé de ne pas vraiment valoir ou être capable de mieux. Mal placé dans une famille merveilleuse mais étouffante, ami d'une quasi-surdouée et d'un garçon extrêmement populaire, Ron avait fini par se prendre tout seul pour la cinquième roue du carrosse, sans voir qu'il était tout aussi doué que les autres. Il n'avait jamais cherché à contredire Hermione pour la simple et bonne raison qu'il n'imaginait même pas être capable de savoir quelque chose qu'elle ignorait. La veille, pourtant, il s'était aperçut qu'Hermione n'était pas qu'une miss je-sais-tout supérieure à tout et à tout les gens, il s'était aperçut qu'elle avait ses faiblesse comme tout le monde et qu'il était capable de l'aider en cas de besoin, comme elle l'avait souvent fait pour eux. D'autre part, il avait aussi pris conscience du fait qu'il arrivait de même que Harry ou Hermione à trouver la solution d'un problème, seul, avant eux. C'était lui qui avait surprit la conversation de la nièce de la directrice de l'orphelinat, lui qui était passé devant eux dans le tunnel, lui qui avait instantanément comprit ce qu'il fallait faire lorsque Hermione avait accidentellement faillit les précipiter tout les deux dans le vide, lui qui l'avait rassurée et consolée au retour. Il avait instinctivement prit le comportement adulte et responsable qu'il ne pensait pas avoir en lui et s'était aperçut qu'il était parfaitement capable de faire face. De ce fait, il ne ressortait pas fier et arrogant de cette aventure, mais au contraire plus âgé et plus mature. En quelques heures, il était passé du jeune garçon courageux, fidèle et sympathique au jeune homme posé, responsable et capable de tenir bon dans la tempête, et il en avait conscience. Maintenant qu'Hermione avait besoin d'être épaulée pour apprendre à s'accepter comme une jeune femme, il arrivait comme un appui à la fois sûr et discret. Il suffisait pour s'en convaincre de l'avoir vu prendre la défense d'Hermione en remettant ses frères à leur place – chose que, même à l'école avec le badge de préfet épinglé sur sa poitrine, il n'avait jamais osé faire – ou de l'avoir entendu lui parler doucement mais fermement dans le métro en revenant au Square Grimmaurd. Harry en était enchanté. Il ne s'inquiétait plus comme l'an dernier de savoir s'il serait évincé du trio qu'ils formaient pour les laisser en couple ; il savait désormais, après tous les témoignages de loyauté, d'amitié et toutes les péripéties qu'ils avaient vécut ensemble, qu'ils resteraient toujours très soudés et que rien, même la mort, ne les séparerait. Harry sentait que ses deux amis devenaient de plus en plus complémentaires et avaient besoin l'un de l'autre pour avancer dans la vie, et peu importait qu'ils aient besoin de la présence de l'autre comme un ami ou comme un conjoint (bien que Harry était prêt à parier le contenu de sa chambre forte à Gringott sur la deuxième solution...). Il les regarda attentivement, Hermione plus douce et plus discrète que d'habitude, Ron plus attentif et plus protecteur qu'à l'ordinaire. Il se leva à son tour pour les aider et ils passèrent rapidement à table tout les cinq. Rogue n'avait pas pointé le bout de son nez crochu de toute la journée mais ils eurent une double bonne surprise quelques instants plus tard : Alors que Fred en était à sa quatrième part de tourte au jambon (une spécialité de Mme Weasley qu'elle avait apprise à Hermione l'été précédent), ils entendirent la porte cliqueter, s'ouvrir en grinçant puis se refermer dans un claquement sec. Quelques secondes plus tard, Lupin, son cartable râpé à la main, l'air exténué mais souriant, ouvrit la porte de la pièce où cinq jeunes gens déjeunaient en bavardant jovialement ; Aussitôt, un concert d'exclamations joyeuses et enthousiastes de ses anciens élèves l'accueillit à sa grande surprise, lui qui pensait arriver dans une maison quasiment vide.
-Remus !
- Hé ! Bonjour, professeur Lupin !
- Professeur, quelle bonne surprise !
-Eeeet voilà un revenant ! Salut, prof, on ne vous attendait pas !
-Lupin, ça alors ! Content de vous revoir !
Lupin les regardât tour à tour, agréablement surpris.
-Bonjour ! Que faites vous tous ici ? Moi qui me croyais en retard pour le déjeuner ! Fred, Georges, je pensais que vous mangiez chez vous ! Que ce passe-t-il pour que vous soyez tout les cinq ici et de si bonne humeur ?
-Admettez qu'on pourrait vous retourner la question ! Fred et Georges se sont octroyés un vendredi de congé et nous mangeons si tard parce que nous nous sommes levés très tard se matin. Mais asseyez vous donc ! s'exclamât Harry en faisant atterrir un couvert complet en face de lui à coté des jumeaux.
-Merci, Harry, dit-il en s'asseyant – Ron et Georges firent glisser les plats devant lui – Et pourquoi donc se lever si tard ?
-Parce qu'on s'est couché tard ! Rétorqua Fred du tac au tac.
La bouche de Lupin se fendit en un sourire amusé tandis qu'il se servait une grosse part de lasagnes.
-Je vois. Et naturellement, si je demande pourquoi vous vous êtes couchés tard et pourquoi Fred et Georges étaient déjà présent hier soir, je me verrais répondre par une autre imparable logique ?...
-Non ! Fred et Georges vous répondrons très gentiment qu'ils sont venus faire du baby-sitting, ou plutôt du Mangemort-sitting tandis que ces trois-là disparaissaient de la circulation, répondit Georges en désignant sont frère et Harry et Hermione de la tête.
-Comment ça ? demanda Lupin en fronçant un sourcil.
-Ils sont partit en mission spéciale, dit Fred en baissant la voix d'un air de conspirateur.
Lupin jeta un regard perplexe et plein de sous entendus à Harry. Celui-ci, la bouche pleine, baragouina quelque chose d'incompréhensible en faisant un geste d'élude. Lupin le détailla attentivement avant de commencer à manger sans faire de commentaires. Fred et Georges se regardèrent avec stupéfaction puis se tournèrent vers Lupin de lui jetant un regard chargé d'incrédulité à la limite de l'indignation.
-Vous n'essayez même pas de savoir ce qu'ils ont fait ?! s'étonna Fred.
-A quoi bon ? répondit Lupin à sa grande stupéfaction. De toute façon, ils ne répondront pas. Et s'ils ne répondent pas, c'est que ce sont leurs affaires, je n'ai donc pas à m'en mêler. Je leur fait confiance et je crois que c'est réciproque...
-Ça l'est ! assurèrent Harry, Ron et Hermione en c½ur.
-... Je ne vois donc pas l'utilité de briser cette confiance en étant sûr de ne pas obtenir de résultats.
Fred et Georges restèrent bouche bées. Soudain, un grand tourbillon de flammes vertes les fit sursauter et ils se retournèrent juste à temps pour voir Tonks arriver en glissade sur les fesses devant la cheminée.
-Tonks ! s'exclamèrent-ils tous en même temps. Lupin se leva et alla l'aider à se relever.
-Tiens, bonjour ! Il y a bien beaucoup de monde, par ici ! lança-elle joyeusement en attrapant la main que lui tendait Lupin.
-Salut, Tonks ! Qu'est ce que tu fais là ? demanda Hermione.
-Il y a un problème à Poudlard ? renchérit vivement Lupin.
-Non, non, ne vous inquiétez pas, je suis seulement revenue pour quelques jours. Je dois faire un rapport à Robards, le directeur du bureau des Aurors. C'est toujours moi qui m'y colle. Ils m'ont donnés le week-end de congé par la même occasion, pour que je puisse passer chez moi. Mais je n'ai rien à faire là-bas, j'ai rendez vous dans une heure avec Robards et demain matin, Scrimegeour demandera peut-être à me voir, ce n'est pas sûr. Si c'est pour passer une vingtaine d'heures seule dans un appartement pas chauffé depuis un mois, non merci ! Je dois rentrer aux Trois Balais lundi après midi. Il n'y a pas de problème si je passe trois nuits ici ? demanda-elle en se laissant tomber sur une chaise à coté de Lupin
-Bien sûr que non ! assura chaleureusement Harry. Il y a assez de chambres d'amis ici pour abriter tout l'Ordre, ou presque ! Tu es la bienvenue aussi longtemps que tu veux ! Tu as mangée ?
-Non, je n'ai pas eu le temps, répondit-elle en retenant un bâillement.
Hermione se retourna mais Lupin avait déjà fait voler un couvert devant elle.
-Merci. Tu n'as pas mangé non plus ?
-Je viens d'arriver, répondit Lupin.
-Tu as l'air bien fatigué...
-Pas plus que toi, sourit-il. Tu as de grosses journées, là-bas ?
-Ouais, pas mal (elle ne put cette fois pas retenir un long bâillement). Il n'y a pas vraiment de problèmes, mais on est toujours sur le qui-vive et on a constamment de fausses alertes. De quoi devenir fou ! Et vous, pourquoi êtes vous tous là ?
-Harry, Ron et Hermione nous on appelés en renfort pour surveiller Rogue, hier soir.
-Vous avez trouvé quelque chose ?
Ron hocha la tête.
-Ah, très bien dit-elle simplement avant d'avaler une grosse part de tarte (Fred et Georges paraissaient outrés d'un tel manque de curiosité). Au fait, où est-il, l'ami Rogue ?
-Aucune idée. Dans sa chambre, sans doute ; on ne l'a pas vu depuis hier.
-Il est ici, intervint une voix glacée. Rogue traversa la pièce d'un pas vif en lançant rapidement :
-Ne vous inquiétez pas, je ne vais pas importuner longtemps cette sympathique petite réunion. Je vais juste prendre quelque chose à déjeuner et je disparais.
Il attrapa rapidement quelques affaires dans la cuisine et ressortit presque aussi rapidement, portant un plateau sur une main. Il s'arrêta juste pour saluer Tonks et Lupin d'un bref signe de tête.
-Nimphadora...
-Rogue... répondit-elle d'un ton froid.
Il s'éclipsa. Après quelques instants de silence, la conversation reprit parmi les sept convives et ils terminèrent de manger. Un peu avant quinze heures, Tonks se leva en s'étirant.
-Bon ! Et bien, c'était délicieux, mais je dois partir. On ne fait pas attendre un patron du ministère ! Je vous retrouve se soir, OK ?
-OK, Tonks, à ce soir.
Il y eu un nouveau tourbillon de flammes vertes et Tonks disparut. Lupin monta dans sa chambre en certifiant qu'il avait du travail et Ron, Harry et Hermione, peu enclins à autre chose que du repos et de la distraction, proposèrent des parties de bataille explosive et d'échecs. L'après midi se déroula dans cette agréable atmosphère de détente et d'insouciance jusque vers 18 heures ce soit là quand Tonks vint rapporter d'un air agacée que Scrimegeour avait demandé à la voir le lendemain à 10 heures. Une soirée sympathique paracheva la journée ; un peu après dîner, Hermione monta au premier avec Tonks pour préparer sa chambre et ils terminèrent agréablement la soirée en chantant de vielles chansons que jouaient Tonks et Lupin au violon et à la clarinette. Fatigués, ils ne restèrent pas longtemps debout et Fred et Georges rentrèrent bientôt chez eux, les laissant tous aller se coucher. Le lendemain, ils se levèrent d'assez bonne heure pour souhaiter une bonne journée à Tonks qui partait pour son rendez-vous avec le ministre et qui devait ensuite passer l'après midi au bureau pour régler différentes petites choses avec des collègues. La bibliothèque du Chemin de Traverse fermant le dimanche, Ron, Harry et Hermione décidèrent d'y passer la journée. Maintenant qu'ils avaient la coupe, ils leur fallait se concentrer plus que jamais sur la recherche du village où se trouvait la maison des Jedusort ainsi que sur la descendance de Rowena Serdaigle. Ils n'étaient pas très motivés pour se remettre au travail, mais c'était tout de même impératif. Ils ne rentrèrent donc que le soir à la fermeture, emportant de quoi largement s'occuper pour le lendemain.
-Oooouuf ! soupira Hermione en dégrafant sa cape dans le salon. Je ne suis pas mécontente d'arriver dans une maison chauffée ! Cette bibliothèque est une véritable glacière !
-C'est sans doute pour conserver les antiquités qu'ils emploient en guise de bibliothécaires ! Vous avez vu celle qui nous a dit de partir ? Elle paraissait encore plus vielle et plus fripée que madame Pince ! ricana Ron,
-Ouais ! pouffa Harry, c'est vrai ! Je ne pensais pas ça possible, mais elle est encore plus revêche que celle de Poudlard !
-Bonsoir, dit une voix paisible à la table de la pièce.
-Oh, bonsoir professeur Lupin ! Désolé, on ne vous avez pas vu. Vous avez passé une bonne journée ?
-Oui, merci ; et vous ? J'ai crut comprendre que vous êtes allés à la bibliothèque ?... dit-il malicieusement.
-Euh... Oui... En effet... bredouilla Ron, gêné.
Il fut sauvé par les hurlements du tableau de la mère de Sirius dans le couloir, réveillée par un coup de sonnette de la porte d'entrée.
Ils se précipitèrent tout les quatre dans le couloir ; Lupin et Ron se hâtèrent de fermer les rideaux sur la toile animée, Hermione ensorcela précipitamment les autres tentures pour éviter que les différents tableaux ne se réveillent également et Harry se dépêcha de faire rentrer Tonks à l'intérieur.
-Désolée, murmura-t-elle, j'avais oublié.
-Pas grave, haleta Ron, épuisé par sa lutte contre l'horrible portrait.
-Alors, demanda Lupin, que voulait Scrimegeour ?
-Oh, répondit-elle en retirant sa cape et en entrant dans le salon, Rien de spécial, il voulait juste me poser des questions détaillées sur ce qui se passe à Poudlard. Le seul problème, c'est qu'aucun Auror n'est à Poudlard même. Du coup, il avait l'air d'être de très mauvaise humeur quand je suis partie, mais que voulais-tu que je lui raconte ? je n'allais pas lui inventé des lettre de la directrice pour lui faire plaisir !
-Non, bien sûr.
Ils se mirent tout les cinq à fustiger le ministre en sortant tous les griefs qu'ils pouvaient trouver contre lui. Une nouvelle fois, Rogue se contenta d'apparaître rapidement pour attraper de quoi dîner avant de remonter dans sa chambre (pour leur plus grand bonheur) et la soirée se passa presque aussi plaisamment que la précédente. Tonks ne participa pas beaucoup à la conversation ; sans doute fatiguée, elle paraissait un peu ailleurs, ses cheveux roses vif ressortant sur son visage plus pale que d'ordinaire. Sitôt qu'elle eut fini de manger, elle se laissa tomber sur un fauteuil, une tasse de thé à la main, tournant le dos à la table ou Ron, Harry, Lupin et Hermione continuaient de bavarder avec animation. Une heure passa. Tonks se sentait engourdie, un peu fiévreuse. « Je ferais mieux d'aller me coucher » songea-t-elle en sentant le sommeil la gagner. Elle se leva péniblement, tenant sa tasse d'une main vacillante, fit quelques pas, puis... un brouillard opaque l'envahit ; Une sorte d'immense ombre noire obscurcit sa vue et elle lâcha sa tasse qui se brisa sur le sol avec un bruit sonore. Dans un épouvantable vertige, elle chancela, perdit connaissance et s'effondra.
-Tonks !
Lupin la rattrapa juste avant qu'elle ne tombe sur le sol, évanouie.
-Tonks ! Ohé !
Pas de réponse. Complètement inconsciente, Tonks ne l'entendait même pas, sans d'avantage réaliser qu'ils étaient tous penchés au dessus d'elle, terriblement anxieux. Encore plus pale qu'une heure plus tôt, elle frissonnait, ruisselante de sueur dans les bras de Lupin qui la maintenait par les épaules, un genou posé au sol. Il posa le dos de la main sur son front.
-Elle est brûlante.... Allez me chercher la trousse de secours dans la
boite à pharmacie, ordonna-t-il à la cantonade.
Il la souleva délicatement et l'allongea doucement sur le canapé, alors qu'Hermione revenait déjà en courant avec la trousse à pharmacie qu'elle posa à coté de lui.
-Personne n'a rien remarqué, ce matin ? Il ne s'est rien passé d'anormal ? demanda-t-il en examinant Tonks. Ses gestes étaient rapides, précis, sa voix très calme, mais son regard trahissait une immense inquiétude.
Ron et Harry se regardèrent, cherchant mutuellement quelque chose qui aurait pu se produire, mais Hermione poussa un petit cri et plaqua sa main devant sa bouche. Ils se tournèrent vers elle.
-C-ce matin... Je l'ai vu grimacer alors qu'elle s'apprêtait à partir... je lui ai demandé ce qui n'allait pas et elle m'a répondu qu'elle s'était fait une petite égratignure sur la jambe gauche... Elle m'a dit que ce n'était rien du tout, mais...
Elle laissa sa phrase en suspend ; Lupin la regarda un instant en ayant l'air de réfléchir à toute vitesse à qu'est ce qui aurait pu se passer pour qu'une simple plaie s'infecte aussi vite et assez gravement pour mettre quelqu'un dans cet état, puis sortit sa baguette, écarta la robe de Tonks et murmura « diffindo » en passant la baguette sur sa jambe gauche jusqu'au genou. Il souleva précautionneusement le jean coupé net dans le sens de la longueur et ils étouffèrent tous une exclamation horrifiée : sur sa jambe, il y avait une affreuse blessure, enflée et violacée, qui
ressemblait à une succession de petits trous.
-Morsure de doxy, diagnostiqua Lupin. La blessure n'est pas infectée – un miracle ! – mais le venin de cette sale bête à eu tout le temps de faire effet depuis ce matin. Il doit y avoir un antidote là-dedans... Ah, le voilà. Vite, maintenant, il n'y a plus de temps à perdre...
Il attrapa une fiole, la décapsula et versa une petite quantité d'un liquide violet dans un gobelet. Il inclina la tête de la jeune femme et lui fit boire doucement le contre poison. Cela fait, il désinfecta soigneusement la plaie, étala un onguent dessus, posa une gaze et enfin enroula soigneusement une bande tout autour selon un protocole sophistiqué.
-Là. Il n'y a plus qu'à attendre, murmura-t-il en rangeant tout dans la trousse d'un coup de baguette.
-Elle va s'en sortir, n'est-ce pas ? demanda Hermione d'une voix blanche.
Lupin haussa les épaules sans quitter des yeux la jeune femme inconsciente agitée de frissons.
-Normalement, il ne devrait pas y avoir de problèmes. Il faut juste que l'antidote fasse son effet. Mais chacun réagit différemment aux poisons, et il peut toujours y avoir des complications, d'autant plus que le venin a eu une bonne douzaine d'heures de tranquillité pour agire – au moins ! Pour l'instant, on ne peut rien faire de plus, il ne s'agit plus que d'attendre en essayant de faire tomber la fièvre.
Il se leva, se pencha et la souleva délicatement dans ses bras.
-Il lui faut du repos ; Je vais l'emmener dans sa chambre. Si l'un d'entre vous pouvait préparer une bassine d'eau fraîche avec deux linges doux, ce serait gentil.
-Oui, bien sûr, bredouilla Hermione en se précipitant dans la cuisine.
Lupin monta au premier étage, entra dans la chambre de Tonks, l'allongea confortablement sur son lit et lui retira ses chaussures. Il tira vers lui un vieux fauteuil, la couvrit tendrement et soupira, désolé ; Hermione toqua puis entra dans la pièce, une bassine dans les mains et les deux linges demandés sur le bras.
-Ah, merci, Hermione.
-De rien. Je peux faire quelque chose d'autre ?
-Non, ça ira. Mis à part attendre, il n'y a pas grand chose à faire.
-Bon. Alors bonsoir, professeur.
-Bonsoir.
Lupin mouilla l'une des étoffe et essuya le visage de Tonks avec, avant de le poser sur son front ; Quelques minutes plus tard, il fit de même avec l'autre étoffe, résolu à faire tout son possible pour faire disparaître l'expression de souffrance et les frissons glacés qui agitaient la jeune femme.
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Le gazouillis d'une petit oiseau ; Quelque chose de frais et d'humide sur le front ; une agréable chaleur sur la joue ;
Tonks ouvrit les yeux. La morsure du soleil la fit cligner de l'½il quelques secondes durant lesquelles elle ne comprit pas ou elle était. Elle essaya de se retourner de l'autre coté et un linge mouillé lui tomba devant les yeux. Surprise, elle tâtonna pour l'enlever et ses mouvements entravés par le tissu lui firent comprendre qu'elle était toute habillée. « Où est-ce que je suis ? pensa-t-elle. Oh ! c'est vrai ! Le ministre... Le square Grimmaurd...! Je suis au quartier général. Mais qu'est ce que je fabrique toute habillée dans mon lit ? ». Elle réussit enfin à garder les yeux plissés mais ouverts tournée vers la fenêtre, se tortilla sous les couvertures pour se retourner et... Tomba presque nez à nez avec Remus Lupin. Tonks fut si surprise qu'elle ne pu s'empêcher de sursauter et de cligner une nouvelle fois des yeux pour s'assurer qu'elle ne rêvait pas : Mais non, c'était bien lui, profondément endormit dans un fauteuil juste à coté de sa table de chevet, sur laquelle était d'ailleurs posé une bassine pleine d'eau avec un autre bout de tissu mouillé accroché à l'une des poignées.
-Remus ?
Remus remua légèrement dans son fauteuil, plissa brièvement le visage puis ouvrit les yeux à son tour.
-Tonks ! Tu es réveillée ! Comment te sens tu ? demanda-t-il en se penchant à l'extrême bord du siège pour se rapprocher.
-Bien. Qu'est ce qui c'est passé ? Je suis tombée malade ? Je ne me souviens de rien...
Il lui posa la main sur le front.
-Vraiment ? – Non, tu n'as plus l'air d'avoir de fièvre – Oh, il ne c'est pas passé grand chose : Hier matin, tu t'es fait mordre par un doxy, tu ne t'en es pas occupée et hier soir, naturellement, le venin t'a donné une poussée de fièvre magistrale et tu t'es évanouie. On t'a fait avaler un antidote et je t'ai monté dans ta chambre pour que tu puisse te reposer.
-Et tu as passé toute la nuit à mon chevet ?... Tu es gentil...
Lupin eu un petit rire gêné.
-Oh, j'ai plus vraisemblablement passé une petite partie de la nuit à ton chevet et la majorité du temps à dormir comme un bienheureux...
-Tu n'aurais même pas dut rester... Tu passes déjà bien assez de nuits blanches comme ça !
-De toute façon, je n'aurais pas réussit à dormir, tu sais, lui dit-il d'un ton un peu fatigué. Plus sérieusement, il ajouta :
-Tu m'a fait une de ces peurs... J'ai cru que...
Il laissa sa phrase en suspend, comme s'il préférait ne pas la finir. Il la regarda d'un air grave en laissant courir son doigt sur son visage. Tonks lui sourit tendrement. Lupin se redressa brusquement.
-Bon ! Tu as faim ?
-Mmm, oui, maintenant que tu le dis, c'est vrai, j'ai faim.
-Très bien, alors, ne bouge pas, je reviens tout de suite.
Il sortit de la pièce et dévala silencieusement les escaliers. Il était encore très tôt ; il se glissa dans la cuisine et prépara en quelques instants un plateau garnit d'une grande tasse de café au lait accompagnée d'une panière de petits pains et de croissants, d'une pile de toasts et d'un grand verre de jus de citrouille auquel il rajouta une assiette d'½ufs brouillés au bacon.
Tonks se cala confortablement contre ses oreillers et regarda par la fenêtre le magnifique soleil qui annonçait une splendide journée. C'était d'autant plus agréable qu'avec les détraqueurs qui proliféraient, de telles journées devenaient très rares. Il y eu quelques légers grincements de parquet puis la porte se rouvrit et Remus arriva en portant un plateau gigantesque. Tonks ne put s'empêcher de sourire.
-Merci, Remus. Il y a de quoi nourrir un régiment, dis donc !
-Bah... comme ça, tu pourras choisir, répondit-il refermant la porte (avec quelques difficultés, étant donnée l'envergure du plateau) derrière lui. Tonks se redressa et il lui posa le plateau sur les genoux.
-Voilà, voilà, Majesté, lui dit-il d'un ton joyeux en s'asseyant à nouveau à coté d'elle.
-Merci, Edgar, vous pouvez disposer, lui répliqua-t-elle d'un ton hautin, jouant le jeu.
Ils rirent tout deux ; Tonks attrapa un petit pain tandis qu'il commençait à lui beurrer un toast, aux anges. Pouvoir s'occuper d'elle semblait l'enchanter au plus haut point.
-Alors, quoi de neuf pour l'Ordre ? demanda Tonks plus sérieusement. On a pas pu en parler depuis que je suis là, autant en profiter puisque c'est impossible par hiboux.
-Ah... La question que je redoutais. Et bien, pour l'Ordre, j'ai réussit à rassembler pas mal de choses sur Rookwood – j'ai peut-être trouvé l'endroit où il se cache, d'ailleurs – mais malheureusement, j'ai aussi d'autres nouvelles beaucoup moins bonnes.
-Ah oui ? Quoi donc ?
Il poussa un profond soupir ;
-J'ai intercepté des messages de Greyback. J'ai passé suffisamment de temps en sa compagnie pour savoir quel style de pistes il privilégie pour communiquer avec les... les autres... bredouilla-t-il, un peu mal à l'aise, mais Tonks se contenta de hocher la tête et de l'écouter attentivement en attaquant ses ½ufs au bacon.
-Le problème, c'est qu'il a l'air décidé à passer à la vitesse supérieure. Non seulement il ne se contente plus d'attaquer des cibles particulières à la pleine Lune et de dresser ses – nos – semblables à en faire de même, mais en plus, il paraît résolu à organiser une sorte de raid en plein c½ur de Londres un de ces mois.
-Un raid au c½ur de Londres ?... Attends... Tu veux dire qu'il... Euh... Qu'est ce que tu veux dire, exactement ?
-Tu as saisi. D'après ce que j'ai compris – le message était codé, ils sont toujours codés et je ne connais pas tous les cryptages – il voudrait qu'une dizaine ou une douzaine de Loup-garous aillent sillonner à découvert les rues de la capitale. Ce qui serait une catastrophe. Les moldus ne pourraient pas faire la différence entre loup normaux et loup-garous, mais il y aurait des dizaines, peut-être des centaines, de mordus. Ce serait un véritable carnage. On se retrouverait avec une multitude de moldus lycanthropes, peut-être des morts, d'incroyables quantités de gens à rendre amnésiques, et surtout, surtout, des ennuis épouvantables à long termes. Actuellement, on doit avoir une quarantaine de loup-garous moldus dans le pays, et on a déjà beaucoup de mal à les faire passer sous silence dans le reste de la population. Il y a des oubliators qui sont déférés chaque mois pour tenir en respect puis rendre amnésique les trois quarts d'entre eux, mais que faire pour les autres qui échappent encore à tout contrôle ? C'est un danger énorme pour leurs proches mais aussi pour toutes les personnes qu'ils pourraient croiser en sortant d'un restaurant un soir de pleine lune ; Et puis aussi, c'est une menace pour toute la société sorcière qui risque chaque mois d'être découverte. Tu imagines les ravages que causeraient six cent loup-garous moldus au lieu de quarante ?
Il poussa un autre profond soupir et se passa la main dans les cheveux, l'air complètement découragé. Tonks s'arrêta de manger son croissant et le regarda avec compassion. Doucement, elle lui posa une main sur le bras sans rien dire. Il redressa la tête, un peu réconforté et la regarda à son tour.
-Pour l'instant, ce n'est qu'une idée en l'air. Mais comme elle pourrait faire énormément de dégâts et qu'elle pourrait condamner des dizaines de personnes à la lycanthropie – un éclair de haine passa dans son regard –, et connaissant Greyback, il y a de fortes chances pour qu'il la mette à exécution, gronda-t-il sourdement.
Il se mit à mâchonner sa lèvre inférieure pour éviter de s'énerver.
-Et je n'ose même pas imaginer ce qui se passerait si un seul loup-garous était lâché dans une grande ville en pleine transformation, ajouta-t-il avec tristesse en détournant le regard.
Nouveau mâchonnement.
-Donc, tu vois, dit-il en s'adressant à la poignée de la bassine, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.
Tonks ne put s'empêcher de sourire ; Remus fixait toujours la table de chevet comme si elle était soudain devenue fascinante.
-Remus...
Au prix d'un immense effort, il se força à la regarder dans les yeux en se mordillant l'intérieur de la joue pour rester calme. Il détestait aborder le sujet des ravages causés par les loup-garous. Il en avait depuis longtemps prit l'habitude, et avec certaines personnes cela ne le gênait plus ou presque, mais avec Tonks, c'était plus difficile qu'avec n'importe qui.
-Remus, pour l'instant, ce n'est qu'un projet. Et comme tu l'as intercepté, l'Ordre va pouvoir agire en conséquence. Ne t'inquiète pas, va. Fol ¼il trouvera bien un moyen pour empêcher ça...
Un long silence. Remus inspira profondément et parla d'une voix très différente de celle qu'on lui connaissait.
-Ce qui me désespère, chez Greyback, c'est son excitation, sa joie, à l'idée de rendre d'autres personnes comme... comme... comme nous... s'étrangla-t-il. Pour lui, c'est... un bonheur, de détruire la vie de pauvres gosses innocents, de les priver de tout avenir, de toute vie décente...
Il s'interrompit. Sa lèvre tremblait de plus en plus et il préféra ne pas continuer. Tonks se mordit la lèvre à son tour, désolée et sans savoir que faire pour le réconforter. Il y eu un autre silence. En désespoir de cause, elle lui effleura le bout du nez d'un air taquin. Remus refit surface et la regarda exactement de la même manière que le soir où elle était restée des heures sans bouger à coté de lui, lui apportant à la fois le réconfort et le soutien dont il avait besoin et le silence réparateur qui ne l'avait pas obligé à parler avant de se sentir un peu mieux. Elle était la seule personne qu'il ait rencontré au cour de sa vie à paraître le comprendre aussi parfaitement. Même James et Sirius n'avaient jamais été aussi proches, eux qui le voyaient – sans mauvaises arrières pensées ! – comme un animagus « forcé » plutôt que comme un vrai « malade potentiellement dangereux ». Même Lily, qui pourtant l'avait toujours considéré différemment, ni comme une créature inquiétante, ni comme un type normal avec juste un petit problème – ce qui avait quelque chose de très réconfortant, c'était vrai, mais donnait aussi l'impression qu'il ne pouvait pas vraiment se confier à ses amis sur ce qu'il ressentait à chaque transformation – n'avait jamais paru comprendre à ce point ce qu'il éprouvait. Tout en étant gêné d'aborder le sujet de la lycanthropie avec Tonks, il se sentait en confiance car il savait qu'elle comprendrait ce qu'il ne fallait surtout pas dire, ou faire, et qu'elle le réconforterait d'une manière ou d'une autre. Remus lui sourit et lui effleura le bout du nez de la même façon.
-Dora Dear, murmura-t-il simplement, se laissant un tout petit peu aller pour une fois.
-Tiens, c'est mignon, ça, comme surnom ! Ok, va pour « Dora Dear », dit-elle d'un ton espiègle. Ils rirent tout les deux et l'atmosphère se trouva soudain allégée. Remus attrapa un croissant, le trempa dans la tasse de café et se mit à manger avec appétit.
-Oh ! Remus, excuse-moi ! Je n'avait même pas réalisé que tu n'avais pas mangé non plus ! Tiens, mange, dit-elle en poussant vivement les croissants et les toasts vers lui.
-Bah, ne t'inquiète pas, je n'ai pas si faim que ça...
Ils se mirent à bavarder de sujets nettement moins désolants et étaient à nouveau en train de rire de bon c½ur quand deux légers coups retentirent à la porte.
-Entrez ! s'exclama Tonks.
Harry ouvrit la porte et tomba sur Tonks, en parfaite santé, assise dans son lit avec un plateau petit-déjeuner sur les genoux, Lupin assit tout près d'elle en mangeant sur le même plateau. Il leur adressa un sourire rayonnant.
-Bonjour ! Je venais voir comment allait Tonks...
-Impeccable, je te remercie. Et toi ?
-Moi ? Pareil, mais ce n'est pas moi qui a été mordu par un doxy venimeux hier ! Bon, et bien, je vous laisse. Non, non, professeur, ne bougez pas... A plus tard !...
Et Harry referma la porte et descendit, laissant Lupin et Tonks échanger un regard de coté avant d'éclater de rire.
Harry retourna dans la salle à manger qu'il venait de quitter.
-Alors, lui demanda Ron, comment va-t-elle ?
-Très bien. Elle a l'air complètement remise.
-Parfait, assura Hermione, soulagée.
-Lupin a passé la nuit avec elle, apparemment.
-Quoi ?! s'étrangla Ron en avalant son toast de travers.
-Oui, enfin, il est resté à son chevet, quoi.
-Ah, bon...
-Encore mieux, décréta Hermione, avec un sourire de femme d'agence matrimoniale machiavélique.
Rogue rentra tout d'un coup dans la pièce qui paru soudain perdre quelques degrés.
-Bonjour, siffla-t-il froidement en traversant la pièce d'un pas vif en direction de la cuisine comme il en avait prit l'habitude aux heures des repas. Soudain, il s'arrêta net, saisit convulsivement son bras gauche de la main droite et tomba à genoux en plein milieu de la pièce en étouffant un plainte de souffrance. Une sorte de rafale de vent qui ne créa pas le moindre mouvement d'air passa dans la pièce et Harry frissonna de la tête aux pieds, se souvenant brusquement de cette sensation horrible qu'il avait déjà rencontré dans un cimetière, une nuit. Rogue, sa main crispé sur sa manche, serra les dents mais ne put contenir un hurlement de douleur, prostré à terre. Puis, aussi soudainement qu'il était tombé, son corps se détendit et il respira plus librement, haletant comme s'il venait de courir un cent mètres. La marque des ténèbres venait de se réveiller.
Ps : Pour avoir la suite plus rapidement, il faut le mériter, donc j'imagine que vous devinez se qu'il vous reste à faire.*Le Forum Du Blog*