Hermione avait caché le médaillon/Horcruxe derrière une latte de mur branlante du salon et tout trois étaient montés se coucher, même si aucun d'eux ne réussit vraiment à dormir, trop occupés à repasser les images d'une maison en ruines, d'un cimetière triste, d'amis en larmes et d'un certain médaillon. Le lendemain, Hermione finissait déjà de petit déjeuner lorsque Harry descendit.
-Oh, bonjour Harry ! Tu as faim ? J'ai préparé plein de choses ! Alors voyons... Toasts ? Café ? ¼ufs au plat ?
-Merci, une tasse de café et des petits pains, ça ira.
Harry se versa un grand verre de jus de citrouille tandis qu'Hermione levait sa baguette pour faire voler devant lui un panier de petits pains.
-Ron n'est pas encore levé ?
-Non, je ne l'ai pas encore vu ce matin.
-Je suis là ! S'exclama l'intéressé. Ron se laissa tomber sur une chaise à coté de Harry et fit voler une assiette d'½ufs au bacon qu'il commença aussitôt à engloutir.
-A'ors, far woi on 'ommenhe ? baragouina-t-il, sous le regard outrée d'Hermione.
-Comment ça ?
Ron avala sa bouchée.
-Par quoi on commence ? Qu'est ce qu'on fait, ce matin ? Par où va-t-on chercher les autres Horcruxes ? Qu'est ce qu'on visite ? Tu as dit hier que tu avais des idées à propos du dernier Horcruxe, ainsi que des pistes d'investigations, en quelque sorte. Tu nous expliques ça ?
-OK. (Harry mordit à belles dents dans son deuxième croissant puis se redressa un peu) Voilà : Dumbledore pensait que le dernier Horcruxe était certainement un objet ayant appartenu à Serdaigle ou Gryffondor. Personnellement, je ne sais pas ce que vous en pensez, mais je pencherais pour un objet de Serdaigle. La seule réplique connue de Gryffondor, c'est son épée incrustée de rubis, or, je doute fortement qu'elle ait pu combattre Voldemort si elle avait été l'un de ses Horcruxes. Il lui aurait été très facile de – euh – « l'actionner » pour en faire sortir une autre partie de son âme quand nous nous sommes retrouvés face à face en deuxième année. Naturellement, il pourrait très bien y avoir un autre objet de Gryffondor, inconnu du grand public, mais à vrai dire, je doute que Fumseck m'ait envoyé ces armes si Voldemort possédaient aussi certaines d'entre elles. Donc, à mon avis, il faudrait chercher les descendants de Rowena Serdaigle – s'il y en a encore.
-Oui, c'est une bonne idée, diagnostiqua Hermione, qui s'était penchée en avant pour l'écouter, une plume et un rouleau de parchemin à la mains. On pourrait commencer par aller dans une bibliothèque – je crois qu'il y en a une sur le chemin de traverse – et faire des recherches par là. Si vous voulez, je peux m'en charger, proposa-t-elle en écrivant à toute vitesse sur le parchemin (d'après ce que pu voir Harry, elle notait déjà tout un plan de recherche précises sur la façon dont elle allait s'y prendre, partant des arguments de Harry qu'elle avait scrupuleusement recopiés).
-Euh... Oui... je crois que ce serait le mieux à faire, assura Ron, visiblement peux enchanté à l'idée de passer des heures le nez dans de vieux livres d'archives.
-Bon, voilà déjà un point de réglé. Ensuite, la coupe. Naturellement, je ne sais pas du tout où elle pourrait être, mais d'après tout ce que Dumbledore m'avait montré de Voldemort, il y a de grandes chances pour que ce soit dans un endroit qui ait une signification particulière pour lui – soit un endroit qu'il ait aimé, soit un endroit ou il avait passé du temps, ou prouvé sa supériorité. J'ai cherché tout l'été dans quel genre d'endroits de sa jeunesse il aurait pu vouloir cacher une partie de son âme, et je ne vois que quelques trucs – vous aller me dire si vous pensez que cela peut coller : Il y a l'orphelinat où il a grandit ; Mais bon, il n'aimait pas cet endroit, il n'y a pas été très heureux, même s'il passait son temps à terroriser les autres enfants. Peut-être avait il une sorte de « jardin secret », une pièce connue de lui seule ou une cachette genre arbre creux ou cabane ? A voir. En tout cas, je me dis que ça pourrait être bien de retrouver cet orphelinat, sachant qu'il est ici, à Londres.
-Oui, renchéri Ron, et puis on pourrait aussi essayer de retrouver certains de ses...euh... camarades de classe... Si on pouvait discuter avec eux, peut-être que l'on apprendrait d'autres choses sur Tu-sais-qui.
-Oui, bonne idée, approuva Hermione, qui continuait de griffonner à toute vitesse.
-Bien, alors, ensuite, j'avait pensé à Barjow et Beurk.
-La boutique de l'Allée des Embrumes ?
-Ouais... après tout, il y a travaillé, et il s'y plaisait bien.
-Là, on va avoir beaucoup plus de problèmes, à mon avis, grommela Ron. Barjow t'a déjà vu, Hermione ; toi, Harry, tu es facilement repérable, et moi, mon père est bien connu dans ce genre de milieux. Même avec la cape, je pense qu'on va avoir de gros problèmes pour fouiller cet endroit – et je ne parle pas d'interroger des gens !
-Tu sais, Harry, dit pensivement Hermione en se grattant le nez avec sa plume, Voldemort a travaillé là-bas, mais il savait très bien que ses patrons ne faisait que du bizness ; ça m'étonnerait beaucoup qu'il ait laissé quelque chose là bas, avec tous les risques de voir un Horcruxe se faire vendre à n'importe qui. Bien sûr, cela pourrait être intéressant d'aller voir, mais je suis d'accord avec Ron, ça va être très difficile.
-Mouais. On va laisser ça de coté dans un premier temps. Ensuite, je ne vois pas trop. Peut-être Poudlard ? C'était le seul endroit qu'il aimait vraiment. Mais Dumbledore n'y croyait pas lui-même, et il avait certainement fouillé l'école dans toute la mesure de ses moyens. A part Fred, Georges et les Maraudeurs – mon père, Sirius, Lupin et Queudver – personne ne pouvait connaître les recoins de cette école mieux que lui. La seule pièce cachée inconnue, c'était la chambre des secrets, et Voldemort l'avait déjà exploitée au maximum de ses possibilités, on va dire.
-Peut-être que... commença lentement Hermione,
-Oui ?
-Et bien... je ne sais pas... enfin, je me disais... Pourquoi pas la maison des Jedusort ?
-Quoi, tu veux dire la maison de son père ? L'une des personnes qu'il détestait le plus au monde ? Son premier meurtre ? dit Ron, en écarquillant les yeux.
-Attends, l'interrompit Harry, c'est pas bête. Après tout, je sais qu'il y est revenu l'année avant son retour. Et Dumbledore pensait que Nagini, le serpent, était devenu un Horcruxe à ce moment là, lors du meurtre du vieil homme moldu qui gardait la demeure.
-OK, alors ça nous fait déjà quelques pistes d'investigations.
-Mouaip ! Lança Harry en se levant d'un bond. En route !
-Qu-Quoi, mais... bredouilla Ron, pris de cour. Où on va ?
-Sur le Chemin de Traverse, chercher une bibliothèque dans laquelle Hermione va pouvoir commencer ses recherches sur Rowena Serdaigle et ensuite, nous deux, on ira dans une bibliothèque d'archives moldu de Londres, et on cherchera ce que l'on pourra sur l'orphelinat de Tom Elvis Marvolo Jedusort !
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Les semaines qui suivirent se déroulèrent à peu prés de la même façon. Chaque matin, après un bon petit déjeuner, ils partaient tous les trois en direction de la bibliothèque du Chemin de Traverse, y passaient quelques heures à chercher des informations diverses, notamment sur les Horcruxes – sans l'ombre d'un succès – sur la descendance de Serdaigle – Hermione était entrain de réaliser un véritable arbre généalogique, qui arrivait actuellement vers l'an 1350, ce qui était déjà un bon début – ou encore sur diverses traces de faits se rapportant à Voldemort après sa sortie de l'école – sans plus de succès que pour les Horcruxes. Ensuite, ils rentraient déjeuner, à moins qu'Hermione ne reste avec un lunch, et Harry et Ron repartaient l'après midi dans le monde moldu pour chercher l'orphelinat ; ils avaient fouillés deux bibliothèques mais n'avait encore rien trouvé. Il y avait parfois des coups de déprime mais ils se remontaient les uns les autres le moral, surtout en faisant le point sur les pistes d'investigations qui leurs paraissaient de plus en plus logiques, et plus encore, en sortant le médaillon de sa cachette pour l'observer tous ensemble, parlant peu, s'interrogeant sur la façon de le détruire, mais étrangement remontés à bloc par cette « chose », comme ils persistaient à l'appeler avec le plus de dédain possible. Harry et Ron allaient presque chaque jours à la boutiques des jumeaux où ils ne passaient guère que 10 ou 15 minutes mais ou ils arrivaient toujours à se détendre un peu, et Hermione les accompagnait souvent ; Harry soupçonnait Ron de vouloir s'assurer par lui-même qu'au moins deux de ses frères étaient toujours vivants. Parfois, ils croisaient Bill ou Fleur, ou les deux, lorsqu'ils s'approchaient de Gringott aux heures d'ouverture ou de fermeture. Ils avaient déjà revu plusieurs membres de l'Ordre du Phénix au QG – Sturgis, Fol ¼il, le professeur McGonagall, Bill et Mr. Weasley étaient déjà passés deux ou trois fois en coup de vent, leur donnant quelques nouvelles de la famille Weasley ou de Poudlard, mais c'était surtout Lupin, Kingsley et Tonks qu'ils voyaient souvent ; Les deux Aurors aimaient bien revenir au Q.G de l'Ordre pour pouvoir se parler enfin librement après le travail au ministère, et Lupin, même s'il était toujours investit de longues mission – quoiqu'il lui soit toutefois impossible de retourner avec les loups-garous de Voldemort, depuis l'attaque de Poudlard – habitait tout de même au Square Grimmaurd. Du coté de l'Ordre comme de celui de Ron, Harry et Hermione, il y avait toujours une grande joie de se revoir, naturellement, de même qu'à recevoir des nouvelles les uns des autres, mais ils ne pouvaient s'empêcher de rester un peu sur la réserve. L'Ordre ne pouvait pas dire le fond de son action aux trois amis puisqu'ils n'en étaient pas membres et eux même ne pouvaient pas révéler ce qu'ils faisaient. Tout le monde s'abstenait résolument de poser des questions embarrassantes ou inquisitrices ; Une relation de confiance s'était cependant établie entre les quatre habitants « permanents » du Quartier Général, ainsi que Tonks. Aucun d'entre eux ne cherchait à marcher sur les plate bandes de l'autre ligue anti-Voldemort, mais ils ne restaient jamais indifférents aux problèmes les uns des autres, et parfois même, ils s'entraidaient. Les trois jeunes adultes avaient ainsi permis à Lupin de trouver le code de quelque chose qu'il n'avait pas voulu révéler mais qui semblait le ravir au plus haut point. De son coté, Tonks leur avait donnée une nouvelle piste d'investigation sur la descendance de Serdaigle, qu'ils avaient fini par lui révéler qu'ils cherchaient – ils avaient décidés d'un commun accord qu'il n'y aurait pas de problème à dévoiler certains points de recherche, du moment qu'ils n'expliquaient pas pourquoi ils le cherchaient.
Le premier septembre, Ginny retourna à Poudlard, ré-ouvert provisoirement et tout le monde l'accompagna à la gare. Tonks, qui reprenait son poste à Pré-au-Lard, devait partir dans le même train que les élèves, par mesure de sécurité (Harry, Ron et Hermione s'étaient beaucoup amusés en regardant Lupin qui semblait singulièrement attristé, quoi qu'il en dise, en voyant Tonks leurs faire de grands signes de la main depuis le train ; ce soir là, il n'avait presque rien mangé, plongé dans ses pensées). Le ministre de la magie avait décrété qu' « un regard neuf peut apporter beaucoup de chose sur un problème » aussi, les Aurors « tourneraient » à Pré-au-Lard – il y aurait toujours 4 ou 5 Aurors sur place, mais se ne serait pas toujours les mêmes, ils effectueraient des missions en décalé.
Un soir de début octobre, alors qu'ils rentraient tout les trois d'une journée particulièrement épuisante – Ils avaient compulsés une bonne cinquantaine de livres sur les différents thèmes des fondateurs de Poudlard, des sorciers maléfiques de tous les temps, des actes de magie noires les plus élaborés, etc. etc. – ils trouvèrent Remus Lupin assit sur le canapé en face de la cheminée, les coudes sur les genoux, le visage dans les mains, complètement immobile. Surpris, ils échangèrent un regard ; La seule fois ou ils l'avaient vu dans cet état, c'était lorsqu'il avait appris la mort de Dumbledore, quelques mois auparavant. Hermione s'avança légèrement.
-Heu... Professeur ?
Pas de réponse.
-Professeur... Quelque chose ne va pas ?
De l'autre coté de la pièce, Harry et Ron virent Mr. Weasley entrouvrir l'autre porte qui donnait sur la cuisine et leur faire signe de le rejoindre. Ils traversèrent la pièce en silence – Ron attrapa un pan de la robe d'Hermione au passage et l'entraîna à leur suite – et Arthur referma la porte sur eux.
-Mr. Weasley, qu'est-ce qui se passe ? Qu'est–ce qu'il a ? Et d'abord, pourquoi êtes vous là ? Je croyais que vous ne deviez pas revenir ici avant la prochaine réunion de l'Ordre... Il y a eu une attaque ? Une situation d'urgence ? Qu'est-ce que...
-Attends, Harry, du calme, une question à la fois, s'il te plais. Je suis là parce que Remus est là et, au point de vu de l'Ordre, il ne s'est rien passé.
-Alors qu'est ce qu'il...
-Il a que quelqu'un lui a dit la pire chose qu'on pouvait lui dire, répondit une autre voix enrouée.
Tonks sortit du coin d'ombre ou elle se tenait avec Kingsley Shacklebolt et Mme Weasley.
-Nous étions tout les trois – moi, Arthur et Kingsley – au bureau d'Arthur, parce que nous avions besoin d'un renseignement, reprit elle, toujours d'une voix tremblante. Je devais revenir faire un rapport et j'en ai profité pour aller lui demander quelque chose ; Molly est arrivée pour nous dire que Kingsley et Arthur devraient se charger de – Mme Weasley lui jeta un coup d'½il féroce en toussant bruyamment – Enfin, ils devaient remplacer quelqu'un. Remus était avec elle. Nous avons commencé à discuter un peu... et puis d'un coup, deux membres de la brigade de police magique sont entrés en maintenant fermement un homme qui se débattait... Ils ont demandé à Arthur qu'est-ce qu'il fallait en faire, comme quoi c'était un type recherché pour vente de cochonnerie du genre « médailles de protections », qui en fait te font pousser des poils oranges et violets dans les oreilles... Le bonhomme s'est mis à hurler qu'il ne faisait rien de mal, qu'il vendait juste des protections aux gens qui avaient peur de se faire attaquer... Et là il a regardé Remus et il... Il...
Tonks s'interrompit, comme si elle n'arrivait pas à dire ce qui s'était passé, tant c'était épouvantable.
Molly prit le relais.
-Il a dit « pour se protéger contre ce genre de monstres » et il a désigné Remus d'un mouvement de tête.
Ron gronda sourdement en serrant les points, Hermione plaqua les deux mains sur sa bouche, horrifiée, et Harry sursauta comme s'il avait été giflé.
-Il QUOI ?
-Tu as bien entendu.
-Ohmondieu ! s'étrangla Hermione. Et Lupin...
-Il est devenu blanc comme un mort, murmura Tonks d'une voix hachée. Il a tourné les talons et il est partit comme un voleur... Arthur s'est précipité à sa suite, moi, j'ai giflé ce petit crétin, mais c'était trop tard, on ne pouvait pas lui faire ravaler ses paroles...
-J'ai essayé de rattraper Remus, continua tristement Mr. Weasley, mais rien à faire. On l'a cherché partout avant de le retrouver ici il y a deux heures, et depuis, il n'a pas bougé.
Harry secoua la tête, outré. Traiter Lupin de monstre était bien la chose la plus stupide, la plus injustifiée et la plus blessante qu'on puisse lui dire. Il n'était pas étonnant qu'il réagisse de cette façon. Harry s'approcha de la porte et l'entrebâilla. Presque tout le monde le suivit et regarda la silhouette prostrée de Lupin.
-Quel gâchis... Il avait déjà si peu de confiance en lui, murmura Hermione, désolée.
-C'est absurde, explosa Ron a voix basse, Lupin est l'un des hommes les plus sensés et les plus instruits que j'ai jamais rencontré ! Le traiter de monstre n'a aucun sens !
-Que veux tu, les hommes sont d'une bêtise peu commune...
-Oui, bien sur, mais pourquoi se met-il dans tout ses états à cause d'un imbécile ? Il doit bien savoir que personne ici ne le considère comme ça, bien au contraire !
-Il se sous estime toujours à propos de ce qu'il est, intervint Harry. Comme dit Hermione, il manque terriblement de confiance en lui, et ça a dû être la secousse qui déclenche le tremblement de terre...
-On ne va quant même pas le laisser comme ça...
-Mais qu'est ce qu'on peut faire ?
-Je ne sais pas, moi, on pourrait lui dire que ce type avait de la bouse de dragon à la place du cerveau et qu'on sait tous qu'il est l'inverse d'un monstre !
-Cela en changerait rien. Remus est déprimé parce qu'il ne peut pas s'empêcher de penser que l'autre idiot à raison, remarqua Kingsley avec pertinence. Quoi qu'on puisse lui dire, il persistera à penser à ce qu'il devient à chaque pleine Lune. Pour l'instant, je ne vois pas trop quoi faire. Je pense qu'il faut le laisser un peu seul pour le moment.
Il y eu un grand silence. Brusquement, Tonks se faufila dans l'entrebâillement de la porte et se glissa dans la pièce.
-Tonks !
-Non...
Mais elle ne tint pas compte de ces protestations. Arrivée près du canapé, elle s'immobilisa, inspira profondément comme si elle s'apprêtait à plonger dans une piscine puis contourna le meuble et s'assit juste à coté de Lupin. Aucune réaction. Derrière la porte, une demi douzaine de personnes retinrent leur souffle. Mais ils le retinrent en pure perte. Tonks se contenta d'allumer un grand feu dans l'âtre d'un coup de baguette, puis, les yeux fixés sur la cheminée, elle resta aussi immobile que Lupin et ne dit ab-so-lu-ment rien.
-Bon, murmura Harry en refermant doucement la porte, je crois qu'il vaut mieux les laisser seuls.
Tout le monde approuva ; bientôt, Mme Weasley rentra chez elle par la poudre de cheminette, son mari employa le même mode de déplacement pour retourner au ministère (il ne pouvait pas se permettre de disparaître de son bureau une après midi entière, et il n'était pas encore 18h), Kingsley le suivit au bureau des Aurors et Harry, Ron et Hermione filèrent dans leur chambre aussi discrètement que possible, laissant Tonks et Lupin complètement seuls. Ils restèrent assis côte à côte sans bouger ni parler pendant un temps incroyablement long. Harry, Ron et Hermione redescendirent une heure plus tard pour dîner, préparèrent cinq couverts, eurent le temps de manger, de débarrasser puis de remonter discuter de leurs plans – en prenant toutefois le soin de laisser les deux couverts sur la table, bien en face l'un de l'autre et séparés par deux petits chandeliers – sans que Tonks ou Lupin ne bougent d'un centimètre. Enfin, beaucoup plus tard, Remus se redressa doucement en inspirant profondément. Il s'adossa contre le canapé et regarda Tonks lui jeter aussi un coup d'½il. Il esquissa un sourire qu'elle lui rendit en posant sa tête contre son épaule tandis qu'il passait son bras autour des siennes.
-Tu est merveilleuse, tu sais.
Tonks eu un petit rire.
-Si rester assis dans la même position pendant – voyons – à peu près cinq heures d'affilées est la preuve qu'on est soit un monstre, soit merveilleux, alors je suis aussi monstre que toi.
Ils rirent ensemble.
-Je t'ai fait perdre ta journée.
-Je l'ai bien mieux gagnée en te revoyant sourire. Et de toutes façons, j'avais terminé de faire mon rapport à Robards.
Il la serra plus fort, la contemplant comme l'une des sept merveilles du monde.
-Si on allait manger un morceau ?
-Ce n'est pas de refus !
Ils se levèrent et se dirigèrent vers la table. Lupin eu un petit rire silencieux en regardant le dîner au chandelles qui les attendaient. Ils échangèrent un regards et se mirent à rire à gorge déployée.
-Tu sais que ces trois là, quand ils ont quelque chose en tête !
-Bon, et bien à table ! lança joyeusement la jeune femme en s'attablant après avoir donné quelques coups de baguette pour réchauffer tous les plats posés sur la table.
Un étage plus haut, les trois adolescents s'arrêtèrent brusquement de discuter et échangèrent des regards ravis en entendant les échos d'une conversation joyeuse entrecoupés de bruis de vaisselle.
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L'ambiance détendue et heureuse persista malgré les déceptions du trio à propos de leurs recherches, les nouvelles peu réjouissantes des attaques de Mangemorts et la brume de plus en plus épaisse des détraqueurs. Une semaine après, l'Ordre du Phénix se réunit au square Grimmaurd ; Naturellement, Harry, Ron et Hermione se virent clairement signifier qu'ils devaient réintégrer leurs chambres, ce qu'ils s'empressèrent de faire – Hermione voulait leurs faire part d'une théorie sur la descendance de Serdaigle. La réunion dura certainement longtemps, toutefois, lorsqu'ils redescendirent un peu avant 20 heures, la quasi totalité des membres de l'Ordre était partie. Il ne restait que la famille Weasley, (Fleur semblait être arrivée peu de temps avant), Kingsley, Tonks et Lupin. Mme Weasley avait déjà mijoté un appétissant cortège de plats, et tout le monde passa à table quelques instants plus tard. Les conversations s'orientèrent différemment selon les assortiments de personnes, (Quidditch du coté de Fred, Georges, Ron et Harry, nouveautés au Ministère pour Tonks, Kingsley, Arthur, Bill et Lupin, et, tout à l'autre bout de la table, Mme Weasley et Hermione mangeaient en silence tandis que la voix aiguë de Fleur résonnait joyeusement). Après cet agréable dîner et une fois la table desservit, Mr et Mme Weasley souhaitèrent bonne nuit à tout le monde et repartirent au Terrier, ce que tous les autres pardonnèrent bien volontiers, tant les journées de Mr. Weasley étaient chargées. Les autres « invités » s'enfoncèrent dans les fauteuils et canapé de la pièce, Fred et Georges assit à l'envers sur des chaises devant le feu, Lupin profondément endormit dans un fauteuil un peu en retrait juste à droite de la cheminée, Fleur sur les genoux de Bill dans le fauteuil voisin de Lupin, Kingsley sur le bord droit du canapé, Ron de l'autre coté, les mains croisées derrière sa tête, Hermione perchée sur l'accoudoir près de Ron et Harry, un verre d'eau à la main, dans le fauteuil prés de la gauche de la cheminée. Tonks, quant à elle, s'était levée de son fauteuil (entre celui de Bill et Fleur et le canapé) pour vadrouiller dans le salon, allant d'étagères en étagères pour contempler les divers bibelots. Tous continuaient de discuter en baissant la voix pour laisser Lupin dormir – précaution absolument inutile, puisqu'ils savaient tous qu'il avait la faculté de récupérer quelque soit le bruit autour de lui – sauf Harry qui était complètement plongé dans ses pensées ; Tonks lui effleura l'épaule.
-Mmm ? Que... Quoi ?
-Hé, Harry, tu permets que je t'emprunte ça ?
Le « ça » en question était une clarinette en cuir noir couverte d'enjolivures de cuivre et d'argent.
- Hein, euh, oui, oui bien sûr, pas de problème, bredouilla-t-il, à moitié endormi.
-Tu sais en jouer ? demanda Ron, intéressé.
-Oh... je fais du bruit, répondit Tonks. Je l'ai trouvé là-bas, dans la commode ; il y a aussi une lyre et un violon, mais je n'ai jamais réussi à tirer une note des instruments à corde !
Tonks porta l'embout à ses lèvres et souffla légèrement dedans. Une petite mélodie guillerette s'éleva aussitôt dans les airs ; Harry admira la dextérité de la jeune femme qu'il avait connu si maladroite et qui se révélait être une si merveilleuse musicienne. Les conversations stoppèrent net et tout le monde se tourna vers Tonks, qui continuait de faire jaillir des notes évoquant irrésistiblement le vol d'un papillon. Lorsqu'elle s'arrêta, des applaudissements retentirent et malgré les ombres que projetaient les flammes sur les silhouettes des jumeaux, Harry vit qu'elle rougissait.
-Une-autre, Une-autre... se mirent–ils tous à scander.
Tonks eu un petit rire gêné, puis, s'avançant dans le cercle de sièges occupés, se remit à jouer, cette fois–ci d'une musique celtique particulièrement prenante. Un silence respectueux se fit dans l'assistance, tous, Tonks la première, se laissant bercer par la fabuleuse musique. Sans ouvrir les yeux et sans que personne ne le remarque d'avantage, Lupin se mit à sourire... A la fin de la musique, Tonks embraya directement sur une autre, toute aussi celtique que la précédente. C'est alors qu'un son de violon se mêla à celui de la clarinette, non pas un violon grinçant et triste, mais au contraire enjoué, vif, rapide et surtout parfaitement sur la même mélodie. Tout le monde se retourna d'un coup et Tonks fut si surprise qu'elle continua à souffler dans la clarinette sur la même note pendant une bonne mesure. Mais elle se reprit très vite et rattrapa la musique, synchronisée avec le violon ; Tout deux partirent sur un duo musical particulièrement remarquable, d'autant plus qu'ils se donnaient la réplique, se renvoyant la musique l'un l'autre. A la fin de la mélodie, Tonks abaissa sa clarinette et adressa un sourire radieux à Remus Lupin, debout en face d'elle, le violon coincé sous son menton, tandis que des applaudissements vigoureux retentissaient. Apparemment, il avait fait voler le violon de la commode jusqu'à lui, à moins qu'il ne soit allé le chercher lui même, en tout cas personne n'avait rien remarqué. Mais Lupin ne paraissait pas l'entendre de cette oreille : Un sourire espiègle au coin des lèvres, les yeux pétillants de malice, il enchaîna sur un autre morceau – celtique, cela va sans dire – épouvantablement rapide. Tonks laissa échapper une exclamation qui signifiait à la fois « tu me payera ça ! » et « Pari tenu ! ». Le sourire de Lupin s'élargit encore et il se mit à jouer avec encore plus d'énergie – sans compter qu'il martelait le parquet du pied droit, rajoutant ainsi un effet de claquettes. Tonks ne se laissa pas démonter et répliqua à son tour par un couplet de virtuose. Harry, Ron et Hermione échangèrent un regard brillant et se laissèrent aller au grés de l'envoûtante musique qui perdura jusque tard - très tard - dans la nuit.
Ps : Pour avoir la suite plus rapidement, il faut le mériter, donc j'imagine que vous devinez se qu'il vous reste à faire.


