Fan Fiction - Volume 7 - Le Triomphe du Coeur - Chapitre 29 .

Fan Fiction - Volume 7 - Le Triomphe du Coeur - Chapitre 29 .
Chapitre 29 - Oh Happy Day

« Voldemort : Death !

Hier soir, au c½ur même du Ministère de la Magie, s'est déroulée une bataille à l'issue décisive pour chacun d'entre nous. Cette journée restera à n'en pas douter dans l'histoire de la planète sorcière toute entière ! Il semblerait, d'après nos sources les plus véridiques, qu'hier, en fin de journée, celui qui s'est longtemps fait appeler « Le Seigneur des Ténèbres » a essayé de lancer une offensive contre le Ministère dans le but de prendre de force le pouvoir. Cette tentative de putsch s'est réalisée avec le soutient de tous ses fidèles nommés « Mangemorts », estimés à entre quarante et cinquante individus. La prise du bâtiment avait déjà commencé et fait plusieurs victimes lorsque, fort heureusement prévenu par un jeune et courageux fonctionnaire de garde, l'élite du ministère a pu intervenir et reprendre rapidement le contrôle de la situation, appréhendant au passage la quasi-totalité des Mangemorts. Il semblerait que d'autres personnes d'horizons différents de ceux du Ministère, y comprit de très jeunes sorciers encore qualifiés de Sorciers de premier cycle, aient également prit part au combat. On ignore encore comment. Au point déterminant de la bataille entre membres du gouvernements et criminels, le responsable des deux guerres qui ont agité notre pays et communauté ces trente dernières années a réussit à pénétrer à son tour dans l'enceinte du pouvoir, créant panique et désorganisation parmi les forces alliées. Il serait alors parvenu à prendre plusieurs personnes en otage, dont le jeune homme surnommé « L'Elu » ou encore « Le Survivant ». Nul de sait précisément ce qui c'est alors passé, mais lorsque des membres du gouvernement ont enfin pu rejoindre le groupe de personnes, l'homme répondant au nom de Tom Elvis Jedusort, alias Voldemort, était définitivement décédé. Il semblerait que plusieurs de ses fidèles aient fait partie du personnel sous les ordres (apparents) du Ministre Rufus Scrimgeour, qui a tenu à s'adresser publiquement pour rassurer la nation : « Les évènements qui jusqu'à hier encore inquiétaient tous les sorciers de Grande-Bretagne sont désormais définitivement terminés. Je suis heureux de vous annoncer la mort du criminel communément appelé « Celui-dont-on ne doit pas... »

11 juillet au soir. Remus, assit dans le canapé du salon du Square Grimmaurd, jeta la coupure de presse déjà ancienne dans le feu et le regarda se consumer, brûlant le traditionnel tissu de mensonges qui seul pouvait qualifier les racontars de La Gazette. Remus fixa les flammes dansantes dans la cheminée devant lui. Il ne savait plus très bien s'il était heureux de ce qui allait bientôt se passer, triste de se qui s'était récemment passé, enchanté ou... Terrifié. De toute façon, il était incapable de dormir. C'était au moins quelque chose de sûr. Les pensées se bousculaient dans sa tête. Il se souvenait de sa première transformation, un mois après sa morsure. C'était le lendemain de cette nuit qui était restée la pire de toute son existence qu'il s'était juré qu'il ne transmettrait à personne cette maladie. Il avait alors juste huit ans. Quelques années plus tard, alors qu'il venait de terminer sa troisième année à Poudlard, il avait apprit que la lycanthropie se transmettait également par génétique. Bien sûr, c'était logique, mais il n'y avait alors jamais pensé. Il avait juste quatorze ans. Il avait passé des nuits entières à réfléchir. Et il en était arrivé à une conclusion qu'il avait tenu pour définitivement acquise jusqu'à sa rencontre avec Tonks, à savoir qu'il ne se marierait jamais. Il avait toujours voulu faire passer un savoir. Enseigner. Être père. Le fait de devenir professeur lui avait permit d'y parvenir tout en tenant sa promesse. Et maintenant, il s'apercevait qu'il avait la possibilité de pouvoir rompre sa promesse de rester célibataire sans briser le serment de ne jamais contaminer qui que ce soit. Cela semblait presque trop beau pour être vrai. Il pensa à Timothy. Dans quelques jours, il en serait légalement le père. Il faudrait penser à l'emmener se faire recenser au bureau des créatures magiques. Remus frissonna en repensant à cette affreuse visite, plus de trente ans plus tôt. Un animal. Ou plus exactement, un infâme monstre, dangereux et effrayant. C'était ainsi qu'on l'avait regardé. Aujourd'hui, il était entouré d'amis qui le considéraient comme un homme comme les autres, quelqu'un d'un peu spécial, certes, mais un homme tout de même. Il avait presque du mal à se faire à cela. Un léger grincement derrière lui le sortit de ses réflexions et lui fit tourner la tête. Tonks venait d'entrer elle aussi dans le salon. En chemise de nuit et robe de chambre, elle lui sourit doucement.
-On a eu la même idée, à ce que je vois, murmura-t-elle.
-Les mêmes pensées, plutôt, répondit-il sur le même ton en lui souriant lui aussi.
Il lui tendit la main. Elle y glissa la sienne et vint s'assoire juste à coté de lui en posant sa tête sur son épaule tandis qu'il lui passait un bras autour des siennes. Pendant quelques instants, ils restèrent enlacés à regarder le feu crépitant.
-Toi non plus, tu n'arrives pas à dormir ? demanda finalement Tonks.
Il sourit et la serra un peu plus contre lui.
-J'ai trop de choses dans les yeux. Je ne sais pas si ce sont mes rêves ou mon futur proche qui défilent. Mais c'est trop beau à regarder pour vouloir les quitter du regard.
-En tout cas, j'ai hâte de voir la tête que tu vas faire demain quand je vais rentrer dans l'église, avoua-t-elle à la fois timidement et malicieusement. Molly m'a fait acheter la plus belle robe de tout le magasin.
-Je ne pourrais pas être plus émerveillé que je ne le suis déjà en te regardant, garantit Remus en s'appuyant la tête sur son poing pour la contempler, un tendre sourire au coin des lèvres.
-Vil flatteur, rétorqua-t-elle avec un petit rire.
-Fais moi plaisir, ajouta Remus. Demain, je tiens à t'épouser, toi. Pas l'une de tes nombreuses couvertures...
Ils pouffèrent en c½ur.
-C'est promit, assura Tonks. Je ne transformerait même pas mes cheveux.
-Merci. Tu sais, nous devrions tout de même allez dormir. Je ne sais pas pourquoi, mais avec la bande de jeunots que nous avons invité au mariage, j'ai comme l'impression que la nuit prochaine va être très courte question heures de sommeil et très longue question musique...
Tonks approuva d'un signe de tête. Ils se levèrent tout les deux et remontèrent jusqu'à la porte de chambre de Tonks, où il n'y avait plus qu'une tenue de rechange, une trousse de toilette et sa robe de mariée. Remus s'arrêta sur le seuil et lui fit une bise.
-Adieu, beau célibataire, chuchota Tonks.
-Adieu, Mademoiselle Tonks, répondit Remus. Promettez-moi que vous me garderez la première danse, demain.
-La première, ce ne sera guère possible, monsieur, parce que je garde cette valse pour mon papa, comme le veut la tradition. Mais la deuxième, volontiers.
Ils se sourirent, puis Tonks se glissa dans l'entrebâillement de la porte de sa chambre après lui avoir effleuré le bout du nez, et il remonta à son tour les escaliers. Il repensa encore une fois au lendemain qui s'annonçait riche en émotions. Ils avaient invités tous les membres de l'Ordre et de l'AD plus beaucoup d'autres de leurs amis et proches, ce qui était effectivement une raison pour penser que la fête perdurerait tard dans la nuit. Ces derniers temps, chaque fois que quelqu'un qui n'était pas encore invité passait au 12, il y avait toujours soit Ginny, soit Hermione, soit Molly, soit Luna, soit Fleur soit encore quelqu'un d'autre pour l'inviter aussitôt au mariage. Remus et Tonks étaient loin de s'en plaindre, mais ils ne pouvaient s'empêcher d'éclater de rire en pariant sur qui inviterait le nouveau venu avant l'autre. Dix jours plus tôt, alors qu'ils sortaient tous du salon après le déjeuner, Remus s'était aperçu que Rogue n'avait pas encore été invité. Ils étaient les derniers dans la pièce, tout le monde était déjà sortit et Severus s'apprêtait à faire de même.
-Severus ! l'avait-il rappelé.
Rogue s'était retourné, sur le pas de la porte.
-Oui ?
-Je viens de me rendre compte que nous ne t'avions pas encore invité. Tu veux venir à mon mariage ? avait-il dit d'un ton aimable.
Rogue avait eu l'air franchement stupéfait.
-C'est comme tu veux, avait ajouté Remus de sa voix douce. Si tu veux venir, tu es le bienvenu, la cérémonie commence à 11 heures.
Rogue avait mit encore trois bonnes secondes à revenir de sa surprise avant de se reprendre.
-Je serai là, répondit-il sobrement, un sourire au fond des yeux.
-Très bien, c'est dit, conclut Remus en hochant la tête et en traversant la pièce pour sortir.
Il était déjà passé à autre chose. Inviter Severus Rogue à son mariage ne lui paraissait pas plus étrange que de le sortir d'une cage ascenseur dans laquelle il était sur le point de tomber. Soudain, alors qu'il s'apprêtait à remonter dans sa chambre, il s'était rappelé un autre petit détail qui l'avait fait se retourner.
-Ah, j'oubliais, avait-il dit en se donnant une tape sur le front. Ce sera un mariage, Severus. Pas un enterrement...
Il avait pointé Severus du doigt en faisant un léger mouvement de l'index et un lui adressant un regard discret. Rogue avait jeté un coup d'½il à sa tenue et avait soudain saisi ce qu'il voulait dire.
-Ne t'inquiète pas, avait-il dit en se mettant à rire. Je mettrai quelque chose d'un peu plus coloré.
-Merci, avait répondu Remus avec un sourire amusé.
Allongé sur son lit, il sourit à nouveau en y repensant. Il n'était pas sûr que Severus ait porté un vêtement qui ne soit pas noir depuis qu'il était sorti de l'école. Remus se tourna sur le matelas, résolument incapable de fermer l'½il. Il espérait simplement qu'il n'aurait pas, après-demain, après deux nuits presque blanches, des cernes aussi noirs que les vêtements de Severus.

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Tap tap tap ! Tap tap tap tap tap !
-Tonks ! Debout ! s'exclama une voix derrière la porte.
Tonks se réveilla en sursaut.
-Mmm... Qu'est c'y s'passe ? marmonna-t-elle en allant ouvrir la porte, enroulée dans sa couverture.
-Bonjour Tonks, lança joyeusement Ginny. Excuse-moi de te réveiller mais il est tard et il faut que tu commences à te préparer ! Il est déjà huit heures et demi, la cérémonie commence dans deux heures et demi !
-QUOI ? Oh non, c'est pas vrai ! J'ai oublié de remonter mon réveil ! Bon sang ! Je suis en retard ! Je suis affreusement en retard, je suis complètement en retard, je suis terriblement en retard, AAARGH ! Je suis en retard le jour de mon mariage !
-Mais non, voyons ! s'exclama Ginny en éclatant de rire. Tu n'es pas en retard du tout, sauf si tu commences à t'affoler comme ça ! Tout va bien ! Tout est sous contrôle ! Tu vas commencer par descendre manger un bon petit déjeuner, ensuite tu prendras une douche fraîche et tu auras déjà les idées plus claires.
-Euh... D'accord... Où est Remus ?
-Il est déjà partit.
-Quoi ? Il est partit ? Où ? Comment ? Pourquoi ? Où ça ? Où est-ce qu'il est ?
-Mais chez lui, voyons – pardon, chez vous ! Il est allé à la Tanière il y a une petite vingtaine de minutes, pour se préparer. Tu n'es pas sans savoir que ça porte malheur qu'un marié vois sa future en habit avant la cérémonie ! Allez, viens, il n'y a plus que des filles dans cette maison. Tous les hommes sont allés au Terrier pour s'habiller correctement sous la direction de Maman. Papa à tenu à accompagner ton futur ex-fiancé afin d'être sûr qu'il ne mette pas sa chemise à l'envers, Luna est arrivée il y a à peine un quart d'heure pour donner un coup de main et Kingsley est allé chercher Tim à la clinique. Charlie est arrivé hier soir à la maison, il tiens à être le balais-boussole. Il n'y a plus que moi, Hermione, Luna, Fleur et toi ici. Les jumeaux et Bill sont aussi à la maison, maman y tenait. Et toi, dés que tu seras habillée, nous t'emmenons à l'église pour que tu ne soit pas décoiffée et que ta belle robe ne soit pas salie avant la fête. Je crois que tes parents arriveront vers dix heures et demi, ils ont un peu de chemin à faire pour venir.
-Ah... d'accord, bredouilla Tonks en terminant de traverser le couloir.
Elle se força à avaler quelque chose malgré son estomac noué, prit une bonne douche, enfila une robe de sorcier habituelle et redescendit, les cheveux encore un peu mouillés, à neuf heures quinze sonnantes. Sous la direction de la seule femme mariée du groupe, à savoir Fleur, le joyeux cortège de demoiselles partit à l'église, dans la partie exclusivement féminine de la paroisse. Tonks était à bout de nerf. Eclatant de rire pour n'importe quelle raison, paniquant tout autant, incapable de rester immobile, elle mena la vie dure à ses quatre maquilleuses qui durent hausser le ton pour qu'elle reste assise sans bouger pendant qu'elles lui faisaient les ongles à tour de rôle. A tour de rôle car elles aussi devaient s'habiller et se coiffer entre deux coups de baguette donnés sur la robe blanche pour éviter tout plis de dernière minute.

Au Terrier aussi, l'effervescence était à son comble. Lorsque Ginny assurait que tous les hommes du 12 était sous la direction de sa mère, ses propos ne pouvaient pas être plus exacts. Avec le mariage de Bill l'année passée, Mme Weasley avait acquit une certaine expérience de la négligence dont les hommes – et particulièrement ses fils – pouvaient faire preuve lorsqu'ils étaient sensés se vêtirent avec une certaine distinction. Après avoir retrouvé maintes paires de chaussettes égarées, repassé quantités de chemises qu'on découvrait à la dernière minute fripées comme des chiffons, distribué nombres de coups de brosse sur à peu près toutes les vestes qui la veille encore était « absolument impeccables », poussé une centaine de hurlements, manqué de perdre la tête plus d'une vingtaine de fois et descendu et remonté en courant les escaliers au moins le double, Mme Weasley parvint à s'assurer que la gente masculine des invités proches serait irréprochable. Elle-même venait à peine de finir de se préparer lorsque Kingsley arriva avec Timothy et les aller-retours reprirent à travers toute la maison avant que Mme Weasley ne parvienne à retrouver tous les vêtements du garçonnet. Il fallu développer des trésors de patience avant que Tim ne se laisse débarbouiller, habiller, coiffer et que Kingsley, après avoir été détaillé sous toutes les coutures, soit autorisé à partir avec lui à l'église pour rejoindre les invités scrupuleux d'être à l'heure. Enfin, la dizaine d'homme dévala les escaliers avec à peu près la même délicatesse qu'un rhinocéros en pleine charge et ils arrivèrent tous en bas des marches, dans le hall d'entrée, fignolant les dernier détails de leurs tenues dans un brouhaha de conversations enjouées.
-Silence ! ordonna Mme Weasley. Tout le monde en ligne, que je vérifie un peu votre allure !
Par expérience, les six fils Weasley s'abstinrent de discuter et s'alignèrent devant les escaliers. Par précaution, Neville, Drago et Harry (arrivés tôt le matin suite à un arrêt Ginnistériel décrétant que le 12, Square Grimmaurd devait être débarrassé de toute présence masculine jusqu'au mariage) jugèrent prudent de faire de même, tandis que Rogue, un peu en retrait, terminait de boutonner l'une de ses manche en se jetant un rapide coup d'½il dans un miroir.
-C'est aussi valable pour vous, là-bas ! aboya Mme Weasley en pivotant vers lui, les poings sur les hanches.
Rogue se figea, ahuri, tandis que les neufs jeunes hommes explosaient de rire en entendant la répartie de leur mère ou hôtesse.
-On se tient droit ! gronda férocement Mme Weasley en se retournant vers eux.
Ils s'efforcèrent tout les neuf de reprendre leur sérieux et de se redresser, hilares. Leur ancien professeur de potion, si strict, si autoritaire, venait de se faire moucher en beauté comme un gamin. Rogue, encore sous le choc, ne répliqua pas et alla se placer à coté de Bill, dernier de la rangée. Mme Weasley commença son inspection en grommelant.
-Même organiser un mariage en deux mois ne me donne pas autant de soucis que l'habillage pour une seule journée de mes six fils réunis, marmonna-t-elle en arrangeant le col de Neville. Rajoutez-en quelques autres et il y a de quoi devenir folle... Ron, tu as une saleté sur le nez, signala-t-elle en lui ôtant un fil sur sa robe.
Ron bondit en arrière pour éviter que sa mère ne se mette en tête de lui enlever elle-même la trace sombre qu'il avait sur l'airelle du nez.
-Percy, tu me nettoies ces lunettes, on dirait un concentré de traces de doigts.
Percy ôta docilement ses lunettes et sortit un mouchoir de sa poche pour les essuyer, le bras gauche toujours écharpé bien qu'il puisse à nouveau se servir de sa main à peu près normalement.
-Charlie, ferme immédiatement ce gilet. On ne met pas un gilet court ouvert sur une cravate, enfin. Soit tu l'enlèves, soit tu le fermes.
-Oui, maman.
-Drago... Mmmmmm... Ça va...
Drago esquissa un sourire satisfait.
-Mais des souliers, ça ce cire, conclut-elle implacablement.
Le sourire de Drago glissa de son visage tandis qu'il jetait un coup d'½il sur ses chaussures propres mais effectivement en manque de cirage.
-Fred, crache cette bulle baveuse, exigea sa mère
-Tout de suite, Général ! lança joyeusement Fred.
-Tu te tais ! gronda Mme Weasley qui l'étrangla à moitié en lui fermant le dernier bouton de sa chemise. Et toi, tu arrêtes tes singeries ! aboya-t-elle à l'adresse de Georges qui venait de faire un salut militaire alors qu'elle lui redressait sa cravate un peu lâche.
Ce fut au tour de Rogue de retenir un sourire ironique et entendu en détournant les yeux, toujours bien droit à coté de Bill.
-Harry, tourne-toi, je ne sais pas où tu as rangé ta veste, le dos est couvert de poussière, continua Mme Weasley en le faisant pivoter sur lui-même pour lui brosser les épaules. Bill... Oh, voyons, Bill, tes cheveux sont complètement impossibles !... Tu ne te décideras donc jamais à les raccourcir ? Et cet affreux anneau, à ton âge, franchement... Qu'est-ce qu'elle en dit, Fleur ? Avec son goût si raffiné...
-Maman, Fleur aime beaucoup cet anneau, moi aussi, et non je ne ferai pas couper mes cheveux.
-Tssk ! Très bien, comme tu voudras ! ronchonna-t-elle en lui tirant le bas de ses manches un peu plus fort que ce qui était nécessaire.
Elle secoua la tête d'un air impatienté avant de s'arrêter devant le dernier de la file. Rogue, les mains dans le dos, continua de fixer obstinément les poutres du plafond alors que tous ses anciens élèves se mordaient les joues pour éviter d'éclater de rire. Mme Weasley le détailla d'un regard critique, tira d'un coup sec sur son n½ud papillon, arrangea ses épaulettes, grommela quelque chose d'indéfinissable qui signifiait qu'il était à peu près présentable puis recula d'un pas pour tous les avoir dans son champ de vision.
-Bon ! Vous êtes tous corrects. Il est dix heures trente-cinq, on file à l'église. Arthur et Remus doivent déjà y être. Aller, tout le monde dehors ! insista-t-elle en les poussant hors de l'entrée.
Ils transplannèrent tous à quelques pas de la petite église où une vingtaine de personnes attendaient déjà. Fred et Georges se glissèrent aussitôt dans la petite foule pour retrouver Katy Bell, Alicia Spinet, Lee Jordan et Angélina Johnson. Charlie et Percy les accompagnèrent, avant d'être rejoint par Drago et Neville. Harry, témoin du futur jeune marié, Bill, autre jeune marié, ainsi que Ron, en qualité d'ami proche des trois personnes citées, se glissèrent dans la partie droite des coulisses de l'église pour retrouver Remus et Mr Weasley tandis que la femme de se dernier partait dans les coulisses de gauche afin d'aider la mariée, la mère de celle-ci n'étant pas encore arrivée.

-Oh, non, c'est complètement stupide, lâcha brusquement Remus en se dirigeant soudainement vers la porte de la petite pièce de dernière retouche coté homme.
-Qu'est-ce qui est stupide ? s'étonna Mr Weasley, prit de court.
-Toute cette mascarade ! Moi déguisé en pingouin...
-Quoi ? Tu es très bien, enfin ! protesta Arthur en avisant son costar noir, sa cravate gris perle, sa chemise d'un beau blanc immaculé et ses souliers cirés.
-Tous ces gens sur leur trente et un...
-Tu voulais qu'ils arrivent en jeans et robes de tous les jours ? demanda Arthur, mi-incrédule, mi-amusé.
-Le tout pour me ramasser un « Non ! » clair et net en plein visage ! Non non, c'est ridicule. Je rentre chez moi.
-QUOI ? Remus, attends ! Tu ne vas tout de même pas faire ça !
-Et si je le fais tout de même, qu'est-ce qui ce passe ? s'exclama Remus en ouvrant d'un geste brusque la porte.
Il manqua de heurter Bill, Harry et Ron.
-Vous avez oublié quelque chose, Remus ? demanda aimablement Ron.
-Euh... N-Non, je...
-Il a décidé de rentrer chez lui, expliqua Mr Weasley, les bras croisés derrière lui. Il est persuadé que Tonks, après avoir attendu deux ans que Monsieur se décide à prendre un peu de plomb dans la tête, va lui dire « Non » devant toute l'église.
Bill et son père éclatèrent de rire. Remus resta stupéfait. Harry et Ron échangèrent un regard ahuri.
-Pas de doute, vous êtes en train de vous marier, Remus ! assura joyeusement Bill. Ça m'a fait pareil dix minutes avant d'entrer dans la chapelle. J'étais persuadé que Fleur allait me larguer devant tous mes amis.
-Et j'étais absolument certain que Molly ferait la même chose dés que le prêtre lui aurait demandé son avis, ajouta calmement Mr Weasley.
-C'est différent ! Vous, vous n'êtes pas... Comme moi ! protesta Remus. Vous, vous n'aviez pas quatorze ans d'écart avec votre fiancée et vous n'étiez pas un loup-garou !
-Et voilà, ça y est, il remet ça, soupira Harry en secouant la tête tandis que Ron partait d'un grand rire. Dites, ce serait une bonne idée que vous vous souveniez que Tonks vous a déjà dit « oui » lorsque vous l'avez demandée en mariage. Ce serait aussi une bonne idée que vous vous rappeliez que vous avez tout les deux un gamin qui vous attends et qui compte sur vous, et, pour finir, vous devriez aussi réfléchir au fait que Tonks est amoureuse de vous, que c'est une chose réciproque et qu'elle est exactement aussi stressée que vous. Je doute qu'elle apprécie beaucoup si vous la laisser aller toute seule à son mariage...
Remus les regarda en se mordillant l'intérieur des joues.
-Allez, ça va bien se passer, arrêtez de paniquer ! termina Harry en lui flanquant une tape sur l'épaule.
-C'est exactement ce que j'ai dit à James quelques instants avant son mariage, marmonna Remus, le regard fuyant.
-Mais bien sûr ! Evidemment ! Et c'est la même chose que me dira Ron le jour où je me marierai ! s'exclama Harry.
-Allons, Remus ! ajouta Bill. Angoisser avant le début des choses sérieuse, c'est normal, ça arrive à tout le monde, ça fait partie du folklore et de la tradition, même si c'est pas marqué dans le code civil d'un beau mariage ! Demain, vous le raconterez à Tonks, et vous serez tout les deux morts de rire. Alors maintenant, vous allez respirer un grand coup et vous détendre, et tout ce passera comme sur des roulettes. Ok ?
Remus leur jeta un regard incertain.
-D'accord, capitula-t-il, je suis encore plus bête que j'en ai l'air, et les quatre autres hommes acquiescèrent tranquillement, un petit sourire aux lèvres.

-Et s'il disait « Non » ? s'inquiétait Tonks en se tordant les mains dans la pièce exactement opposée de celle où son futur mari se trouvait. Hein ? S'il refusait de m'épouser ?
-Mais non, voyons ! protesta Molly. Il t'aime autant que toi, ça fait plus de deux ans qu'il t'aime, il ne risque pas de dire non ! Calme-toi un peu, que je finisse de lacer le dos de ta robe.
-Mais si ce n'était pas vrai ? S'il ne m'aimait pas ? s'étrangla la jeune femme, complètement paniquée.
-Il ne t'aimerait pas, et il garderait une bague de fiançailles deux ans dans sa poche avant d'oser de l'offrir ? C'est très logique ! sourit Hermione. Et je te signale au passage que nous avons passé plus de quarante minutes pour te faire les ongles, ce n'est pas le moment de commencer à les ronger...
-Excuse moi, bredouilla Tonks. Je suis tellement nerveuse !...
-Je crois que nous l'avions compris... ironisa Ginny. Allez, détends-toi, tu vas finir par froisser ta robe.
Tonks s'efforça de se calmer et de rester immobile, son bouquet de fleurs dans les mains, tandis que la Mme Weasley mère, la jeune Mme Weasley, la futur Mme Weasley et l'actuelle Melle Weasley s'affairaient autour d'elle. Fleur lui installa le voile sur le front, assujettit très soigneusement la couronne de fleurs blanches et roses comme le bouquet de mariée et releva le tulle blanc pour éviter qu'il ne gêne la vue de Tonks dans un premier temps.
-Attention, intrus à l'horizon ! s'exclama Luna en passant la tête par la porte. C'est Harry, je crois que tu devrais sortir, Ginny.
Ginny se précipita hors de la pièce.
-Harry ? Qu'est-ce qu'il y a ?
-Salut Ginny ! Dis-donc, tu es superbe !...
-Je pourrais en dire autant de toi si je ne savais pas que c'est grâce à maman que toi et mes frères êtes impeccables... Au juste, qu'est-ce que tu fais là ? C'est réservé aux dames, normalement.
-Je sais, mais je voulais simplement demander à la mariée si elle avait bien l'intention de dire « oui », parce que je crois que le marié en doute.
Ginny éclata de rire.
-Tu répondras au marié que la mariée se pose la même question. Maintenant, tu m'excuses, mais je dois retourner donner un coup de main. Et tu n'as plus rien à faire ici.
-Oui chef ! A plus tard !
-Salut !
Harry fit demi-tour. En temps que témoin, il devait également veiller à la présence du porteur d'alliances. Il décida de partir à sa recherche.

Toc toc.
-Je peux entrer ? demanda Hermione à travers la porte de la pièce Messieurs.
-Oui ! répondirent quatre voix en même temps.
-C'est juste pour vous transmettre le message de l'abbé, il dit que tout est prêt et qu'on commence dans dix minutes. Il est onze heures moins cinq, tout le monde est entré dans l'office, dit la jeune fille en adressant un sourire à Ron, qui le lui rendit en la regardant avec tendresse d'un air admiratif.
-D'accord, on se tiens prêt. Le marié est parfait.
-Faites voir... marmonna Hermione en passant Remus au crible. Mmm... Attendez une minute...
Elle chassa deux cheveux du col de robe du marié, lui ajusta une manchette.
-Là ! Il est encore plus parfait comme ça.
Ron leva les yeux au ciel.
-Quelqu'un peut m'expliquer pourquoi les filles ont toujours cette manie de vérifier cent fois les tenues des hommes ?
-Pose-toi la bonne question : Pourquoi les hommes sont-ils résolument incapables de soigner leur tenue ?
Ils s'abstinrent soigneusement de répondre. Hermione leur sourit à tout les quatre et ressortit pour partir à la recherche du témoin.

-Tu es superbe, ma puce ! murmura Ted Tonks en regardant sa fille avec émotion.
-Bonjour papa ! Je suis bien contente de te voir. Où est maman ?
-Elle est déjà dans la chapelle. Elle a peur de pleurer en te voyant, alors elle a préféré me laisser te voir seul. De toute façon, c'est au père de la mariée que revient le privilège d'accompagner sa fille à l'autel.
-Bon ! s'exclama joyeusement Mme Weasley. Et bien il est temps d'y aller, alors ! Nous avons déjà cinq minutes de retard, ce qui est tout à fait normal pour une mariée, et tout le monde est en place. Vous devriez y aller, les filles, je vous accompagne.
Fleur, Luna, Ginny, Hermione et Mme Weasley partirent donc, après un dernier mot de félicitation et d'encouragement pour Tonks.

Les bancs de l'église étaient pleins de monde. Dans les premiers rangs, les plus proches amis, émus, se regardaient en échangeant sourires complices, petits signes de mains... Remus, un peu nerveux, était déjà devant l'autel. Harry se tenait sur sa droite, Mme Weasley à l'opposé. Les premières notes de musique résonnèrent dans toute la chapelle et un profond silence se fit. Les portes s'ouvrirent, au fond, et tout le monde se retourna. Dans la lumière du mois de juillet, Tonks, au bras de son père, son bouquet à la main, le carré de tulle blanc abaissé sur son visage, avança lentement dans l'allée centrale, sous les regards chaleureux et émerveillés de tout le monde. Ses yeux croisèrent ceux de Remus. Tout d'un coup, l'un comme l'autre oublièrent leurs inquiétudes de futurs mariés. Remus la regarda avec un air profond, ébloui. Les filles n'avaient pas menti, la robe de Tonks était vraiment très jolie, avec ses manches en dentelle qui s'arrêtaient aux poignets en laissant les épaules découvertes, sa coupe bien dessinée, le satin blanc pur qui brillait à chaque pas de Tonks, le dos fermé par un lacet... Mais Remus non plus n'avait pas mentit. Peu importait comment apparaissait Tonks, il était impossible de la rendre plus belle à ses yeux. Elle arriva à l'autel et lui adressa un sourire un peu crispé. Son père lui sourit avec une fierté grave et heureuse avant d'aller s'assoire à coté de sa femme – qui pleurait en souriant. Harry, à coté de Remus, lui fit un clin d'½il ; Tonks eu le temps de voir Timothy, sage et souriant, sur les genoux de Ginny, avant de recroiser le regard de Remus, juste à coté de lui. Ni lui ni elle n'entendirent un mot des sermons, psaumes et extraits de la Bible que dit le prêtre. Ils n'arrivaient pas à se quitter des yeux. Enfin, le religieux en arriva à la seule partie que tout le monde attendait avec une impatience mal maîtrisée.
-Remus Lupin, acceptez vous de prendre cette femme pour épouse, de l'aimer, de la chérir et de la protéger toute votre vie, dans la santé comme dans la maladie, dans la joie comme dans la douleur, et ce jusqu'à ce que la mort vous sépare ?
Remus la regarda une nouvelle fois avec un très doux sourire.
-Oui.
-Et vous, Nymphadora Tonks, acceptez vous de prendre cet homme pour époux, de l'aimer, de le chérir et de le protéger toute votre vie, dans la santé comme dans la maladie, dans la joie comme dans la douleur, et ce jusqu'à ce que la mort vous sépare ?
Nouveau regard. Nouveau sourire.
-Oui.
-Je vous déclare Mari et Femme, unis dans les liens sacrés du mariage...
Ginny posa Timothy par terre, lui donna le petit coussin bleu pâle sur lequel deux anneaux d'or étaient posés, lui chuchota quelques mots à l'oreille et le poussa doucement vers l'autel. Le petit garçon, radieux et plein d'insouciance, s'avança vers les deux mariés qui eurent le soin de lui faire une bise, amusés, avant de prendre les deux anneaux et de se les glisser mutuellement au doigt. Timothy retourna rapidement sur les genoux de Ginny
-...Vous pouvez embrasser la mariée, conclu le prêtre.
Ils rayonnaient de bonheur. Remus releva délicatement le voile de Dora, se pencha doucement vers elle et ils s'embrassèrent, sous les hurlements de joie et les applaudissements frénétiques d'une multitude de personnes qui s'étaient levées de leurs bancs. Ils s'écartèrent ; le baiser n'avait duré qu'une seconde. Ils signèrent rapidement le registre de mariage, virent à peine Molly et Harry faire de même dans la colonne des témoins. Ils étaient beaucoup trop heureux pour enregistrer ce qui se passait vraiment. Molly embrassa Remus puis Dora, Harry fit la bise à la jeune femme avant de serrer la main du marié en leur adressant des félicitations qui se perdirent dans le joyeux tumultes des acclamations et des cris de joie. Dora se rappela brusquement d'un détail qu'elle avait faillit omettre. Tout en glissant son bras droit sous le bras gauche de son mari, encore tourné vers l'autel pour recevoir une dernière bénédiction de ce prêtre bavard, Dora lança son bouquet de fleurs par dessus son épaule. L'église entière retentit d'un même cri. Ginny, qui s'approchait en tenant Timothy par la main, reçu le bouquet sur la tête et le rattrapa machinalement. Elle rougit, redressa la tête, le bouquet en main. Harry se tourna instantanément vers elle et la regarda d'un air si éloquent que Ginny vira à l'écarlate et détourna les yeux, les joues en feu. Le cri de la foule se transforma en un concert de sifflets goguenards et d'éclats de rire moqueurs. La marche nuptiale s'éleva dans l'air et le silence revint, respectueux. Le jeune couple traversa lentement la chapelle en sens inverse, tous les invités derrière eux. Ils arrivèrent devant la balustrade blanche, juste après la porte en bois, et la petite foule de monde descendit par les escaliers situés de part et d'autre de l'avancée. Lorsque tout le monde fut enfin rassemblé devant la chapelle, en face des mariés un peu en hauteur, Remus souleva sa femme comme une plume et la fit tourner dans ses bras, sous les rires et les nouvelles ovations des invités. Le témoin, qui sortait en dernier après Mme Weasley, lâcha la main du petit porteur d'alliances qui fila droit vers les mariés et tira un peu la jambe de pantalon de Remus. Remus se pencha, tomba nez à nez avec le sourire de chérubin du petit garçon et comprit tout de suite le message. Il reposa Dora sur le sol – tout en gardant un bras passé autour de sa taille – et prit Timothy sur son bras droit. Les clichés de photo redoublèrent, aveuglant de flashs la petite famille. Lorsqu'ils descendirent à leur tour les marches de l'escalier et après les quelques traditionnelles photos officielles, ils furent joyeusement bombardés de poignées de riz. Les jumeaux lancèrent des catapultes de mariages, nouvelles inventions dont ils avaient eu l'idée près d'un an plus tôt au mariage de leur frère aîné qui firent merveille en transformant la radieuse journée d'été en une atmosphère neigeuse tant les grains blancs étaient nombreux à voler dans tous les sens. Remus, Tim et Dora durent s'échapper en courant pour éviter leurs sympathiques poursuivants. Ils se retrouvèrent quelques instants plus tard chez les Weasley qui accueillaient la famille pour le déjeuner et l'après-midi, avant le grand dîner et la soirée dansante à la salle de bal. Les quelques heures suivantes filèrent à toute vitesse. Le buffet était aussi joyeux que délicieux (connaissant les talents de cuisinière de Mme Weasley, le buffet était donc très joyeux) et on passa l'après-midi à jouer à toutes sortes de jeux un peu idiots mais d'occasion. Timothy, de très loin le plus jeune de la troupe, passait de bras en bras et s'amusait énormément. Vers dix-huit heures, cependant, il fallut le ramener à l'hôpital pour l'avant-dernière nuit qu'il devait y passer avant la signature officielle de son adoption. Le petit garçon, épuisé, dormait quasiment dans les bras de Mr Weasley qui s'était proposé pour le ramener. Remus et Dora l'embrassèrent affectueusement, sachant que dans moins de quarante-huit heures, ils seraient ses parents, et tout le monde partit en direction de la salle de bal.

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Le dîner venait de se terminer par un gâteau absolument gigantesque et surtout exquis. Les bouchons de champagne avaient sautés en faisant des détonations impressionnantes – il fallait dire aussi que Fred et Georges, ainsi que Lee, Ron et Ginny, avaient pris le soin de secouer toutes les bouteilles en douce quelques instants avant l'ouverture – et le Whisky pur feu avait coulé à flots. Harry tapa son verre de sa baguette magique pour augmenter le bruit. A grand peine, le silence revint à peu près dans la salle.
-Et maintenant, lança-t-il d'une voix forte pour couvrir les derniers bruissements, Place à la danse ! Musique, Maestro !
La célèbrissime valse du Beau Danube Bleu s'éleva avec élégance alors que Dora, au bras de son père, ouvrait le bal dansant. Petit à petit, d'autres danseurs vinrent fournir la piste en bois ciré. Harry prit Ginny par la main. Ron entraîna Hermione non loin de là. Fred, Georges et Lee firent de même avec les trois anciennes poursuiveuses de l'ex-meilleure équipe Quidditch de Poudlard. D'autres couples s'avancèrent, jusqu'à la fin de la valse. Remus apparu juste à coté de sa femme et de son beau-père.
-Tenez, sourit Ted, un peu ému. Je vous la confie. Prenez en soin.
-Comptez sur moi, promit Remus.
Dora eut un sourire qu'il lui rendit. La musique suivante commençait déjà, plus rapide, plus moderne, avec des paroles qui tirèrent les jeunes mariés de leur contemplation rêveuse. Ils se rappelèrent que Harry, Ron, Ginny et Hermione avaient passés des heures à se décider pour la choisir, refusant catégoriquement de leur en parler.

« On vous souhaite tout le bonheur du monde,
Et que quelqu'un vous tende la main ;

Que votre chemin évite les bombes,
Qu'il mène vers de calme jardins. »

Remus et Dora redressèrent la tête, agréablement surpris, tandis que tous les jeunes de la soirée se mettaient à hurler et à chanter à tue-tête en frappant dans leurs mains.

« On vous souhaite tout le bonheur du monde,
Pour aujourd'hui comme pour demain ;

Que votre soleil éclaircisse l'ombre,
Qu'il brille d'amour au quotidien... »

Tout le monde reprit en c½ur la chanson si bien choisie, puis une autre passa, puis encore une autre, et Remus et Dora partirent dans un tourbillon de danses. Dora avait pris le soin de mettre des souliers assez plats pour pouvoir danser à l'aise. Excellente initiative au demeurant, puisque Ginny et les trois plus jeunes de ses frères, qui s'étaient chargés presque seuls de la sélection musicale, firent passer les rythmes les plus endiablés possible. La quatrième musique fut un Rock'n'Roll particulièrement rapide qui fit la joie des deux stars du jour. Agencée par une dominance de Twist, de Celtique et de Rock, le bal se poursuivit des heures durant dans la bonne humeur.

Drago, encore attablé bien qu'il ait fini de manger depuis déjà longtemps, regardait le joyeux tumulte avec un sourire. C'était une sympathique journée, et cette soirée était encore plus sympathique. Il était heureux que sa cousine l'ait invité. De loin, il suivait plus particulièrement les pas d'une danseuse blonde aux grands yeux bleus un peu éthérés.
-Alors, tu te décides, à l'inviter ? lança joyeusement Harry en lui flanquant une baffe dans le dos qui manqua de le faire plonger dans son assiette à dessert.
-Quoi ? demanda Drago en redressant la tête vers le jeune homme brun qui le regardait, assit sur la table, les yeux rieurs.
-Andouille ! balança Harry, dans un mélange d'agacement et d'amusement. Luna, pardi ! Tu vas te décider, à la faire danser ? C'est l'occasion, tu ne crois pas ?
-Ben, c'est à dire que... En fait, j'ai pas vraiment eu l'occasion de lui parler, depuis... tout ce qui c'est passé, il y a trois semaines... Donc, en fait...
C'était vrai. Après les évènements récents, Luna était retournée chez son père. Elle n'était revenue que ce matin au 12 et ils s'étaient à peine entrevus à l'église.
-Tu n'as pas eu besoin de discuter beaucoup, il y a trois semaines, je crois ! sourit Harry. Luna l'a raconté à Ginny – en passant – qui me l'a raconté – beaucoup moins en passant. Allons, va lui parler ! De toute façon, ça ne sert à rien de rester là à attendre. Et puis, tu as l'air doué pour les langues étrangères, ajouta-t-il en éclatant de rire.
Drago rougit jusqu'à la racine des cheveux et se racla la gorge, gêné. Une main effleura son épaule, de l'autre coté. Il se tourna cette fois vers la jeune fille dont il était justement question.
-Bonsoir. Tu vas bien ? demanda gentiment Luna en lui souriant.
-B-Bonsoir, bredouilla Drago en se levant.
-Bon ! s'exclama Harry en se levant à son tour. Je vois que je suis de trop. Je vous laisse !
Il adressa un clin d'½il à Luna avant de rejoindre Ginny. Il y eut un temps de silence entre les deux jeunes gens.
-Ahem... Alors, ça marche, le journal de ton père ? demanda Drago, histoire de dire quelque chose.
-Oui, très bien, merci. Il a publié pas mal d'article sur ce qui c'est passé il y a trois semaines puisque je lui ai raconté, et le tirage du magazine a encore augmenté. Mais papa était surtout très heureux de me revoir en bonne santé.
-Ah, oui, bien sûr, approuva Drago. C'est normal, pour un père. Je veux dire, même le mien s'inquiétait pour moi. Enfin, pas dans le même sens... Enfin si, mais... Euh... Je veux dire, c'est bien que tu n'ais rien eu de grave, finalement. Moi aussi, je suis content que tu n'ais pas été blessée.
-Merci. Tu as l'air mal à l'aise, remarqua Luna en ressortant son talent pour dire des vérités gênantes.
Drago rougit encore un peu plus.
-Ben, c'est à dire, on... on a pas vraiment eu l'occasion de parler, depuis qu'on est sortit de l'hôpital, et, euh... enfin, après ce que je t'avais dit au Département des Mystères... J'avais pas vraiment les idées claires, à ce moment là, donc...
-C'était pas sincère ? demanda Luna, tout aussi calmement que d'habitude.
Drago la regarda. Cette fille était décidément aussi franche que déroutante. Il commençait à la connaître : lorsqu'elle parlait comme cela, il avait le choix entre se troubler et s'empêtrer dans des explications confuses et embrouillées comme il venait de le faire, ou alors être aussi franc et calme qu'elle, quel que soit le sujet.
-Si. C'était très sincère, et ça l'est toujours. Le problème, c'est que c'était peut-être un peu trop sincère – ou en tout cas trop brusque. Et c'est pour ça que je ne suis pas très à l'aise, même si je suis content que tu sois venue me voir ce soir.
Luna esquissa un sourire. Calme et franchise. Epreuve réussie.
-Alors si c'était sincère, tu n'as pas à être mal à l'aise. « La vérité ne blesse que l'oreille d'un mauvais roi ».
Drago resta un instant effaré. Cette fille était plus que déroutante. Elle était carrément épatante.
-Tu n'es pas fâchée ? demanda-t-il un peu timidement. Je veux dire... Tu es d'accord ?
Cette fois, Luna éclata de rire.
-Depuis quand est-ce que tu te préoccupes de connaître mon avis ? pouffa-t-elle sans avoir l'air de se formaliser.
Drago eut un petit rire contrit et baissa les yeux.
-Bon, tu viens danser ? J'adore cette musique, dit simplement Luna en lui attrapant le bras.
Le sourire de Drago s'élargit et il se laissa guider vers la piste de danse. Effectivement, la musique qui passait était très jolie, assez lente. Une fois en piste, Drago n'eut pas besoin de guide pour passer un bras autour de la taille de sa cavalière et pour lui prendre la main avant de commencer à tournoyer avec toute l'élégance d'un gentilhomme. Trop occupé à regarder Luna droit dans les yeux, il ne vit pas Harry, Ginny, Ron et Hermione se frapper joyeusement dans les mains, un peu plus loin, avant de partir danser à leur tour. La musique prit fin. Drago et Luna retournèrent au buffet se servir un verre. Ron arriva brusquement à coté de lui, Hermione sur ses talons.
-Eh, Malefoy ! Je crois qu'il y a quelqu'un pour toi, lança Ron, avant de repartir danser avec Hermione.
Drago posa son verre et se retourna avec surprise puis s'immobilisa net, bouche bée. A quelques pas de lui, l'air un peu intimidée de se retrouver là, se tenait une femme très blonde qui souriait avec une certaine hésitation mais surtout une joie profonde.
-Maman ?... s'exclama-t-il, stupéfait.
Ils restèrent quelques secondes immobiles puis se tombèrent dans les bras. Il y avait près de six mois qu'ils n'avaient pas eu de nouvelles l'un de l'autre.
-Maman !... répéta-t-il en la serrant contre lui
-Drago, oh, Drago, mon petit garçon, s'étrangla Narcissa Malefoy.
Ils se lâchèrent enfin et Narcissa s'essuya les yeux.
-Non-non-non... Je ne veux pas qu'on pleure le jour du mariage de ma fille, intervint une douce voix tout près d'eux.
Ils sursautèrent brusquement et se tournèrent vers la femme qui leur souriait gentiment.
-Androméda !... bredouilla Narcissa.
Elle hésita un instant sur la conduite à tenir mais Androméda ne lui laissa pas le temps de se poser de question et la prit elle aussi dans ses bras. Les deux s½urs s'étreignirent avant de s'écarter d'un pas. Narcissa sourit à celle qu'elle avait si longtemps reniée à cause de son mariage et garda sa main dans la sienne.
-Je suis heureuse de te revoir, dit-elle avec sincérité.
-Moi aussi, petite s½ur.
Elle se tourna vers le grand jeune homme aussi blond que ses parents.
-Tu dois être Drago ? dit-elle aimablement.
-Bonjour, Tante Androméda, répondit-il en lui tendant la main.
Elle sourit et lui fit la bise.
-Je t'en prie, soyons simple en famille. N'imite pas ton père et ses méthodes guindées.
Narcissa détourna un peu la tête, les yeux brillants de larmes. Androméda lui posa une main sur le bras, compatissante.
-Je suis sincèrement désolée pour Lucius, Cissy. Je ne l'ai jamais beaucoup apprécié, je l'admet, mais je sais à quel point tu l'aimais et je me doute que cela doit être très dur pour toi.
-Merci, murmura Narcissa, la voix un peu enrouée. Je sais bien qu'il avait des défauts, je l'ai toujours su, mais... Notre propre s½ur...
Elle s'interrompit et s'essuya de nouveau les yeux.
-Excuse-moi...
-Je te comprends... répondit doucement Androméda.
Luna s'approcha du petit groupe et interrogea Drago du regard pour lui demander si elle pouvait venir ou s'il préférait qu'elle les laisse seuls. Il lui sourit et lui tendit la main. Une petite diversion tombait à pic histoire de changer de sujet et puisque sa mère était là, c'était l'occasion idéale pour officialiser un peu sa relation toute neuve. Il s'éclaircit la gorge. C'était également le moment de voir si sa mère avait elle aussi prit du recul par rapport aux choses.
-Maman – Tante Androméda – permettez-moi de vous présenter Luna Lovegood, une charmante jeune fille que j'ai rencontré à l'école et que j'ai eu le plaisir de retrouver après avoir définitivement quitté les rangs adverses, expliqua-t-il. Luna, je te présente ma mère, et ma tante Androméda Tonks.
-Lovegood ? répéta sa mère en fronçant les sourcils.
-Oui. Son père est le directeur du Chicaneur, précisa Drago.
-Bonjour, mesdames, dit poliment Luna avec l'un de ses sourires un peu aériens. Ravie de vous rencontrer.
Narcissa paru perplexe. Androméda sourit à la nouvelle venue.
-Ah, oui, bien sûr, le Chicaneur ! Bonjour, Mademoiselle, dit-elle en la prenant aux épaules pour l'embrasser sur les deux joues. Votre père est un vieil ami de mon mari. Ted et lui ont fait leurs études ensemble, même s'ils n'étaient pas dans la même maison. Et ma fille m'a bien sûr parlé de vous.
-J'en suis très honorée, assura Luna. Votre fille est une personne adorable.
-Je crois que mon gendre est du même avis que vous, approuva malicieusement Androméda en les regardant tout les deux enchaîner des figures de Rock'n'roll plus impressionnantes les unes que les autres sous les acclamations d'un cercle d'invités admiratifs, un peu plus loin. Au fait, Cissy, tu devrais aller les saluer ! Tu viens d'arriver, je crois ?
-Oui, en effet. Je sorts à peine du Ministère qui m'a laissé en liberté suite aux recommandations de l'Ordre du Phénix. L'Ordre m'avait placé sous protection dans une cachette sûre. Ils ont préféré me garder quelques temps de plus sous surveillance, de crainte que l'un de... ceux qui ont réussit à s'échapper essayent de s'en prendre à moi, mais je vais pouvoir revenir au manoir, maintenant. Je pense que nous y serons en sécurité. Je te remercie de m'avoir invité ce soir... J'espère que ta fille ne sera pas mécontente de ma présence...
-Allons le lui demander directement, ce sera plus simple, assura Androméda. Mais si j'étais toi, je ne m'inquièterais pas trop ; Ma petite puce n'est pas rancunière et elle fait partit du groupe de personnes qui t'a placé sous protection. Aller, viens, tu pourras faire connaissance avec Remus, tu verras, c'est un homme charmant. Et puis, c'est un peu ton neveu, maintenant !
Elle l'entraîna vers sa fille et son gendre. Narcissa s'apprêtait à la suivre mais s'arrêta un instant encore.
-Tu as bon goût, dit-elle à son fils en adressant un sourire chaleureux à Luna avant de suivre sa s½ur.
Drago et Luna lui rendirent son sourire.
-Je crois que tu as passé le test, murmura Drago à la jeune fille en lui glissant un bras autour de la taille. Bon ! Tu danses ?
-Avec plaisir !

-Chérie, Remus, venez un peu par ici, nous avons une invitée surprise ! fit Androméda en s'approchant du couple.
-Ah bon ? s'étonna Dora. Qui donc ?
Elle suivit le regard de sa mère et son expression rayonnante se figea soudain. Pendant quelques instants, elle se mordilla la joue en dévisageant froidement sa tante.
-Euh... Bonsoir, commença courageusement cette dernière. Toutes mes félicitations pour votre mariage.
-Madame, la salua Remus en s'inclinant légèrement devant elle, avec toute la distinction et la discrétion qui le caractérisait.
-Monsieur Lupin, très heureuse... Euh... Je... Je voulais vous remercier pour... Pour tout ce que vous avez fait pour moi... Et pour Drago...
-Mais c'est bien naturel, répondit aimablement Remus.
Narcissa le remercia d'un sourire puis regarda à nouveau Dora, qui était restée silencieuse.
-Vous... Vous avez beaucoup changé, depuis la dernière fois où nous nous sommes vu...
Dora lui adressa un sourire sec et poli.
-Soyez gentille, évitez de parler du passé. Aujourd'hui est une heureuse journée, répliqua-t-elle d'un ton froid.
-Nymphadora, gronda gentiment sa mère, une note de reproche dans la voix.
La jeune femme leva les yeux au ciel.
-Maman, je t'en pris !... Ne m'appelle pas comme ça, j'ai horreur de ce nom !
-Mais enfin, ma puce ! Comment veux-tu que je t'appelle, c'est pourtant ton prénom !
-Hélas oui, merci de me le rappeler ! grommela Dora.
Remus se mit à rire doucement et embrassa la joue de sa femme.
-Je crois que vous vous trompez, madame, dit-il à l'adresse de Narcissa. Dora n'a pas changé du tout et j'espère bien qu'elle ne changera jamais, pour mon plus grand bonheur. N'est-ce pas, Chérie ?
Dora ne put s'empêcher de sourire.
-Bon. Soyez la bienvenue parmi nous, dit-elle à sa tante d'une voix plus avenante. Plus on est de fous, plus on rit !
-Merci, murmura Narcissa, soulagée et heureuse.
-De rien, c'est de bon c½ur, assura Dora avec un petit sourire. Aller, allez donc prendre un verre au buffet, tantine.
-Volontiers, ce sera avec plaisir, et à votre santé, répondit joyeusement Narcissa.
-Tu vois, qu'est-ce que je t'avais dis !... s'exclama Androméda en partant avec elle vers les tables chargées de victuailles.
Dora les regarda s'éloigner toute les deux avec un sourire de sentiments un peu mitigés aux lèvres.
-Eh, Tonks ! s'exclama Harry en arrivant vers eux.
Il s'immobilisa net et se plaqua les deux mains sur la bouche, s'apercevant qu'il venait de gaffer.
-Euh... désolé, marmonna-t-il, un peu gêné. Je t'appelle comment, maintenant ? Parce que c'est vrai : On ne va tout de même pas t'appeler Dora, c'est ton petit nom...
Remus et Tonks se regardèrent avec un sourire amusé.
-Appelle moi Tonks. Ça restera un surnom, décida-t-elle. Et puis, j'ai passé trop de temps à obliger les gens à m'appeler comme ça, je vais pas revenir en arrière !
Ils rirent tous.
-Ok ! Alors, je voulais te demander cette danse, si monsieur Lupin me le permet !
Remus rit encore plus fort.
-D'accord ! Va pour cette fois ! Mais c'est bien parce que tu es mon témoin !
Harry invita la jeune femme sur la piste dansante.
-Et elle s'appelle revient ! lança de loin Remus en riant toujours.
-Quoi ? Je croyais qu'elle s'appelait Tonks ! répliqua Harry sur le même ton.
-En tout cas, elle ne s'appelle pas Nymphadora ! rétorqua cette dernière, et ils explosèrent de rire.
Remus s'approcha du buffet, le sourire au lèvres. Il repensait à son anxiété du matin ; Décidément, Arthur et Bill avaient raison, il en riait déjà. Drago Malefoy s'approcha en compagnie de Luna.
-Alors, il paraît que vous êtes mon cousin, maintenant ? lança Drago sans détour.
Remus resta instant interloqué avant de réaliser que le jeune homme avait raison.
-C'est vrai, approuva-t-il en souriant, je n'y avait pas pensé. Et bien, bienvenu dans la famille, cousin !
Drago se mit à rire à son tour, avant qu'une cloche ne sonne au loin. Il était minuit. La musique cessa, le tumulte reprit de plus belle. On porta un nouveau toast aux mariés, qui portèrent un toast à tous leurs amis, puis le DJ passa une musique choisie exprès par Ginny pour cette heure précise - « Oh Happy Day » ...

Ron enlaça Hermione en dansant doucement sur la musique.
-Tu es belle comme tout, tu sais ? chuchota-t-il à son oreille.
-D'habitude, je ne le suis pas ? répliqua-t-elle, taquine, en se laissant un peu aller dans ses bras.
-Si. Mais là, tu es heureuse et fatiguée, donc tu es calme, et donc, tu es encore plus belle.
Elle rit et posa sa tête contre son épaule. Il la serra plus fort.
-J'aimerais bien que cette musique ne finisse pas avant des heures, murmura Hermione en glissant ses bras autour de son cou.
-Moi, j'aimerais bien que mes frères décampent, soupira Ron. Et mes parents aussi. Et Harry et Ginny aussi. Tout le monde, en fait. Comme ça, j'aurais peut-être l'occasion de t'embrasser enfin sans témoins, ça changerait, pour une fois...
Hermione releva la tête et le regarda avec une expression espiègle.
-Si Mohamed ne peut aller à la montagne, la montagne ira à Mohamed, répondit-elle énigmatiquement.
-Euh... Ça veut dire quoi, ces histoires de montagnes et de Mohamed ? demanda Ron, un peu décontenancé.
-Ça veut dire que si on ne peut pas faire disparaître tout le monde de cette pièce, nous, en revanche, nous pouvons nous éclipser... souffla Hermione avec un petit sourire un brin aguicheur.
-Dis donc, dit Ron à voix très basse avec le même sourire, tu sais bien cacher ton jeu, toi aussi... Je ne te savais pas si cachottière...
Hermione se mit à rire.
-Non, tu crois ? ironisa-t-elle. Il faut bien que tout le monde garde une part de mystère aux yeux des autres, non ? C'est plus romantique...
-Je ne comprends pas comment ça ce fait que tu ne sois pas meilleure aux échecs. Vu tes talents de stratège et de tacticienne...
-Mmm... Ce n'est pas une tactique. C'est un subtilité. Nuance. Et c'est grâce à des subtilités qu'on s'attache...
-Cheikh Mat. Le roi est mort. Retour à la case départ. La dame a prit le cavalier... murmura Ron, le visage si sérieux qu'elle se sentit rougir.
-Mais toi, tu as prit mon c½ur, riposta-t-elle, moitié tendre, moitié intimidée.
-Je crois surtout que je vais prendre la poudre d'escampette, souffla-t-il à son oreille.
La danse les avait rapproché de l'une des portes-fenêtre entrouverte de la salle de bal, qui donnait sur un grand parc fleuri et buissonneux. Ron vérifia rapidement que personne ne les regardait puis se glissa dans l'entrebâillement de la porte vitrée, entraînant Hermione avec lui.

Harry retint un sourire en les voyant sortir en douce dans le jardin.
-Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Ginny en surprenant son expression malicieuse.
-Rien du tout, assura Harry d'une voix dégagée. C'est dommage, le jardin est occupé, maintenant. J'avais aussi eu cette idée...
-De quoi tu parles ? insista Ginny, sans comprendre.
-De rien, petite curieuse ! Sauf que si jamais ton frère se permet encore la moindre remarque sur nous deux, tu peux être certaine que je ne le raterait pas !...
Ginny éclata de rire.
-Laisse moi deviner : tu as trouvé un moyen de lui faire du chantage ?
-De la pire espèce, très chère amie ! pouffa Harry. Je l'attends au tournant !
Ginny se remit à rire mais ne répondit pas. La musique était passée sur l'une de ses chansons préférées.

« Love me, Tender, Love me sweet,
Never, lend me go...

You have made my love complete,
Then I love you so... »

Ginny se pelotonna contre Harry et se laissa bercer par les notes du slow.
-Dis donc, souffla Harry en lui passant une main dans les cheveux, pour le bouquet de la mariée que tu as reçu...
-Ce sont des histoires, marmonna Ginny, les yeux fermés. Regarde, l'an dernier, c'est Hermione qui l'a eu, et elle n'est pas mariée...
-Oui, mais... le jour de ton mariage... Je serai invité ? demanda doucement le jeune homme.
Ginny sourit sans ouvrir les yeux, la tête toujours posé contre sa poitrine. Elle laissa passer un temps avant de répondre.
-Je crois que le jour où je déciderai de me marier, murmura-t-elle enfin, tu seras le premier prévenu...

Remus se laissa choire sur un fauteuil, Tonks sur ses genoux. Les musiques qui s'enchaînaient étaient plus belles les unes que les autres, et en manquer ne serait-ce qu'une seule était un vrai crève-c½ur. Par contre, n'en rater aucune était crevant tout court !
-Remus ? Tonks ! appela Ginny en s'approchant des jeunes mariés.
-Oui ? Qu'est-ce qu'il y a ?
-J'ai quelque chose pour vous, dit la jeune fille en leur tendant un paquet rectangulaire et assez plat.
Remus le prit avec un froncement de sourcils et un sourire, tentant de deviner à l'avance ce que c'était.
-Merci beaucoup, c'est très gentil. Mais tu sais, nous avons déjà été très gâtés en cadeaux de mariage tout à l'heure, chez tes parents, fit-il remarquer.
-Je sais. Mais ça, ce n'est pas vraiment un cadeau de mariage. On pourrait plutôt dire que c'était une petite projection dans l'avenir...
-Que de mystères, sourit Tonks en attaquant de défaire le paquet.
Elle débarrassa le présent de son emballage coloré et elle et Remus restèrent sans voix devant le porte-cliché fait de bois et de cuivre élégamment arrangé qui encadrait une véritable photo de famille. Enlacés sur un tapis envahis de jouets éparpillés, Remus, Tonks et Timothy dormaient profondément, sans savoir qu'une demi-douzaine de paparazzis les espionnaient. Les Remus et Tonks du présent relevèrent la tête de leurs doubles et regardèrent Ginny, touchés par la petite scène que cette photo garderait à jamais, comme un souvenir impérissable.
-J'ai pensé que vous aimeriez l'avoir, expliqua Ginny. Je l'aurais bien gardé, mais elle sera plus à sa place chez vous.
Sans répondre, Tonks la serra dans ses bras tandis que Remus la remerciait de sa voix douce – et plus pleine d'émotions que d'ordinaire. Oui, c'était vrai. C'était en quelque sorte ce jour-là qu'ils avaient prit conscience qu'ils formaient une famille – ou qu'ils allaient en former une dans peu de temps. Les évènements avaient précipités les choses, hâtés les préparatifs, provoqué des bouleversements inattendus, mais cette photo était belle et bien une prophétie.

-Vous voulez que je vous dise ? lâcha Charlie en regardant la multitude de couples enlacés qui se dandinaient sur la piste de danse. Je crois que nous devrions fonder un club. Le club des célibataires qui s'ennuient à regarder les non-célibataires danser.
Percy, Rogue, Kingsley et Neville approuvèrent d'un signe de tête. Tout les cinq adossés en ligne à une table, les bras croisés, ils commençaient à trouver le temps un peu long. De loin, ils avaient vu Tonks passer de bras en bras et de danses en danses sur à peu près tous les rythmes musicaux existants. Charlie et Kingsley l'avaient aussi fait danser mais la soirée était désormais bien avancée, la musique devenait plus douce, les danseurs plus fatigués, les danses plus intimes et ce n'était plus vraiment des danses de célibataires, qu'ils sachent ou non danser. Soudain, la musique s'arrêta complètement.
-Remuuuuus ? lança Tonks avec un large sourire.
-Ouiiiiii ? répliqua Remus sur le même ton.
Tonks claqua des doigts et un gros disque 45 tours arriva dans sa main.
-Je demande une revanche, déclara-t-elle solennellement.
Remus renversa la tête en arrière en éclatant de rire, de même que toutes les personnes qui avaient fêté le Noël précédent avec eux au Square Grimmaurd.
-Tenu ! riposta-t-il.
-Parfait ! DJ ? A vous les commandes ! s'exclama Tonks en tendant le disque au chauffeur de salle.
-Aller, en place tout le monde ! s'écria Remus en frappant dans ses mains. Tout le monde en ligne !
-C'est une manie, aujourd'hui, marmonna Rogue avec un sourire, faisant rire les plus jeunes de ses voisins.
Remus se plaça à coté de Tonks, tournant le dos à tous les invités derrière eux.
-Je te préviens : je me suis entraînée un quart d'heure chaque jour depuis noël dernier, annonça Tonks à son mari.
-Parfait. Donc, maintenant, tu maîtrises parfaitement tous les petits entrechats de suppléments ?...
-Peut-être pas, admit Dora, mais il faut dire que j'ai quand même eu moins de temps que toi pour m'exercer...
-L'enfance de l'Art, ma chère, sourit Remus sans se laisser démonter. Mais je te promets de tous te les apprendre.
-Merci beaucoup, voilà qui est gentil, répondit affectueusement Tonks.
Remus la regarda avec une gravité qui la fit s'empourprer légèrement et perdre un peu son assurance joueuse.
-Ce sera avec plaisir, Madame Lupin, murmura Remus.
Elle lui sourit avec le même sérieux.
-Je vous en serai gré, Monsieur mon mari.
Les premières notes du Madison s'égrenèrent, lentes, répétitives, si jolies, et ils commencèrent à danser, sans se quitter des yeux.

Hermione se glissa dans discrètement dans la salle avec Ron. La quasi totalité des gens étaient en train de danser un Madison. Ron fit un clin d'½il à la jeune fille et rejoignit le petit groupe de danser, tandis qu'elle allait se servir un verre de jus de citrouille bien frais au buffet. Elle jeta un coup d'½il machinal à son voisin, retourna la tête pour s'assurer qu'elle avait bien vu et ne put s'empêcher de rire.
-Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Rogue.
-Rien. Je ne vous avais par reconnu, c'est tout. Je n'ai pas l'habitude de vous voir habillé avec des couleurs, répondit Hermione.
Rogue se mit à rire aussi. Effectivement, son habit bleu nuit, son gilet de satin bleu marine et sa chemise blanche jurait prodigieusement avec la noirceur des vêtements qu'il avait toujours porté depuis sa sortie de l'école – et qui avaient fini par devenir un élément fondamental de la description qu'on pouvait faire de lui.
-Alors, finalement, il vous a plu, ce livre ? demanda allègrement Hermione, continuant leur conversation interrompu plus de six mois plus tôt comme si de rien n'était.
-Beaucoup, répondit Rogue en se retournant vers la salle comble et animée. La fin m'a paru particulièrement réelle. Le héros meure seul juste au moment où ses protégés comprennent la réalité de son action, et sa sépulture tombe dans l'oubli – comme lui.
-Ce n'est qu'une histoire, fit remarquer Hermione. Dans la vraie vie, les choses ne se terminent pas forcément de cette manière.
-Toute légende comporte une part de vérité.
Il resta quelques secondes silencieux.
-Vous savez que vous êtes la première personne à m'avoir offert quelque chose depuis que j'ai dix-sept ans ? dit-il soudain sans la regarder.
Hermione resta quelques instants stupéfaite. Puis se reprit.
-Non, je ne savais pas, répondit-elle calmement. Et vous, combien de choses avait-vous offert à quelqu'un depuis vos dix-sept ans ?
Ce fut au tour de Rogue de rester saisi.
-Un bon conseil : N'attendez pas que la lumière vienne vers vous. Allez vous même vers la lumière. C'est plus difficile au début, mais il y a plus de chances de résultats, assura Hermione.
Rogue se tourna très lentement vers elle et la regarda avec une dangereuse expression d'agacement.
-Vous êtes donc incapable, ne se serait-ce qu'une seule fois dans votre vie, de ne pas avoir raison ? grogna-t-il avec mauvaise humeur, et Hermione éclata de rire.
-Nan, s'exclama joyeusement Ron qui arrivait juste à se moment là, Je crois qu'avoir tort ne rentre pas dans ses cordes !
Rogue se mit à rire tandis qu'Hermione flanquait une tape sur l'épaule de Ron, faussement vexée.
-Ne vous inquiétez pas, vous êtes là pour compenser, railla Rogue.
-Eeeeh oui, c'est ce qu'on appelle un couple, à la fois sur la même longueur d'onde et tout à fait complémentaire, expliqua doctement Ron, refusant de laisser Rogue le casser.
-J'espère au moins que mon incapacité à avoir tort vous prouvera que je n'ai rien d'un « cornichon à qui vous dispensez habituellement vos cours », rétorqua froidement Hermione.
Ron se mit à hurler de rire.
-Vous êtes donc à ce point rancunière ? releva Rogue. En fait, c'est une entrée en matière que je faisais assez souvent avec les première année, quels que soient les élèves présents dans la classe. Vous n'étiez pas plus visée que n'importe qui.
-Ce n'est pas de la rancune, fit Hermione d'un ton digne. C'est de la mémoire. Vous ne savez pas voir les nuances, vous non-plus.
-QUOI ? bondit Rogue, tellement scandalisé qu'il prononça « Quoa ? », tandis que Ron se raccrochait à la table pour ne pas tomber, hilare. C'est à moi que vous dites ça ? A moi, un Maître des Potions ?
-A qui ai-je l'air de parler ? répondit froidement Hermione, pas du tout impressionnée. Au pape ? Ou peut-être à Buck ?
Ron, riant aux larmes, fit signe à Rogue de laisser tomber et Rogue les regarda partir tout les deux sur la piste de danse en secouant la tête, un petit sourire en coin. Le Madison avait prit fin. Arthur invita Tonks à danser et Remus alla à son tour se servir un verre juste à coté de Rogue.
-Je savais bien que j'aurais dû dormir un peu avant le grand jour, bâilla Remus, qui avait un peu de mal à rester debout. Mais qui pense à dormir la veille de son mariage...
-Qu'est-ce qui se passerait si je disais dans ce micro que Nymphadora et toi êtes déjà partis en lune de miel, il y a de cela déjà quelques semaines ? répondit narquoisement Rogue, que l'ambiance festive semblait rendre curieusement plus facétieux que de coutume.
-Je me ferais charrier jusqu'à la fin de mes jours par toutes les personnes ici présentes, assura tranquillement Remus en avalant d'un trait son verre d'hydromel. Et j'aurais une excellente excuse pour dire dans ce même micro qu'est-ce que tu gardes dans la poche intérieur de ta veste.
Rogue lui jeta un regard en biais, mi-figue, mi-

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Fan Fiction - Volume 7 - Le Triomphe du Coeur - Chapitre 30 .

Fan Fiction - Volume 7 - Le Triomphe du Coeur - Chapitre 30 .
J'étais pas trop décider à mettre le dernier article maintenant, mais je vient juste de changer d'avis, alors avan que je rechange encore une fois, je le met tout de suite.

Chapitre 30 - Epilogue, Douze ans après

Harry sentit une main douce et fraîche lui caresser la joue alors qu'un rayon de soleil lui réchauffait la nuque. Il se résolut à entrouvrir un ½il et tomba sur son propre rayon de soleil qui lui souriait largement en dessinant du doigt des arabesques sur son visage. Il sourit à son tour à sa si jolie femme aux cheveux aussi flamboyants que son être et se retourna sur le matelas.
-Bonjour, Chéri, murmura-t-elle en lui passant une main dans les cheveux. Joyeux anniversaire.
-Bonjour, mon c½ur, répondit Harry en se passant un bras sous la tête.
-Alors, tu te lèves ? Je te rappelle que nous allons avoir beaucoup d'invités, aujourd'hui. Et il est presque sept heures et demi.
-Oh, bon, c'est mon anniversaire, j'ai bien le droit de paresser un peu au lit avec ma femme, fit-il en l'enlaçant.
Ginny eut un petit rire et se laissa faire quelques instants.
-Toi, oui, mais les autres, non ! Je te parie tout ce que tu veux que Ron, Hermione et toute leur petite famille seront là dans moins d'une heure pour donner un coup de main.
-C'est à dire que mes trois neveux vont attaquer de mettre le bazar dans la maison avec leurs trois cousins, n'est-ce pas ? devina Harry en riant.
-Tu as tout compris, pouffa Ginny.
-Oh, mais j'y pense ! s'exclama Harry. Il y aura aussi leur petite dernière ! Ce sera sa première vraie sortie, à cette petite puce !
-Oui, c'est vrai ! réalisa Ginny. Elle n'a pas encore six semaines, cette chère petite Mélusine !
-Elle est adorable, pas vrai, Ginny ? Presque aussi rousse que toi ! fit Harry, malicieux.
-Tu connais un seul descendant des Weasley qui ne soit pas roux ? lança Ginny, amusée.
-Oui, mes deux fils et ma fille, qui sont tout les trois aussi bruns que des Potter qui se respectent ! riposta Harry.
-Et tes deux fils ont également les cheveux aussi ébouriffés que des Potter qui se respectent !
-Tu ne vas pas me dire que ça t'embête ? ironisa Harry en l'embrassant.
-Mmm... Non, tu as raison : ça évite du temps de coiffage, puisque tout le monde sait qu'il est inutile ne serait-ce que d'essayer d'ordonner un peu votre coiffure.
Ils éclatèrent de rire.
-Bon, aller, tu as raison, je me lève, décida Harry.
Le couple se dépêcha de prendre une douche et de s'habiller avant de tirer les rideaux devant la fenêtre, laissant le soleil inonder la chambre, ajoutant de l'Or aux couleurs à dominante rouge.
-Tu t'occupes des enfants ? demanda Ginny. Je prépare le petit déjeuner.
-D'accord, ma Chérie, répondit Harry en sortant de leur chambre.
Il s'engagea dans ce couloir qu'il connaissait mieux que personne, puisque, depuis onze ans qu'il était sortit de l'école avec ses ASPICs en poche et qu'il avait acheté cette maison de campagne, il l'empruntait des dizaines de fois par jour. La porte de leur chambre était presque face à l'escalier qui descendait au salon, prêt de l'entrée. A l'autre bout de ce couloir, il y avait un escalier en colimaçon qui, en descendant, menait à la cuisine, et en montant au dernier étage, avec toute la moitié droite comme salle de jeux et toute la moitié gauche partagée en deux chambres d'amis et une petite salle d'eau. Mais il n'y avait pour l'instant personne en haut et ce n'était pas là que Harry envisageait d'aller. Moitié gauche de ce couloir, il y avait le double bureau attenant à leur chambre – lieu nécessaire pour deux Aurors qui travaillaient en ramenant parfois quelques rapports à finir à la maison – puis la chambre d'une petite fille dont les yeux rappelaient terriblement ceux de sa grand mère. Harry entra.
-Emily, debout, ma puce, murmura-t-il en embrassant sa fille de cinq ans au front.
-Mmmm ?... B'jour papa, articula-t-elle en baillant.
-Bonjour, fifille ! Je sais qu'il est encore tôt, mais tes cousins arrivent bientôt, alors lève toi vite, ta maman prépare le petit déjeuner.
-Oui papa ! fit la fillette en s'étirant.
Harry lui fit un petit signe de la main et alla en face dans le couloir. Là, trois pièces : une grande salle de bain/buanderie, et deux chambres d'enfants. Harry entra dans la chambre de son aîné.
-Rigel ! Salut bonhomme ! fit-il en ébouriffant gentiment les cheveux d'un garçon de sept ans qui lui ressemblait comme deux gouttes d'eau – sauf les yeux. Rigel avait les yeux de sa mère. D'un beau marron amande, et non pas noisette comme les yeux de son grand père paternel.
-Salut P'pa ! fit le garçon en rejetant les couvertures. Bon anniversaire !
-Merci, chaton.
-Je suis pas un chaton ! Je suis plus un bébé ! J'ai l'age de raison ! s'exclama vivement le gamin, effronté comme pas deux.
-Ah, oui, c'est vrai, fit Harry en hochant la tête. Tu n'es plus un chaton, tu es un lionceau. C'est tout différent...
-Oh, papa !
-Allons, je te taquine, Rigel ! Allez, habille toi vite, je réveille ton frère.
Harry ouvrit en grand les rideaux et alla dans la dernière chambre de l'étage. Là, il y avait le benjamin du groupe.
-Debout louveteau, dit-il au petit garçon de quatre ans, déjà réveillé par les bruits de voix de la chambre adjacente, qui clignait ses yeux bleus d'ange.
Le petit dernier se contenta de bougonner et Harry le prit dans ses bras pour descendre à la cuisine ; Les deux autres ne tardèrent pas à dévaler l'escalier en colimaçon et se précipitèrent pour embrasser leur mère.
-Salut, M'man !
-Bonjour Maman !
-Bonjour mes chéris ! Le petit déjeuner est prêt !
On s'attabla avec précipitation. Les trois petits étaient tout excités à l'idée de revoir TOUS leurs cousins, cousines, oncles, tantes, parrains et marraines qui, tous, étaient invités. Oh, bien sûr, vu le nombre d'anniversaires de famille qu'il fallait fêter chaque année, plus les Noël, jours de l'an, Pâques, et tout et tout, cela faisait dans les trente-cinq ou quarante réunions de famille par an et en général, ils n'attendaient pas ces occasions pour se retrouver souvent les uns les autres. Quand Ron et Hermione ne dînaient pas chez les Potter, alors c'était eux qui invitaient, ou alors quelqu'un d'autre. N'empêche : il n'y avait que deux fois par an ou TOUTE la famille était COMPLETEMENT réunie : Le jour de l'an et le vingt et un juin. Le jour du solstice d'été, devenue un jour férié dans la Grande-Bretagne sorcière, jour où il y avait obligatoirement journée libre et sortie à Pré-au-Lard pour les étudiants, jour de fête et de temps libre pour presque tous les sorcier du pays, était une date que personne parmi les proches des Weasley et des Potter ne risquait de manquer ! Mais, exceptionnellement cette année, pour les trente ans de Harry, il y aurait une troisième fête où tout le monde serait là. C'était pour compenser le dernier solstice où Ron, Hermione et leur petite famille n'avaient pas pu être là. Hermione venait d'accoucher de Mélusine. Cette petite fille avait bien choisie la date de sa naissance ! pensa Harry. Elle aurait la chance de ne jamais avoir de choses à faire obligatoirement ce jour là ! Pas de cours, pas d'examens, pas de travail... Bah, elle avait bien le temps avant d'en arriver là. Elle avait encore onze belles années devant elle avant de rentrer dans les choses sérieuses.
Ginny avait raison : il était à peine neuf heure quand un craquement inopiné se fit entendre devant la grande maison blanche, dans l'immense terrain qui entourait la demeure de la famille Potter. Harry se leva aussitôt et alla ouvrir avant de laisser le temps à deux de ses neveux de défoncer là porte à coups de poings impatients.
-Salut Harry ! s'exclama Ron en arrivant avec ses deux fils aînés, deux garçons aux cheveux si roux qu'ils paraissaient incandescents.
-Joyeux anniversaire, Tonton Harry ! s'écrièrent Walter, sept ans, et Steven, six ans, en lui sautant au cou.
-Salut Ron, salut les garçons ! répondit-il en attrapant tour à tour les deux bambins. Aller, filer à la cuisine, vos cousins vous attendent avec impatience !
-Ouaaaaaiiiis ! s'écrièrent les deux garçons en filant à toute vitesse dans cette maison qu'ils connaissaient parfaitement.
Ron et Harry se donnèrent une franche poignée de main en souriant alors que les cris de joie des cinq enfants résonnaient.
-Hermione n'est pas là ? demanda Harry.
-Oh, elle va bientôt arriver avec Jimmy et Mélusine, elle préfère prendre la poudre de cheminette, avec le bébé, c'est préférable, répondit Ron.
-...Même si c'est plus salissant ! ajouta Hermione en sortant soudain de la cheminée incrustée dans l'entrée, à coté de la porte, un troisième garçon de cinq ans et une toute petite fille dans les bras.
-Hermione ! Comment vas-tu ? s'exclama Harry en l'embrassant sur les deux joues. Salut Jimmy ! Oh, et bonjour, toi ! fit-il en caressant les joues rebondies de la petite fille déjà très souriante. Qu'elle est mignonne ! Un petit ange aux cheveux roux !
-Bien sûr, aux cheveux roux ! plaisanta Ron. Qu'est-ce que tu crois ? Une Weasley se doit d'être une rouquine !
Ils rirent tout les trois de bon c½ur ; Jimmy avait déjà rejoint ses frères et cousins, ce qui avait provoqué une nouvelle danse de guerre dans la cuisine.
Laissant la demi-douzaine d'enfants courir à travers tout le jardin tandis que Mélusine gazouillait dans son couffin portatif, les quatre adultes installèrent tables de buffet et bancs un peu en avant dans le parc. La terrasse, bien que spacieuse, ne pourrait pas contenir quarante personnes, et la piscine gigantesque que Harry avait fait construire trois ans plus tôt resterait accessible pour quiconque aurait un maillot et l'envie de plonger dans l'eau azure.
Petit à petit, les invités commencèrent à arriver, couple par couple, famille par famille ; Et cela en faisait, des amis à recevoir ! Les premiers à venir furent Remus, Tonks et leurs trois enfants : Timothy, du haut de ses quatorze ans, passait brillamment en quatrième année et il y avait toutes les chances pour qu'il reprenne sa place de batteur dans l'équipe de Quidditch. Garçon courageux et bien battit, il avait prit la sagesse de son père adoptif et l'énergie de son père de naissance. Jessica, sa première petite s½ur, était une véritable pile électrique de 11 ans qui sautait de joie à l'idée de rentre enfin à Poudlard le premier septembre. Quant à Cathy, la petite dernière, elle avait prit de sa mère le tic de faire passer ses cheveux par toutes les teintes de l'arc-en-ciel, mais ils viraient naturellement à l'indigo lorsqu'on mentionnait le fait que, pour les deux années à venir, elle n'aurait ni son cher grand frère protecteur, ni son impossible grande s½ur confidente. Elle avait neuf ans et trouvait scandaleux de ne pas pouvoir falsifier sa date de naissance pour se faire passer pour la jumelle de Jessy. Harry, Ron, Hermione, Ginny, Remus et Tonks étaient restés particulièrement proches après tout ce qui s'était passé. Ils se voyaient très fréquemment, d'autant plus que Harry, Ron et Ginny avaient désormais intégrés le bataillon d'Auror d'élite du Ministère et que Tonks avait son bureau à respectivement dix, douze et seize mètres de leurs boxes. Il leur avait fallu quatre ans de plus pour terminer leurs études à Poudlard et se diriger vers des carrières qui leurs tenaient à c½ur. Les résultats des ASPICs avaient été impressionnants : renouvelant leurs exploits des BUSES, Harry et Ron avaient eu E dans toutes les matières, sauf en DCFM, où, sans surprise, Harry avait eu O, et où, surprise de taille, Ron aussi. Hermione, elle, avait eu six O et... Un E en DCFM, ce qui avait provoqué trois semaines de crises de hurlements de sa part et de rires de Ron, fière de lui sur ce coup là. Hermione n'avait jamais voulu être Auror. Désireuse de mettre en pratique ses connaissances en Runes et en Arithmancie, elle avait rejoint un autre secteur du ministère chargé de la surveillance du pays : Le service de décryptage de la police magique. Elle adorait cela. Effectuer des recherches fastidieuses pour le moindre message suspect, prendre cela comme un casse-tête chinois, Hermione en raffolait. Au grand désespoir de Ron, elle pouvait se plonger dans ses biens-aimés livres des heures durant ou se passionner pour des calculs plus complexes les uns que les autres avec la plus inquiétante délectation. Il lui avait fallu faire deux ans en temps que stagiaire avant d'être réellement affectée dans le rang de ces « ¼il de lynx » du pays. En sortant de l'école, Ron et elle avaient loué un appartement au c½ur de Londres, de façon à être plus rapidement sur place. Ce qui avait d'ailleurs proprement scandalisé Mme Weasley ;

Flash back :

-Et bien, puisque vous avez réussit vos concours d'entrée au Ministère, s'exclama joyeusement Mme Weasley alors que tout le monde était attablé au Terrier à la fin du déjeuner, il faut fêter cela ! Je suis bien contente que tu ais réussit, Ron, on dit que les épreuves de sélection des Aurors sont très dures.
-Beaucoup moins que certaines choses que nous avons pu faire, maman, répondit Ron avec une certaine nonchalance. On avait déjà vu pire, pas vrai, Harry ?
-Oh que oui ! Même avec une année de calme à Poudlard, on ne perd pas si facilement un entraînement de choc !
-Mmm... marmonna Mme Weasley qui n'aimait pas qu'on rappelle les dangers extrêmes qu'avaient pris ses enfants. Et toi, Hermione, comment comptes-tu t'organiser pour suivre tes années de stage ? Cela risque d'être difficile pour toi si tu restes chez tes parents, puisqu'on ne peut pas les relier à la poudre de cheminette, non ?
-Oh, euh... bredouilla Hermione en s'empourprant. En fait, euh... J-Je pensait prendre un appartement à Londres...
-Ah, c'est une bonne idée. Mais le loyer est cher pour une personne seule.
-Ben, justement...
Hermione jeta un regard à Ron. Terriblement mal à l'aise, elle s'attendait à le voir dans ses petits souliers, les oreilles très rouges, mais elle fut surprise de constater qu'il était parfaitement calme. Aussi calme que le jour où Harry, Ginny, Neville et Luna les avaient surpris en s'embrassant au pied d'une falaise.
-Pour une personne seule, le loyer n'est pas donné, mais en couple, c'est beaucoup plus abordable, intervint Ron, parfaitement détendu.
-Comment ça, en couple ? demanda Mme Weasley en lui jetant un regard perçant – et dangereux.
Ron, assit juste à coté d'Hermione, lui passa un bras autour des épaules alors que la jeune fille n'arrivait plus à décoller ses yeux de sa petite cuillère posée sur la table.
-C'est plus pratique d'être proche du Ministère, maman, fit Ron. Hermione et moi avons trouvé un appart très bien installé à dix minutes à pieds de la cabine d'entrée non magique. C'est tout près du grand parc, on y sera très bien.
Mme Weasley commença à gonfler et à prendre de l'inspiration pour le sermon qui allait tomber dans un instant.
-Ronald Weasley, es-tu en train de me dire que, alors qu'Hermione et toi n'êtes pas mariés, tu as l'intention de vivre avec elle ? gronda Mme Weasley, les airelles du nez frémissantes.
-Oui, maman. J'en ai l'intention, Hermione également, et je compte bien le faire. Pourquoi ? demanda Ron avec un air posé qui déstabilisa un instant sa mère.
-Mais, voyons... Parce qu'il n'en est pas question ! Vous êtes beaucoup trop jeunes pour vivre en couple !
Ron ferma les yeux avec une lenteur inhabituelle avant de se passer une main se le visage et de s'éclaircir la gorge.
-Maman. J'ai 19 ans. Je suis majeur depuis deux ans. Je viens de sortir de Poudlard. Hermione est ma petite amie. Elle a le même age que moi. Par conséquent, si nous voulons vivre ensemble, nous vivrons ensemble. Je suis clair ? dit Ron en plongeant ses yeux qui avaient viré au bleu très sombre dans les siens.
Mme Weasley resta médusée avant de se reprendre.
-Ron ! Je t'interdis de me parler comme ça ! Et je te répète qu'il serait indécent que tu partages un appartement avec une femme, précisément ta petite amie ! Qu'en dirait les gens ? Franchement, ils pourraient s'imaginer des tas de choses, répandre des rumeurs !...
-Mais qui t'a dit qu'il ne s'agiraient que de rumeurs, maman ? demanda Ron avec un sourire terriblement carnassier.
Cette fois, Mme Weasley resta bouche bée, essayant d'assimiler l'eau chaude qu'elle venait de découvrir.
-Quoi, mais... comment... Oh ! Ron ! Avant le mariage !...
Ron se leva, dominant la table du haut de son mètre quatre-vingt cinq.
-Ecoute moi bien une bonne fois pour toute, maman ! Je n'ai plus trois ans et demi ! Je fais ce que je veux, tu entends ? Vivre en couple avant le mariage, de nos jours, ce n'est pas mal vu parce que c'est parfaitement courant ! Alors tu sais quoi ? J'irai signer le bail de cet appartement après-demain avec Hermione, comme prévu. Et pour finir : JE COUCHE AVEC QUI JE VEUX ! Tonna Ron en faisant sursauter tout le monde.
Ron écarta brusquement sa chaise et partit à grandes enjambées, fulminant. Hermione, mal à l'aise, n'osa pas lever les yeux vers Mme Weasley tandis que Mr Weasley, Fred, Georges et Ginny évitaient de se regarder. Depuis toute l'histoire de la famille Weasley, c'était la première fois que quelqu'un tenait tête et gagnait une bataille contre Molly Weasley ! Ce fut finalement Georges qui, incapable de se retenir plus longtemps, éclata de rire en annonçant ainsi le retour des beaux jours. Tout le monde reprit son éclat de rire et Mr Weasley, riant toujours, prit sa femme dans ses bras pour la réconforter.
Pauvre Molly ! Ce jour là avait été très dur pour elle ; Comme toutes les mamans, elle n'avait pas encore réalisé que ses enfants n'étaient plus des enfants et Ron, toujours si délicat, n'avait pas fait dans la dentelle pour lui ouvrir les yeux.
Hermione et Ron avaient emménagé trois semaines plus tard dans leur nouvel appartement. Harry les enviait un peu : Ginny avait encore une année à Poudlard avant de le rejoindre. Lui aussi avait loué un appartement dans le centre de Londres, à quelques minutes de chez Ron et Hermione. Et durant les trois années suivantes, ils avaient tout les deux suivit les 18 mois de formation intensive puis les 18 autres de formation en alternance avec du travail d'Aurors Juniors avant d'obtenir réellement leur diplôme. Ginny aussi se destinait à ce métier ; Un an après le mini-clash entre Ron et sa mère à propos de sa décision d'habiter avec Hermione, Harry et Ginny avaient eu un peu d'appréhension à s'installer ensemble chez Harry, mais tout s'était passé beaucoup plus facilement, tout compte fait. Ron et Hermione voulaient attendre d'avoir une situation stable avant de prendre un chez-soi plus grand. Bien qu'ils se soient fiancés durant leur dernière année d'études, ils n'avaient réellement commencés à préparer leur mariage que deux ans après leur sortie de Poudlard, alors qu'Hermione devenait officiellement une professionnelle du décryptage et que Ron était à un an de son diplôme. Ils avaient patiemment mit de l'argent de coté jusqu'à pouvoir s'acheter une charmante petite maison qu'ils avaient bien retapé et qui faisait le bonheur de leur petite – grande – famille. Harry aussi avait demandé la main de Ginny ; Bien que nerveux comme tout homme avant de faire sa demande, il était beaucoup plus inquiet par la réaction de Ron que par celle de Ginny. A huit mois de la fin de sa formation, il en avait vaguement parlé à Ron, un soir de novembre.

Flash Back :

Harry était assit sur la chaise roulante de son box d'Auror. A l'issue de leurs année et demi de formation continue, les futurs Aurors avaient eux aussi un box dans le quartier général. Adjacent à son bureau, il y avait celui de Ron. Le directeur des Aurors avait déjà bien comprit que Potter et Weasley formaient une équipe de choc, et si les deux garçons devaient encore terminer leur formation, il était déjà clair pour beaucoup de gens qu'ils comptaient parmi les meilleurs du service. Donc, ce jour là, Harry regardait sans y faire attention les dossiers qu'il venait de ranger, s'apprêtant à rentrer chez lui. Ginny, qui finissait de passer ses examens pour devenir J.A's (Juniors Aurors), ne serait pas encore rentré et il s'interrogeait justement à son sujet.
-Dis donc, Ron, fit-il en s'adressant à son voisin de gauche.
-Mmmoui ? marmonna Ron en se dépêtrant des liasses de parchemins qui encombraient sa table de travail.
-Qu'est-ce que tu dirais si quelqu'un demanda ta s½ur en mariage ?
Ron cessa un instant de trier ses papiers alors que ses oreilles prenaient une couleur assez semblable à celle des robes de Quidditch de l'équipe des Griffondor. Ce fut pourtant d'une voix résolument calme qu'il répondit à la question de son interlocuteur.
-Je lui dévisserais le crâne, dit-il en recommençant à classer ses documents.
Harry, les deux mains sous la tête, mâchonna l'intérieur de sa joue avec un air vaguement ennuyé.
-Et si c'était ton meilleur ami qui faisait ça ?
-Dans ce cas, je ne lui souhaiterais pas bienvenue dans la famille, parce qu'il saurait déjà qu'il en fait partie depuis longtemps, dit Ron sans lever le nez de ses rouleaux de parchemins.
Harry esquissa un sourire.
-C'est curieux, je préfère la deuxième solution.
-Quitte à tout prendre, moi aussi, dit Ron.
Il redressa la tête et fit un clin d'½il à Harry.
-Fonce, vieux. Si Ginny a raté ses épreuves, ce qui m'étonnerait beaucoup, ce sera une bonne occasion de lui remonter le moral. Si elle a passé ses épreuves, alors ce sera encore une meilleure occasion parce que ce sera vraiment une bonne journée !
Harry le regarda, les yeux brillants.
-OK ! Je file ! Je préfère ne pas attendre que tu changes d'avis !
Et il avait demandé Ginny en mariage ce soir là, dans un parc où ils étaient parfaitement seuls.

Ron, Hermione, Harry et Ginny avaient tous d'un commun accord décidé de se marier le même jour, à la même heure, en même temps, dans la même église. Comme ça, ils étaient à peu près sûrs qu'au moins l'un d'entre eux quatre se souviendrait de la date du mariage. Et de cette façon, les témoins seraient déjà tout trouvés ! Et puis, finalement, ils avaient fixé le jour du mariage au premier septembre. Car après tout, c'était bien ce jour là qu'ils avaient rencontré celui ou celle qui deviendrait l'homme ou la femme de leur vie ! C'était l'année suivante, pendant l'été, que Harry avait acheté cette merveilleuse maison et l'immense terrain qu'il y avait tout autour. Le jour de leur mariage avait été inoubliable. Ginny avait 21 ans, Harry et Ron 22, Hermione presque 23. Dans l'église pleine de gens, le seul journaliste autorisé à prendre note du mariage de l'ex Survivant/Elu avait été le père de Luna. Hermione l'avait invité pour lui faire plaisir, sachant qu'elle le voyait moins depuis qu'elle avait terminé ses études et fait une année de stage à Ste-Mangouste avant d'être réellement investie de la blouse d'infirmière. Sans compter qu'elle vivait alors depuis moins d'un an avec Drago Malefoy, dans l'immense manoir toujours régit par Narcissa. Mais Mr. Lovegood n'avait pas sortit la plume de reporter du Chicaneur ce jour là. Harry se souvenait comme si cela s'était passé la veille de son mariage. Devant l'autel, un peu nerveux dans leurs habits de pingouins, sortant juste de la crise d'angoisse qui avait amené Bill, Mr Weasley (qui faisait des allers-retours entre sa fille et sa future belle fille d'un coté de l'église et son fils et son futur gendre de l'autre) et Remus à leur assurer que tout allait bien se passer et que Ginny et Hermione n'avait aucunement l'intention de dire non, ils avaient tout les deux rapidement essayé d'encourager leur ami en attendant les deux reines du jour.
-Quand je pense que j'épouse Hermione, avait murmuré Ron, impressionné.
-Et moi Ginny, ajouta Harry, tout aussi ébranlé.
Les deux hommes avaient échangé un regard en coin avant de se donner une franche poignée de main en murmurant « Bonne chance ! » d'un air plus que concerné.
Et puis les deux jeunes femmes étaient entrées dans la chapelle, chacune au bras de leur père qui marchaient côte à côte, Mr Weasley pour une fois trop ému pour songer à bombarder Mr Granger de question sur le fonctionnement d'une machine à laver. Hermione et Ginny, rayonnantes, semblaient illuminer toute l'église par leur seule présence. Elles étaient magnifiques : Ginny avait une robe blanche sans manches, qui s'arrêtait aux aisselles, avec un long voile de tulle qui n'atténuait que fort peu l'éclat de ses cheveux flamboyants. Hermione, elle, avait une robe un peu plus large, avec deux petites manches courtes et bouffantes qui couvraient juste ses épaules – ou plutôt, faisaient semblant de couvrir ses épaules. Tonks, sortit quelques semaines plus tôt de la maternité avec sa deuxième fille, avait mit un point d'honneur à être là et à s'efforcer de discipliner les cheveux d'Hermione, jusqu'à les rendre merveilleusement bien arrangés. Toutes les deux tenaient un bouquet de fleurs rouges et Or ; Olga, la petite amie de Charlie avec qui il était venu, avait reçu celui de Ginny et Luna avait eu celui d'Hermione. Charlie ne sortait avec Olga que depuis trois mois à ce moment là. Deux ans plus tard, c'était son mariage qu'on célébrait, et depuis, il y avait Nikolaï, quatre ans, et Alexander, un an, tout les deux roux comme de bien entendu, qui avaient grossit les rangs de la famille Weasley. Remus et Tonks s'en étaient donné à c½ur joie le soir du mariage, ayant cette fois prit la peine de dormir avant. Fleur, Molly et Tonks s'étaient relayées pour surveiller Tim, qui avait cinq ans, ses deux s½urs et Rose, la fille de Bill et Fleur, qui n'avait alors qu'un an. Depuis, Rose avait une petite s½ur, Gwendoline, qui avait huit ans quand elle en avait dix, et un petit frère, Angelo, tout juste trois ans. Harry et Ginny riaient encore en se rappelant la blague qu'Hermione avait fait à Ron trois jours avant le mariage : Elle lui avait dit qu'elle avait finalement décidé d'avoir un témoin autre que sa future belle-s½ur. Et elle avait ajouté que Viktor Krum était invité à prendre la place de Ginny. Ron avait bondit de plusieurs centimètres de hauteur en poussant un hurlement à faire trembler les vitres.

-Harry ! Harry, tu te réveilles ? fit Ginny en bousculant légèrement son mari. Papa et Maman viennent d'arriver, je te signale !
-Mmm ? Oh, pardon, Ginny, j'étais plongé dans mes pensées, dit Harry en revenant sur cette belle journée du 31 juillet de ses trente ans.
-Bonjour Harry, joyeux anniversaire, et tous nos v½ux pour cette nouvelle décennie !
-Bonjour Harry ! Comment va-tu ?
-Bonjour Molly, merci pour vos souhaits, répondit Harry en lui faisant la bise. Ça va parfaitement bien, et vous Arthur ? ajouta-t-il en serrant la main de son beau-père.
-Oh, bah, la soixantaine approche avec son lot de courbatures en tous genres, répondit joyeusement Arthur, le front plus dégarni que jamais mais le sourire toujours aussi accroché à son visage qu'avant.
-Eh bien, ça promet ! s'exclama Remus qui s'approchait en riant.
Tout le monde rit avec lui. A cinquante et un ans, il avait les cheveux complètement gris mais son regard était toujours aussi vif, aussi pétillant.
-Et où sont les jumeaux et leurs autres moitiés ? demanda-t-il.
-Parlez plutôt du quatre-quarts ! ironisa Hermione en arrivant elle aussi pour saluer ses beaux-parents. Fred et Georges sont inséparable, de même qu'Alicia et Fred sont inséparable et Georges et Katie aussi ! Du coup, le quatuor n'est pas encore arrivé, mais il devrait plus tarder.
Fred avait épousé Alicia Spinet et Georges Katie Bell à deux semaines d'intervalles, cinq ans plus tôt, après avoir passé six ans à jouer aux chats et aux souris ; Trop plaisantins pour vouloir donner le bon exemple à des enfants, ils n'étaient pas encore parents et se satisfaisaient pleinement de jouer les Tontons-Clowns parmi la foultitude de neveux et nièces tous plus roux les uns que les autres – Sauf du coté Potter de la famille !
-Ha ah ! C'est toi qui ose parler d'un quatuor inséparable ? pouffa Tonks, jamais très loin de Remus. Kingsley a dit qu'il viendrait probablement un peu plus tard dans la journée, il est débordé de travail, ces temps-ci.
-Tu parles, acquiesça Harry, déjà que les Aurors sont surchargés de travail, je crois qu'on peut comprendre qu'être le directeur du département tout entier doit être particulièrement prenant !
Kingsley Shacklebolt avait eu la surprise, quatre mois plus tôt, d'être nommé successeur de Jack Buberg, lui même ayant été le successeur de Robards. Robards avait quitté le post un an avant que Harry et Ron n'aient leur diplôme, et depuis, il y avait eu presque neuf ans de règne de Buberg-le-terrible, ainsi surnommé parce qu'il était réputé pour son tyranisme auprès de ses employés.
-Un peu, oui ! Il y aurait de quoi devenir fou ! D'ailleurs, c'est pour ça qu'ils ont choisi Kingsley : étant déjà chauve, ils étaient sûrs qu'il ne s'arracherait pas les cheveux ! blagua Ron.
-Ah, voilà vos frères ! s'exclama Molly.
Effectivement, Fred, Georges, Percy, Bill et Charlie arrivaient presque en même temps en compagnie de femmes et enfants. Percy était toujours célibataire à trente quatre ans, malgré quelques aventures assez sérieuses ; Quant à Charlie et Olga, ils avaient emménagé dans le Nord de l'Angleterre pour suivre des élevages de dragons hybrides dont les propriétés semblaient plus que surprenantes. Lee Jordan arriva peu après avec Angélina Johnson devenue Angélina Jordan depuis quatre ans. Fred et Georges avaient racheté Zonko, à Pré-au-Lard. Ils en étaient devenu les tenanciers, laissant à Lee la direction de 93, Chemin de Traverse. Puis, ce fut Hagrid qui arriva et attrapa aussitôt Jimmy – son filleul – dans ses bras, manquant de l'étouffer. Remus, Tonks, Harry, Ron, Hermione et Ginny étaient devenus les parrains et marraines chacun d'un enfant de Ron et Hermione ou Harry et Ginny, mais Hagrid était le parrain de Jimmy. Les deux couples avaient eu des difficultés à choisir le parrain ou la marraine de leurs troisième enfant !
-Papa !
-Oui, Louveteau ? dit Harry en se tournant vers son deuxième fils.
-Tu crois qu'il va venir, mon parrain à moi ?
-Oh, il devrait, oui. Je l'ai invité. Bien sûr, il n'a pas répondu explicitement qu'il viendrait, mais tu sais bien qu'il ne rate jamais une occasion de te voir, même s'il s'en défend, répondit Harry avec un léger sourire.
Il lui arrivait parfois encore de se demander ce qui lui avait pris de choisir cet homme-là comme parrain de l'un de ses enfants. Mais dans le fond, il savait bien qu'il n'y avait pas meilleur choix pour l'un comme pour l'autre ; avec le temps, ils se dresseraient mutuellement. Ils avaient déjà commencé. Surtout dans le sens enfant dressant l'adulte...
-Tiens, en attendant, voilà déjà ta marraine ! s'exclama Harry en faisant un grand signe de la main à l'adresse d'une jeune femme aux cheveux d'un blond presque blanc qui marchait aux cotés d'un homme de même couleur de cheveux et qui avaient chacun un jeune enfant tout aussi blond qu'eux dans les bras.
-Salut, Luna ! lança-t-il en marchant à leur rencontre.
-Bonjour Harry, coucou p'tit loup !
-Bonjour marraine !
-Salut Potter, dit Drago Malefoy en serrant la main que Harry lui tendait.
-Salut Malefoy. Les gamins vont bien ?
-Comme tu vois, répondit Malefoy avec une certaine fierté en hissant Lidwine, sa fille de deux ans aux yeux gris comme les siens et écarquillés comme ceux de sa mère un peu plus haut sur son bras.
-Bonjour Luna ! s'écria Ginny en faisant la bise à son amie. Et bonjour, Léo !
Harry ne put s'empêcher de sourire en entendant le nom du garçon blond aux yeux bleus comme ceux de sa mère mais au regard déterminé comme tout fils Malefoy. Lidwine et Léo étaient jumeaux. Leurs parents avaient fini par officialiser leur relation par un mariage discret, peu après celui de Lee et Angelina. Ils vivaient tous au manoir Malefoy, recevant parfois tout les anciens membres de l'Ordre du Phénix et de l'Armée de Dumbledore dans l'imposante bâtisse, pour une grande réception amicale. Harry comprenait que certaines personnes – comme les Dursley, par exemple – puissent apprécier cette atmosphère hautaine et seigneurial d'un grand château, mais il lui préférait et de très loin la chaleur tranquille d'une maison de campagne comme la sienne. D'ailleurs, si Luna se plaisait au château, elle l'avait tout de même grandement égaillé, notamment en rajoutant quelques notes de bleu et de bronze au vert et argent prédominant. Lorsque Drago avait annoncé la naissance des jumeaux et que Harry lui avait demandé les prénoms des enfants, il avait répondu :
-La petite s'appellera Lidwine et Rowena ; et le garçon, ce sera Léo et Narcisse.
-Aha ! Narcisse, comme sa grand-mère, Rowena comme une lointaine parente, hein ? avait dit Ginny, heureuse pour sa vieille amie.
-Léo, répéta Harry, mi-figue, mi-raisin. Léo, le lion, en latin. Mmm... C'est volontaire ? Prémédité pour qu'il échappe à la tradition des Malefoy de Serpentard ? avait-il demandé à Drago.
Le jeune homme avait souri sans répondre.
-Disons, je serais fière de les voir à Serdaigle, avait-il fini par dire.
-S'il a un petit frère, ce sera Richard ! C½ur de Lion ! avait pouffé Ginny.
Tout le monde avait ri, mais en fait, Harry avait bien sentit l'importance de ce petit détail de patronyme. Drago avait changé ; Et il devenait de plus en plus conscient que Serpentard n'était pas la seule maison valable à Poudlard. Il était loin, le gamin de onze ans qui, du haut de son tabouret dans la boutique de Mme Guipure, souriait avec mépris sur la destinée des non Serpentard !
Et pour l'instant, il n'y avait pas de petit frère en vue, mais plutôt un futur frère pour les Weasley et Harry : Après Fleur et les quatre Malefoy, c'était Neville au bras de sa fiancée qui s'approchaient en souriant. Fleur poussa un cri de joie et se précipita vers sa jeune s½ur Gabrielle.
-Gabrielle ! Comment va-tu, ma petite s½ur chérie ?
-Fleur ! Comme je suis contente de te voir ! Et ton petit ange, il s'est remis de sa mauvaise grippe ?
Harry étouffa un soupir et alla serrer la main de Neville. Devenu un botaniste réputé dont le nom revenait fréquemment dans les revues spécialisées en herboristerie, il avait rencontré Gabrielle deux ans plus tôt alors qu'elle venait l'interviewer à son lieu de travail ; la jeune femme, qui avait six ans de moins que lui, était sortie de l'école après un échange avec Poudlard qui lui avait permit de « Travailler son anglais » lors de sa septième année d'étude. Elle avait ensuite trouvé assez facilement du travail grâce au père de Luna qui, de recommandations de la famille Weasley en recommandations à d'autres magazines, lui avait trouvé un poste de journaliste pour La Gazette. Depuis, Gabie avait fait un sacré chemin : Rita Skeeter avait eu des ennuis avec la justice suite à une affaire de la mafia particulièrement douteuse où elle avait « fourré son nez de sale cafard », comme disait Hermione, ce qui avait fini par l'obliger à dévoiler sa capacité d'animagi. Rita avait alors « démissionné », c'est à dire que la direction de La Gazette, qui n'avait pas envie de s'attirer des ennuis en devant avouer qu'elle connaissait parfaitement les méthodes peu catholiques de Rita pour faire ses reportages, l'avait viré sans cérémonie. Gabrielle Delacour, jeune femme souriante au charme indéniable, d'origine française et très talentueuse dans son style d'écriture, avait alors prit la prestigieuse place de Rita dans les journalistes d'honneur de La Gazette du Sorcier. Une ou deux fois, Gabie, qui était de l'avis de tous beaucoup plus sympathique que sa s½ur (notamment du fait que sa voix était beaucoup moins aiguë et qu'elle usait beaucoup moins de ses origines Vélanes pour parler aux hommes) avait travaillé avec le père de Luna. C'était au cours d'un de ces reportages inédit pour le Chicaneur que Gabrielle avait rencontré Neville par hasard lors d'un congrès de nouvelles plantes croisées. Neville vivait chez lui, dans la maison de ses parents où il avait passé la première année de sa vie. Franck et Alice l'avaient réintégré peu de temps après les évènements du 21 juin et Neville avait suivit avec plaisir, trop heureux de pouvoir profiter de ses parents qu'il n'avait pas eu durant toute son enfance ; Gabrielle et lui s'étaient fiancé très récemment et devaient se marier à la fin de l'année. Lorsqu'ils l'avaient annoncé lors d'une réunion de famille, tous les frères Weasley et Harry avaient serré Neville dans leurs bras en le bousculant à la manière d'un ours, ravi de le voir rentrer dans la fratrie. Et Fleur était enchantée à l'idée de pouvoir voir plus souvent sa jeune s½ur de 24 ans ; Chaque dimanche, en effet, tous les Weasley ainsi que Remus, Tonks et leurs enfants, plus parfois Kingsley ou Lee et Angélina, étaient conviés à un repas en famille au Terrier que Molly rendait toujours délicieux. Comme disait Ron « Ça fait une sacrée tribu ! ». Neville et Gabrielle avaient promis de venir aussi souvent que possible avec Franck et Alice, à la grande joie de Mme Weasley – et de tous les autres membres de la famille !
Harry se tourna vers Gabrielle pour discuter de son nouveau projet d'article sur la mafia mexicaine. Les trafics d'argent sale et de pierres précieuses étaient de plus en plus important, au point de remettre des fonctions de l'Etat mexicain sorcier en jeu. Harry était bien placé pour le savoir : Lui, Ron et Ginny, qui travaillaient en équipe sur les gros coups comme celui-ci, étaient responsable de l'affaire de ce coté-ci de l'Atlantique. Naturellement, Harry n'avait pas le droit d'en parler à quelqu'un en dehors du QG des Aurors, mais il pouvait discuter de l'idée générale à Luna.
Ils se dirigèrent tous vers la maison pour passer le reste de la matinée à bavarder tandis que tous les enfants passaient leur temps à courir et à jouer partout.
-Papa ! Pourquoi il ne vient pas, mon parrain ? couina à nouveau le petit garçon brun en courant vers Harry.
-Allons, Louveteau, sois donc un peu patient ! protesta Ginny en attrapant son fils et en le prenant sur ses genoux. Il va venir, voyons ! Il a dû être retardé à son travail ; tu sais qu'il est en collaboration avec le département des Mystères pour chercher de nouvelles potions contre les sortilèges bizarres qui ont des effets spéciaux sur les gens. Il a beaucoup de choses à faire, il a un peu de retard mais c'est tout.
-Au fait, en parlant de parrains, s'exclama Hermione. Ron et moi voulions te demander quelque chose, Timothy, dit-elle en se tournant vers le jeune garçon qui surveillait ses s½urs du coin de l'½il, toujours inquiet pour elles.
-Oui ?
-On voulait te demander, reprit Ron, si tu étais d'accord pour devenir le parrain de Mélusine ?
Timothy ouvrit la bouche, stupéfait.
-Vous voudriez que je devienne le parrain de votre fille ? Woaw ! C'est super gentil ! Oui, bien sûr, je suis d'accord !
-Parfait, dit tranquillement Ron avec un sourire satisfait. Ginny a déjà dit qu'elle était d'accord pour devenir la marraine de Méline. Maintenant, on a le parrain !
-Chouette ! Merci beaucoup ! s'écria Tim, très fière de l'honneur qu'on lui faisait. Ce serait pour quand ?
-Oh, d'ici quelques mois, quatre ou cinq, peut-être six...
Remus se mit à rire doucement.
-Faites attention !... dit-il en jetant un regard malicieux et tendre à son fils. Tonks et moi avons aussi quatorze ans d'écart !...
-Mmm... Vous êtes en train de nous dire qu'on envisage de les marier ? pouffa Ron. Ah, non alors ! Déjà que je n'ai qu'une fille, je n'ai pas l'intention de la laisser filer comme ça !
-Seigneur ! gémit Ginny en roulant des yeux horrifiés. Je ne suis que sa s½ur et il m'a mené une vie du tonnerre de Zeus jusqu'à mon mariage, imaginez un peu ce que ça va être avec sa propre fille ! Mélusine, ma pauvre chérie, comme je te plains, tu ne sais pas ce qui t'attends !...
-Hep, attends un peu, qu'est-ce que tu veux dire par « Je t'ai mené la vie impossible jusqu'à ton mariage » ? Tu t'imagines que, maintenant que tu es mariées, tu es débarrassée de moi ? fit Ron en plissant les yeux d'un air terrible. Si c'est le cas, tu te fourres le petit doigt dans l'½il jusqu'au coude ! D'ailleurs, tant qu'on en parle, ça faisait longtemps que je voulais t'en toucher deux mots, Harry : Ginny est pâle comme tout, on dirait qu'elle ne dort pas ! Je peux te demander ce que tu fais avec elle une fois que tes gamins sont couchés ? Mmm ?
-Ron ! protesta Hermione, outrée, tandis que Ginny se passait un main sur le visage et que tout le monde se mettait à rire.
-Voyons, Hermione, ne te fâche pas, Ron a le droit de poser la question...
-C'est ça ! Encourage le ! bondit Ginny, les mâchoires serrées à la manière de Fred et Georges.
-Mais non, voyons, chérie ! Si Ron veut une réponse, il aura une réponse : Mon cher beau-frère, si tu veux tout savoir, et bien, quand mes gamins sont couchés, je fais exactement comme toi : Je te prépare des neveux et nièces !
Tout le monde éclata de rire, même Ron, ce qui tenait du miracle.
-Ah, là là, soupira Remus, pensif. Je me souviens bien quand Dora Dear m'a fait cette petite surprise...
-Oui, moi aussi, ironisa Tonks, sois en sûr !
Nouvel éclat de rire.

Flash Back ;

-Bonsoir Chérie ! s'exclama Remus en allant dans l'entrée saluer sa femme qui rentrait du travail.
-Bonsoir Remus, soupira-t-elle en se hissant légèrement sur la pointe des pieds pour l'embrasser. Bonsoir Timy ! ajouta-t-elle à l'adresse du petit garçon souriant que Remus portait sur son bras.
Tim lui répondit par un sourire éclatant malgré ses yeux battus et son air fatigué. La pleine Lune datait d'à peine trois jours.
-Oh, mais dis donc, tu es bien fatiguée, toi ! Tu es sûre que tu n'es pas un peu surmenée, Mmm ? demanda Remus en fronçant les sourcils devant la petite mine de Dora.
-Ce n'est rien, soupira-t-elle d'une voix qui démentissait cette affirmation. Je n'ai pas trop bien dormi, ces jours-ci... Et puis j'ai un peu mal au c½ur, j'ai dû manger quelque chose qui ne m'a pas réussi...
-Hum ! Et bien ce soir, je crois qu'on va aller se coucher de très bonne heure. Ça ne nous fera pas de mal de rattraper un peu de sommeil, que ce soit à l'un comme à l'autre. Allez, zou, viens manger, je t'ai mijoté un repas de reine !
-Ha ha ! J'ai hâte de voir ça, dit Tonks avec un sourire un peu forcé.
Elle ne se sentait vraiment pas très bien rien qu'à l'idée d'avaler quelque chose.
Quelques heures plus tard, comme tous les soirs depuis quatre grands mois, Remus alla coucher Timothy dans sa petite chambre surchargée de jouets, l'embrassa au front, Tonks vint lui lire une histoire puis ils allumèrent sa petite veilleuse et allèrent eux-même se coucher. Tonks s'endormit presque tout de suite. Remus aussi, mais il ne pouvait s'empêcher d'être préoccupé par la santé de Tonks. Quoi qu'elle en dise, cela faisait trois semaines qu'elle n'était vraiment pas en forme, et depuis plus de trois ans qu'il la connaissait, il ne l'avait jamais vu flancher au point de vue physique. Certes, elle avait eu un passage à vide pendant quelques mois après la mort de Sirius – même si Remus savait que c'était en grande partie sa faute – mais elle avait toujours manifesté une santé de fer. Remus savait remarquablement bien sentir les choses, et il savait qu'il y avait quelque chose qui n'était pas normal. Il se promit d'en discuter plus sérieusement avec Tonks la prochaine fois que l'occasion se présenterait. En attendant, il se tourna sur le coté et s'endormit sans attendre le marchand de sable dont il avait si souvent parlé à Timothy.
La faculté de s'endormir sans être dérangé par n'importe quel bruit et de se réveiller sur commande avait cependant subit une légère modification chez Remus. Désormais, il suffisait qu'il entende le plus infime soupir provenant de la chambre de Tim – et il avait l'oreille particulièrement affûtée – pour qu'il soit aussitôt parfaitement éveillé. Lorsque, vers deux heures du matin, il entendit Tim pleurer de loin, il ouvrit immédiatement les yeux et se leva sans faire de bruit pour ne pas réveiller Tonks que la fatigue clouait sur son oreiller.
-Tim ? chuchota-t-il en se glissant dans la chambre du petit garçon. Qu'est-ce qui ne va pas, mon bonhomme ?
-J'ai eu un Céorrible, sanglota Timothy.
Bien qu'il parla déjà très bien pour son age, Tim avait des expressions particulières, comme les Céorribles, alias C'est Horrible, pour désigner des choses encore trop abstraites chez un enfant de cet age-là.
-Ah... Tu as encore refais ton cauchemar ? devina Remus en s'asseyant à coté de lui sur son lit.
Tim hocha la tête. Remus sentit un voile de tristesse passer dans ses yeux. Il ne se passait pas une semaine sans que Tim ne rêve d'une maison en flammes d'où jaillissait un monstre aux mâchoires couvertes de bave sanglante qui le mordait sauvagement avant de s'enfuir, au milieux de hurlements stridents. Remus prit son fils dans ses bras et le berça doucement jusqu'à ce qu'il se calme, lui parlant encore et encore de ce qui c'était passé cette nuit là, avec des mots simples et sans tabous, comme lui et Tonks avaient décidé de le faire. Ils ne voulaient pas que Tim soit maintenu dans l'ignorance. Depuis le début, et même s'il ne pouvait pas tout comprendre, ils avaient longuement parlé à Tim de ses vrais parents, de Greyback, de cette maladie dont il était désormais porteur, de tout cela, sans rien lui cacher. Tim savait qui étaient ses parents biologiques, il savait qu'il était porteur d'une maladie qu'il pouvait transmettre s'il ne faisait pas attention, il savait la raison pour laquelle il devait descendre dans une cave sombre et effrayante avec Remus tous les mois, et en fait, Remus s'était aperçut que, pour lui comme pour Tim, le fait qu'il y ait un autre loup-garou dans la même pièce lors des métamorphoses rendait les choses plus tolérables. Les deux loups étaient beaucoup plus calmes lors de leurs transformations du fait qu'ils étaient désormais en « meute ». Remus caressa une dernière fois les cheveux de Tim et le recoucha. Il s'était déjà presque rendormi.
-Allons, dors bien, mon petit bonhomme, murmura-t-il en le bordant.
-Merci papa, dit Tim avant de s'endormir complètement.
Remus resta sous le choc. C'était la première fois que Tim disait cela. Profondément ému, il fut incapable de bouger. Il eut du mal à aller s'assoire sur un chaise, regardant son fils dormir du sommeil du juste avec un regard figé et un sourire stupéfait.

Deux heures plus tard, Tonks se réveilla en ne sentant personne auprès d'elle. Surprise et inquiète, elle se leva, enfila sa robe de chambre et sortit de sa chambre. La porte de la chambre de Timothy était entrouverte et elle s'y faufila. Remus était là, assit sur une chaise trois fois trop petite pour lui, les mains posées sur les genoux, le regard fixe, l'air sonné.
-Remus ? chuchota Tonks, les yeux plissés de sommeil.
Remus tourna la tête vers elle. Il semblait complètement absent. Tonks jeta un coup d'½il à Tim qui dormait profondément. Elle se doutait qu'il avait fait un cauchemar et que Remus était allé le consoler, comme souvent, mais pourquoi restait-il ici alors que Tim dormait ?
-Remus, qu'est-ce qui ce passe ? Pourquoi tu ne reviens pas te coucher ?
Remus lui adressa un sourire vague.
-Il m'a appelé papa, murmura-t-il, rêveur.
Tonks resta interdite quelques instants avant de sourire elle aussi, émue par cette nouvelle et amusée par la réaction de Remus.
-Tu devrais revenir dormir, Remus. Il a besoin d'un papa en forme, tu sais.
Remus eut un sourire plus large encore et acquiesça. Il se leva, embrassa doucement le front Tim et retourna se coucher avec Tonks. Dés qu'il fut de retour dans sa chambre, posant une main sur l'épaule de sa femme tandis qu'elle s'appuyait la tête contre sa poitrine, il s'en voulut de l'avoir réveillé alors qu'elle n'était déjà pas en si bonne forme. Une nouvelle fois, il se fit la promesse de lui en parler le plus vite possible. Le secret d'un couple, c'est la communication. Et la communication, c'est aussi bien savoir écouter que savoir échanger. Même écouter le silence ou le sous entendu...

Le lendemain, comme l'avait prévu Tonks, Remus eut un peu de mal à se lever. Pourtant, habitué à rester attentif même avec pas mal de sommeil en retard, il fut aussi prompt que d'habitude à préparer le petit déjeuner pendant que Tonks s'occupait de Timothy. Ils déjeunèrent tous ensemble sans plus ou moins de problèmes que tous les jours, mais Remus ne pouvait s'empêcher de froncer les sourcils chaque fois qu'il voyait Tonks bailler.
-Ça va, chérie ? Tu as l'air fatiguée.
-Oh, ce n'est rien, j'ai eu un peu de mal à me rendormir, ce matin.
-C'est de ma faute, soupira Remus, irrité contre lui même. Je t'ai réveillé.
-Mais non, voyons... Allons, je vais prendre ma cape et je file au travail, dit-elle en embrassant les cheveux de Tim.
Elle avait à peine fait trois pas qu'elle chancelait et s'évanouissait. Remus eut tout juste le temps de la rattraper.

Tonks papillonna des yeux avant de se reprendre complètement. Elle s'aperçut qu'elle était étendue sur le canapé du salon et essaya de se lever mais deux mains sur ses épaules la forcèrent à rester allongée.
-Maintenant, ça suffit ! gronda une voix plus inquiète que sévère. Tu vas te calmer et rester tranquille quelques temps, c'est compris ?
-Remus, qu'est-ce que...
-Non non non, je ne te laisserais pas te lever tant que tu ne m'auras pas dit qu'est-ce que tu as, assura fermement Remus, accroupit près d'elle à coté du canapé.
Tonks sourit devant son expression douce mais ferme qu'elle connaissait déjà très bien pour l'avoir plusieurs fois vu se peindre sur son visage lorsque Remus refusait un caprice de Tim.
-Mais je n'ai rien du tout, voyons ! Enfin quoi, ce n'est pas interdit, d'avoir un passage à vide ! Une période de surmenage, c'est tout ! Tu te fais tout un drame parce que je suis un peu fatiguée...
-Chérie, je ne me fais pas tout un drame parce que tu es fatiguée, je me fais tout un drame parce que tu es en mauvaise santé à tout point de vue : Tu ne manges plus rien à table, tu as mal au c½ur, tu es nauséeuse, et maintenant, tu as des évanouissements ! Enfin, tu crois que c'est une bonne chose de se voiler la face comme tu le fais ? Tu as un problème, et cela m'embête d'autant plus que, depuis le temps que je te connais, même dans des périodes bien plus dures que celle que nous vivons, tu as toujours gardé une santé excellente. Tonks baissa le nez. Pour éviter de l'inquiéter encore plus, elle passa sous silence ses maux de tête, ses vertiges dont Kingsley lui avait encore une fois fait la remarque la veille et les vomissements qui l'avait déjà poussé une ou deux fois à filer aux toilettes.
-Bon, d'accord, céda-t-elle en sentant les yeux mordorés de son mari la fixer avec fermeté et préoccupation. Je vais aller voir un guérisseur.
-J'y compte bien ! Cela fait trois semaines que tu traînes ça. Je veux savoir ce qu'il en est, et vite. Je tiens à toi, chérie, ajouta-t-il d'une voix plus douce.
-Je sais, murmura-t-elle. J'irai ce soir voir un vieil ami de mon père, le guérisseur Gibson. Il ferme toujours très tard, et il sera heureux de me rendre ce service. Il me connaît depuis mon premier rhume de cerveau !
Remus sourit mais son regard ne perdit pas sa gravité.
-Tu es sûre de ne pas vouloir prendre ta journée ?
-Certaine ! Je vais déjà mieux, assura Dora.
-Bon. Alors à ce soir, capitula Remus en la laissant se relever et en lui glissant sa cape sur les épaules. Et n'oublie pas de passer chez ton guérisseur !
-Promis ! Je rentrerai tard, ne m'attends pas, dit-elle avant de partir dans un tourbillon de flammes vertes.
Comme convenu, Tonks partit droit vers le cabinet du guérisseur Gibson en sortant de son travail. Et comme prévu, ce fut avec chaleur qu'elle fut reçu par le vieil homme.
-Tonks ! Ma chère petite ! Comment vas-tu, depuis ton mariage ? demanda-t-il joyeusement en la faisant rentrer dans sa salle de travail.
-Etant donné que je viens vous voir à votre cabinet, j'imagine que vous connaissez la réponse à la question, blagua Tonks en s'asseyant en face de son bureau.
-Mmm... Oui. Je vois. On a besoin de mes compétences ?
-Exactement. Mon mari se fait du souci parce que je suis un peu fatiguée, ces temps-ci. Personnellement, je pense que ce n'est pas grave, mais ce matin je me suis évanouie et il n'aurait jamais voulu me laisser partir au travail si je ne lui avais pas promis de venir vous voir. Il est persuadé qu'il y a quelque chose d'inhabituel.
-Ah, que veux-tu, je le comprends... Ta mère est déjà venue plus d'une fois parce que ton père la trouvait un peu pale... Alors, que t'arrive-t-il en plus de cet évanouissement ?
-Oh, bon, rien de terrible... Fatigue chronique, maux de c½ur, vertiges, nausées... Des fois, je ne mange rien à table, d'autres fois, je grignote tout le temps...
-Mmm... Voyons cela, marmonna le professionnel qu'il était redevenu en écoutant les symptômes de sa patiente.
Il la fit s'allonger sur le lit et l'ausculta, avant de lui faire faire quelques petits examens rapides.
-Alors ? C'est grave ? demanda Tonks, surprise de le voir être aussi sérieux pour poser un bilan de santé qu'elle croyait bon.
-Oh, non, rien de méchant assura Mr Gibson en se retournant pour cacher un sourire dans sa moustache à la Hercule Poireau. Je voudrais juste vérifier un dernier petit détail... Tiens, prend cette aiguille, il me faudrait une petite goutte de sang.
-De sang ? répéta Tonks, de plus en plus surprise.
Elle se piqua légèrement le bout d'un doigt en le voyant opiner du chef, grimaça en lui rendant l'aiguille et en posant la goutte de sang qui rougissait son doigt sur une plaquette qu'il lui tendait puis se rhabilla en le voyant faire deux ou trois petites manipulations un peu plus loin.
-Bien ! dit-il enfin en s'autorisant cette fois-ci à sourire et en retournant s'assoire à son bureau. Alors, ma petite mademoi... Pardon, ma chère petite madame, je peux te dire que ton petit doigt ne t'a pas trompé : Tu es en parfaite santé.
-Ah ! Euh... Parfait, bredouilla Tonks, prise au dépourvu.
-Et tu diras à ton mari qu'il a aussi un flair terrible.
-C-Comment ça ? dit Tonks, perdue.
Le guérisseur Gibson eut un petit rire.
-Dora, ma chère enfant, ton Remus n'est pas sorti de l'auberge ! Bientôt, il y aura une autre femelle sous son toit ! Et si elle est comme sa mère, alors ton mari a du souci à se faire !
Tonks ouvrit la bouche et oublia de la refermer.
-Quoi, vous... Vous voulez dire que ?...
Gibson acquiesça.
-En effet. Toutes mes félicitations. J'ai tenu à m'assurer qu'il s'agissait bien d'une fille, connaissant la... petite particularité du papa... Et ses louables intentions de ne pas vouloir la léguer à un garçon...
Tonks resta clouée sur son siège en souriant largement.
-Allons allons, petite fille ! Ne reste pas là, tu as des faire-parts à préparer ! Et tu devrais aller très vite avertir tes parents, parce que je sais où ils habitent et je ne suis pas certain de savoir garder très longtemps ma langue, secret médical ou pas...
Tonks se mit à rire, les joues en feu.
-Je... Je vous remercie, monsieur Gibson, lâcha-t-elle en se levant, retrouvant peu à peu ses esprits. Je vais rentrer.
-Bonne soirée ! dit-il avec un sourire de gentil Père Noël. Au fait, c'est pour le mois juillet prochain, si ça t'intéresse... Il va falloir s'armer d'un peu de patience. Ah, et si tes nausées perdurent, malheureusement, je n'y peux pas grand chose. Il te faudra t'allonger et attendre que ça passe, mais rassures-toi, ça ne dure en général que trois petits mois...
-D'accord ! Merci encore ! s'écria Tonks en sortant dans la nuit.
Il faisait frais ; la Lune gibbeuse brillait en éclairant la paisible campagne. Tonks se promena un peu, flânant dans les bois alentours à la maison. Lorsqu'elle rentra enfin, il était neuf heures passées et Remus commençait à s'inquiéter.
-Chérie ! Où étais-tu ? demanda-t-il vivement lorsqu'elle ouvrit la porte.
-Je t'avais dit que je rentrerai tard, répondit-elle simplement. Tim est couché ?
-Oui, il ne tenait plus debout, le pauvre. Et, euh... Et toi ? Tu as été voir ton Mr Gibson ?...
-Oui. Et il a confirmé ce que je pensais. Je n'ai rien de grave. Il dit que c'est une affaire de temps avant que je sois débarrassée de mes petits problèmes. Il dit aussi que beaucoup de femme de mon age ont ce genre de petites choses, des fois. Ça n'a rien d'alarmant.
-Ah... Ah bon, dit Remus, troublé par le sourire calme de Tonks. Euh... Tu as faim ?
-Non, c'est bon. Je suis allée marcher un peu. J'avais envie de prendre l'air.
Remus resta silencieux. Ce sourire cachait quelque chose... Quelque chose d'énorme, il en était sûr même s'il n'était plus inquiet.
-Tu es sûre que tout va bien ? insista-t-il.
-Oh, oui, tout va très bien, assura Tonks avec conviction.
Remus la regarda avec perplexité. Il s'approcha, l'enlaça et voulut l'embrasser mais elle se dégagea doucement en lui souriant plus largement que jamais.
-Qu'est-ce qu'il y a ?...
-Rien, rien du tout ! répéta Tonks en riant. Tu sais, j'ai envie de regarder les albums photos. Une petite soirée souvenir.
-Soirée nostalgie ?...
-Non, soirée de relecture du livre avant les autres chapitres, corrigea-t-elle.
Remus était complètement dérouté par son attitude. Pourtant, il ne discuta pas, la prit dans ses bras et alla l'assoire dans le canapé, face à la cheminée où il alluma un grand feu. Il lui enroula les jambes dans une couverture, alla chercher les albums photos et s'assit à coté d'elle, l'enlaçant tendrement. Pendant presque deux heures, ils repassèrent toutes les photos, les unes après les autres, pages après pages. Puis ils décidèrent de monter se coucher et Tonks se leva pour aller ranger les albums. En revenant vers le canapé où Remus était toujours assit, elle se passa la main sur le ventre et s'arrêta.
-Remus ?
-Oui, chérie ? dit-il de sa voix douce.
-Je suis enceinte.
Remus cligna des yeux. Lentement, il se leva, refit passer ce qu'il avait entendu dans sa tête puis contourna le canapé et se tourna vers elle, effaré.
-Quoi ?...
-Je suis enceinte, répéta Tonks, souriante devant son expression. Nous allons avoir un autre bébé.
Lentement, très lentement un sourire se dessina sur le visage de Remus. Le temps qu'il réalise.
-C'est une fille ? demanda-t-il à mi-voix.
Elle acquiesça. Alors, Remus poussa un immense hurlement de joie, la prit dans ses bras et la fit tourner en continuant de hurler et de rire comme un gamin.
-Tim ! s'exclama-t-il brusquement.
Il lâcha Tonks, se précipita dans les escaliers qu'il mit trois pas pour escalader, se précipita dans la chambre du petit garçon réveillé en sursaut par le bruit et l'attrapa.
-Tim ! Mon tout petit bonhomme ! Tim, tu vas avoir une petite s½ur ! s'écria-t-il avant de plaquer deux bises sonores sur les joues de son fils.
L'instant d'après, il dévalait les escaliers aussi vite qu'il les avait gravit, Tim sur un bras, et retournait dans le salon pour attraper Tonks dans l'autre en continuant de sauter, de rire et de hurler.
-On va avoir un bébé, répéta-t-il avec une joie incontrôlable. On va avoir une petite fille ! Tu entends, Timy, tu vas avoir une petite s½ur !
Tim, complètement dans le brouillard mais heureux de voir son père si content hocha la tête en souriant, avant que Remus de le refasse sauter dans ses bras. Puis, incapable de se calmer, il glissa Tim dans les bras de sa mère, attrapa une poignée de poudre de cheminette et alla droit à la cheminée.
-Où tu vas ? demanda Tonks, hilare devant la crise d'hystérie de son mari.
-Je sais pas ! Je sais pas du tout ! Ha ha ha ! J'y vais, c'est tout !
Tonks se mit à hurler de rire tandis que Remus disparaissait dans un coup de vent.
Il atterrit dans la cuisine des Weasley. Il avait pensé si fort que même sans le dire à haute voix, il se trouvait chez ses meilleurs amis.
-ARTHUR ! hurla-t-il en se précipitant dans les escaliers, couvert de suie. A-RTHUUUUUUR !
-Quoi ? Quoi ? Qu'est-ce qui ce passe ? bondit Mr Weasley en jaillissant de sa chambre, en chemise de nuit, les lunettes de travers, la baguette en main, visiblement persuadé qu'il y avait une attaque au ministère.
-Dora est enceinte ! s'époumona Remus en l'attrapant par les deux épaules et en riant tout seul. Tu entends ? Je vais être papa d'une petite fille ! s'écria-t-il en secouant Arthur comme un ballot de linge.
Arthur tenta de se dégager, la tête roulant sur ses épaules, mais il n'en eut pas le temps.
-Molly ! s'écria Remus en voyant Mme Weasley arriver, en robe de chambre et papillonnant des yeux.
Il lui sauta au cou.
-Molly, je vais avoir une fille ! Tim va avoir une petite s½ur ! clama-t-il, émerveillé.
-C'est formidable ! s'exclama Arthur en revenant un peu de sa surprise. Félicitations !
-Oh, Remus, c'est merveilleux ! renchérit Molly, radieuse. Quelle heureuse nouvelle !
-Et quel réveil brutal ! ajouta la voix malicieuse de Tonks qui arrivait en transplannant, Tim dans les bras. Remus, je suis désolée de te ramener à la réalité immédiate mais il est presque minuit et je te signale que Molly et Arthur avaient visiblement l'intention de dormir...
-Oh, c'est vrai ! réalisa Remus. Excusez-moi ! J'avais complètement oublié !
-Aucune importance, assura Molly d'un ton énergique. Demain, c'est samedi, on pourra dormir un peu plus tard. Une naissance est bien plus important à savoir ! Allez, zou, tout le monde en bas ! Je vais vous préparer un bon chocolat chaud, on pourra en discuter un peu !
-Merci, Molly. Ce n'est pas de refus, ça fait longtemps que je n'ai rien avalé. Mais je n'avais pas la tête à ça...
-C'est bien normal, fit Molly en souriant.
-Mais, attends un peu, qu'est-ce que tu fais là ? bondit soudain Remus en découvrant presque la présence de Tonks. Tu devrais être bien sagement à la maison !
-Oh, Remus !... Ne commence pas, je t'en prie ! Ne me dit pas que tu voudrais me voir rester cloîtrée à la maison dans les huit mois qui viennent !
-Si, justement, j'y pensais, assura Remus en ayant l'air de ne plaisanter qu'à moitié. Tu n'es certainement plus en état de courir tout les risques d'un Auror, pas alors que tu tombes dans les pommes à chaque instant !...
-A chaque instant ! Non mais qu'est-ce qu'il ne faut pas entendre ! protesta Tonks, riant de toutes ses dents.
-Oh, ne t'inquiète pas, Dora, Arthur m'avais sorti le même refrain ! assura Molly, et les deux femmes partirent d'un grand rire.
-Mais tu étais toute faible, protesta Arthur. Je ne pouvais tout de même pas te laisser aller au marché alors que tu tenais à peine debout !
Tout le monde se mit à rire.
-Oh, Remus, murmura Tonks en se laissant aller contre sa poitrine.

-Remus ! Re-mus ! Tu es avec nous, chéri ? demanda Tonks en secouant gentiment le bras de son mari perdu dans le vague.
-Mmm ?... Oh, pardon, Dora, je pensais à autre chose.
-C'est ce que je vois !
-Tu pensais à quoi ? demanda Jessy en arrivant en pleine course.
-Peut-être à toi, sourit son père. A toi et au temps qui passe...
Jessica pouffa de rire, trop jeune pour comprendre l'importance de ce détail, et retourna jouer avec sa s½ur, son frère et ses amis.
Harry sourit en regardant tous ses enfants, neveux, nièces et tous les autres qui appartenaient tous plus ou moins à de la famille éloignée rire, jouer et se poursuivre dans le parc. Une petite quinzaine de gamins qui couraient dans tous les sens. Il aimait d'autant plus les voir s'amuser de bon c½ur entre amis que lui-même n'avait jamais eu ce plaisir lorsqu'il avait cet age là. Pointe de nostalgie, songea-t-il. Pourtant, depuis ce fameux soir où il était « né » en quelque sorte, ses rapports avec les Dursley s'étaient considérablement arrangés. Harry sourit en y repensant. Après le réveil de Percy, des infirmières étaient venues faire sortir tout le monde de la salle pour laisser le jeune homme se reposer. Alors, Mr et Mme Weasley avaient invité tout le monde au Terrier, histoire de prendre un petit remontant. Et là, ils avaient retrouvé l'Oncle Vernon, la Tante Pétunia
Et là, ils avaient retrouvé l'Oncle Vernon, la Tante Pétunia et Dudley, couverts de suie après leur voyage dans les conduits de cheminées et épouvantés par l'étrange aventure qu'ils avaient vécu. Cependant, quelque chose avait changé. Coincé sept heures durant dans une habitation sorcière, les Dursley avaient pu faire le tour de la maison et s'étaient aperçus que mis à part l'absence d'électricité, il n'y avait rien de si différent entre eux et des sorciers. Certes, la maison était bizarre et le jardin aurait donné une poussée d'urticaire à la tante Pétunia en temps normal, mais lorsque tout le monde se retrouva attablé dans le jardin autour d'un chocolat pour entendre une nouvelle fois Harry raconter précisément à sa famille de sang toute l'histoire de Voldemort et de ses trouvailles pour devenir immortel, la détente fut de mise. Mr Weasley se lâcha et demanda de nombreuse précisions à Mr Dursley sur le fonctionnement des perceuses et la gérance d'une entreprise moldue, ce qui flatta grandement l'interpellé. Dudley faillit s'évanouir en se retrouvant devant Fred et Georges. La tante Pétunia finit par oser tenir une discussion avec Remus à propos de l'influence de la Lune sur les plantations potagères. Enfin, Kingsley proposa de ramener les trois Dursley chez eux et Tonks et Harry les accompagnèrent en les emmenant par transplannage. Depuis, même s'il ne les avait revu que rarement, Harry et les Dursley entretenaient une correspondance lointaine et cordiale, qu

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Fan Fiction - Volume 7 - Le Triomphe du Coeur - Chapitrage .

Fan Fiction - Volume 7 - Le Triomphe du Coeur - Chapitrage .
Harry Potter - Le Triomphe du coeur


Chapitre 1 - Le cauchemar de la Tante Pétunia
Chapitre 2 - Le mariage
Chapitre 3 - Lendemains de fête
Chapitre 4 - Godric's Hollow
Chapitre 4² - R.A.B.
Chapitre 5 - Talents cachés
Chapitre 6 - Le jour des morts
Chapitre 7 - Jugement privé
Chapitre 8 - La cachette
Chapitre 9 - La coupe de Poufsouffle
Chapitre 10 - Coups de crocs et coup au c½ur
Chapitre 11 - Le réveil de la marque
Chapitre 12 - Retour à Poudlard
Chapitre 13 - Joyeux Noël et Bonne Lunannée !
Chapitre 14 - Deux cicatrices
Chapitre 15 - La Belle et la Bête
Chapitre 16 - Drago's Job
Chapitre 17 - Le retour de Fumseck
Chapitre 18 - L'équipe s'agrandit
Chapitre 19 - Le prince déchu
Chapitre 20 - Parcours du combattant
Chapitre 21 - H moins 5
Chapitre 22 - Plan de Restructuration
Chapitre 23 – Accrochages
Chapitre 24 - Greyback récidive
Chapitre 25 - Départ pour le Front
Chapitre 26 - Le dernier combat
Chapitre 27 - Le triomphe du c½ur
Chapitre 28 - Apocalypse
Chapitre 29 - Oh Happy Day
Chapitre 30 - Epilogue, Douze ans après

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